Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu

Énergie : quand il y a moins d’énergie qui rentre dans un pays, ce n’est pas une bonne occasion pour remplacer des machines qui ne peuvent plus fonctionner par des hommes, car la différence moyenne de productivité entre les deux reste astronomique.

Habitation : si nous devions revenir aux techniques constructives en vigueur à l’époque romaine (pas de béton, pierres extraites à la pelle et à la pioche, transportés par barges, montées par poulies à la force des bras), les logements demanderaient 30 à 1000 fois plus de temps pour être construits, et surtout coûteraient tellement cher qu’il s’en construirait 50 à 100 fois moins dans l’année.

Habillement : des centaines – milliers ? – de machines sont intervenues pour pouvoir enfiler un simple slip ! S’il est en synthétique, alors son histoire a commencé avec un gisement de pétrole. L’affriolante petite culotte rose est un sous-produit de plate-forme pétrolière !

Pouvoir d’achat : puisque la somme à répartir pour l’ensemble des agents économiques deviendra chaque année plus petite, il sera arithmétiquement impossible de donner un peu plus à chacun. Dit de manière plus simple, la baisse du pouvoir d’achat deviendra la règle.

Limites : le défi existe, rendre l’économie durable pour de vrai, c’est-à-dire compatible avec les limites physiques de la planète. Les flux physiques vont se contracter de même que l’emploi tertiaire urbain. Depuis 2006, soit deux ans avant le crash financier, pétrole et gaz ont commencé à se faire moins disponibles dans les pays de l’OCDE.

Travail : désormais il faudra des travailleurs manuels en quantité croissante et des employés de bureau en quantité décroissante, en commençant par ceux qui ont reçu une formation dite littéraire qui sont les plus éloignés de la production physique de terrain.

Etudes : conseil à ceux dont les enfants ne savant pas quoi faire : devenez plombier ou maraîcher, ça sera moins confortable que d’être assis dans un bureau, mais il se peut que cela soit de plus en plus facilement valorisable que quatre ans de psycho !

Mère au foyer : la crèche n’est rien d’autre que l’échange d’une mère permanente contre une mère temporaire (environ un million de personnes travaillent dans la garde d’enfants en France).

Retraite : il y aura encore quelques menus problèmes très concrets à régler, comme par exemple la baisse programmée des retraites tant que l’espérance de vie augmentera (mais dans un monde sans croissance il n’est pas dit qu’elle augmente encore très longtemps).

« Dormez tranquilles jusqu’en 2100 » de Jean-Marc Jancovici (réédition en livre de poche, mars 2017)

à lire, notre résumé de l’édition 2015 sur notre site

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6 réflexions sur “Sans pétrole, nous nous baladerons dehors et tout nu”

  1. Didier Barthès

    Bonjour Kervennic
    Merci pour l’article que vous m’avez signalé
    Oui, je sais, c’est un autre aspect de la question dont je suis bien conscient, mais il est déjà tellement mal vu d’évoquer le premier qu’évoquer celui-là en plus, est vraiment difficile. Cela dit, c’est une évolution inquiétante en effet.

  2. Bonjour kervennic
    Merci pour cet article, qui nous montre que tout ça n’est pas simple.
    En tous cas, à la liste des métiers de demain, on peut aussi rajouter flic et militaire.

  3. Sans pétrole, moins nombreux ….c’est évident Monsieur Barthès .
    Ceci dit, aussi paradoxal que ça puisse paraître… quand il n’y aura plus de pétrole, alors sale temps pour la planète !
    Avec le retour des gazogènes, des charrettes en bois et de la marine à voile… adieu nos belles forêts et tout ce qu’elles abritent.

  4. Je dois reconnaître que même si je n’aime guère le personnage de Jancovici , probablement à cause de son air sûr de lui et de son cynisme … paradoxalement j’apprécie souvent son humour et son ironie. Certes il n’est pas toujours facile de faire la différence entre cynisme et ironie. Ainsi j’adore sa démonstration scientifique qui nous apprend que  » L’affriolante petite culotte rose est un sous-produit de plate-forme pétrolière !  »
    Je pense que c’est avec ce genre de pédagogie que nous pourrions, peut-être, faire enfin comprendre l’énergie à tous ces doux rêveurs qui croient aux miracles et au toujours plus.
    Quant aux métiers de demain … plombier, maraîcher… je pense aussi à maréchal-ferrant.

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