socialistes à droite, écologisme à droite

Les socialistes tournent à droite, l’écologisme est à droite. Que reste-t-il au parti socialiste ? Le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn est un ardent défenseur de la financiarisation de la planète. Le FMI qu’il dirige a un long passé de déstructuration des pays du Tiers-monde. Le socialiste Pascal Lamy est un ardent défenseur du libre-échange. L’OMC qu’il dirige reste le maître d’œuvre du laisser-passer, une ouverture imposée des frontières qui déstabilise et appauvrit tous les  pays au profit des FMN. L’écologisme est de droite. Toutes les avancées politiques ont été mises en place par la droite : le ministère de l’environnement et de la nature est une création de Pompidou en 1972. La Charte de l’environnement adossée à la Constitution a été imposée par Chirac. Le super-ministère du développement durable a été mis en place par Sarkozy ainsi que le Grenelle de l’environnement. Brice Lalonde avait bien senti le vent de l’histoire, il a viré à droite pour se retrouver aujourd’hui à l’ONU en train de préparer 2012l et a conférence des Nations unies sur le développement durable. Les ministres de droite qui ont mené une politique franchement écolo sont de droite, Serge Lepeltier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Jouanno.

                Que fait le parti socialiste ? Il continue encore aujourd’hui à sous-traiter l’écologie en la confiant aux Verts. La motion qui voulait que le parti socialiste soit résolument écologiste a obtenu un score minable au Congrès de Reims. La gauche social-démocrate comme la gauche plus-à-gauche ne veulent pas voir les crises écologiques, ils préfèrent le productivisme qui va créer emploi et pouvoir d’achat au détriment les ressources de la planète. Le pic pétrolier n’appartient pas à leur langage alors que cela impliquerait d’inverser l’évolution catastrophique de nos structures sociales depuis plus de trente ans : banlieues tentaculaires contre ville compacte, culte de la bagnole au lieu du rapprochement des lieux de vie et de travail, achat de produits chinois plutôt que relocalisation et démondialisation.

                La mentalité hors sol du parti socialiste est telle que beaucoup de militants social-écologistes rejoignent aujourd’hui EELV alors que c’est le contraire, le passage des écologistes dans un parti de gouvernement, qui devrait avoir lieu. Pendant ce temps, la droite continue de s’essayer à l’écologie et la gauche de s’enliser dans la bataille des ego. Les socialistes ne commenceront à comprendre la réalité que quand le baril sera à 200 dollars…

FMI, Fonds monétaire international.

OMC, Organisation mondiale du commerce

FMN, firmes multinationales

EELV, Europe Ecologie – Les Verts

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19 réflexions sur “socialistes à droite, écologisme à droite”

  1. Pour moi, etre de gauche , c’est etre le plus proche du peuple possible, ce qui implique:
    Etre anticapitaliste et même vouloir une certaine limite au libéralisme ( car c’est bien beau la liberté , mais etre libre au point d’en faire tellement pour soi que ça en porte préjudice plusieurs, ce n’est plus de la liberté, mais de l’esclavagisme légal ).
    Les têtes pensantes du PS sont proliberales, et ne critiquent pas assez le capitalisme et tout ce qu’il englobe, pour qu’on ai l’impression que cela les dérange.
    Etre proche du peuple, c’est aussi etre contre le centralisme ( entrainant l’exode rural et la création de mégalopoles oppressantes pour ceux qui les habites) , car le centralisme ne se déplace pas pour se rendre au chevet du peuple, il ne pense qu’à son confort et oblige ce même peuple à venir à lui. Le pays doit etre là pour le peuple et pas le contraire.
    Les socialistes ( et même les communistes de l’ancienne école ) sont en majorité des « Paris c’est la France , sa culture doit etre la votre dans tout l’hexagone ». ( pas sego sur ce coup là, au moins ça on ne peut pas lui reprocher).

