de 2005 à 2008

RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

Les humains sont dans la biodiversité comme un éléphant dans un jeu de quilles, ils font n’importe quoi. C’est ce que démontre Roger Barbault, écologue, professeur à l’université paris VI. Son livre nous permet de mieux connaître le fonctionnement de notre Biosphère, mais c’est aussi un avertissement. Quelques citations :

- Les écologues, depuis Darwin et Malthus, ont confirmé le potentiel d’accroissement démographique chez tous les êtres vivants tout en révélant la relative stabilité de leurs populations. Il y a donc un frein à la croissance : les ressources sont limitées, d’autres espèces interviennent (prédateurs, parasites), il n’y a d’équilibre que dynamique. Que celui-ci vienne à être rompu, et telle espèce se révélera envahisseur, telle autre vouée à l’extinction.

- La nature n’en est pas, comme nous, à s’interroger sur le pourquoi et le comment du développement durable. Tandis que nous théorisons sur le sujet, elle le pratique assidûment et depuis le fond des âges.

- A l’aube du troisième millénaire, l’homme apparut comme un acteur majeur de la Biosphère : c’est une espèce invasive qui pille ses propres ressources, menace d’extinction nombre d’autres espèces et affecte les climats de la planète.

- Ce foutu troisième chimpanzé a fait de la Terre entière sa niche écologique, ce qui le met aujourd’hui face à ses responsabilités planétaires. Un défi qui, d’une situation à risque, fait naître un espoir.

- Ce dont il s’agit n’est rien de moins que l’avènement d’un humanisme planétaire, lequel suppose une sorte de réconciliation entre l’homme et la nature. Oui, nous sommes entrés dans une nouvelle ère et l’appeler anthropocène doit nous inviter à prendre conscience des responsabilités que cela nous donne vis-à-vis des générations futures et des autres habitants de la Terre.

- La diversité, c’est la vie, la garantie d’un développement sans cesse renouvelé, la capacité d’adaptation aux changements, aux imprévus.

- C’est en 1939 que Paul Müller découvrit que le DDT tue les insectes ; avant même la cérémonie de remise du prix Nobel en 1948 que lui valut cette découverte, l’apparition d’une résistance induite était établie chez les mouches domestiques. Dans les années 1960, la résistance des moustiques au DDT mit un terme au rêve d’éradication planétaire du paludisme et, en 1991, on recensait une résistance à au moins un insecticide chez plus de cinq cents espèces d’insectes.

- Mise sur le marché en 1943, la pénicilline se heurte à des bactéries  résistantes dès 1946 ; aujourd’hui, dans les hôpitaux, la grande majorité des infections causés par des agents bactériens le sont aussi à des médicaments plus puissants comme la méthicilline (mise sur le marché en 1960, première résistance observée l’année suivante)

- Si la vie fut bien, dès l’origine, une foire d’empoigne, c’est aussi depuis toujours le creuset de solidarités créatrices.

- L’économie humaine n’est qu’une composante de l’écosphère et l’espèce humaine n’est qu’un consommateur parmi d’autres.

- Ne perdons pas de vue que les espèces sont interdépendantes les unes des autres et que toute altération qui se produit en un chaînon de l’écosystème peut se répercuter en cascade sur d’autres composantes de celui-ci.

- Il ne suffit pas de dire que la nature, que les vies qu’elle porte, que les forêts, les savanes, les rivières qui la composent sont notre bien le plus précieux, quelque chose de sacré. C’est notre essence même. Nous sommes la nature, et l’humanité en est l’un de ses fruits. Un fuit qui a besoin de tous ses arbres, de toutes ses fleurs, de tous ses oiseaux - de toutes ses espèces – pour mûrir pleinement. Or, aux yeux du marché, cela ne compte pas !

- La seule différence entre pauvres et riches est que les pauvres consomment moins de ressources renouvelables que les riches, mais qu’ils en sont directement dépendants, quand les riches peuvent se sentir indépendants du milieu parce qu’ils se procurent ces produits sur le marché et non à leur source.

- A propos de la nature, des espèces menacées ou de la biodiversité, la question m’est souvent posée : « A quoi ça sert ? » Combien de fois me suis-je contenu pour ne pas répondre, du tac au tac : « Et vous, à quoi servez-vous donc ? »