Pour ou contre la désobéissance civique

« Chez les militants pour le climat, un verbe tend à s’imposer, “désobéir” » (LE MONDE du 11 octobre 2019). Les réactions sur lemonde.fr sont virulentes, pour ou contre. Les négationnistes du climat alignent n’importe quel prétexte pour essayer de nier l’évidence des perturbations climatiques en dénigrant les porteurs de ce message :

Alazon : Certains considèrent que rationner d’urgence les émissions carbone de la France est un choix impératif, d’autres qu’il faut lutter contre l’immigration galopante, d’autres que la priorité est de sortir les pauvres de la misère : chacun sa priorité vitale, il y a des élections pour les départager.

Jean Rouergue : Il y a certes le bulletin de vote, mais les lobbies sont tellement riches que ses effets dérapent souvent dans le fossé… Le monde ne change pas aussi vite que le climat…

Cartahu : Quoi de plus inefficace et anti -démocratique que ces appels à la « désobéissance » ! Belle leçon d’anti-civisme !

Sarah Py : L’obéissance sociale aux règles est étroitement liée à la légitimité du pouvoir d’Etat en démocratie. Résister en dictature est de ce fait un acte légitime. Désobéir face à un politique qui n’agit pas en rapport de ses devoirs est légitime surtout quand un problème est aussi identifié que la crise climatique. La légitimité du GIEC n’est, elle, pas discutée et vient s’opposer à celle des politiques. Et tout devoir de citoyen est de choisir.

Charly : Ces activistes ont vraiment tout faux. Beaucoup sont des jeunes manipulés par des idéologues violents et radicaux, de gauche comme toujours, qui cherchent à attiser la haine et la destruction de notre société qu’ils détestent, utilisant les imprécations d’idéologues dangereux tels que Servigne ou Cochet. Il est faux de dire qu’il est trop tard pour agir. Il est faux de dire que nos gouvernements en Europe ne font rien. Il est inacceptable de prôner la désobéissance civile. Ils feraient bien de se calmer, de respecter les autres et d’accepter le débat démocratique. Ces intolérants veulent imposer aux autres leur vision du monde. Dans ce cas, il faudra les réduire. Sans ménagement. La démocratie est faible et en danger si elle ne sait se défendre contre les factieux et les révolutionnaires

The Ad @ Charly : D’après ce que vous écrivez, je ne sais pas qui souffre d’intolérance et d’aigreur et d’idées pré-conçues.

François C.H. @ Charly : « Il faudra les réduire. Sans ménagement. La démocratie est en danger si elle ne sait se défendre contre les factieux. » Qu’entendez-vous par là? Vous proposez de tirer à bout portant sur des militants écologistes ou je rêve ?

Arnie : Non violents disent-ils…Les blocages de sites qui font vivre toute une région et où travaillent des centaines de salariés sont des actions violentes, une violence d’empêchement qui peut à tout moment dégénérer en violence physique sous l’impulsion des plus radicaux. Aucune empathie ni même sympathie pour ce type de mouvement.

François C.H. : Intéressante cette dénonciation en boucle de la prétendue violence de XR. Cela sonne comme un élément de langage. Attention aux mots : Si bloquer une route est violent, quel vocabulaire employer pour la destruction de notre éco-système? Peut-on ainsi appauvrir le langage façon novlangue orwelienne et utiliser le même mot pour une toute petite chose comme pour le pire des actes? On connaît cette tactique politique. La vraie violence c’est de réaliser que pour la majorité des êtres humains la planète sera à la fin de ce siècle invivable, que l’on est tous dans le même avion et que celui ci est tout proche du crash. Ce n’est ni une pensée, ni une croyance, ni une idéologie fanatique, juste un fait validé par la totalité des scientifiques. Que des gens soient en colère, rien de plus normal. Et cela ne risque pas de s’arranger.

