avec Michel Sourrouille, faisons connaissance
C’est parce que le pouvoir du sacré peut entrer en symbiose avec la Nature que les humains pourraient à nouveau vivre ensemble dans un environnement apaisé. Ma spiritualité, ce qui est sacré à mes yeux, c’est le lever du soleil qui apporte l’énergie de la vie aux plantes, l’eau qui ruisselle et étanche la soif de toutes les espèces, l’équilibre des écosystèmes. Ni la bible, ni le coran, je veux lire dans le livre de la Nature pour l’amour de toutes les formes de vie. Mais pour cela, il me faut voir dans la bible et le coran qu’imagination humaine, poison de notre pensée.
La religion a une double signification, elle relie et elle rassemble ; elle permet une pratique institutionnalisée qui apporte une cohérence au monde et le maintien de cet ordre. Aucune société ne peut donc vivre sans une certaine forme de religion. Mais les religions font référence le plus souvent à un dieu abstrait, invisible. Impossible de s’entendre puisque ce sont des humains qui interprètent la parole de « dieu » pour imposer aux autres leur propre conception de l’existence. Cette relation verticale avec un dieu invisible qu’on dit tout puissant peut être avantageusement remplacée par une relation horizontale de l’individu envers autrui comme envers la Biosphère. Alors on peut essayer d’agir en toute connaissance de cause.
On ne naît pas athée, on le devient
Ma première révolte véritable ? Contre les religions. On ne devient pas athée de naissance, on le devient. J’étais déjà baptisé avant même de pouvoir dire un mot. Dès la naissance ou presque. Comme cela se faisait ! Je suis devenu un bouffeur de curé. Rien n’est déterminé à l’avance à condition de pouvoir sortir du piège de la prédestination sociale !
Dans mon jeune temps, la religion était omniprésente. Mes parents se sont mariés civilement. Ils ont attendu le mariage religieux pour ensuite seulement pouvoir faire l’amour. Il me fallait raconter mes péchés lors de la confession, à genoux dans une petite boîte noire, avec une lucarne qui s’ouvre et une voix doucereuse qui chuchote à voix basse : « Mon fils, dis-moi tout. » Le problème, c’est que je ne me sentais pas pécheur le moins du monde. Je récitais un « Notre père qui êtes aux cieux » et deux « Je vous salue Marie » en guise de pénitence pour le péché que j’avais inventé. D’où vient alors ma rébellion ? D’un amoncellement de petits éléments qui progressivement m’ont fait douter. Un jour je me suis enhardi pour demander à un prêtre s’il croyait personnellement à l’enfer. A sa réponse évasive et son air emprunté je savais dorénavant ce qu’il fallait savoir : on me racontait des histoires. J’étais devenu plus méfiant. Depuis ce jour j’ai multiplié les questions et confronté les réponses ; on ne se pose jamais assez de questions, on ne nous fournit jamais suffisamment d’éléments de réponses.
Nous recevions l’abbé Fontanilh, l’ancien aumônier de papa, le curé de Cadillac. « Bénissez-nous mon père, bénissez ce repas… et donnez du pain à ceux qui n’en ont pas » Un cérémonial à la maison, toujours le même. Désuet, irréel. Pendant le repas, j’attaque le curé et sa religion. C’était pour moi un jeu de questions-réponses. Comme le quitte ou double que j’avais gagné au temps du catéchisme. Est-ce que l’enfer existe ? L’abbé commence à perdre patience. Je conteste l’infaillibilité papale. Il perd pied. Pourquoi le célibat des prêtres, cette absurde exigence ? Il se fâche, jusqu’à vouloir me faire mal physiquement. Il passe derrière moi, me prend aux épaules, et il serre, serre. Je ne pouvais croire en Dieu… ses représentants étaient bien trop fragiles.
