Virus et Climat, il faudrait agir de même

Stéphane Foucart : « Pour la première fois de l’histoire récente, la croissance économique a momentanément cessé d’être la seule et unique métrique du succès des politiques publiques. Il y a, en face, le nombre de morts qui pourra y être opposé… Dans son allocution du 12 mars, Emmanuel Macron l’a martelé : les conséquences sanitaires de la pandémie de Covid-19 doivent être jugulées, « quoi qu’il en coûte ». Répété à plusieurs reprises, le mot n’a rien d’anodin. Il marque la volonté présidentielle de faire passer le message que la santé des populations prime sur celle des entreprises… Si les États œuvrent traditionnellement à favoriser, quoi qu’il en coûte, l’activité de leurs industries, ils peuvent aussi renverser ce paradigme. Si les États veulent éviter la part la plus catastrophique du réchauffement en cours et ralentir l’effondrement de la vie, ils devront sans doute – une fois consommé l’échec des politiques actuelles – user de la potion amère qu’ils s’administrent face au Covid-19. Non en entravant momentanément, comme c’est le cas aujourd’hui, les activités qui impliquent des rassemblements de populations et qui favorisent la circulation du coronavirus, mais en contraignant durablement celles qui impliquent la combustion de ressources fossiles, l’industrialisation du secteur primaire, la surexploitation des ressources et la destruction du vivant… Soyons lucides : ce n’est sans doute pas demain que le climat et la biodiversité seront préservés « quoi qu’il en coûte »… »*

Mister Z sur lemonde.fr : Stéphane Foucart a malheureusement raison de parler d’aimable fiction ! Souvenons – nous de l’après krach en 2008 : on en a fini avec les paradis fiscaux, avec la spéculation effrénée, avec la cupidité (« greed »), l’ère des véhicules voraces se terminait, finis les 4/4 etc On a vu ce qu’il en était.

HEGEL : Comment pourra-t-il en être autrement, tant sont illimités l’avidité et l’aveuglement hubristique des néolibéraux – et parmi eux les capitalistes des industries fossiles. Ils sont tellement orgueilleux qu’ils ne se rendent pas compte que demain une crise sanitaire encore plus violente que celle du Covid19 pourra être couplée à une crise climatique majeure.

Jean Rouergue : C’est d’autant scandaleux que le réchauffement climatique fera plus de victimes que le virus n’en fera… Seulement le virus est là, maintenant. Le réchauffement on le voit, on le vit, mais il ne crée pas encore de victimes. Dans nos démocraties toute décision politique devrait recevoir l’aval d’un super ministre responsable de la lutte contre le réchauffement.

Obéron : Entre la pandémie et le réchauffement climatique, ce sont les échelles de temps qui diffèrent. L’incubation avec des symptômes limités (sauf pour les scientifiques et les plus attentifs d’entre nous) est bien plus grande pour le réchauffement climatique. Mais une fois que la maladie sera installée, elle sera bien plus longue et plus difficile à guérir, s’il y a encore des remèdes.

Didi : Effectivement, toute la différence est dans la lenteur du réchauffement climatique qui nous laisse penser qu’on aura le temps de trouver des solutions. Si à cause du réchauffement climatique la terre devait exploser dans 20 ans, je pense qu’on trouverait des solutions rapides et efficaces pour réduire la température terrestre.

ED_ 1 : On aurait envie d’être optimiste et de croire qu’à la faveur d’événements exceptionnels il y ait une prise de conscience et l’amorce de solutions positives. Mais le modèle économique n’a pas changé parce qu’un virus a fait son apparition. Cette crise fera des gagnants et des perdants, comme à chaque fois. Tu as investi dans les masques ou les pharma, tu vas faire de la tune, dans le pétrole ou le tourisme, tu vas boire la tasse. Les partisans du laisser faire devraient défendre la solution darwinienne, laisser faire le virus, il va épargner les plus forts…

* LE MONDE du 14-15 rs 2020, « Soyons lucides : ce n’est pas demain que le climat et la biodiversité seront préservés “quoi qu’il en coûte” »

10 réflexions sur “Virus et Climat, il faudrait agir de même”

