« Les socialistes savent que l’homme doit assumer, aujourd’hui plus encore que par le passé, une commune responsabilité à l’égard de la planète toute entière. En effet cette responsabilité s’accroît à mesure que les sciences et les techniques tendent à s’ériger en puissance autonome, à mesure que l’organisation de l’économie, et par là même, de l’espace mondial échappe aux pouvoirs politiques. Le socialisme démocratique fait sienne la définition de la morale comme « l’ensemble des concepts organisateurs de la préservation de l’avenir ».  Ce souci de préserver l’avenir, de l’homme comme de la planète, constitue la dimension écologique de l’action socialiste. Il est une écologie au sens propre politique, qui affirme la nécessité de mener de front le combat pour l’homme et le combat pour la survie de la planète. Cette dimension de l’écologie qui invite à porter un regard au-delà de l’étroit horizon du présent, au-delà du cocon de nos sociétés développées, fait partie des préoccupations essentielles du socialisme. Il faut en effet, pour sauvegarder la Terre, penser loin dans le futur et en appeler à la solidarité avec les générations futures (…)

Il convient que les générations actuelles garantissent l’avenir de celles qui lui succéderont. On sait aujourd’hui que les politiques traditionnelles de l’environnement menées jusqu’à présent sont insuffisantes. Faute d’agir en amont, sur le circuits de production et de consommation, la lutte contre les nuisances reste largement inefficace. Le laissez-faire, souvent par seul souci du profit immédiat, l’emporte trop souvent encore. Mais les efforts de la communauté internationale, des pouvoirs publics nationaux, des chercheurs et des industriels… ne seront à la fois possible et efficace que si tous les citoyens intègrent la dimension écologique dans leurs comportement quotidiens. Sans doute les polémiques sur la capacité de la planète à nourrir plus de dix milliards d’hommes à la fin du XXIe siècle renvoient-elles à des inquiétudes malthusiennes qui ne sont peut-être pas de mise. Pour autant, il faut résister aux idéologies qui encouragent la sur-multiplication, potentiellement destructrice, de l’espèce humaine. »