Rallyes, plus de 65 litres aux 100 kilomètres

Le premier ministre Pierre Messmer avait réclamé le 30 novembre 1973 l’interdiction du sport automobile sur le sol national. Il est vrai que le prix du baril avait quadruplé suite à la guerre du Kippour, l’essence devenait brutalement très chère. Messmer impose aussi les vitesses de 90 km/h sur route et 130 sur les autoroutes alors qu’auparavant on roulait comme on voulait. On n’avait pas de pétrole, il fallait avoir des idées ! Le prix du baril fait accepter des dispositions coercitives. Cette année 2020 on pourra assister en juin à une course Formule1 sur le circuit du Castellet alors que le pétrole devrait au bas mot valoir 1000 dollars le baril et l’essence à 10 euros le litre. Ce serait là juste témoignage de la raréfaction du pétrole et de la lutte contre le choc climatique.

LE MONDE* nous conte cette semaine les paradoxes du championnat du monde « WRC » (World Rally Championship) : Au niveau environnemental, le collectif « Ras le rallye » a organisé une manifestation à Gap le 25 janvier. Ce qui est nouveau, c’est l’écho sur l’opinion publique. « Le rallye de Monte-Carlo représente les “trente glorieuses”, un moment où très peu de personnes avaient conscience des conséquences des activités humaines sur le climat, explique leprésident de la Société alpine de protection de la nature. C’est complètement dépassé. » De fait, en ces temps de fonte accélérée des glaciers, il est compliqué de justifier le soutien à une activité consistant à faire rouler en pleine montagne des voitures qui consomment plus de 65 litres aux 100 kilomètres. Malgré le soutien des industriels, la FIA (Fédération internationale de l’automobile) a conscience des menaces liées à l’angoisse climatique qui pèsent sur la compétition automobile. C’est l’opération mise au vert, hybridation du rallye, création d’une Formule E tout électrique dès 2014. Cette évolution ne fait pas que des heureux. « Ce que j’aime, c’est le bruit », confesse un spectateur. « Les écolos de Gap, je les connais, ils ont de gros 4 × 4, comme tout le monde ici. »

bagacum rey : Quand j’étais gosse, ce rallye faisait l’objet de reportages à la une d’un magazine, Auto-moto 1, si ma mémoire est bonne. Il me faisait rêver mais c’était le décor que j’appréciais le plus, moi le petit môme de la plaine qui n’avais jamais mis les pieds en montagne. Les voitures dérapant ou se faufilant entre rangées de spectateurs et bourrelets de neige, tout cela me fascinait. 45 ans plus tard, je ne vois que futilités et nuisances dans un monde qui a profondément changé.

Ced5999 : J’étais au rallye de Monte Carlo cette année. Et pourtant je suis un ecolo relativement radical au niveau des idées. Je vais d’ailleurs chaque jour au boulot en vélo, qu’il pleuve ou qu’il neige, et ce n’est pas toujours simple a faire. Mais avant de critiquer le rallye de Monte Carlo pensez a stopper vos achats de Suv ….

Jean Rouergue : Comment stopper les achats de grosses cylindrées si à coté on présente toujours des courses publicitaires de rallyes pour stimuler l’achat de ces véhicules ? Pédaler ne suffit pas, il faut aussi réfléchir sur les chemins à suivre..

P.NK1 : « 65 litres aux 100 kilomètres » … c’est pas abusé alors que la planète crame ? Honte à Toyota et aux autres écuries.

Jean Rouergue : Ces courses, ces rallyes, cette vitesse, tout cela est dépassé, d’un autre temps, le temps où notre planète n’avait pas de limite, où nos ressources étaient infinies, nos pollutions négligeables… La course de vitesse est la course d’un vieux monde. Elle perdure encore en quelques domaines comme la 5G…

Pour en savoir plus avec notre blog biosphere :

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

5 janvier 2010, supprimons les courses automobiles

4 janvier 2010, Padak, pas d’accord

16 mars 2008, la F1, à supprimer

* LE MONDE du 29 janvier 2020, Des rallyes en froid avec la lutte pour le climat

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1 réflexion sur “Rallyes, plus de 65 litres aux 100 kilomètres”

  1. Ce qui me plait dans ce «Ras le rallye» c’est sa forme. Quoi de mieux que l’ironie et la dérision dans notre situation ? Quoi de mieux que de se déguiser en clown pour dénoncer le Grand Cirque ?
    Et nous pourrions faire de même à de multiples occasions. Puisque tout n’est que du cirque (du cinéma ou du spectacle peu importe), puisque nous ne pouvons pas faire autrement que d’y participer (de gré ou de force), pourquoi alors ne manifesterions-nous pas (tous ensemble tous ensemble ouai ouai) tous déguisés en clowns ? Pourquoi n’irions-nous pas voter déguisés en clowns ? etc. etc. Je tente une réponse : Parce que la grande majorité d’entre nous sont des clowns qui s’ignorent. Des clowns qui se prennent un peu trop au sérieux.
    Les gens qui se prennent «un peu trop» au sérieux me font rire. C’est comme ça. J’aime bien la dérision et l’auto-dérision, c’est comme ça. Et des goûts et des couleurs on ne discute pas !
    Ici, ces clowns (qui s’assument) cherchent à montrer l’absurdité de ces rallyes, de ces courses de bagnoles. Et indirectement l’absurdité du culte de la sacro-sainte Bagnole, comme celui de la Vitesse. Ailleurs, pour se moquer de ce culte de la Vitesse, et faire l’éloge de la lenteur, si ce n’est celle de la paresse (lire Paul Lafarge)… d’autres organisent des grandes siestes à l’occasion de grandes courses pédestres en montagne.

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