sans sentiment de nature, la biodiversité fout le camp

Il paraît que le 22 mai  était le jour de la fête de la biodiversité et que la France lance un véritable ONB (Observatoire national de la biodiversité)*. Un autre article du MONDE même page pose le problème de fond : « Les sociétés humaines ont oublié qu’elles faisaient partie de la biodiversité, or elles ont besoin que la biodiversité fonctionne pour garantir leur bien-être et leur cadre de vie. »** Notre relation à l’écosystème reste en effet le grand absent du système de socialisation de nos enfants maintenant que la plupart des familles sont urbanisées et coupées de la nature. Cynthia Fleury, qui a co-dirigé l’ouvrage L’exigence de la réconciliation. Biodiversité et société, constate : « L’environnement est le parent pauvre de l’éducation. Notre citoyenneté doit pourtant nécessairement passer par un apprentissage de ce qui nous environne, comme étant la condition de notre humanité. » Ah, « l’environnement » ! Le mot pour dire que l’homme est au centre et tout le reste de la nature à l’extérieur, pour nous servir.

Le chemin va donc être très long pour ressentir à nouveau que nous faisons partie de la nature et que les écosystèmes ont au moins autant d’importance que nos sociétés humaines. Nous conseillons un certain nombre de lectures pour aller plus loin :

2008 Ecopsychologie pratique, retrouver un lien avec la nature de Joanna Macy  et M.Y. Brown (Le souffle d’or)

2009 Nous réconcilier avec la Terre par Hervé René Martin et Claire Cavazza (Flammarion)

2010 L’éthique de la terre de John Baird Callicott (recueil de divers textes aux éditions Wildproject)

2010 Philosophie de la biodiversité (petite éthique pour une nature en péril) de Virginie Maris

2011 Ethique de la nature et philosophie de la crise écologique (DEEPWATER HORIZON) de Stéphane Ferret

2011 Pensées de la terre de J.Baird Callicott (éditions Wildproject)

* LE MONDE du 31 mai 2012, La France se dote d’un observatoire pour veiller sur la biodiversité

** LE MONDE du 31 mai 2012, La nature, « une affaire véritablement humaine »

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1 réflexion sur “sans sentiment de nature, la biodiversité fout le camp”

  1. La Charte mondiale de la nature consacrait, pour la première fois, l’importance de la protection de la nature et des écosystèmes pour la survie de l’humanité. L’ONU se dit consciente dans le préambule que « L’humanité fait partie de la nature et la vie dépend du fonctionnement ininterrompu des systèmes naturels qui sont la source d’énergie et de matières nutritives ».
    C’est le premier texte à valeur morale qui introduit explicitement la notion de générations futures et proclame des « principes de conservation, au regard desquels tout acte de l’homme affectant la nature doit être guidé et jugé ». Il consacre la nécessité de maintenir gérer et restaurer les habitats et ressources naturelles que l’Homme utilise « sans compromettre pour autant l’intégrité des autres écosystèmes ». C’est le premier texte mondial qui définit explicitement un niveau d’exigence dans la restauration des zones dégradées par l’homme : Elles doivent être réhabilitées pour redevenir « conformes à leur potentiel naturel ».
    Le texte a été voté avec 111 voix pour, 18 abstentions et une voix contre (celle du représentant des États-Unis).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_mondiale_de_la_nature

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