Pour Karl Marx, toute critique commence par la critique de la religion : « Religion, opium du peuple » ! J’avais bien commencé, sans le savoir. Quand le doute s’instille, il se propage. Je commençais à être libre de mes pensées. Les révoltes verbales font le révolté. Je ne croyais plus que ce qu’on pouvait me démontrer. Or l’existence de Dieu, totale abstraction, repose uniquement sur un acte de foi. Au lycée Michel Montaigne de Bordeaux, sur l’ensemble des classes de première, nous n’étions plus que quatre devant l’aumônier. L’un était là parce qu’il était obligé par ses parents, l’autre s’ennuyait en internat, un troisième venait pour le spectacle. Car j’étais là uniquement pour contester le curé.
Le christianisme est devenu pour moi un vieux meuble qu’on conserve par charité. Plus tard dans les années 1970, je polémiquerai avec un ami candidat prêtre, Christian Alexandre : « Vous les Chrétiens, vous êtes comme le capitalisme, fondé sur une hiérarchie, une préséance absurde et ridicule. Vous êtes contre le racisme, mais vous n’arrivez pas à vous entendre entre chrétiens. Vous faites le service militaire au lieu de trois ans de tôle pour insoumission. Classer le naturisme et la pilule comme un mal est abaisser la morale. Je connais l’Évangile, ce n’est qu’un vieux bouquin qui ne me suffit plus. Ce n’est plus l’Église qui prêche l’amour véritable, mais les hippies. Ils ne se référent plus aux textes chrétiens, mais à Confucius, Marcuse, mai 1968 ou aux communes libres. Ils ne s’attachent pas à une doctrine limitée et fermée. Ils préfèrent cultiver leur existence terrestre sans applaudir à l’automatisme de quelques gestes ancestraux symboliquement vides. Je regrette le temps que j’aie passé à la messe… »
Dans une allocution prononcée au tribunal de la Rote, le pape Paul VI a voulu donner un coup d’arrêt aux tendances qui affirment que l’autorité de l’Église ne dérive que du consensus de l’ensemble des fidèles (Sud-Ouest du 29 janvier 1971). Les fidèles étaient donc pour le pape l’objet et non pas l’origine de l’autorité. Les croyants restent assujettis. Leur Église repose uniquement sur un argument d’autorité ! Aucune démocratie dans ce système bloqué, un pur totalitarisme. Comme on ne peut déterminer l’assise matérielle du divin, les dialogues entre croyants et incroyants sont voués à l’impasse, sans synthèse possible : le raisonnement contre l’acte de foi. Aucun débat sincère et ouvert n’est donc possible avec un véritable croyant. Avec mon père, je n’ai même pas essayé. A 91 ans, il regarde toujours la messe… à la télé vu son âge. Mais cela n’a pas empêché une entente cordiale en famille ; nous savions séparer les croyances individuelles et notre vivre ensemble.
La religion, une névrose anthorocentrique
– Pour la psychanalyse, la religion serait une névrose obsessionnelle de l’humanité qui dérive des rapports de l’enfant au père ; le père est chargé de la mission répressive, qui impose entre autres un renoncement à la liberté sexuelle, à la liberté tout court. C’était tout à fait mon cas ! L’ennemi était à l’intérieur de ma tête, j’avais intériorisé normes et tabous. Me libérer de la religion, c’était aussi prendre ma liberté d’agir vis-à-vis de l’autorité paternelle. L’image du père occultait ma pensée personnelle, l’image de Dieu sert de mystification à la pensée humaine ; c’est complémentaire. Une fois cette prise de conscience, je pouvais dorénavant cultiver mon athéisme, chercher la raison et le raisonnable, changer ma pensée pour changer la société. L’individu est construit socialement, il est donc obligé pour partie de se conformer à la croyance du moment. Mais les croyances sont fragiles, elles évoluent avec le contexte. Nos normes culturelles bougent parce que certains, au départ en marge et souvent pourchassés, ont posé de nouvelles règles à notre pensée qui s’imposent avec le temps. Après tout, le christianisme est le résultat d’une secte qui a réussi… Il me fallait abandonner l’idée de dieu pour faire ma révolution copernicienne.