    Quel est le seul partis de gauche qui soit pour le partage des richesses (et donc pour brider sérieusement le libéralisme) , et qui n’aie pas peur du régionalisme ( et qui ne se branle donc pas à longueur de journée sur « LA FRANCE ») : le NPA

    C’est donc pour moi le seul réel partis de gauche.
    Voter autre chose, c’est voter à droite, ou voter utile ((et non pas par conviction) c’est grave!!!) pour un partis de droite légèrement plus soft.

  2. @Solendil
    « c’est cette course au moins-disant social qui je crois paralyse la gauche ».
    Je maintiens : le PS n’est pas « la gauche ». Ne laissons pas les rentiers de la politique qui vive sur l’héritage de Mitterand nous imposer leurs œillères.

  3. @ Solendil
    Nous serons 7 milliards en cette année 2011 dont plus de la moitié enfermé dans des villes de plus en plus tentaculaires. Avec de moins en moins de ressources durables. Il sera bien sûr question de rapports de force, c’est-à-dire de violence et de guerres, de famines et d’épidémies.

    Mais cela ne doit pas nous empêcher d’œuvrer pour une société conviviale, plus proche de la terre et des rapports de proximité…

  4. @Accoh:

    Très bon argument. Il est vrai que mon raisonnement devient caduc si la puissance publique abdique ses pouvoirs. Or la concurrence politique existe toujours, mais dans l’autre sens, c’est une course au moins-disant social engagée entre les pays riches et les pays pauvres… Tout cela s’équilibrera peut-être un jour, à notre détriment, mais ce sera une autre forme de fin de l’histoire. Ce ne sont pas des perspectives réjouissantes.

    Soit dit en passant et pour en revenir au billet initial de ce blog, c’est cette course au moins-disant social qui je crois paralyse la gauche, lui enlève ses arguments et la force à se positionner sur le terrain de la droite.

    Je veux croire cependant qu’un jour on sortira du statut-quo actuel et qu’un leader saura nous proposer un projet de société ne consistant plus seulement à sacrifier notre bien être en échange de plus de bien de consommations. Mais peut-être est-ce moi qui tombe dans l’utopie?

    @Biosphere:

    Peut-on envisager d’organiser 65 millions de français, 6 millard d’êtres humains en communautés villageoises, à l’heure ou plus de 50% de la population mondiale est urbaine? N’est-ce pas trop tard?

    Même la perspective de villes politiquement décentralisées me fait me poser la question des rapports de force: dans un monde où les ressources seront plus rares, qui empêchera certaines villes de s’unir pour spoiler d’autres villes plus naïves?

    L’histoire ne nous a pas montré que les hommes peuvent se contenter de coexister pacifiquement, en dehors de la présence d’autorités supérieures ou de rapports de force paralysants.

    Je vous remercie pour la référence à votre ouvrage et essaierai de le lire à l’occasion.

  5. Solendil nous a écrit : « J’ai beau essayer d’imaginer un monde débarrassé de l’entreprise, la concurrence et autres gros-mots, je ne peux comprendre sur quelles bases il pourrait fonctionner, sur quel équilibre des pouvoirs il pourrait s’appuyer. Je n’en vois d’exemple concret et convaincant dans aucune société humaine passé ou présente. »

    Les communautés villageoises de tous temps et de tous les pays ne reposaient pas sur la concurrence, mais sur l’auto-organisation. Ce système a été gravement endommagé par la concurrence et la compétitivité internationale.

    Le seul mouvement porteur d’avenir est celui des villes en transition, pour des communautés résilientes aux chocs pétroliers et climatiques, politiquement décentralisée. On peut lire le « Manuel de transition » de Rob Hopkins maintenant traduit en français.

