1/7. En route vers l’effondrement programmé

Dans l’univers d’un élevage de dindes, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde, l’éleveur vient tous les jours donner des graines et il fait toujours chaud. Les dindes vivent dans un monde de croissance et d’abondance… jusqu’à la veille de Noël ! S’il y avait une dinde statisticienne spécialiste de la gestion des risques, le 23 décembre elle dirait à ses congénères qu’il n’y avait aucun souci à se faire pour l’avenir…

Voici un livre publié en 1988 qui devrait faire référence commune pour tous les écologistes.

Joseph Tainter, « L’effondrement des société complexes »

extraits : Tout au long des millions d’années où des humains identifiables en tant que tels sont reconnus avoir vécu, l’unité politique courante était la petite communauté autonome, agissant indépendamment et étant en grande partie autosuffisante. Les petites communautés acéphales qui ont dominé notre histoire n’étaient pas homogènes. Le degré de variation culturelle est élevé. Mais l’histoire humaine dans son ensemble a été caractérisée par une tendance apparemment inexorable vers de plus grands niveaux de complexité, de spécialisation et de contrôle socio-politique, de traitement de quantités plus grandes d’énergie et d’informations, d’implantations humaines toujours plus étendues et de développement de technologies plus complexes

Les populations humaines font d’abord usage des sources de nutrition, d’énergie et de matières premières qui sont les plus faciles à obtenir, extraire, transformer et distribuer. Lorsque de telles ressources ne sont plus suffisantes, l’exploitation se tourne vers celles qui sont plus coûteuses alors qu’elles ne génèrent pas de meilleur rendement. Les organisations socio-politiques nécessitent un investissement accru, simplement pour préserver le statu quo. Cet investissement se présente sous des formes telles que l’inflation bureaucratique, l’accroissement de la spécialisation, l’augmentation des coûts du contrôle intérieur et de la défense extérieure. Toutes ces augmentations doivent être supportées en prélevant des sommes plus élevées sur la population sans lui conférer d’avantages supplémentaires. Le rendement marginal dans la complexité se dégrade proportionnellement, d’abord progressivement, puis avec une force accélérée. Divers segments de la population accroissent une résistance active ou passive, ou tente ouvertement de faire sécession. A ce stade, une société complexe atteint la phase où elle devient de plus en plus vulnérable à l’effondrement. Le déclin de l’empire romain est l’exemple le plus connu d’effondrement, ce n’est qu’un cas parmi d’autres.

Les citoyens des sociétés complexes modernes ne réalisent pas généralement que nous sommes une anomalie de l’histoire.

Dans beaucoup de sociétés contemporaines, en particulier celles qui sont fortement industrialisées, une grande partie de la population n’a pas la capacité de produire des ressources alimentaires de base. L’effondrement des hiérarchies administratives sera un désastre manifeste pour les membres d’une société qui n’ont ni l’occasion ni la capacité de produire des ressources alimentaires de base, et pour eux seuls. L’effondrement de telles sociétés entraînerait presque certainement des pertes écrasantes en vies humaines, sans parler d’un niveau de vie beaucoup plus faible pour les survivants. Mais l’effondrement n’est pas une chute vers quelque chaos primordial, mais un retour à la condition normale de moindre complexité.

A l’heure où j’écris ce livre (1988), il est difficile de savoir si le monde industriel a déjà atteint le point où le rendement marginal de son modèle d’investissement a commencé à décliner. L’histoire récente montre que nous avons atteint des rendements décroissants pour notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles et pour quelques matières premières. En fait, il y a des différences majeures entre le monde antique et le monde actuel, qui ont des implications importantes pour l’effondrement. Le monde d’aujourd’hui est saturé, c’est-à-dire qu’il est rempli de sociétés complexes. Nous ne disposons pas de l’option de retourner à un niveau économique plus faible, du moins pas en tant qu’option rationnelle. La concurrence entre régimes complexes conduit à plus de complexité et de consommation de ressources, peu importe les coûts, humains ou écologiques.

L’effondrement, si et quand il arrivera à nouveau, sera cette fois mondial.

11 réflexions sur “1/7. En route vers l’effondrement programmé”

  1. Il est trop tard pour limiter les émissions de gaz à effet de serre quand il y a plus de 1 milliards de véhicules qui veulent rouler et des compagnies qui commandent des avions à la chaîne. Même prôner la destruction de biens nuisibles à la nature et à l’homme est inefficace, ce genre d’action pourtant compréhensible sera rejeté par la presque totalité de la population ordinaire et pénalement poursuivi.

    Reste que l’IA prenne conscience de cette situation sans issue et prenne l’initiative (ce qu’elle commence à savoir faire) de diffuser un procédé suffisamment létal pour diminuer de façon suffisante les plus de 8 milliards que nous sommes (en commençant par les plus riches)… et donc nos émissions de gaz à effet de serre.

