Terre de liens apporte son aide aux jeunes paysans qui s'installent en bio. La terre coûte de plus en plus cher, partout en France. En Normandie, le prix de l'hectare a grimpé en flèche : plus 43 % en dix ans. Et les fermes meurent, dans le plus assourdissant des silences. Terre de liens est à la fois une association qui milite pour le développement de l'agriculture biologique et une société foncière qui aide les jeunes à accéder à la propriété agricole. Son credo ? La terre n'est pas une marchandise que l'on peut laisser au marché, c'est un « bien commun », comme l'air, comme l'eau, qu'il faut préserver.

D'où cette idée, simple et lumineuse, de faire appel à l'épargne collective – moyennant avantages fiscaux – et aux dons, pour acheter des fermes ou des terres, et les louer à de jeunes agriculteurs souhaitant s'ins­taller en bio. Et préserver, coûte que coûte, l'usage agricole des terres. Créée par le Néerlandais Sjoerd Wartena en 2003, l'association a fait tilt très vite : 116 actionnaires et un capital de 700 000 euros, en 2004 ; 7 600 actionnaires, 30 millions de capital et 19 associations régionales, partout sur le territoire, en 2012.

Bref, Terre de liens permet de lutter concrètement contre la désertification rurale et l'étalement urbain, et de convaincre les élus locaux qu'une autre politique foncière est possible…