L’écart entre l’empreinte écologique par habitant et les capacités de production biologiques renouvelables conduit à s’interroger sur la soutenabilité  du modèle actuel. En effet ce déficit se traduit par une impossibilité à terme de retour à l’équilibre lorsque le capital naturel est épuisé. L’exemple des stocks de thon rouge épuisés est un exemple parmi  d’autres, la baisse de rendement des terres agricoles depuis quelques années en France est aussi alarmante.

Pour être durable notre modèle de civilisation doit tendre vers un équilibre permettant une gestion optimum entre les ressources (agricoles, forestières, piscicoles, énergétiques) et la consommation (biens et services).

Il est proposé une réduction de l ‘empreinte écologique nationale de 2% par an pendant 30 ans cela fait –10% en 5 ans (2012-2017). Cet objectif constitue un guide pour l’action politique et les programmes détaillés dans la mesure ou il devient la priorité absolue.

Les 4 facteurs quantitatifs qui influencent cet indicateur sont :

1 L’empreinte énergétique

2 l’intensité énergétique de  l’économie

3 La production de biens et services par personne

4 la démographie

1 L’empreinte énergétique

Il s’agit de l’empreinte en ha générée par kwh ou mégajoule produit. S’il s’agit de sources fossiles l’empreinte est plus importante que celle générée avec des énergies renouvelables.

La diminution de l’utilisation d’énergie permet aussi une réduction globale de l’EE

Proposition :Développement des énergies renouvelables (avec stockage)

Viser  - 40% de besoins énergétiques en 30 ans soit  - 8% en 5 ans (scénario negawatt) L’action politique doit aussi informer ,sensibiliser à la raréfaction des ressources naturelles pour faire évoluer les mentalités vers la sobriété. Un plan d’action est à prévoir.

Malus fiscal sur énergies fossiles avec franchise.(ex gaz)

2 l’intensité énergétique de l’économie

Elle mesure l’énergie dépensée pour produire 1 euro de PIB ,cette statistique mesurée par les statistiques Eurostat montre une réduction de 1% par an sur les 10 dernières années grâce à une meilleure technologie (transports,  chauffage, appareils électriques   etc..). Sa réduction est forcément limitée dans le temps par la technologie (on peut prévoir –20% en 30 ans soit –6% en 5 ans) .la conversion vers l’agriculture biologique qui possède une intensité énergétique meilleure(environ deux fois moins d’énergie a production égale) à l’agriculture conventionnelle rentre dans ce cadre (outre l’absence d’intrants chimiques).

Proposition : aider les acteurs en ce domaine (recherche, producteurs, consommateurs)

3 La production de biens par personne (PIB/hab).

Elle mesure la production et ensuite la consommation des biens et services  . la réduction de ce facteur suppose une diminution de la quantité de biens ou services consommés. Cela vise directement la réduction éventuelle du PIB qui à progressé en moyenne de 2% /an entre 1985 et 2005.Cette production peut baisser en augmentant la durée de vie des produits sans pénaliser fondamentalement notre mode de vie .

L’objectif pourrait être une réduction du PIB de  –10% en 30 ans soit –2% en 5 ans.

Proposition : fiscalité écologique, il faut  réguler le marché  par des mesures compensatoires fiscales ( taxer les produits à faible durée de vie ou qualité) ou réglementaires(interdire certains produits).

Réequilibrer les revenus  pour réduire le gaspillage notamment énergétique  des plus aisés

convertir écologiquement  la consommation de tous.

Encourager la fabrication  de produits avec une moindre productivité du travail et/ou une moindre empreinte écologique (ex produits bio) pour résorber le chomage et protéger ces produits de la concurrence extérieure ou intérieure. Les accords au sein de l’OMC  sont à revoir avec un objectif de souveraineté alimentaire et énergétique de chaque pays en limitant les échanges au strict nécessaire et en prônant une logique de coopération et non de compétition. En corollaire abandonner et convertir les industries sans avenir (aviation/nucléaire militaire et civil)

Revoir les priorités de la recherche trop en faveur des techno-sciences et appliquer le principe de précaution.

4 La démographie :Si la population baisse ou se stabilise l ‘empreinte écologique globale du pays suit la même tendance (à niveau de vie constant). La progression annuelle de la population Française à été de +0,5 %/an pendant les 20 dernières années. La progression prévue est de +2,5% en 5 ans. La stabilisation de la population apparaît comme un objectif souhaitable en réformant les politiques natalistes actuelles.

Proposition :rééquilibrer les allocations familiales vers les familles de 1 ou 2 enfants en diminuant les prestations au dessus de ce nombre. Admettre à terme une diminution faible de la population Française et ne pas chercher à l’augmenter

conclusion

l’action cumulée sur ces quatre facteurs permettrait environ –10% de diminution de l’EE sur 5 ans et d’amorcer la conversion écologique de l’économie.

annexe :

La simulation suivante peut être faite sur la réduction de l'empreinte écologique(EE en ha)) escomptée à partir de l'équation de kaya appliquée à cet indicateur.

L’EQUATION DE KAYA APPLIQUEE A l’EE(travaux personnels)

soit EE=EE

divisons et multiplions par les facteurs de kaya

TEP: tonne équivalent pétrole =énergie

PIB :produit intérieur brut =les euros produits

POP: population totale du pays

EE =  EE/         x    TEP/      x             PIB/      x        POP

TEP               PIB                     POP

:                        :                             :                       :

empreinte      efficacité énergétique  production     population

de l’énergie      de l’économie            par habitant                         le scénario de réduction sur 30 ans applique les

coefficient ci dessous

-50%      -40%       -20%                       -10%              +15%

soit le calcul ci après

0,5=      0,6   X     0,8           X             0,9            X   1,15

ces 4 termes sont les facteurs de réduction de l’EE et se multiplient.

Analyse de  Jean-Yves LE THERIZIEN (07/2012)