Tout savoir sur la perversité des pro-OGM

Les arguments favorables aux “OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique ». En 2001, deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord. Un déluge d’indignation s’abattit sur ce constat, les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc. Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, une chronique du Guardian, a raconté comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les OGM ». Plaider pour les biotechs, ce serait ainsi toujours se placer du côté de « la science », tandis que faire preuve de scepticisme à leur endroit serait toujours se placer du côté de l’irrationalité, de l’idéologie, de l’activisme vert, etc. Le résultat est que les arguments favorables aux OGM y sont soumis à très peu d’esprit critique, ce qui n’épargne personne, y compris l’auteur de ces lignes.

J’ai ainsi affirmé qu’en Inde, le coton transgénique Bt avait eu des résultats positifs en termes d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau. En mars 2020, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt en Inde. L’introduction du coton Bt s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des pesticides, mais celle-ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains insectes et la prolifération de ravageurs secondaires non ciblés, « les agriculteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’introduction du Bt ». Ce n’est pas fini. Certaines courbes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs semblent montrer un lien entre l’arrivée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspondent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent les auteurs de l’étude. (Chronique de Stéphane Foucart)

Pour tout savoir sur les OGM grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2017, équivalence en substance des OGM, manipulation du réel

6 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Débat entre Deshayes et Testart

5 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Un livre de Jacques Testart

7 novembre 2012, la souffrance des agriculteurs confrontés aux OGM

24 septembre 2012, OGM, non aux chimères génétiques chimériques

23 septembre 2012, OGM, le débat pour ou contre peut nous éclairer

20 septembre 2012, Les OGM et Monsanto sur le banc des accusés

2 décembre 2011, dialogue avec un partisan des OGM, membre de l’AFBV

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

18 avril 2009, impuissance OGM

21 mai 2008, pro ou anti-OGM ?

5 février 2007, Cent millions d’hectares OGM !

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13 réflexions sur “Tout savoir sur la perversité des pro-OGM”

  1. Bio-ingénieur et fier de l'être

    Monsieur Foucart, la « Science » n’est ni pour ni contre les Biotechs. Les biotechnologies sont, par définition, des « technologies du vivant » et c’est à la Société de dire si elle accepte ou non
    telle ou telle technologie, mais la Société n’a pas à dire la Science. Sur la question des impacts économiques et environnementaux des variétés GM, la diversité des textes disponibles montre à l’évidence que l’évaluation de ces impacts peut donner lieu à des conclusions non concordantes. S. Foucart pourrait aussi s’interroger sur le fait que fait qu’en 2019 il y avait près de 190 millions d’hectares (dont plus 11,6 de Coton Bt en Inde) cultivés par plus de 18 millions d’agriculteurs (dont plus de la moitié dans les pays en développement) ; les paysans seraient-ils contraint d’utiliser des plantes qui « (ne tiendraient) pas leurs promesses » ?

    1. On peut également s’interroger sur la nécessité de tout ce coton. Le coton ne se mange pas. Bien sûr nous devons nous vêtir, mais quand même ! La production du coton (OGM ou pas, en Inde ou ailleurs) est un fléau écologique mondial, notamment de part sa consommation d’eau. Et tout ça pour satisfaire le Marché de la mode et du jetable. En plus bien sûr, de celui des engrais, des pesticides, des OGM etc. Toujours pareil, Business as usual !

    2. Pour un écologiste, le problème principal révélé par cet article de Foucart réside dans le fait que les FMN ont les moyens financiers de bâillonner toute opposition, en particulier en devenant des fabricants du doute. Douter pour mieux connaître est certes une vertu de la démarche scientifique mais les FMN sont en train de noyer la société de produits qui globalement détruisent les équilibres environnementaux et parfois même notre santé.
      La science devient technologie appliquée, la vertu devient alors un vice, et les paysans sont voués à devenir des industriels de l’agro-alimentaire !

      1. En effet. Cependant Foucart ne nous apprend rien. Nous (surtout les écolos) devrions savoir comment s’y prennent Les Marchands de doute pour nous embrouiller. (Lire le bouquin de Naomi Oreskes et Erik M. Conway). Les OGM ne sont qu’un exemple, idem avec le nucléaire etc. récemment la chloroquine.
        Un problème et non des moindres, parmi les autres, c’est l’absence d’esprit critique. Certes, dans ce monde qui n’a jamais été aussi complexe il n’est pas facile d’y voir clair, d’autant plus que l’esprit critique exige des efforts. Et qu’il n’est pas enseigné (dès le plus jeune âge). Résultat, la Grande Confusion !
        D’un certain point de vue… on peut dire que nous vivons une époque formidable (avec ou sans guillemets). Aujourd’hui, notamment grâce à Internet, chacun peut croire ce qu’il veut, ce qui l’arrange. Et donc ce qui ne maintient son petit équilibre vital.