– Pour la science, les religions de type anthropocentrique sont depuis longtemps obsolètes. On croyait avec la bible que notre planète était au centre de l’univers, et l’être humain au centre de la Terre. Galilée (né en 1564) utilisa une lunette astronomique, récemment découverte, pour observer le relief de la lune et surtout les satellites de Jupiter, démontrant par la même occasion un héliocentrisme beaucoup plus pertinent que le message biblique. Un tribunal de l’Inquisition, dont les membres ont refusé de regarder par la lorgnette l’univers céleste, l’obligea d’autorité à se rétracter en 1633 : « Je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant, et que, Dieu aidant, je croirai à l’avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la sainte Église catholique et apostolique romaine… J’abjure les écrits et propos, erronés et hérétiques, par lesquels j’ai tenu et cru que le soleil était le centre du monde et immobile, et que la Terre n’était pas le centre et qu’elle se mouvait. »
L’Eglise catholique n’a réhabilité Galilée qu’en 1992 ! Pour les gardiens de la foi et des fausses croyances, il faut donc attendre plus de 350 années pour reconnaître une vérité scientifiquement prouvée… Aujourd’hui nos satellites confirment tous les jours la révolution copernicienne, cette découverte de la libre pensée. La religion reste toujours un obstacle à l’émancipation de l’espèce humaine.
Combien de manifestations de rue pour une société meilleure les paroles d’un pape ont-elles entraînées ? Combien de prêtres se sont-ils couchés sur les terrains militaires pour empêcher des avions d’aller lâcher leurs bombes ? Combien de patrons très chrétiens favorisent-ils l’autogestion et la coopération ? Je sais maintenant qu’en priant un Dieu absent, on ne peut trouver que de fausses solutions à la détresse humaine. Dieu n’agit pas, dieu n’est pas en moi, il n’est qu’un mot, un concept métaphysique, une chimère. Puisque Dieu est mort, tout devient possible. Je peux accéder à l’autonomie. Depuis j’en ai fait plein usage. Le prosélytisme religieux devient pour moi une abomination ; le blasphème une nécessité. Nous avons inventé la démocratie pour qu’il y ait débat. Puisque la religion n’est qu’une idéologie comme les autres, elle doit pouvoir être critiquée. Michel Houellebecq aura le droit d’écrire : « La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré. » C’est un tribunal civil qui l’a dit.
Ma profession de foi
En 2005, j’ai composé le texte suivant, centré sur le concret : « C’est la Biosphère qui constitue notre origine et notre avenir, c’est la Biosphère qui accompagne notre présent et qui conditionne notre futur, la Biosphère est le père et la mère de toutes choses vivantes. En conséquence, le culte des dieux à l’image des seuls humains est vide de sens, seul compte la compréhension de la Biosphère, l’harmonie avec la Biosphère. Telle est donc ma prière :
Oh Dieu, écoute mon appel
Entends ma désespérance
Vois la maison Terre en train de sombrer
Et l’humanité se déchirer
Anéantir la biodiversité
Épuiser l’énergie du passé
Le charbon, le pétrole, le gaz.
Oh Dieu, tu n’écoutes rien
Parce que tu n’entends ni ne vois
Tu es aveugle, sourd et muet
Car seuls des humains te font parler.
L’humanité tourne autour de ses petits dieux
Les dieux uniques du monothéisme
Les dieux du marché et de l’argent,
Les dieux de la science et de la technique
Chacun son dieu du moment qu’il nous aveugle.
L’humanité n’a plus de racines
Quand elle s’invente des dieux
Qui sont à son image.
Alors célébrons la Nature,
Revenons à la Terre
Telle est ma prière :
Je crois en la matière,
le père et la mère du ciel et de la terre,
Je crois en la Biosphère,
partie infime de l’univers visible et invisible,
Je crois en la Biosphère car je fais partie d’elle.