  6. Je réponds à cette phrase :

    « Mais si la concurrence a apporté in fine le progrès depuis deux siècles, c’est parce qu’elle est surveillée et modérée par la puissance publique. »

    C’est vrai à condition de trouver un équilibre entre « modération » et libre jeu des acteurs économiques. Ce qui était le cas des 30 glorieuses et ne l’est plus. On pourrait néanmoins discuter de l’efficacité de cette surveillance (lobbies, situations de quasi monopole, ententes sur les prix, conflits d’intérêts, etc).
    Toujours est-il que la concurrence économique n’est vraiment vertueuse que lorsqu’elle repose sur une concurrence politique, ce qui suppose une véritable alternative offerte aux citoyens. Autrement dit le capitalisme n’a jamais été aussi vertueux que lorsqu’il avait à se justifier et à apporter plus de satisfaction pour tous que son concurrent, le Gosplan soviétique. La chute du mur de Berlin, pour simplifier, c’est la fin de la concurrence politique et donc de la dialectique qui tire vers le progrès.
    Et comme disait Camus dans L’homme révolté : « La fin de l’histoire n’est pas une valeur d’exemple et de perfectionnement. Elle est un principe d’arbitraire et de terreur ». ( cf référendum TCE de 2005)
    Reste enfin à définir ce qu’on entend par « progrès »…

  7. Je réponds à cette phrase :

    « En conséquence aucune écologie efficace :
    – ne peut laisser la question du soin, de la préservation (sans aller jusqu’au respect) des écosystème aux seuls mains de la concurrence libre et non faussée parce qu’elle est fondamentalement prédatrice, destructrice et incarnation de la volonté de puissance »

    Il n’existe pas de concurrence « libre » au sens ou toute organisation sociale impose un corpus de règles dans lesquelles la concurrence peut s’exercer. Par exemple, le plus sûr moyen d’éliminer un concurrent serait de le tuer. Ce n’est heureusement pas permis. Mais sans aller jusqu’à des exemples aussi absurdes, la concurrence s’exerce sous des contraintes législatives fortes: interdiction de dumping, de monopoles, interdiction de produits dangereux, contraintes sur l’emploi, les salaires, les normes de sécurité, etc…

    Le point clef étant que quelles que soient les contraintes que l’on met aux entreprises, la concurrence trouve à se redéployer sous ces nouvelles contraintes. Si le législateur décrète une nouvelle contrainte, certaines entreprises mourront peut-être de ne pas savoir s’y adapter, d’autres prendront leur place, et un nouvel équilibre se mettra en place. C’est ainsi que la concurrence a toujours trouvé à s’exercer depuis le début de l’ère industrielle et ce malgré des exigences sociales de plus en plus fortes.

    Donc il est évident que les entreprises ne choisiront jamais spontanément de se convertir à l’écologie, mais si des contraintes écologiques leurs sont imposées, elles s’adapteront nécessairement, ou disparaîtront. Resteront-elles « prédatrices »? Oui, par nature, car la concurrence est l’expression du darwinisme dans nos sociétés. Mais si la concurrence a apporté in fine le progrès depuis deux siècles, c’est parce qu’elle est surveillée et modérée par la puissance publique. Les excès, les abus, les comportements inhumains et scandaleux ont existé, existent et existeront, et la puissance publique a luté, lute et luttera, jamais parfaitement, ni assez rapidement, pour les contenir.

    Toujours est-il que l’on ne peut pas dire que l’écologie est antinomique de la concurrence car l’écologie ne relève évidemment pas de la concurrence. L’écologie relève du bien public, de la volonté publique. Et cette volonté publique façonne les règles qui régissent la concurrence.

