« Europe Ecologie Les Verts ». Tel sera sans doute le résultat de la fusion des écologistes de gauche à la mi-novembre. Mais qu’en est-il de leur programme ? Leur « Manifeste pour une société écologique » est manifestement socio-économique, certainement pas écologiste. Nous pouvons seulement lire au détour d’une phrase : « L’heure est venue de convaincre plus largement que l’écologie est autre chose qu'une niche spécialisée ou une thématique parmi d'autres. Il n'y a pas d'activités, de disciplines ou de secteurs qui échappent au prisme de l'impératif écologique. » Mais pour la concrétisation, rien ou presque. On demande le « respect des animaux en tant qu'êtres vivants », rien de plus ; les « droits du vivant » sont une simple annexe de l’émancipation des hommes et des femmes ; la « sanctuarisation du vivant et des équilibres naturels devrait se substituer à la pulsion dominatrice sur la nature », mais uniquement pour garantir la diversité biologique.

De plus la « Charte des valeurs » qui accompagne le manifeste n’accorde aucune valeur intrinsèque aux non-humains : il suffirait d’instaurer « un rapport respectueux et non violent entre l’être humain et la nature » et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il faudrait un « partage équitable des richesses et des ressources entre les peuples, entre les générations, entre les territoires et plus généralement au sein de la société », l’ensemble des besoins de la biodiversité, on n'en a rien à cirer. Nous sommes en présence d’une écologie très superficielle. Dommage !