Un pape écologiste ? Son nom l’indique, mais…

Alors que nous nous acharnons à détériorer les conditions de vie sur notre planète, le pape précédent Jean-Paul II avait fait semblant d’écouter les gémissements de la Création. Benoît XVI était resté quasiment inaudible sur le réchauffement climatique, la sixième extinction des espèces, la stérilisation des sols, etc. Le miracle peut-il exister avec l’Argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu « pape François » le 13 mars 2013 ? Ce pape voudra-t-il, pourra-t-il réconcilier les croyants avec la Création ?

Le choix du nom du pape garde une charge symbolique importante. Le nom de « François », choisi pour la première fois dans la longue histoire de l’Eglise, fait référence à saint François d’Assise, le premier religieux à s’intéresser vraiment à la nature. Jean Paul II en avait fait le patron de l’écologie. Le pape François sera-t-il capable de plonger l’esprit chrétien dans les verts pâturages de l’ancien et du Nouveau Monde ? Un signe clair en est l’humilité reconnue de Jorge Mario Bergoglio. Le jour où il devait être consacré cardinal par Jean Paul II en personne à Rome, son porte-parole était passé le chercher : « Comment nous rendons-nous au Saint-Siège ». Bergoglio répondit : « Comment ça, comment ? En marchant évidemment ! » Le choix de l’écologie, c’est le choix de la marche à pied contre l’automobile, c’est le choix de la sobriété dans tous les domaines.

Mais le pape François saura-t-il se promener indemne parmi les loups ? Dans un éditorial du MONDE*, le premier défi qui attend le nouveau pape consiste à « surmonter les rivalités et divisions de la curie… Cela suppose davantage de souplesse, de transparence, bref de démocratie… » Il faudra pour cela que le pape François échappe au virus romain, dénoncé par Leonardo Boff : « J’ai comparé l’attitude de Benoît XVI avec d’autres personnes avant d’arriver à la conclusion qu’il avait été contaminé par une sorte de « virus romain » qui semble atteindre tous ceux qui travaillent au Vatican. J’ai connu tant d’exemples de théologiens progressistes devenus conservateurs et défenseurs de la raison d’Etat après à peine un an passé à Rome. Il apparaît que Rome transforme les êtres qui y vivent en défenseurs d’un système mis en place depuis des siècles. Le prétexte a toujours été la peur du marxisme. C’est en suivant cette logique que le cardinal Ratzinger a réduit au silence, destitué ou transféré plus d’une centaine de théologiens proches du peuple. Je ne donne pas cher de l’avenir du catholicisme s’il tourne à ce point le dos à ses propres évangiles… »**

Le pape François n’est pas issu du sérail qui régnait au Vatican. C’est une chance ! Saura-t-il vraiment remettre l’humilité et la Création au centre des préoccupations des Chrétiens, nous l’espérons.

* LE MONDE du 1er mars 2013, La succession de Benoît XVI, ou la quadrature du cercle

** LE MONDE du 28 février 2013, «Benoît XVI, un éminent théologien, mais un pape qui a déçu »

11 réflexions sur “Un pape écologiste ? Son nom l’indique, mais…”

  1. Respecter son prochain, c’est aussi respecter sa Terre future. Je pense que religion et écologie font bon ménage.

  2. Oui, meme si il y a une infinite de variations locales et individuelles, le creationnnisme est une vraie plaie ici. Bien au dela de la limite democrates/republicains, et meme si la religion a une autre signification sociale qu’en france.

    Je tire un tres grand coup de chapeau a mes collegues du secondaire ici, qui sont dans les tranchees du combat contre cet obscurantisme. Dans le superieur, et dans le domaine de la recherche, nous nous protegeons relativement bien de ce probleme, mais les choses ne sont pas si faciles dans les equivalent US des lycees. Honneur aux heros du secondaire.

  3. « Nous ne sommes donc pas créationnistes, un univers créé par Dieu »
    Attention a cette confusion, le creationnisme signifie specifiquement une negation de l’evolution et une lecture litterale et fondamentaliste de textes sacres. Ce fondamentalisme se touve dans toutes les religions helas, mais heureusement tous les croyants ne sont pas creationistes. Le magistere de l’Eglise (catholique) a depuis longtemps admis le principe de l’evolution, et de son mecanisme darwinien, et a comme bien d’autres eglises une lecture hermeneutique des textes sacres.

    1. Coq au vin, nous sommes bien d’accord, il s’agit surtout d’un prisme américain.
      Un professeur américain de biologie fut même condamné en 1925 à une amende pour avoir enseigné les théories de Darwin (l’évolutionnisme). Il a fallu attendre 1987 pour que la justice US interdise définitivement, au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’enseignement du créationnisme. Le pape Benoît XVI a précisé le point de vue de l’Église catholique en avril 2007 ; le christianisme a fait « l’option de la priorité de la raison créatrice au début de tout et principe de tout ». Cette prise de position ne contredit pas la théorie de l’évolution, mais refuse que cette théorie dicte la vision que l’on doit avoir de la personne humaine.
      Mais aux USA, c’est encore le blocage total. Un sondage, publié en janvier 2008, indiquait que 29 % des Américains pensent que la vie a été créée sous sa forme actuelle. Il n’y aurait donc pas d’évolution, nous serions seulement en présence du dessein de Dieu, créateur tout puissant de tout ce qui existe. Il n’est donc pas étonnant que la plupart des prétendants à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2008 soient pour le créationnisme. Bon courage pour les esprits éclairés aux USA !

