Réfugiés climatiques, un accueil qui reste inabouti

Mardi 13 octobre, 110 Etats, réunis à Genève, ont adopté un « agenda pour la protection des personnes déplacées au-delà des frontières en contexte de catastrophes et du changement climatique ». L’adoption de ce texte est l’aboutissement de l’initiative Nansen, lancée en octobre 2012 par la Norvège et la Suisse, pour combler le vide juridique autour du statut de ces migrants victimes des dérèglements climatiques. Une initiative qui doit son nom au norvégien Fridtjof Nansen qui fut le premier haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Or les réfugiés environnementaux ne bénéficient d’aucune protection juridique internationale. Elles ne sont en effet pas protégées par la convention de Genève de 1951. La convention de Genève garantit seulement une protection aux personnes « craignant avec raison d’être persécutées du fait de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un certain groupe social ou de leurs opinions politiques ». Ainsi les autorités néo-zélandaises ont estimé que Ioane Teitiota et sa famille, originaire d’un archipel menacé par la montée des eaux, ne répondaient pas au statut de réfugiés. Ils ont été expulsés. Entre 2008 et 2014, les catastrophes naturelles ont déplacé 166 millions de personnes, soit en moyenne chaque année 27,5 millions.
Le texte adopté mardi à Genève ne définit pas de nouveaux standards légaux. Il s’agit de renforcer les mesures préventives en établissant à l’échelle d’une région à risque des scénarios d’urgence pour les cas de catastrophe et en planifiant la relocalisation des populations qui seraient affectées ; à accorder des visas de circulation des personnes venant des pays touchés par une catastrophe ; à octroyer des permis de séjour temporaire voire ensuite permanent lorsque le retour dans le pays d’origine est impossible ; enfin, à élaborer des mesures pour maintenir les liens familiaux et culturels. Mais cet agenda n’est pas un traité, il n’a aucune valeur contraignante.
Dans un contexte de crispation sur les migrations, tout le monde se fiche déjà de la Convention de Genève sur les réfugiés « ordinaires ». Alors des mesures « non contraignantes », vous pouvez imaginer la suite.
(Le Monde.fr | 13.10.2015, 110 Etats adoptent un « agenda pour la protection » des déplacés environnementaux)

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