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RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

C’est un concept agréable que l’histoire humaine récente a fait ressentir comme dangereux. Composé à partir de eu- (bien) et –genos (race), il s’agit d’améliorer l’espèce humaine au travers de ses gènes. Le projet du fondateur de l’eugénisme, Francis Galton, se résumait en une phrase : « Se débarrasser des indésirables et multiplier les désirables ». Nous étions au début de l’ère victorienne, à une époque où la science génétique n’existait pas encore, on  rêvait d’améliorer les lignées humaines comme le font les horticulteurs et les éleveurs. Ce rêve a été dénaturé par les visées absurdes d’une race pure. Maintenant la connaissance croissante du génome humain permet de mesurer de façon plus précise les difficultés à venir de la personne à naître. Aujourd’hui un certain nombre de pays ont  même des dispositions législatives autorisant la stérilisation à des fins de sélection. C’est le cas de la Chine qui a adopté en 1994 une loi indiquant : « Le bilan de santé prénuptial doit comporter le diagnostic des maladies génétiques graves, des maladies infectieuse désignées et toutes sortes de maladie mentale pertinentes (…) Après avoir effectué ce bilan de santé, le médecin doit l’expliquer. Ce couple peut se marier si tous deux acceptent de recourir à des moyens contraceptifs ou subir une opération assurant la stérilisation ». Dans la pratique du monde occidental, on se lance en silence dans l’éradication programmée du mongolisme ; l’amniocentèse permet de vérifier la constitution des chromosomes, elle est systématiquement proposée en France aux femmes de plus de 38 ans, le taux de trisomie 21 augmentant avec l’âge de la mère. Du point de vue de la Biosphère, l’élimination des indésirables ne peut que paraître pertinente : tout ce qui fait décroître l’espèce humaine de façon volontaire est positif. Encore faut-il ne pas utiliser des techniques qui utilisent trop de ressources naturelles, la guerre y compris.

L’espèce humaine est bien trop nombreuse,

qu’elle se contente des naissances viables

dans des fratries réduites au minimum.