RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

Qui représente le mieux aujourd’hui l’écologisme ? Le choix est difficile, nos contemporains adeptes de l’écologisme entre 1974 et nos jours deviennent de plus en plus nombreux. Nous avons donc privilégié quatre personnes qui ont fait avancer la cause théorique de l’écologisme et quatre autres qui essayent grâce à leur activisme de diffuser la pensée écolo.

1) les avancées théoriques

- l’invention de l’écologie profonde avec Arne NAESS

Philosophe et militant, le Norvégien Arne Naess (1912-2009) aura marqué l’histoire de l’écologisme. Il devient en 1939 le plus jeune professeur en philosophie. Il développe au début des années 1970 sa notion d’écologie profonde. L’écologie profonde s’oppose à l’écologie superficielle, qui essaye de réparer les dégâts faits à la nature mais sans remettre en question la vision utilitariste et dominatrice de l’Homme « à l’image de Dieu ». Arne postule que « L’épanouissement de la vie humaine et non humaine sur Terre a une valeur intrinsèque ». Or « les interventions humaines dans le monde non-humain sont excessives et détériorent rapidement la biosphère ». C’est pourquoi cet épanouissement « est compatible avec une baisse substantielle de la population humaine ». En définitive, « Le changement idéologique consiste surtout à apprécier la qualité de vie plutôt que de s’en tenir à un haut niveau de vie. »

Certains pensent là qu’il s’agit d’une écologie radicale, mais Arne se place dans la droite ligne de Gandhi et de sa pratique de la non-violence.

1976 Ecologie, communauté et style de vie d’Arne NAESS (MF, 2008)

1992 Entretien avec David Rothenberg (Wildproject, 2009)

tout savoir sur Arne Naess

- la critique de l’économie par l’entropie, Nicholas GEORGESCU-ROEGEN

Mathématicien et économiste hétérodoxe roumain, les travaux de Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) ont abouti au concept de décroissance. L’analyse de Nicholas complète l’explication par l’innovation des cycles économiques de Joseph Aloïs Schumpeter. Loin de dire comme Keynes « qu’à long terme nous serons tous morts», Nicholas se préoccupe au contraire de la survie d’une humanité qui n’échappera jamais à la plus économique des lois de la physique : l’entropie, la dégradation de l’énergie, par exemple le fait que les combustibilité fossiles une fois brûlés ne sont plus du tout utilisables par  les générations futures.

Il convient d’expliquer au public cette double difficulté : un épuisement plus lent des ressources signifie moins de  confort exosomatique, et un plus grand contrôle de la pollution requiert proportionnellement une plus grande consommation de ressources.

1979 La décroissance (entropie, écologie, économie) de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN (Sang de la terre)

- un nouveau principe philosophique avec Hans JONAS

Hans Jonas (1903-1993) est un philosophe allemand. Son livre « le principe responsabilité » est édité pour la première fois en 1979, juste au moment du deuxième choc pétrolier. Le pouvoir énorme qui est conféré à l'homme par la technoscience constitue un problème auquel doit répondre une nouvelle forme de responsabilité. Cette « responsabilité » interdirait à l'homme d'entreprendre aucune action qui pourrait mettre en danger soit l'existence des générations futures, soit la qualité de l'existence future sur terre :

« Un héritage dégradé dégradera nos héritiers. En dernière instance, la question n’est pas de savoir combien l’homme sera encore à même de faire, mais celle de savoir ce que la Nature peut supporter. Aussi avons-nous trouvé un principe qui interdit certaines expériences dont la technologie est capable : comme jamais l’existence ou l’essence de l’homme ne doivent être mis en péril par les paris de l’agir, il faut dans toute décision  accorder la préférence aux pronostics de malheur sur les pronostics de salut. »

1979 Le principe responsabilité de Hans JONAS (éditions du  Cerf, 1990)

- la mesure de notre empreinte écologique avec Mathis WACKERNAGEL et William REES

Après sa thèse à Vancouver, Mathis Wackernagel a commencé à travailler avec William Rees sur la notion de capacité de charge d’un écosystème. Au lieu de se demander combien de personnes peuvent vivre sur un territoire, ils ont inversé la question en se demandant combien chaque personne utilise de nature, puis de comparer le résultat avec la disponibilité de la nature. Ils avaient inventé l’empreinte écologique.