C’est pourquoi
Je m’engage à promouvoir l’équilibre entre tous les être humains aujourd’hui,
Je m’engage à préserver l’avenir de leurs générations futures,
Je m’engage à respecter tout le reste de la Biosphère.
———————————————————————————————————————————————————————————————————————
Le formatage culturel de notre pensée et de notre comportement nous laisse peu de marges de manœuvre. Il faut vraiment faire un effort sur soi-même et contre les autres pour pouvoir affirmer sa liberté de pensée. Ma critique de la religion a été le premier pas de ma réflexion et le fondement de tout mon militantisme à venir. Encore fallait-il étayer ma pensée, encore balbutiante !
Pour m’écrire, biosphere@ouvaton.org

– « […] les dialogues entre croyants et incroyants sont voués à l’impasse, sans synthèse possible : le raisonnement contre l’acte de foi. Aucun débat sincère et ouvert n’est donc possible avec un véritable croyant. » (Michel Sourrouille)
– « Avant toute chose, je remercie Didier Barthès de s’exprimer sous son identité réelle. Voici quelques éléments de débat. [etc. etc.]» (Michel Sourrouille 27 avril 2026 à 21:19)
Je vois une certaine contradiction dans ces deux passages.
Puisque de toute façon aucun débat (sincère et ouvert) n’est possible… alors à quoi bon apporter de nouveaux éléments de débat ?
Certes les raisons d’en rajouter ne manquent pas (manière de passer le temps, esprit critique, ou de contradiction, si ce n’est de compétition, ou je ne sais quoi), seulement comme dit MS, ce genre de débat est voué à l’impasse. Autrement dit, il ne mène à rien.
Quoique… ON ne sait jamais. 🙂
Autres éléments
Quand il est écrit que science et créationnisme sont incompatibles, je suis bien d’accord, mais la religion n’est pas le créationnisme. Aucun pape ne vous dira aujourd’hui que le monde a été créé il y a 6 000 ans. D’autre part, la théorie de l’évolution a gagné
Mais ne faisons pas le procès aux gens qui ont écrit la Bible de l’avoir ignoré, il était impossible pour eux (et pour tous les hommes) de penser autrement, toutes les cosmologies antiques n’étaient bien naturellement que des représentations, des symboles, des outils de médiatisation, il n’est pas honnête d’utiliser leurs contradictions pour mettre en cause la foi, ni même l’existence de religion.
Il ne faut pas non plus demander à la religion d’être un outil pour rendre la société plus juste ou plus adoucie, pour ça il y a les lois des hommes. La religion s’occupe de Dieu, pas de réguler les parlements. Ce n’est pas un parti politique.
Avant toute chose, je remercie Didier Barthès de s’exprimer sous son identité réelle. Voici quelques éléments de débat.