    Je crois aux bénéfices de la concurrence, je suis persuadé que la concurrence est un moteur de progrès, même si j’en vois aussi les nombreux aspects négatifs. Je suis aussi persuadé de la nécessité de prendre en compte de façon urgente les contraintes écologiques qui pèsent sur la planète. Je suis enfin persuadé que les deux ne sont absolument pas incompatibles. A l’appui de cette conviction, je suggère aux personnes
    intéressées la lecture d’un livre gratuit en ligne très intéressant : Eco-Economy de Lester R Brown, disponible ici http://www.earth-policy.org/books/eco/eco_table_of_contents

    A contrario, j’ai beau en toute bonne foi essayer d’imaginer un monde débarrassé de l’entreprise, la concurrence et autres gros-mots, je ne peux comprendre sur quelles bases il pourrait fonctionner, sur quel équilibre des pouvoirs il pourrait s’appuyer. Je n’en vois d’exemple concret et convaincant dans aucune société humaine passé ou présente. Surtout je n’en vois aucun prémisse dans les mentalités et les aspirations des gens. Ce monde existera peut-être un jour, mais dans un temps qui se chiffre en générations. Tandis que les problèmes écologiques peuvent être réglés dès maintenant
    dans le cadre de la société telle qu’elle existe, pas telle qu’on pourra la rêver un jour.

  8. @ Barescut :

    +1

    C’est tout-à-fait exact. C’est même un point axiomatique commun aux partis de la rente financière (ce qu’on appelle en Europe la droite, y compris extrême) et aux partis écologistes et fascistes d’Europe au XXième et XXIième siècle.

    Et c’est parce que l’écologie est une pensée de rentier égoïste que les partis de gauche qui souhaiteront l’intégrer à leur programme par pur opportunisme politique seront perçus par leur base et la population comme trahissant le travail et l’entreprise au profit de la rente, et se prendront une tôle électorale, sauf dans les zones de retraités où de csp++. Même si Sarkozy est détesté.

    Mélenchon, par exemple, est soit un traître, soit un menteur, soit un inconscient opportuniste, vu que son programme est autant, sinon plus, vert et décroissant que EELV. Je comprend que les communistes grognent à l’idée d’en faire leur candidat.

    Salutations,
    Jean-Gabriel

  9. Je trouve ton point de vue extrêmement pessimiste au fond. Et surtout, il me semble que la critique du PS est un peu facile. Cela fait bien longtemps que le partie socialiste n’est plus productiviste, justement parce qu’il faut chercher des moyens d’être écologistes sans pour autant détruire des emplois. C’est tout à fait possible, et c’est même sans doute l’une des conditions pour préserver des emplois que d’avoir des entreprises écologiques, par exemple en promouvant l’économie sociale, solidaire et écologique.
    Bien sûr Pompidou a créé le ministère de l’environnement, mais qui en a fait un ministère à part entière, qui ne soit pas sous la dépendance d’un autre? Le PS. Je te rappelle en effet que sous Pompidou, le ministre de l’environnement était rattaché au premier ministre, et qu’il a été attaché à différents ministères ensuite, jusqu’aux septennats de Mitterand.
    Bien sûr la Charte de l’environnement, mais bon enfin, est-ce qu’elle a de vrais effets en termes d’écologie sur la réalité? Il ne me semble pas, d’autant plus qu’étant étudiant en droit, je sais qu’elle n’est pas facilement invocable. Le Grenelle II? De beaux dispositifs en effet, des intentions louables, mais il manque cruellement de moyens pour être efficace.
    Au contraire, si tu regarde des lois faites par les socialistes, comme la loi SRU, elle a eu le mérite de complètement inverser la logique jusqu’alors en oeuvre en luttant contre l’étalement urbain pour préserver les espaces naturels.
    Quand à votre remarque sur Dominique Strauss Khan, elle me semble pour le moins facile. Avoir du débat sur le fond et sur les politiques que l’on veut mettre en oeuvre, voilà ce que mérite l’environnement et l’écologie. Mais se contenter du fait qu’un individu est à la tête d’une institution monétaire internationale pour caricaturer ses idées politiques et en profiter pour englober grossièrement celles de son parti, il ne me semble pas que cela contribue à un réel débat.