  4. Cher prophete Philippulus
    Sur votre premier point, en principe oui l’expression « j’ai une these » n’est pas strictement correcte, il faudrait dire en effet « j’ai soutenu une these », et, si brillamment soutenue comme dans mon cas, « je suis docteur ». Mais eter docteur/avoir une these sont si fortement synonymes qu’on utilise l’expression « c’est un thesard » pour decrire l’impetrant. On utilise aussi en France « docteur en medecine » pour definir la profession de medecin, ce qui la aussi serait, stricto sensu, incorrect.
    Dans ce sens familier, j’ai une these (in extenso: j’ai soutenu, effectivement brillamment). J’ai une these et j’ai donc le grade universitaire de docteur (puisque vous appreciez les details, le doctorat est un des quatres « grades » universitaire d’Etat, pas un « titre ». Si je m’appelle « Docteur Coq » c’est un titre, mon doctorat est lui un « grade ».).
    En quoi? Je suis docteur es sciences. Et vous en doutez? Je ne peux pas vous oter vos doutes car je ne vais pas demander a biosphere de poster une copie de mon diplome sur le blog. Il vous faudra donc me croire sur parole (sur ecriture, plutot), « Heureux celui qui croit sans voir ». Je suis donc le brillant docteur Coq (titre), titulaire d’un doctorat es sciences (grade), et, j’ajoute, professeur d’universite (fonction) dans une universite d’Etat aux Etats-Unis – d’ou l’absence d’accents sur mon clavier. La seule complication est que la these en sciences naturelles et physiques francaise est, dans le systeme anglo-saxon, definie par « PhD » (doctor philosophiae), qui n’a rien a voir avec la philosophie mais distingue une these scientifique academique d’une these qui definit une profession (les theses de doctorat en medecine ou en pharmacie par exemple, ou les theses de doctorat en education)
    Sur votre second point: oui l’ecologie est une science. En tant que telle elle n’a absolument rien a voir avec la foi religieuse, c’est a dire qu’elle n’est ni compatible, ni incompatible, et elle n’a egalement rien a voir avec l’ecologie politique, qui est une ideologie, ou une opinion. Dire que l’ecologie politique est une science est la meme chose que de dire que la menuiserie est une science physique puisqu’elle utilise les concepts de « force », de « pression », de « friction ». Aucun raport epistemologique entre « ecologie » et « ecologie politique » .On peut etendre cette discussion aux « sciences humaines » : sont-ce des sciences?
    Le terme « creationisme » que vous utilisez signifie autre chose que la croyance en une creation theistique: c’est specifiquement la croyance que l’evolution darwinniene n’existe pas, mais que la nature a ete cree comme decrit verbatim par une tradition religeuse. Ici aux US, c’est une vraie plaie pour i) les croyants qui veulent utiliser leurs cervaux et ii) les scientifiques enseignants comme Votre Serviteur qui en voient des vertes et des pas mures avec les etudiants dans le superieur.
    Amicalement,
    Docteur Coq, PhD, Professeur. (« titre », « grade », « fonction »)

    Remarque de la modération du blog biosphere :
    Faites plus court, please,
    d’autant plus que vous êtes hors sujet !

  5. philippulus

    Biosphère nous dit :
    « Saura-t-il vraiment remettre l’humilité et la Création au centre des préoccupations des Chrétiens, nous l’espérons. »
    Etre créationniste et réellement écologiste est très largement idéologiquement incompatible. L’écologie est une science et, en tant que telle, elle relève d’un matérialisme rigoureux et bien compris.
    « L’humanisme bien ordonné met le monde avant la vie et la vie avant l’homme ».
    Claude Lévy-Strauss.
    C’est ça l’écologie. Comprendre ce qu’est l’homme, la vie, le monde et les liens qui les unissent. Tous les discours religieux ne peuvent apporter dans cette affaire que confusions et illusions.

    1. Philippulus,
      Attention à votre interprétation. Nous n’avons sur ce blog qu’une seule religion, le respect de la Terre et de tous ses habitants. Nous ne sommes donc pas créationnistes, un univers créé par Dieu, mais évolutionnistes à la mode de Darwin : l’univers se suffit à lui-même, il n’est pas créé pour l’homme.

      Cependant, si les adeptes d’une religion du livre remettaient l’humilité et ce qu’ils appellent la Création au centre de leurs propres préoccupations, peut-être y aurait-il un chemin d’entente entre les athées écolos et les Chrétiens… Nous l’espérons !

  6. philippulus

    Ainsi donc le commentateur le plus assidu de ce blog « aurait une thèse ».
    Je suppose qu’il a voulu dire qu’il avait, à un moment donné de sa vie, brillamment soutenu une thèse ce qui lui valut le titre universitaire de docteur…mais en quoi ?
    J’ai quelques doutes que l’intéressé ne manquera pas de lever.

  7. Nicolas ecrit : « Un pape est forcement nataliste, donc il ne peut pas être écologique! »
    Oh vous savez, ca n’est pas un probleme insurmontable, il suffirait de mettre en oeuvre la brillante suggestion de Biosphere dans son billet du 12 janvier 2012, je cite : » J’instaure un permis de procréer. […] Il n’est pas acceptable que des individus deviennent parents sans posséder un bagage équivalent à celui d’un spécialiste de la psychologie infantile. »
    Et hop, voila !! Cette idee geniale m’inspire: j’instaure moi un permis de bloguer sur des sujets (plus ou moins) scientifiques, il n’est pas acceptable que des individus tiennent un blog traitant de tels sujets sans posseder un bagage equivalent a une these de doctorat scientifique.
    Moi, ça me va, j’en ai une, de these. Qui d’autre ici en a une les copains?
    Docteur Coq.

  8. He oui , ne pas oublier le « croissez et multipliez » de cette religion du désert !

Les commentaires sont fermés.