Transition énergétique, l’oubli des combustibles fossiles

Il est très étonnant que la question essentielle de la disponibilité des combustibles carbonés fossiles (charbon, pétrole et gaz) dans l’avenir n’ait même pas été effleurée dans la loi  sur la transition énergétique (DNTE) qui est en débat en France. Ils sont pourtant depuis 150 ans les principaux moteurs de l’économie mondiale. Ils représentent encore plus de 80 % de l’approvisionnement énergétique de l’humanité malgré les efforts faits pour développer de nouvelles sources d’énergie. Ils ont joué un rôle majeur dans les progrès matériels et humains des pays dits «développés», ainsi que dans la croissance de la population mondiale.

Très préoccupant pour les pays développés est le pétrole, principal moteur de leur activité économique, car son déclin semble très proche. Un élément aggravant pour les pays qui comme les pays de la Zone Euro et particulièrement la France sont dépourvus de ressources et dépendent donc entièrement du marché international, est que les quantités qui en seront mises sur ce marché déclineront avant la production mondiale et plus vite qu’elle, car les pays exportateurs en consomment des quantités croissantes pour assurer leur développement tout en faisant face à l’accroissement de leur population. La France et la Zone Euro devront aussi y affronter la concurrence des grands pays émergents comme la Chine et l’Inde, et seront très vulnérables à une rupture d’approvisionnement ou à une flambée des prix qui seraient dus à une crise politique. Ils ont donc un fort intérêt à faire décroître le plus vite possible leur consommation de pétrole.

En effet la disponibilité des combustibles carbonés fossiles ne va pas de soi et pose problème à terme bien plus bref qu’il n’est généralement imaginé. Dans beaucoup de pays, les productions sont déjà en déclin et pour certains, en particulier en Europe, les quantités récupérables sont proches de l’épuisement. Une analyse prospective montre que la probabilité est forte pour que la production mondiale de pétrole commence à décliner pour des causes géologiques vers 2020, et celle de gaz vers 2030, et cela malgré le développement du pétrole et du gaz dits de schistes (en fait de roches-mères) qui occupe tant à l’heure actuelle les médias. La production de charbon devrait plafonner à partir de 2025-2030, mais décliner seulement en 2070. Au total la quantité d’énergie mise à disposition de l’humanité par les combustibles fossiles devrait décliner rapidement après 2025. Le déclin de la quantité moyenne disponible par habitant devrait connaître un déclin encore plus rapide, du fait de l’augmentation de population de la planète.

Les combustibles fossiles donneront donc le tempo de la transition énergétique…

(texte résumé de Bernard DURAND)

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