USA, l’extrême droite en marche… c’est terrifiant… de bêtise

Nous allons droit vers un désastre climatique, les Américains accélèrent le pas. En voici deux témoignages :

1) Les journalistes arbitrant à la télé les débats présidentiels se sentent obligés d’interroger les candidats sur l’intensité de leur foi en Dieu, et sur l’influence de celle-ci dans leur appréhension de la « théorie » des changements climatiques.

Le fait est que des Constitutions locales historiquement archaïques, conjuguées aux spécificités géographiques raciales et culturelles américaines, rendent la vie dure aux petits partis qui entendraient s’immiscer dans la Bande des Deux (démocrate et républicain). Le Green Party n’existe quasiment pas en Caroline du Nord.

Une alliance stratégique de politiciens, de lobbyistes et de grandes corporations, œuvre à rendre la pensée verte terrifiante, au point que l’ancienne « peur du rouge » du XXe siècle a fait place, dans certaines couches sociales, à une nouvelle « peur du vert ». J’avais déjà repéré ici et là, ces dernières années, des phénomènes inquiétants, telle la nouvelle croisade du mouvement Tea Party contre l’environnementalisme ou le développement durable, tous deux désignés comme  « le nouveau communisme ».

C’est arrivé au Congrès des Etats-Unis début novembre : les députés ont osé voter, à une très large majorité incluant toute la droite et une partie de la gauche, une loi définissant la pizza au ketchup comme un légume digne d’être servi dans les cantines scolaires.

Hélène Crié-Wiesner, texte intégral sur le site JNE

2) A Washington, PNAS, la revue de l’Académie américaine des sciences, publie son pointage : 97 % des chercheurs spécialisés dans le climat aux Etats-Unis attribuent à l’homme la responsabilité du réchauffement. Il en faut plus pour intimider les croisés du Parti républicain. Tous les candidats à l’investiture 2012 clament leur climato-scepticisme.

Le climato-scepticisme est devenu l’un des dogmes républicains, accolé à cette autre conviction : il faut cesser de présenter la théorie de l’évolution comme l’explication des origines de l’homme… et ajouter aux programmes scolaires la thèse créationniste – qui tient que l’humanité a été créée par Dieu telle qu’elle est.

Le parti se comporte comme un mouvement religieux. Ses candidats à la présidence doivent adhérer au credo : non à la théorie de l’évolution, non à la farce onusienne sur le climat, non à la moindre hausse de la fiscalité (directe, indirecte, durable ou momentanée), non à l’abomination « socialiste » qu’est l’assurance santé universelle, non à l’avortement, etc. Il y a aujourd’hui chez les républicains une crispation dogmatique, qui est une manière de fuite devant la complexité de l’époque.

LE MONDE du 2 décembre 2011, l’Amérique, Dieu, la science et Durban

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2 réflexions sur “USA, l’extrême droite en marche… c’est terrifiant… de bêtise”

  1. Le climatologue américain Michael Mann, directeur du Earth System Science Center, publie en 1998 une reconstruction des températures de l’hémisphère Nord, depuis l’an mil jusqu’à nos jours ; il parvient à une courbe saisissante en forme de crosse de hockey. Le long manche est une décroissance plus ou moins régulière des températures, depuis l’an mil jusqu’à 1900 environ ; La lame une subite remontée en flèche, très marquée depuis 1950. Cette courbe est utilisée en 2001, dans le troisième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Elle traduit visuellement, de manière frappante, l’urgence climatique. Elle devient un symbole. Et, pour les climato-sceptiques, une cible d’attaque.
    Un statisticien, par ailleurs consultant pour l’industrie des combustibles fossiles, conteste le traitement des données, les courriels de Michael Mann sont piratés, la polémique est artificiellement entretenue sur le Net. Mais une douzaine d’autres études des températures parviennent… aux mêmes conclusions générales que la hockey stick.

    Pour Michael Mann, « Ceux qui nous attaquent ont réussi à décaler de dix, vingt, peut-être trente ans toute action contre le réchauffement ». « Nier le changement climatique anthropique ou l’évolution est devenu un test de passage pour le Parti républicain. C’est quelque chose d’assez nouveau et de très effrayant. »
    LE MONDE 24-25-26 décembre 2011, Sciences&techno, Le climatologue à la « crosse de hockey »

  2. Le climatologue américain Michael Mann, directeur du Earth System Science Center, publie en 1998 une reconstruction des températures de l’hémisphère Nord, depuis l’an mil jusqu’à nos jours ; il parvient à une courbe saisissante en forme de crosse de hockey. Le long manche est une décroissance plus ou moins régulière des températures, depuis l’an mil jusqu’à 1900 environ ; La lame une subite remontée en flèche, très marquée depuis 1950. Cette courbe est utilisée en 2001, dans le troisième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Elle traduit visuellement, de manière frappante, l’urgence climatique. Elle devient un symbole. Et, pour les climato-sceptiques, une cible d’attaque.
    Un statisticien, par ailleurs consultant pour l’industrie des combustibles fossiles, conteste le traitement des données, les courriels de Michael Mann sont piratés, la polémique est artificiellement entretenue sur le Net. Mais une douzaine d’autres études des températures parviennent… aux mêmes conclusions générales que la hockey stick.

    Pour Michael Mann, « Ceux qui nous attaquent ont réussi à décaler de dix, vingt, peut-être trente ans toute action contre le réchauffement ». « Nier le changement climatique anthropique ou l’évolution est devenu un test de passage pour le Parti républicain. C’est quelque chose d’assez nouveau et de très effrayant. »
    LE MONDE 24-25-26 décembre 2011, Sciences&techno, Le climatologue à la « crosse de hockey »

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