Pour un biologiste, l’antispécisme est erroné

Que dit l’antispécisme ? La souffrance est un mécanisme de maintien de l’intégrité de l’organisme lié à l’évolution d’un système nerveux centralisé. Plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger. Pour Christophe Robaglia*, « l’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée car elle établit une hiérarchie dans le monde vivant. Cette vision anthropocentrique veut ignorer que la biologie a montré que les êtres vivants sont tous aussi évolués les uns que les autres. Les virus et les bactéries vivant dans l’évier de nos cuisines ou dans nos tubes digestifs, sont exactement aussi évolués que les canards, les baobabs ou les humains. L’apparente augmentation de complexité des organismes, souvent utilisée pour justifier la place de l’humain au « sommet » de l’évolution, est une illusion due à notre position d’observateur… Les avocats de l’antispécisme utilisent en fait la même rhétorique qui a fait dire à un Jean-Marie Le Pen qu’il « préférait son frère à son cousin, son cousin à son voisin et son voisin à un étranger ». La Déclaration des droits de l’homme n’est pas fondée sur des lois biologiques, mais sur un contrat social passé entre citoyens libres. » Quelques réactions sur lemonde.fr :

Marianne : +1000000 !!!! Enfin quelqu’un qui explique clairement l’absurdité totale de l’antispécisme, qui n’est pas autre chose que le « bon » vieux racisme du XIXe mis à la sauce XXIe siècle. Et de toute façon, comment être sûrs que les végétaux ne souffrent pas ? iIs communiquent d’une manière totalement différente à la nôtre, et on commence à peine à comprendre cela. Allez, je vais me faire une salade de lentilles (des embryons cuits) avec des graines germées (des nouveaux-nés), miam miam!

Ng : Enfin un peu de bon sens et de raisonnement scientifique. Le vivant est buissonnant et n’est pas une pyramide avec au sommet l’homo dit sapiens, conception ancrée dans la tête depuis des millénaires. La biologie est la science du Vivant est constamment attaquée par des discours qui donnent la prééminence à l’homme dans le Vivant. Les commentaires montrent que le Biologistes ont beaucoup de travail pour se blinder et faire preuve de pédagogie contre un certain obscurantisme.

LEE PAMPEAST : Je ne comprends pas comment on peut reconnaître que la souffrance est « liée à l’évolution d’un système nerveux centralisé » et discourir sur celle du poireau. La cérébralisation est un phénomène restreint à une petite part de vivant, celle qui souffre.

le sceptique : Ce n’est pas tout à fait cela qui est dit. a) Tous les organismes vivants ont des moyens de réaction à un stress. b) La souffrance est un de ces moyens chez des organismes ayant un système nerveux complexe. c) L’homme choisit d’accorder de l’importance à la souffrance car son espèce la ressent chez elle-même et la conçoit chez d’autres par empathie. d) Ce raisonnement est « spéciste » au sens où il discrimine arbitrairement selon une propriété choisie par l’homme.

Au Sceptique : Le critère de la souffrance n’est pas plus que la mort un critère moral arbitraire : la souffrance est ce qui rend l’état d’être vivant insupportable et en contradiction avec lui-même.

le sceptique 2 @ Au Sceptique : vous exprimez vos convictions, et à dire vrai je partage l’idée que la souffrance est une part importante de la réflexion morale humaine. Mais cela reste anthropocentré et non scientifique en soi. Mon chat ne produit aucune réflexion de la sorte sur les souris ou orvets qu’il fait (hélas) souffrir de temps en temps… je ne parviens pas à avoir avec mon chat une discussion philosophique sérieuse sur la nécessité de davantage de réflexivité dans ses comportements.

* LE MONDE du 29 juin 2018, « L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée »

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2 réflexions sur “Pour un biologiste, l’antispécisme est erroné”

  1. le sceptique a raison, d’autant plus que le chat pense que son maître n’est pas assez futé pour comprendre le plaisir qu’il prend à faire souffrir les souris. Quant à la douleur qu’éprouve la carotte qu’on épluche, il faut être végé pour ne pas en avoir le coeur retourné.

  2. le sceptique a raison, d’autant plus que le chat pense que son maître n’est pas assez futé pour comprendre le plaisir qu’il prend à faire souffrir les souris. Quant à la douleur qu’éprouve la carotte qu’on épluche, il faut être végé pour ne pas en avoir le coeur retourné.

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