    Remarque de biosphere :

    Pour en savoir plus sur DSK, lire notre papier

  10. Nos premières propositions à débattre :
    · Energie : Organisation d’un grand débat public sur la politique nationale énergétique et le nucléaire afin
    d’assurer un véritable droit à l’énergie pour tous respectueux de l’environnement. Transition nécessaire face au
    dérèglement climatique, à la raréfaction de certaines ressources, et au pic de pétrole : penser et passer à l’après
    pétrole. Nationalisations et création d’un secteur public national de l’énergie. Développement de la recherche
    dans tous les domaines énergétiques (en matière d’efficacité énergétique, renouvelables,…) en encourageant la
    sobriété à tous les niveaux. La question de la recherche dans le domaine nucléaire est un point en débat entre
    nous qui devra faire l’objet d’une large discussion citoyenne. Conversion thermique des bâtiments d’habitation
    comme professionnels. Lutte contre la précarité énergétique (dont grand programme de rénovation thermique
    et abandon du chauffage électrique dans les logements sociaux, obligation de réaliser les travaux avec
    allocation selon revenus, et gratuité des premières tranches eau et électricité).
    · Transport et fret : passer du tout routier au rail et au fluvial, développer les transports collectifs, garantir un
    financement renforcé des transports en commun (réouverture de lignes SNCF, en particulier des transversales,
    financement de matériel TER).
    · Lutte contre le consumérisme, contre l’invasion de la publicité et le système dominant des médias, mise en
    place du revenu maximum autorisé (à vingt fois le revenu médian). Passer de l’économie du remplacement à
    celle de la réparation, lutte contre l’obsolescence programmée (multiplication des temps de garanties sur tout le
    produit pour obliger les entreprises à la réparation). Lutte contre les modes, le surendettement et la création de
    besoins artificiels.
    · Science et citoyenneté : Garantir l’indépendance des chercheurs et développer la recherche fondamentale. Mise
    en place de débats citoyens et d’instances de contrôle et de décisions sur les applications scientifiques par
    l’industrie. Création d’un statut de protection des lanceurs d’alerte.
    · Agriculture : prise en compte des enjeux à la fois sociaux, d’emploi, de souveraineté alimentaire,
    d’environnement et de santé de l’alimentation. Garantir la souveraineté alimentaire – incluant le développement
    de l’agriculture paysanne et vivrière, et la protection du foncier agricole en zone urbaine et péri urbaine.
    · Santé et environnement : lutte contre les produits chimiques néfastes, les pesticides consommés et l’expositions
    des agriculteurs, les problèmes des nanomatériaux pour la population autant que pour les travailleurs.
    · Favoriser la relocalisation des productions, en particulier agricoles, pour développer les circuits courts et
    rapprocher les producteurs des consommateurs.
    · Impulser un processus de coopérations internationales pour favoriser et soutenir toutes les expériences
    d’écologie anticapitaliste.
    · Création d’un service public national de l’Eau, un service public de l’Energie avec la réappropriation publique
    du secteur de l’énergie (EDF-GDF et Total) que le marché pousse actuellement à la surproduction et à la
    surconsommation en le détournant de sa mission de service public, mise en cause de l’ouverture à la
    concurrence dans les transports et l’énergie qui conduit à une véritable gabegie marchande au détriment de
    toute vision de long terme, soutien aux collectivités dans la mise en place de Plans climat, Agenda 21, Plans
    bruit etc … Création d’un Service Public du Logement. Création d’un service public national de l’ingénierie
    durable au service des collectivités territoriales.
    · Pour un nouvel ordre alimentaire mondial : Instauration d’une clause de sauvegarde internationale lorsque les
    terres d’un pays sont menacées de spéculation et de détournement de la production. Interdiction de la
    spéculation sur les matières premières agricoles et alimentaires. Taxation des importations abusives pillant les
    agricultures locales, en particulier dans les pays du Sud, afin de financer la relocalisation des productions.
    · Développer une grande politique d’enseignement et de recherche en écologie : cela suppose de revisiter les
    programmes d’enseignement à tous les échelons, mettre à plat les enjeux de la recherche publique et privée,
    définir un nouveau rôle au CNRS, INRA, CEA… garantir le statut indépendant des chercheurs pour qu’en lien
    avec la société ils définissent en dehors des pressions des monopoles, leurs programmes. Pour cela nous
    proposons la suppression de la loi LRU.
    · Sur l’impact des installations industrielles et agricoles : il faut développer l’INRA, l’INERIS (risques
    industriels), l’IRSN (risques nucléaires) et les mettre en coopération de travail

