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RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

Il est urgent que les écolos se forgent un discours commun, partagent des argumentaires, que les nouveaux venus dans le monde de l’écologie soient outillés pour répondre à la presse, aux gens dans la rue, à leurs proches et à tous les autres, qui se posent encore des questions. Il serait utile de disposer d’une culture commune, de livres et d’un savoir partagé… Arrivés récemment dans le champ politique, les écolos manquent encore de cohésion, d’une stratégie concertée, de vrais lieux de formation et de partage : fondations, universités populaires, etc.

Mais les écologistes sont porteurs d’une vision du monde et, en ce sens, d’une forme de religion. Alors, tant qu’à se convertir, autant le faire dans la bonne humeur et armé de son petit bréviaire. Ou avec sa « profession de foi » pour ceux qui préfèrent le lexique de la politique. Quelques extraits de ce livre à 6 euros :

« De toute façon, tout ça c’est de la connerie »

Un joyeux drille en fin de repas bien arrosé : « L’écologie, c’est une nouvelle forme de fascisme, à vouloir dicter tout le temps aux gens ce qu’ils doivent faire : des verts de gris ! Et vous allez nous stériliser, hein ? On pourra plus faire de gosses à cause de l’empreinte écologique, c’est ça ? De toute façon, si c’est pas nous qui polluons, ce seront les Chinois ou les Indiens. Et puis j’en ai rien à battre que les crapauds machins crèvent, on se passe bien des dinosaures…

Quand on tombe sur un client pareil, faut pas hésiter : « Vas-y, mets-toi la tête dans le sable, continue à piloter ton 4x4 pendant que des ruraux chinois déracinés triment dans des prisons-usines pour que tu puisses payer tes joujoux 20 % moins cher. Les algues vertes, les centrales nucléaire qui pètent, les cancers qui galopent, continuons gaiement. Après nous, le déluge ; on s’en fout, on sera pas là pour le voir ! Et puis, quand on a deux cents chaînes de télé à la maison, faut que ça serve à quelque chose… »

Le capitalisme fabrique le types d’individus qui lui correspond, perpétuellement distrait, sans mémoire, sans projet, prêt à répondre à toutes les sollicitations d’une machine économique qui détruit la biosphère pour produire des illusions. Pointer la crise écologique, c’est dénoncer la maltraitance des hommes vis-à-vis de la planète, ça culpabilise. La solution, c’est comme le problème, elle est à partager. Voilà le fond de l’affaire : être utile.

« Vous êtes contre tout, même contre la science »

Il faut rire quand on vous dit que les écologistes sont contre la science et le progrès. L’écologie est en effet  une science « qui étudie les relations des êtres vivants avec leur environnement ». Une science de la complexité qui agrège les apports d’autres savoirs. Les militants sont largement constitués de chercheurs, de professeurs, de médecins.

Mais pour les écologistes, il s’agit aussi d’interroger en permanence le concept de progrès : telle avancée scientifique nous permet-elle de mieux vivre en société, d’habiter une Terre en harmonie avec les autres êtres vivants, de mieux économiser nos ressources… ? La nouveauté n’est pas forcément le progrès. Scientifiquement, rationnellement, une automobile est une aberration en termes d’efficacité énergétique et de bien d’autres critères. Est-ce un progrès de produire de l’électricité en générant des déchets radioactifs pour des milliers d’années ?

« Il ne devrait pas y avoir de parti écologiste »

Au départ, les écologistes étaient des scientifiques, puis il y eut des militants associatifs. Ils se sont heurtés aux limites de leur engagement, il serait naïf de supposer que les vieux mouvements socialistes ou libéraux, avec des idées héritées du XIXe siècle, s’occuperaient de trouver des réponses à la crise écologique. Ils se sont donc lancés dans l’action politique au début des années 1970.

L’intérêt d’avoir un parti écologiste est double. D’abord  ça fait bouger les mentalités et à chaque fois que les écolos font un bon score, les autres partis s’intéressent à l’écologie. Pour autant, va-t-on confier notre avenir et celui de la planète à des partis qui ne jurent que par la croissance et le progrès matériel ? En somme, il faut faire de la politique pour faire avancer vraiment l’écologie.