Aujourd’hui les avancées scientifiques et les données astronomiques concordent pour indiquer que la naissance de l’univers fait de matières résulte du big bang il y a 13,7 milliards d’années et que la Terre a environ 4,55 milliards d’années. L’espèce humaine pensante n’a donc qu’une existence insignifiante, soit seulement 300 000 ans environ, par comparaison à ces échelles de temps. La bible affirme très récemment que le monde a été créé par Dieu en six jours, la compilation qui deviendra ce texte sacralisé date seulement de 640-609 av. J. -C. La science et le créationnisme sont incompatibles. (à suivre)
(suite) Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ? La matière dont l’univers est constitué ne se pose pas ce genre de question philosophique, elle se contente d’exister depuis une éternité dans un espace infini. Nous n’avons qu’une approche partielle de son pourquoi et de son comment : la nature n’est pas mathématique, même si elle est mathématisable. Contrairement à ce que pense Didier, la matière détermine elle-même ses propres lois, et elle se fout complètement de nos pourquoi et de nos comment. La matière ne génère pas une conscience, elle se contente de procurer des neurones à notre cerveau pensant. Les sociétés humaines forgent alors différentes spiritualités et l’expérience historique nous montre que l’imagination humaine est prolifique puisque tout devient possible « en théorie ». (à suivre)
(suite et fin) Nous n’avons pas eu besoin pour écrire ce qui précède de référence à l’athéisme, mais seulement de nos connaissances scientifiques actuelles. Au niveau de l’origine de la Terre, et donc des humains qui sont dessus, les différentes religions ont des conceptions très différentes. De notre côté nous aimons bien cette approche poétique: « Avant il n’y avait pas de séparation entre la femme et l’homme, ni entre l’eau et la terre. Puis il y eut le temps fondateur qui définit les choses et les êtres, et donna aux aborigènes leur place dans le cosmos ». Mais c’est de la poésie. Il nous semble préférable de faire progresser l’intelligence collective et de ne pas s’appesantir sur de fausses oppositions intra-humaines…
Cette phrase là, je ne la comprends pas
« La matière ne génère pas une conscience, elle se contente de procurer des neurones à notre cerveau pensant. »
Notre cerveau n’est-il pas fait de matière ?
Alors si oui c’est bien admettre que la matière créé la conscience et ça, j’ai du mal à l’admettre,
Que la matière ne se pose pas la question du pourquoi, je suis bien d’accord, mais moi je me la pose et toute conscience peut légitimement se la poser
Quant au Big Bang, c’est l’apparition de la matière mais pas une création ex nihilo d’ailleurs à un moment vous parlez d’existence de toute éternité et à un autre d’existence depuis 13,7 milliards d’années. En réalité le temps lui même est une composante de l’espace temps, deux notions qu’on sait inextricables depuis la relativité.
– « Aucun débat sincère et ouvert n’est donc possible avec un véritable croyant. » (Michel Sourrouille)
Je ne suis absolument pas d’accord ! Ce serait alors penser que TOUS les croyants sont des dogmatiques (bornés, incapables de réfléchir etc.) Ce qui n’est pas le cas.
J’en profite pour faire remarquer qu’il n’y a pas que sur cette question que le débat (sincère et ouvert, le vrai débat) est impossible. Les exemples, hélas, ne manquent pas. Pour moi, le problème c’est donc le dogmatisme ! Qui n’est qu’une forme, parmi d’autres, de la Bêtise.
Je me dis que si Michel S est devenu un bouffeur de curé… c’est peut-être parce qu’il n’a pas eu la chance de rencontrer un bon curé. Et alors, ce n’est que par hasard. 😉
Moi aussi j’ai grandi dans un milieu où la religion était omniprésente, surtout du côté des femmes. Pour elles, la messe du dimanche c’était sacré. Pour les hommes c’était la chasse, et/ou le bistrot. Comme je dis, à chacun sa came ! N’empêche qu’à peine né, il a fallu absolument qu’ON me baptise. Faut dire que ça urgeait, vu qu’ON m’en donnait pas pour longtemps.
Je vous laisse imaginer Saint Pierre me demandant mon certif de baptême : « Quoi, t’es pas baptisé !!! Allez ouste petit diablotin, en enfer ! » C’eut été dommage quand même, non ?
Et puis après il a fallu que je me farcisse le Catoche, et en même temps la sacro-sainte messe du dimanche, et bien sûr le curé. La Petite et puis la Grande, Communion, sans oublier la Con firmation… tout ça jusqu’à l’âge de penser un peu plus sérieusement aux filles. 🙂
(à suivre)
(suite 1) Faut juste comprendre qu’à l’époque, tout ça était peut-être encore plus important que le Certif. Le Brevet et le Bac n’en parlons pas. Bref, c’était comme ça.
Et comme les autres je devais donc dire amen. Et hi-han en même temps.
Je me souviens que mon curé n’était pas gentil. Au sens premier du terme, je précise.