  11. Réponses aux questions de Gunslinger
    On ne peut que constater que la croissance économique s’est accompagnée de la destruction des modes de vie vernaculaires et de la montée des inégalités. Une grande partie de la société humaine a alors basculé de la pauvreté conviviale à la misère subie. Il ne s’agit pas d’argumenter d’abord sur la décroissance, mais sur les errements de la croissance.

    Le RSA ou le minimum vieillesse n’ont pas toujours existé. Ces mécanismes récents ne reposent pas sur une solidarité de proximité mais sur une gestion administrative centralisée. Si la société mondialisée s’appauvrit à cause d’une prévisible récession économique durable, ces avancées sociales seront certainement remises en question.

    Il y a là des questions de fond qui méritent d’être approfondis par les partis…

  12. Je suis toujours étonné par les arguments des « décroissansistes ». Par où passe la création de richesses, qui reste le préalable à son partage, sans croissance ? Comment Yves Cochet (par exemple) explique t’il à ses électeurs vivant du RSA ou du minimum vieillesse qu’il faut à tout prix faire de la décroissance ?

  13. L’erreur consiste à confondre écologie (science des interactions et équilibres DES écosystème), l’environnementalisme (qui se préoccupe de la protection, la préservation ou la restauration de l’environnement humain qui en est le centre) et le naturalisme (qui suppose une continuité des principes de la nature dans l’espace social humain et qui peut même aboutir à une valorisation de la nature aux dépens de la culture).
    On pourrait discuter du nom de chacune de ces tendances mais l’essentiel est dans la distinction entre les idées.
    C’est ainsi que Pétain (lois écologiques, « La terre, elle, ne ment pas… », ou Hitler (végétarien), comme la droite ultra-libérale affirment que l’espace culturel est dominé par les mêmes lois (vertueuses) que celles de la nature
    « La nature est cruelle, nous avons donc le droit de l’être aussi  » (Hitler 1934)
    « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » Laurence Parisot, Medef
    C’est la vieille idée d’une providence agissant au sein de l’ensemble de la « création », qu’on retrouve masquée aussi bien chez Kant, que dans la main invisible de Smith.
    Naturalisme dirons-nous.
    Il y a donc une tendance logique selon cette pente à tourner le dos à l’humanisme et à « décentrer » le droit et la morale. Ce que Luc Ferry avait bien montré dans le Nouvel Ordre écologique.
    MAIS là où l’écologie humaniste est nécessairement DE GAUCHE c’est lorsqu’elle
    intègre l’idée d’intérêt général , qu’elle montre que tout est lié et qu’elle tire les conséquences du fait que la puissance de l’homme en a fait effectivement « le maître et possesseur de la nature » faisant disparaître la frontière entre nature et culture.
    En conséquence aucune écologie efficace :
    – ne peut laisser la question du soin, de la préservation (sans aller jusqu’au respect) des écosystème aux seuls mains de la concurrence libre et non faussée parce qu’elle est fondamentalement prédatrice, destructrice et incarnation de la volonté de puissance. Le résultat est connu c’est l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou dans la couche d’ozone dans l’Antarctique, les réfugiés climatiques, les perturbateurs endocriniens, l’explosion des cancers, les effets de l’agent orange de Monsanto, etc.
    – l’écologie humaniste doit tourner le dos à la représentation du monde comme un fond insondable de matière et d’être à exploiter pour penser un écosystème auquel nous sommes liés, dont les ressources sont limitées et au sein duquel il existe une continuité (sensibilité et conscience animale par exemple)
    – l’écologie politique doit tourner le dos aux valeurs productivistes qui présuppose que plus c’est mieux. L’objectif est de refonder nos sociétés à partir des interactions (nord/sud, villes/campagnes, corps/esprit, etc)