« L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche »

Environ la moitié des Français ne se reconnaît plus dans cette séparation entre droite et gauche. Avant d’être de droite ou de gauche, les écologistes sont… écologistes. L’écologie politique n’est pas ailleurs, elle est devant ! Les écologistes sont les héritiers de la deuxième gauche qui, dans les années 1960 et 1970, a été la plus ouverte aux mouvements sociaux les plus dynamiques : féminisme, autogestion, combat antinucléaire, anticolonialisme, etc.

Les écolos sont bien isolés lorsqu’ils posent une critique radicale de la société de consommation et du matraquage publicitaire. Les écologistes sont toujours les seuls à remettre en cause les religions du progrès et de la croissance. Les écolos fauchent les champs d’OGM. Au fond, et en dehors du fait que le sarkozysme a remis la droite sur l’axe de l’extrême droite, c’est quoi, au juste, d’être « de gauche » ? A quoi bon s’enferrer dans des clivages paresseux aux contours flous. Il n’empêche que la préservation des ressources et des milieux naturels ne fait pas bon ménage avec le libéralisme économique.

«  Mais vous vous alliez tout le temps avec le PS ! »

A la fin des années 1980, c’est la ligne ni droite ni gauche qui l’emporte chez les Verts avec Antoine Waechter. Coup de barre à gauche après 1993 avec Dominique Voynet. Puis gauche plurielle en 1997 et obtention d’une représentation parlementaire grâce à des accords électoraux avec le PS. Depuis les Européennes de 2009 et la  création d’Europe Ecologie, se dessine un nouveau positionnement, probablement plus pérenne : un mouvement plus autonome mais susceptible de passer des alliances avec la gauche.

Les alliances sont nécessaires si les écologistes veulent être élus dans un pays où le mode de scrutin favorise les deux grands partis. En France, le scrutin proportionnel est réduit à la portion congrue. Aux législatives, le scrutin uninominal fait qu’il est impossible d’être élu si on n’est pas capable de recueillir plus de la moitié des voix. Donc avoir des élus, mais pas seulement, et donc passer des alliances, mais pas toujours. Une nécessité tant que l’écologie n’est pas majoritaire dans le pays. C’est difficile à faire comprendre aux cousins socialistes…

« Vous n’avez pas de programme économique et social »

L’inconscience est du côté de ceux qui ne veulent pas voir qu’il va falloir trouver d’autres façons de produire et de consommer. Si ce n’est pas de l’inconscience, c’est du cynisme. Changeons de perspective et demandons-nous : Comment peut-on ne pas voter écologiste ? Comment des parents peuvent-ils ne pas voter pour ceux qui défendent la possibilité d’une planète un tant soit peu préservée pour leurs enfants ?

Le programme écologiste remet en cause la folie qui nous a entraînés vers une consommation sans limites et une façon de vivre qui nous rend dépendants du pétrole et d’autres ressources de plus en plus rares. Il faut arrêter l’agriculture qui pollue et détruit les sols, sortir du pétrole, recycler et réutiliser, réduire les transports inutiles, développer des filières courtes. Préserver la biodiversité, c’est transmettre un patrimoine commun de l’humanité. Faire de l’écologie, c’est aussi agir contre la misère et les inégalités. L’écologie politique, en tant que projet global, s’adresse bien à toute la population : la qualifier de luxe, de niche ou de mode, c’est ignorer les causes et les conséquences de la crise écologique qui touche en priorité les plus faibles et les plus pauvres. Quand il faudra payer plus cher les ressources naturelles, il sera trop tard pour comprendre que les riches ont pollué plus que tout le monde, qu’ils ont dilapidé avec un cynisme coupable les biens communs : l’eau pour les piscines et les golfs, les terres pour leurs villas et le pétrole pour leurs avions.

L’écologie porte un discours de responsabilité : chacun peut agir à son niveau.

 

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