Il croyait que c’était en nous foutant des baffes et à genoux qu’il allait nous con vertir en bons chrétiens. Nous, les diablotins, qui ne pensions alors qu’à déconner et rigoler.
Quel con ce curé ! Paix à son âme. Maintenant, est-ce à cause de lui, si ce n’est grâce à lui, va savoir… pendant longtemps moi aussi je me disais athée. D’autant plus que je carburais au rouge. Entendez par là les Rouges, les Cocos, sacrés bouffeurs de curés ceux-là aussi ! Enfin pas tous, mais bon. Pour dire si j’étais con, je refusais même de rentrer dans les églises. Pour les mariages, les enterrements, je restais sous le porche. Je me disais qu’ainsi je faisais au moins acte de présence. N’importe quoi ! (à suivre)
(suite 2) Et puis je suis devenu agnostique. Ni-ni si vous préférez. Et aujourd’hui je n’ai plus aucun problème à mettre les pieds dans une église, une cathédrale, une chapelle, et peu importe l’obédience. Assis ou debout, mais jamais à genoux, je m’y tiens bien, et je n’y fais plus le con. 🙂
Un jour, alors que nous discutions de tout ça avec un copain… pas con du tout, et super croyant… voilà qu’il me dit, tout à fait sérieusement :
– « Tu es plus croyant que tu ne le crois. »
Eh ben je vous jure que ça m’a fait réfléchir. En fait je crois que tout est, là encore, dans l’idée (définition) que chacun se fait du croyant, de l’athée et de l’agnostique.
Et bien évidemment pareil de la religion, de la spiritualité, de Dieu, de la Nature, de la Vie, du Mystère etc. etc.
J’ai déjà exprimé mon désaccord avec cette vision de la religion.
Cette charge condamne la foi à partir d’une critique des institutions et des rites religieux qui ne sont pourtant qu’un outil de médiatisation (sans doute inévitable) de la question fondamentale, celle de la croyance en une entité spirituelle à l’origine du monde. La religion, c’est d’abord cela : la réponse à la question : Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Désaccord aussi sur l’astronomie ce n’est pas spécialement avec la Bible qu’on mettait la Terre au centre du monde, la quasi totalité des sociétés humaines croyaient cela. Avant le développement des sciences il était bien difficile de voir les choses autrement.
Je rappelle aussi que le catholicisme est à l’origine de bien des progrès (héliocentrisme : le chanoine Copernic, le Big Bang : le prêtre Lemaitre, notre calendrier, le plus précis de tous : le pape Grégoire 13.
Je précise aussi que je critique aussi l’athéisme en ce qu’il confère à la matière deux choses que je crois impossibles :
– Le passage du néant à quelque chose (donc la fameuse question).
Le Big Bang que l’on assimile souvent à cette création n’est pas du tout cela, les scientifiques ne le voient pas comme une création ex nihilo, mais comme une transition de phase dans le cadre de lois physiques données. Or, ce n’est pas la matière qui détermine elle-même ses propres lois auxquelles elle doit se soumettre.
– L’existence de la conscience, du sentiment d’être.
Attention si l’on accepte ça (c’est à dire la matière pouvant générer cette conscience), demain nous serons obligés d’accorder la citoyenneté aux machines d’intelligence artificielle.
Nous admettrons alors que la conscience naît de la seule complexité matérielle, c’est une pente très dangereuse.
Cette fois, Monsieur Barthès, et vous le savez… je ne vais pas essayer de vous contredire. Ni même de me moquer, je vous le jure. 🙂
Je trouve très intéressante votre dernière remarque. Là encore, comme la remarque de mon copain, super croyant (voir à 18:24) … ce que vous dites là amène à réfléchir.
Encore faut-il aimer réfléchir (se faire violence), et ne pas avoir trop peur de devoir changer son point de vue. Et finalement c’est pour tout pareil. 😉
Cette fois nous sommes d’accord !