    C’est cette révolution intellectuelle qui est défendue par le Parti de Gauche, la Fase, de nombreux altermondialiste, Edgard Morin, ou le regretté André Gorz. C’est pourquoi le billet de départ qui affirme que « la gauche plus-à-gauche ne veulent pas voir les crises écologiques, ils préfèrent le productivisme qui va créer emploi et pouvoir d’achat au détriment les ressources de la planète », manifeste une ignorance assez commune mais très regrettable.
    Pour plus de précisions voir les propositions concrète d’une écologie politique cohérente :

  14. @meleze

    Elle est excellente celle-là.


    Modérateurs de ce blog à Mike :
    Veuillez préciser votre pensée s’il vous plaît.
    Présentez une argumentation plutôt qu’une exclamation.

    Merci

  15. Voila une tres bonne analyse. Il est vrai que l’ecologie en soi ne fait pas toute l’orientation politique d’un pays. L’ecologie peut exister avec le liberalisme comme avec le protectionnisme, avec le conservatisme comme avec le progressisme, certes sous des formes probablement tres differentes. Le probleme des partis ecologiques « de gauche » est qu’ils sont persuades que l’ecologie ne se marie qu’avec des idées de gauche voire d’ultra gauche. C’est faux, et cela est démontré depuis une ou deux décennies: la droite met en oeuvre des politiques ecologiques (timides, maladroites et bancales, certes), tandis que s’il fallait compter sur l’accession des écologistes au pouvoir pour voir ces idées se réaliser, rien n’aurait été fait. Quand à la gauche socialiste, sa vision écologique est malheureusement inexistante, et on peut légitimement se dire que la gauche ne ferait rien de plus que la droite sur ce sujet.

    La bonne nouvelle est que la prise de conscience écologiste progresse au sein de la population. Les jeunes sont très sensibilisés à ces problèmes, les problèmes relevant de l’écologie sont de plus en plus présents (marées noires, peak oil, réchauffement climatique, etc…). Ce n’est que lorsque l’ensemble de la population aura pris conscience des ces problèmes, ce qui légitimement ne peut pas prendre moins d’une génération, que l’écologie trouvera enfin sa place plein et entière en politique. Ce sera une écologie pragmatique et politiquement agnostique, tournée vers la résolution des problèmes sans dogmatisme. L’écologie deviendra une composante des gouvernements au même titre que l’emploi, la sécurité, la défense, l’éducation. Ce ne sera plus un slogan, une excuse, un appat à électeurs.

    La question de fond qui demeurera sera de concilier le temps écologique long (plusieurs décennies) avec les temps courts de nos démocraties et des réelections (quelques années). Question encore non résolue parce qu’elle n’est pas abordée. Affaire à suivre…

  16. L’écologie est fondamentalement une valeur de droite car ce n’est rien d’autre que la préservation de l’héritage, valeur typiquement de droite ! Quand aux partis dits écologistes, il s’agit plutôt de groupuscules gauchistes qui essaient de surfer sur l’amour de la nature sans le placer vraiment en tête de leurs priorités.

  17. Votre phrase selon laquelle nous ne sommes que des sous traitants de la droite ou de la gauche est très vexante. Elle résulte du calcul electoral non proportionnel qui oblige les voix ecologistes a se repartir sur les deux derniers candidats restants au 2°tour. Quoi n’avons nous pas fait mieux que de la sous -traitance? Au fond vous avez peut etre raison. Les idées s’expriment sur le web sont reprises par d’autres et ne reviennent jamais a ceux qui les ont lancées. Il y a fort peu de chance que le Grand Paris soit mis en ouvre par un ecologiste malgré l’énorme besoin de la region parisienne en écologie urbaine et en décroissance.

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