  1. Les hommes prendront ils enfin conscience de la folie d’une société de 8 milliards d’individus complètement hors de proportion avec ce que la planète peut supporter ?
    Depuis des années je milite pour la réduction de la fécondité afin de stabiliser puis de faire peu à peu redescendre nos effectifs. La réponse la plus fréquente des bien pensants, des politiques, des journalistes, des écologistes d’EELV aux écologistes autres comme Hulot, Rabhi, Barrau,, Etienne (JL) c ‘est de dire : non surtout pas, vive l’humanité nombreuse, la Terre peut nourrir autant d’hommes.
    Tant pis pour les animaux que notre omniprésence élimine inéluctablement. Tant pis pour les hommes aussi à n’avoir pas voulu prendre des mesures douces, c’est par la violence que se fera désormais la régulation. Les épidémies se propagent d’autant mieux que nous sommes dans un monde densément peuplé. Nous en voyons aujourd’hui le triste résultat avec le coronavirus,la santé,la liberté en font les frais.
    Les humanistes de pacotille ont gagné, c’est par le heurt aux limites de la planète que se fera la régulation, Bravo à eux ! Ils ont condamné ceux qui mettaient en garde, ils ont insulté encore et toujours ceux qu’ils appellent les malthusiens, c’est à dire ceux qui prennent en compte les ordres de grandeurs, ceux qui acceptent le concept essentiel de limite, ceux qui ne cèdent pas à l’hubris.

      1. Michel C, pourriez-vous préciser ce que vous reprochez à Didier Barthès, votre commentaire manque de contenu… Vous nous aviez pourtant habitué à des textes très très longs de votre part !

        1. Biosphère. Comme vous pouvez le voir, je peux quand je veux, faire vraiment très court. Et après tout, qui s’en plaindra ? Les gros pavés, riches de contenu, en tous genres, semblent n’intéresser personne. Ainsi, à la question que vous me posez là, je peux vous répondre : Oui je peux, mais à quoi bon ?

          Autrement dit, comme vous devriez l’avoir observé (depuis le temps) je n’ai pas l’habitude de me débiner lorsqu’on me pose des questions ou qu’on me demande des précisions. Je rappelle que pour moi… si l’un des participants esquive les questions de son interlocuteur (ou adversaire), il ne peut pas y avoir de véritable débat (échange). Mais, ce n’est encore là que mon… point de vue.

          Je me suis encore adressé à vous, Biosphère, il y a tout juste deux jours . Et je vous ai posé quelques questions. En fait trois questions. La première n’en étant évidemment pas une, mais seulement un zeste d’ironie, il en reste donc deux. Dont une qui, selon moi, méritait bien une réponse. Toujours pareil, ce n’est encore là que mon point de vue.

          Extrait de ce commentaire du 15 mars 2020 à 10:13 (Covid-19, la « distanciation sociale » en France)
          – «Mais à quoi bon ressasser des évidences, des lapalissades? En attendant, je commence à trouver votre façon d’utiliser cette épidémie plutôt déplacée.»

  2. ecolomaniak

    On a fait pour les loups ce qu’on se refuse à faire pour les humains, réguler une population en surnombre. Un arrêté du 26 juillet 2019 autorisait un relèvement du plafond de « prélèvements » (abattages) de loups. Alors qu’il était en 2018 de 10 % de la population de canidés, le seuil a été porté à 17 %, avec tun complément possible de 2 %. Rapporté à un effectif d’environ 530 loups présents sur le territoire national, le plafond de 17 % correspond donc à l’abattage de 90 « prédateurs », avec les 2 % supplémentaires, le total grimpe même à 100. Selon une expertise scientifique internationale, la viabilité de cette espèce sur le très long terme nécessite la présence d’« environ 2500 individus sexuellement matures ». Le loup est encore très loin d’avoir atteint cet effectif dans l’Hexagone.
    Reconnaissons qu’une population française réduite à 2500 personnes sexuellement matures pourrait s’accommoder largement de 2500 loups et plus. Mais l’histoire du Covid-19 montre que protéger la vie humaine à tout prix l’emporte sur les considérations de bonne entente entre le nombre d’humains et la protection de la biodiversité.