Depuis deux siècles, la science et la pensée occidentales se fondent sur le dualisme cartésien. Ce dualisme, qui considère l'homme comme un élément distinct et séparé de son environnement, influe de façon importante sur notre comportement envers le reste de la « réalité » physique… au point d’en oublier cette réalité !

1996 Notre empreinte écologique de Mathis WACKERNAGEL et William REES (écosociété , 1999)

2) la diffusion de l’écologisme

- un vétéran de l’écologisme, Alain HERVE, membre de JNE

Né en 1932, Alain Hervé fonde les Amis de la Terre en 1970. Il dirige le hors-série du Nouvel Observateur en 1972 : « La dernière chance de la Terre ». À partir de 1973, il dirige le mensuel écologique Le Sauvage. Lors de la candidature de René Dumont à la Présidence de la République en 1974, il est responsable du bureau de presse. Il a relancé Le Sauvage sur Internet. Il a écrit de nombreux livres et de nombreux articles.

Alain a connu personnellement Pierre Samuel, Teddy Goldsmith ou André Gorz… C’est en 2012 un survivant de la grande époque de l’écologisme, encore actif mais toujours modeste.

1973 périodique, Le Sauvage

2010 Le paradis sur Terre

2012, Merci la Terre, nous sommes tous écologistes

son site : LE SAUVAGE

- un fondateur de l’écologie politique, Yves COCHET

Né en 1946, son passé ne le prédisposait pas à être écolo. Sa thèse de troisième cycle de mathématiques était intitulée Sur l’algébricité des classes de certaines congruences définies sur le monoïde libre ! Mais dans les années 1970 il participe aux luttes antinucléaires et s’engage dans des associations environnementalistes bretonnes. En 1973, il entre aux Amis de la Terre, dont il fonde le groupe rennais en 1977. Il participe ensuite activement à la présidentielle de 1981 et fait partie des fondateurs des Verts en 1984.

C’est un des rares députés vraiment actif ; Yves multiplie les conférences sur l’effondrement probable de notre civilisation, il a écrit de nombreux bouquins ; c’est un lanceur d’alerte efficace.

2003 Sauver la terre avec Agnès SINAI

2005 Pétrole apocalypse

2009 antimanuel d’écologie

- un citoyen qui milite sur Internet, Michel SOURROUILLE, membre de JNE

Né en 1947, Michel Sourrouille appartient à cette génération écolo des années 1970 sensibilisée par le rapport du Club de Rome et par le premier sommet de la Terre à Stockholm en 1972. Il a voté lors de la présidentielle 1974 pour le seul projet politique cohérent, celui de René Dumont. Depuis, il a fait tout son possible, que ce soit au travers de son métier de professeur de sciences économiques et sociales ou ailleurs pour que ses contemporains comprennent l'urgence écologique : passage aux Verts, au pôle écologique du PS, à la formation avec EELV…

Michel tient un blog biosphere et anime un réseau de documentation des écologistes dont cet exemplaire de Biosphere-Info sur les contemporains de l’écologisme est un élément. Il est devenu récemment journaliste-écrivain pour la nature et l’écologie.

son  autobiographie numérique, mémoires d’un écolo

son BLOG  biosphere de commentaire de l’actualité

son SITE biosphere de documentation des écologistes activistes

- un journaliste environnementaliste, Herve KEMPF, membre de JNE

Né en 1957, c’est le choc de la catastrophe de Tchernobyl qui le pousse à se consacrer aux questions écologiques. Après avoir fondé Reporterre, le magazine de l'environnement en 1989, Hervé Kempf travaille à l'émission télévisée Sauve qui Veut (France 2) au sein de l'Agence Capa (1991-1992). Depuis 1998, il joue au journal LE MONDE un rôle dans la montée médiatique de l’écologisme. La rubrique Planète est un véritable service comptant plus de dix journalistes, un cas unique en France.

Depuis 1998, Hervé a écrit bien plus de 1250 articles. Il assure actuellement une chronique hebdomadaire sur l'écologie souvent percutante. Ses livres constituent des analyses de fond.

2003 La guerre secrète des OGM

2007 Comment les riches détruisent la planète

2009 Pour sauver la planète, sortez du capitalisme

son site : reporterre, le site de l’écologie