Jean Sérien : J’attends de voir ce que cela va donner le jour où les usines Airbus de Toulouse et Saint Nazaire, entre autres, seront bloquées pendant des semaines. A ce sujet, LFI et EELV organisaient toutes les deux leurs « universités d’été » à Toulouse. Curieusement, ils ne se sont pas rassemblés à Blagnac et Colomiers devant les grilles des usines pour demander l’arrêt immédiat de la production d’avions pollueurs.

Bernard l. : Nos modes de vie sont contraints par les pouvoirs politiques et économiques qui dirigent notre monde, donc nos actions individuelles n’ont qu’un effet très limité à changer les choses. Que reste-t-il comme actions possibles ? La désobéissance civile non violente en est une, (elle n’exclut d’ailleurs pas les autres). Cela tournera peut-être à la violence, c’est le risque, mais qui en sera responsable ?

PJMC : Et cela amène quoi de désobéir? Mettre la pagaille n’est pas une action constructive. Je trouve insupportable que l’on accorde une tribune a ces gens-là plutôt qu’a d’autres qui cherchent des solutions concrètes.

Castelcerf : Quel solutions concrètes ? Excusez-moi mais cela fait 40 ans que le constat est fait, et que l’on attend que les solutions que l’on connaît soient mises en place. Mais rien. Rien en 40 ans. Et vous trouvez au bout de 40 ans, s’asseoir par-terre pour appeler à appliquer les solutions serait immature et contre productif ? Excusez moi du peu ! Feriez vous parti de ces gens qui parlent d’écologie avec désinvolture car il n’ont pas le bagage scientifique pour comprendre l’implication des études successive. Vous devez comprendre que la situation est réellement très grave, ce n’est pas un effet rhétorique ou une hypothèse. Face à cela des actions politique doivent être prise immédiatement, sans même avoir la certitude que cela sera suffisant. La désobéissance cesserait si on ne faisait qu’essayer quelque chose.

SergeK : Ce sont des méthodes totalitaires que l’on connaît trop bien .. Convaincus que nous avons (forcement ) raison, que nous sommes dans le Vrai, nous imposons nos idées par la force ( fut-elle non violente). On a déjà donne dans le passé .. L histoire du XXe siècle est remplie des compromissions de scientifique zélés avec des idéologies qui voulaient le bien de l’humanité. On sait ce qu’il en est advenu.

Bernard l. @SergeK : On ne parle pas de quelques scientifiques marginaux aux ordres d’un pouvoir totalitaire que sont les scientifiques zélés et compromis dont vous parlez (et qui, pour le coup, se rencontrent plutôt du côté des climatosceptiques ou négationnistes). Si répéter mot pour mot ce que disent 99 % des scientifiques depuis 20 ans n’est pas être dans le vrai, si ce camp là n’est pas celui de la Raison, alors je vous pose la question : existe-t-il une seule chose de factuellement vraie ? Quelle pourrait être alors la base minimale d’accord et de cohésion d’une société humaine? Si vous êtes climato-négationnistes c’est une tactique « intelligente » car c’est exactement ainsi, en fracturant les sociétés, que vous empêcherez tout changement.

BOLAND : Quand le Monde invite à réfléchir au sort de la planète , mais accepte de faire une publicité pour MSC Croisières, auquel de ces deux messages dois-je désobéir ?

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1 réflexion sur “Pour ou contre la désobéissance civique”

  1. Cet échange entre lecteurs du Monde est révélateur. Non seulement de la grande confusion qui règne dans les esprits, mais surtout qu’on n’est pas du tout disposé à lâcher son bout de gras.
    Le « bout de gras » c’est déjà cette pseudo démocratie, c’est ensuite cette paix temporaire, autrement dit cette pseudo sécurité, c’est enfin son petit confort de petit-bourgeois occidental.
    Quant à « pour ou contre désobéir » … pour moi c’est BOLAND qui répond le mieux à cette question.

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