L’ACV (analyse du cycle de vie) inclut tous les éléments qui participent à un processus productif, l’extraction des matériaux, l’acheminement et la transformation, la fabrication et l’entretien ainsi que le coût de la destruction et du recyclage. On peut ainsi calculer l’ensemble du coût d’un produit sous forme d’énergie nécessaire. Une étude danoise a montré qu’une éolienne devient rentable en trois ou quatre mois seulement de fonctionnement puisqu’elle  couvre déjà le coût de son ACV. Au cours de sa vie (environ vingt ans), elle produira même 80 fois l’énergie mobilisée pour l’ensemble de son processus productif. Par contre une centrale nucléaire ne produit au cours de son existence que 6 fois l’énergie dépensée pour sa construction et son fonctionnement. Et cela, sans compter le coût de son démantèlement et la gestion de ses déchets radioactifs. Finalement le résultat se retrouvera peut-être négatif quand les générations futures auront comptabilisé toutes les dépenses durables d’endiguement de la radioactivité.

L’analyse du cycle de vie ou ACV est une notion apparue aux Etats-Unis en 1969. Il ne s’agissait pas d’une découverte de théoriciens de l’écologie, mais d’une problématique stratégique initiée par l’entreprise Coca-cola : faut-il mettre la boisson dans une bouteille de verre ou lui préférer le plastique ? On avait pour la première fois comparé non seulement les coûts de fabrication respectifs, mais aussi l’énergie utilisée, la disponibilité des matières premières et la possibilité de recyclage après usage. La comptabilité environnementale s’est alors développée, elle permet désormais de comparer, pour chaque produit fabriqué, les gaz à effet de serre qu’il génère tout au long de sa vie, la pollution de l’air et de l’eau, le décompte des ressources naturelles utilisées, l’impact sur la biodiversité, le coût du traitement ou de la mise en décharge du déchet qu’il devient. Mais l’ACV ne mesure ni la toxicité pour l’homme, ni l’impact sur les paysages, ni le bruit et les odeurs émises, ni surtout l’utilité réelle du produit. Coca-Cola avait donc découvert en 1969 que les contenants en plastique sont plus respectueux de la Biosphère une fois pris en compte l’essence utilisée pour rapatrier jusqu’aux lignes d’embouteillage le verre consigné. Depuis, les bouteilles plastiques ont conquis le monde entier et le pétrole qui sert à les fabriquer s’épuise.