Yannick JADOT, un présidentiable de la relocalisation

Comme une douzaine candidats à l’élection présidentielle, Yannick JADOT était invité à prononcer un discours dans le cadre des assises de Produire en France. En voici un résumé.

« Nous sommes entrés dans un monde où les grands acteurs de l’économie ont acquis une incroyable capacité de mobilité que n’ont évidemment pas les territoires, l’immense majorité des habitant-es, les artisans et les PME, ni d’ailleurs la majeure partie des services qui restent faiblement délocalisables. La délocalisation des productions devient un problème quand elle repose sur la mise en concurrence des salarié‑es et des territoires, qu’elle profite de – et donc justifie – toutes les stratégies de dumping, social, environnemental, fiscal ou monétaire. Notre responsabilité politique, c’est de combattre ces stratégies du moins-disant. Elles peuvent, certes, un temps donné, profiter aux consommateurs/trices. Elles finissent toujours par déstructurer les économies et les sociétés.

Le sujet c’est : « Qui va définir la règle, la norme qui encadre notre économie et notre vivre-ensemble ? Les citoyen-nes, les collectivités, les États ou les grandes firmes ? ». Si l’Europe ne devient pas un puissant levier de régulation de la mondialisation, au service des citoyen-nes, des salarié-es et de l’environnement, alors tous les nationalismes et toutes les extrêmes droites gagneront en Europe. Je défends l’interdiction, d’ici 5 ans, sur le marché européen, des produits issus de pays ne respectant pas la liberté syndicale. Instaurons une taxe carbone aux frontières européennes contre ceux qui veulent s’affranchir de l’indispensable lutte contre le dérèglement climatique. 1 000 milliards d’évasion fiscale en Europe, des sièges sociaux qui changent de pays au gré du dumping fiscal : pas d’ancrage territorial sans une harmonisation fiscale européenne. Ce sont les égoïsmes nationaux de court terme qui nous ont fait perdre. Chacun pour soi, nous perdrons tous. Développons un « Buy European » et un « Small Business Act » à l’image des États-Unis. Les marchés publics, c’est 15 à 20 % du PIB.

La France a l’une des plus fortes fiscalités sur le travail et une fiscalité écologique insignifiante. Transférons la fiscalité du travail, un bien, sur les pollutions, un mal.
La désindustrialisation en France, c’est aussi le résultat de mauvais choix industriels portés ou soutenus par l’État. Je combats la logique qui vise à transformer les fermes en usines, les animaux en machines, les paysans en ouvriers soumis à des cadences infernales. Un suicide de paysan tous les deux jours, ça suffit ! Le « Made in France », c’est la relocalisation de l’économie, l’ancrage sur les territoires, autour de la transition énergétique, de la mobilité durable, de l’agriculture et de l’alimentation, des services à la personne, de l’économie circulaire.
Le « Made in France », ce sont des régions qui, comme les länders en Allemagne, devraient disposer d’outils efficaces de participation au capital des entreprises, pour garantir les logiques d’investissement plutôt que les stratégies financières de court terme. Une France 100 % renouvelable, ce sont des artisans, des ouvriers, des architectes et des ingénieurs du bâtiment, ce sont des milliers de PME sur tous nos territoires, y compris ceux qui vivent aujourd’hui une terrible désertification. Assumons la complexité et agissons efficacement, au service de nos concitoyen-nes, des salarié-es et des entreprises.
 »
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