La déclaration d’Eva Joly, proposer de supprimer le défilé militaire le jour du 14 juillet, a suscité quantité de commentaires sur tout l’échiquier politique. a fait l’effet d’une bombe. Mais le 14 juillet 1789, ce n’est pas l’armée qui a pris la Bastille, c’est le peuple qui a pris la Bastille à l’armée. C’est le peuple, les citoyens en insurrection, qui ont été les acteurs de la Révolution. Ce seul rappel historique devrait signifier toute la stupidité d’un défilé militaire que seule la France maintient en Europe, envers et contre tout, au nom d’une soi-disant unité nationale autour de son armée. Quelle armée ? Celle des conquêtes napoléoniennes ? celle qui tire contre le peuple insurgé à Paris en 1830 ? celle de la défaite de 1940 ? celle de la torture en Algérie ? Non, bien sûr, tout cela est oublié et renié.

Il s’agit de sortir de la culture de la violence dont le défilé militaire du 14 juillet est l’un des symboles visibles et médiatiques pour entrer dans une culture de la non-violence qui offre une nouvelle espérance aux générations futures.

L’élection présidentielle de 2012 et la perspective d’un contrat de gouvernement entre les forces de gauche devront aussi mettre en débat un certain nombre de « certitudes » telles la dissuasion nucléaire et les ventes d’armes, autant de dogmes et de tabous sur lesquels la droite et la gauche se différencient si peu, et qui donnent une image de notre pays bien peu conforme à ses idéaux. Une politique de gauche sur les questions de défense est possible qui conjugue éthique et responsabilité. A condition de le vouloir. Les écologistes doivent être l’aiguillon du parti socialiste sur ces thématiques. En ouvrant le débat et en l’alimentant d’analyses et de propositions constructives. Ce n’est pas seulement une question de morale, mais aussi d’efficacité politique et stratégique. Et « accessoirement » une exigence budgétaire et économique…

Résumé des propos d’Alain Refalo