Catherine Thumann est la journaliste du mensuel La Décroissance préposée aux témoignages de simplicité volontaire. Elle se confie ce mois-ci*. Elle ne revient jamais de ses interviews sans une moisson d’astuces, de sourires et d’énergie. Et ce qu’elle entend, elle se l’applique à soi-même. Cela fait trois ans que Catherine n’a plus de télé, un an qu’elle n’a plus de voiture et six semaines qu’elle n’a plus de portable, et « ça va bien ! ». Et même ça va mieux, dit-elle après réflexion.

Une de ses amies était choquée par son renoncement au ski de descente : « Je trouve ça dingue que tu en viennes à te priver pour la décroissance ! » Mais vivre dans la simplicité volontaire ne consiste nullement à se priver. Les limites peuvent même être une source de joie, il y a du bonheur à se contenter de peu. Catherine ajoute que « si les objecteurs de croissance se passent de beaucoup de choses dispensables, encombrantes et aliénantes, ils ne se privent jamais de la liberté de dire non, ni de s’amuser ». Ils s’écartent tranquillement de la folie destructrice de notre société dont les deux principes nous font vivre un caprice infantile normalisé et permanent :

-          principe technologique : tout ce qui est possible, nous le ferons.

-          principe économique : tout ce qui nous fait envie, nous l’aurons.

Merci Catherine de mettre un peu de joie dans ton journal par ailleurs si pisse-froid.

* La Décroissance (juin 2011), Faut pas se priver !