Transformer notre corps en humus, le pied

Je ne suis que poussière et j’y retournerai (la bible). Ce qui est terre retournera à la terre (Église d’Angleterre). En termes écolo, mieux vaut après notre mort se transformer en bon humus pour perpétuer le cycle de la vie. L’État de Washington a adopté un texte permettant de transformer le corps de défunts en compost. Sur le site Humusation.org, la fondation Métamorphose pour mourir… décrit ainsi le processus d’humusation : « Il s’agit d’un processus contrôlé de transformation des corps par les micro-organismes dans un compost composé de broyats de bois d’élagage, qui transforme, en douze mois, les dépouilles mortelles en humus sain et fertile. La transformation se fera hors sol, le corps étant déposé dans un compost et recouvert d’une couche de matières végétales broyées. En une année, l’humusation (…) produira plus ou moins 1,5 m³ de super-compost ». Que du bonheur, pas de cercueil, pas de frais de concession dans un cimetière, pas de frais de pierre tombale, ni de caveau, pas de frais d’embaumement, ni l’ajout de produits chimiques nocifs… C’est une bonne solution pour réduire l’impact environnemental de la mort, mais ce n’est pas encore entré dans les mœurs ! La question a été abordée en 2016 lors d’une séance de questions au gouvernement français par une sénatrice : « La législation actuelle permet seulement l’inhumation et la crémation. Un certain nombre de Français, dont des habitants du département du Rhône, souhaitent pouvoir bénéficier de l’humusation ». Le ministère de l’intérieur a rappelé que « l’humusation est actuellement interdite. » Il y a cinquante ans, l’incinération paraissait répugnante, l’humusation s’imposera dans cinquante ans, respect des cycles naturels oblige. Il n’y a aucun caractère sacré de la dépouille humaine, les momies égyptiennes et leur pyramides étaient réservé à l’élite extrême, le bon peuple n’a laissé de traces ni dans des sépultures, ni même par leurs maisons.

LE MONDE du 1er-2 novembre nous propose une autre innovation, la forêt funéraire écologique.Une expérimentation menée avec la municipalité d’Arbas va permettre aux familles endeuillées d’enfouir les cendres des défunts au pied des arbres. Pour l’urne, même si le phénomène de décomposition est assez rapide, un certain nombre de matériaux ont été proscrits : les contenants en plastique ou bois traité, de même que l’amidon de maïs qui attirerait sangliers et chevreuils. Ce sont donc des urnes en bois, tissu ou feutre, qui sont proposées. Ces cimetières naturels sont pleine expansion en Allemagne. Dans le bois de Nuthetal-Parforceheide par exemple, 23 hectares au sud de Berlin, il n’y a ni stèle ni tombeau, et pas une seule épitaphe en marbre à la ronde. Sur le tronc des arbres choisis, une discrète plaque en aluminium porte le nom des défunts. Tout autre ornement funéraire est proscrit. La forêt conserve son caractère naturel. La différence de prix considérable entre une inhumation en forêt et un enterrement classique explique le succès de cette pratique, mais selon notre point de vue l’argument écologique doit toujours l’emporter sur l’argument économique. Et tant mieux si les deux considérations se complètent !

Rappelons que pour augmenter la capacité d’accueil de votre caveau familial, vous pouvez recourir à la réduction de corps de vos défunts. Leurs ossements seront alors réunis dans un même reliquaire. Mais la poudre d’os peut être aussi utilisé comme engrais. Pour d’autres aspects des funérailles écolos, lire sur notre blog biosphere :

9 juillet 2019, écolo pour l’éternité… au cimetière

27 octobre 2014, Tout écologique, même au moment de notre enterrement

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3 réflexions sur “Transformer notre corps en humus, le pied”

  1. – « … la poudre d’os peut être aussi utilisé comme engrais. »
    Aujourd’hui du «super compos » pour nourrir les tomates et les arbres, et demain des croquettes pour Médor ou pour le minou. Et ensuite, Soleil Vert !
    Ben oui ! Après tout … «il n’y a aucun caractère sacré de la dépouille humaine ».
    Ben oui ! Depuis le temps on devrait le savoir : «Si Dieu est mort, tout est permis » !

    – Copié-collé de mon commentaire du 9 juillet 2019 à 07:50 : Après avoir vécu comme des porcs, offrons-nous des « funérailles écologiques ». Et après ça nous pourrons reposer en paix, la con science tranquille, pour des siècles et des siècles, amen. Le top en la matière c’est d’échapper au cimetière. Non pas en devenant immortel, parce que ça c’est pas écolo du tout, mais en se faisant composter. Nos restes iront ainsi nourrir les jardins ou les arbres. Voilà où nous mène notre folie, notre perte de la juste mesure, voilà encore un exemple à rajouter au GRAND N’IMPORTE QUOI .

    2) Et pour ceux qui ne verraient toujours pas « pourquoi des funérailles écolos qui essayent de garder la juste mesure pour le recyclage de nos restes serait du GRAND N’IMPORTE QUOI » (sic) … lire ma réponse du 9 juillet 2019 à 10:27.

    1. «  »Des « funérailles écolos » pour compenser nos délires consuméristes, pour se mettre en paix avec notre petite con science ! Et tout ça avec la bénédiction des tenants du Système qui s’engraissent de notre bêtise et dirigent nos vies de notre naissance à notre mort. »

      Il me semble que l’idée de funérailles plus simple, plus naturel est intéressante
      mais bien-sur cela ne doit pas nous empêcher de limiter notre impact sur la nature de notre vivant : chacun de nos actes est à réfléchir, tout est dans la juste mesure.

      1. Bien sûr la juste mesure ! Au stade où nous en sommes, nous pouvons d’ailleurs appliquer cette injonction de sagesse sur tout et n’importe quoi. Par exemple sur le calcul du juste prix. Quel serait selon vous le juste prix de la tonne de « super-compost » ?

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