  2. Au-delà de leur nocivité, les OGM sont le meilleur symbole de la fuite en avant de nos sociétés pour nourrir toujours plus de gens. Il est impossible de nourrir 8 milliards de personnes de façon simple et saine (n’en déplaise aux partisans militants de l’agroécologie qui multiplient de façon imprudente des expériences locales et protégées au monde entier).
    Nous avons inventé les pesticides, puis les superpesticides, puis les OGM puis des super OGM, dans une course sans fin, alors qu’il suffirait de changer d’objectifs, être moins pour avoir moins de gens à nourrir et pouvoir le faire dans de meilleures conditions sanitaires et en préservant mieux la nature.
    Les OGM sont le révélateur de notre surdité, de notre négation des évidences, de notre folie collective.

    1. Oui mais, n’en déplaise à Didier, mais à cause de ces OGM, qui permettent de nourrir certes plus de monde, mais par une dégradation de l’écosystème et de la qualité de la nourriture, soit dégradation de la santé, à cause de ces OGM qui permettent d’élever toujours plus haut et plus loin la démographie, en parallèle ça fait que personne n’assume une natalité responsable, du coup les dirigeants ne voient plus la nécessité de réguler la démographie. OR, même si on nourrit plus de monde avec les OGM, en parallèle, avec les espaces agraires qu’il faut tout de même trouver, cela empiète encore sur les territoires de la faune, et du coup réduit les territoires des animaux dont pour se nourrir, donc il y a moins d’animaux qui pourront se nourrir. En parallèle, l’humanité y perd en biodiversité avec ces OGM. En l’occurrence on ne peut pas dire qu’il soit neutre ou sans conséquence non plus, et sont donc bien nocifs.

      1. D’autre part, l’argument de la productivité (rendements) accrue grâce aux OGM est également douteux. Par exemple, d’anciennes variétés de blés avaient des rendements de l’ordre de 120 (voire 150) quintaux à l’hectare. Alors qu’aujourd’hui les céréaliers les plus en pointe font au mieux 100 quintaux. Lire à ce sujet ce que raconte Marc Bonfils.

      2. Didier BARTHES

        Bonjour BGA80, mais il n’y a même pas besoin de « n’en déplaise à Didier », je suis entièrement d’accord avec vous.

    2. L’argument de la nécessité des OGM du fait de notre nombre («pour nourrir toujours plus de gens») est fallacieux. Aussi bien de la part de ceux qui les soutiennent, que ceux qui les combattent (comme vous ici). Comme des tas de choses, les OGM n’ont qu’un but, le Pognon. Business as usual !
      – «Il est impossible de nourrir 8 milliards de personnes de façon simple et saine». Vous ne pouvez pas dire ça, vous n’êtes pas agronome, en tous cas pas plus que moi. Sur ce sujet je préfère écouter des gens comme Marc Dufumier qui dit que «l’agroécologie peut parfaitement nourrir 10 milliards d’humains.» (nourrir, pas gaver). D’autre part je suis curieux de savoir ce qu’il y a d’imprudent dans leurs expériences.
      En fait c’est toujours pareil, chacun se plait à croire ce qui l’arrange.

      1. Même en supposant que ton agro-écologie puisse nourrir 10 milliards d’habitants, ça n’empêchera pas moins que ce seront 10 milliards d’habitants qui voudront un smartphone, une ou plusieurs voitures, un pavillon individuel, qui voudront piscine et douches quotidiennes (pas sur que ce soit un bon point pour l’eau), prendre l’avion et tout le reste….

        1. Ne lui brise pas ses rêves de simplicité volontaire , de ciel azuréen dans lequel volent des anges et des séraphins dans une parfaite harmonie , méchant que tu es !😜

      2. Ce Dufumier porte bien son nom , encore un maître de l’ illusion : ce brave homme est membre du comité de veille écologique de Hulot😁😁😁😁😁 et un alterZiegler avec une nuance de Rhabbi , c’ est dire le sérieux .
        Ce n’ est pas parce que l’ on est bardé de diplômes scientifiques que l’ on possède la vérité .
        Par nourrir 10 milliards d’ habitants , il entend sûrement le repas du paysan africain d’ Ethiopie ou du Bengale à peine capable de boucher une dent creuse !
        Je ne suis pas agronome mais en matière de production agricole , il s’ agit d’ être très prident car les rendements d’ une terre peuvent varier en fonction de nombreux paramètres : la production n’ est pas linéaire d’ une année sur l’ autre .

        1. – «Je ne suis pas agronome mais […]»
          Ben oui, comme moi finalement. Et comme Didier Barthès, etc. Sauf que vous MARCEL, moi, Didier Barthès, etc. nous ne sommes pas pareil. Eh oui, il faut de tout pour faire un monde ! Et comme on dit aussi, plus on est on est de fous plus on rit. 🙂
          En attendant… je vois bien ce que vous êtes. Disons, ce que vous n’êtes pas. Vous n’êtes ni un agronome, ni un écolo, ni un ange, ni un séraphin, ni bardé de diplômes, ni un cercle, ni un carré etc.
          Bref, comme je disais précédemment, en fait c’est toujours pareil, chacun se plait à croire ce qui l’arrange. Et d’un âne on ne fera jamais un cheval de course. 🙂

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