  3. Stéphane Foucart a lui aussi repéré le «quoi qu’il en coûte ». Celui-là, faisons en sorte de nous en souvenir (je parle du «quoi qu’il en coûte») 😉
    Tout ça est bien joli, très humain etc. je l’ai déjà dit il y a quelques jours. Et comme le dit très bien ED_ 1 : «On aurait envie d’être optimiste et de croire qu’à la faveur d’événements exceptionnels il y ait une prise de conscience et l’amorce de solutions positives. Mais….»
    En effet il y a un MAIS. Déjà, n’oublions pas que nous avons la mémoire courte. Et qui plus est sélective. En effet, nous avons cette curieuse tendance à ranger aux oubliettes toutes nos peurs une fois l’orage passé.
    Souvenons-nous que nous avons déjà expérimenté le « quoi qu’il en coûte » dernièrement en 2008. Pour sauver le Système. Certains experts estiment qu’en ce qui nous concerne, nous Français, en 2018 la crise financière nous avait déjà coûté la bagatelle de plus de 1.500 milliards d’euros en terme de perte de PIB. Et nous n’en avons pas encore fini avec ça. Mais (là encore), ne chipotons pas pour quelques misérables centaines ou milliers de milliards d’euros. Souvenons-nous seulement de la façon dont le Système (ici les banques) s’arrange de ses dettes. Autrement dit de la façon dont il nous est reconnaissant.
    Plus loin dans l’Histoire, souvenons du Plan Marshall, pour sauver l’économie (américaine) après la seconde guerre mondiale. Plus loin encore, dans années 1930, le « New Deal » de Roosevelt (inspiré par Keynes) pour sans aucune ambiguïté sauver le Système.
    Quant à ce que va nous coûter (réellement) cette épidémie, bien sûr personne ne peut le dire. Toutefois des spécialistes (avec ou sans «») planchent actuellement sur cette question. En attendant on parle de «plusieurs dizaines de milliards d’euros, au minimum» rien que pour financer ces mesures d’urgence. Nous ferons donc le bilan peut être dans 10 ans.
    En attendant, et quoi qu’il en soit, et/ou quoi qu’il en coûte… de ce côté là soyons rassurés, tout sera fait pour sauver le soldat Système.

  4. Le confinement de l’ensemble de la population a été évoqué lors d’une réunion téléphonique, dimanche après-midi, entre les directeurs de cabinet du gouvernement. Le confinement total « hors courses nécessaires et activités de soignants, sécurité… » est jugé désormais possible au sommet de l’État : « Si les Français ne respectent pas les mesures barrières comme on l’a vu dimanche sur les quais de Seine, aux Buttes-Chaumont ou au parc du Luxembourg, on va vers un modèle “à l’italienne”. C’est-à-dire un confinement total, », indique une source gouvernementale. Une mesure jamais appliquée en France en temps de paix, mais qui pourrait être la seule façon de ralentir l’épidémie…

    1. Un modèle “à l’italienne” , ou encore à l’espagnole.
      Depuis hier en Espagne, plus exactement à Madrid, INTERDICTION de sortir se promener, rendre visite à de la famille ou des amis, sortir faire du sport, rester avec des amis en aucun lieu, rendre visite à un voisin, fêter un anniversaire.
      C’est bien ça qui nous pend au nez à nous aussi.

  5. «  »Virus et Climat, il faudrait agir de même » »
    Ah non ! Alors là pour le coup Biosphère s’est trompé de titre, plus exactement c’est « le Virus va agir pour sauver le climat », bref moins de consommateurs, moins de pollution….Les traders mondialistes vont voir leurs bénéfices liés à la mondialisation se transformer en pertes…. des faillites en cascade….
    Bref le coronavirus va démondialiser le monde économique, même si le processus de démondialisation se traduit par la mondialisation de l’épidémie… Le coronavirus va faire le travail que n’a jamais eu le courage l’UmPs….

  6. En Belgique, et ben 3 médecins spécialistes hospitalisés dans un état grave…. Alors si même ceux qui doivent nous soigner du coronavirus passent à la casserole autant dire que c’est bien plus grave qu’annoncé….

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