  2. – « Dans l’univers d’un élevage de dindes, tout va pour le mieux dans le meilleur des monde »

    Le meilleur des mondes me fait de suite penser à Flaubert. Prénom Gustave.
    Celui-là adooorait les dindes. Les dindons je vous dis pas. Fier comme un paon et bête comme un dindon, qu’il disait au sujet de je ne sais plus qui. C’est sûr que le dindon n’est pas l’oiseau qui vole le plus haut. Le paon non plus d’ailleurs, mais bon. ON dit aussi bête comme une oie, mais moi aussi je préfère les dindons. Les dindes je vous dis pas. Petite précision, il ne faut pas con fondre le glouglou du dindon et le gloup gloup qui évoque le bruit de la déglutition.
    Une petite pensée en passant pour le plus grand des entarteurs, Noël Godin, dit Le Gloupier, qui nous a quitté il y a tout juste quelques jours. Parce qu’une autre chose est sûre, il y a des tartes qui se perdent !

    1. Tatiana la bécasse

      Je ne sais pas d’où nous vient ce besoin d’utiliser tous ces noms d’oiseaux pour se foutre de la gueule du monde. Faudra que je demande à TikTok …
      En attendant, j’en connais un qui a horreur des bécasses. Que voulez-vous, des goûts et des couleurs ON ne discute pas. Celui-là non plus n’est pas la tomate la plus mûre du potager. Pas du genre à avoir inventé l’eau tiède, si vous préférez.
      Bref, n’en parlons plus, puisque lui aussi il a disparu. Snif snif !
      Et depuis… eh ben tout va très bien Madame la marquise !

    2. Parti d’en rire

      – « Ô que Molière a eu raison de comparer la femme à un potage… Bien des gens désirent en manger, ils s’y brûlent la gueule, et d’autres viennent après. […]
      À un certain âge, les deux bras d’un fauteuil vous attirent plus que les deux bras d’une femme. […] Voir les choses en farce est le seul moyen de ne pas les voir en noir. Rions pour ne pas pleurer. […] C’est quelque chose, le rire : c’est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie. » (Flaubert)

      Comparer la femme à de la soupe… faut oser quand même, non ?
      Et à un fauteuil, alors là c’est du grand n’importe quoi. Sacré Gustave va !
      En attendant, lui aussi devrait être remboursé par la Sécu.

  3. Quand tout s'effondre ...

    – « Dans ce contexte inquiétant, se protéger devient une urgence vitale. L’un des moyens les plus sûrs de préserver son patrimoine reste d’investir dans l’or physique, valeur refuge face à l’effondrement des États. » (3 nations, 1 seul plan : L’effondrement programmé… et c’est bien pire que vous l’imaginez ! businessbourse.com/2025/10/01)

    Comme je dis, à chacun sa came. Mais là, c’est du grand n’importe quoi !!!
    De l’or… mais nom de dieu pour en faire quoi ??? À part pour caler une porte, à quoi pourrait bien servir un lingot ? En attendant, je vous conseille plutôt d’investir dans des livres.
    Tant qu’il en reste.
    – « Le monde du livre vit sous la menace d’un effondrement de la bibliodiversité »
    (Politique du livre : l’effondrement programmé – lesea.fr 21 janvier 2026)

    Nom de dieu !!! Non seulement la biodiversité, mais en plus la bibliodiversité !
    Et comment qu’ON va faire pour se torcher quand il n’y aura plus de papier ?

    1. En route vers la Connerie programmée

      Et en plus, tout ça c’est programmé !

      – « Si pendant longtemps nous avons pu penser que l’alternative entre la transition socio-écologique et les effondrements était symétrique, les choses étant ce qu’elles sont, nous ne voyons pas comment le scénario des transitions pourrait dorénavant l’emporter.
      Si les mots ont un sens, un mode de développement non durable ne dure pas : à un moment donné, il s’effondre. [etc. etc.] » (Eric Macé, sociologue : « L’effondrement de notre mode de développement est programmé » Le MONDE 24 mai 2025)

      Eh ben il faut croire que les mots n’ont plus de sens, parce que tout ça ON le sait depuis longtemps. Misère misère !

      1. – « Au-delà de la rhétorique : Réclamer la véritable humanité
        Lorsque les institutions créées pour protéger l’humanité deviennent des outils pour presser, manipuler et contrôler les nations souveraines et les individus, les citoyens sont confrontés à un choix fondamental. Continuons-nous à accepter les leçons de morale de gardiens autoproclamés qui pratiquent une grossière hypocrisie à huis clos ?
        La réponse est claire : Il est temps d’arrêter de suivre aveuglément. [etc.] »

        (La Grande Illusion : Démystifier l’Architecture de l’Hypocrisie Moderne
        – lakho.com 26 juillet 2026) )

  4. – « 1/7. En route vers l’effondrement programmé » (Titre Biosphère)

    Puissent déjà les 6 prochains épisodes ressusciter les biosphéronautes disparus.
    Et nous en amener tout plein tout plein. Des nouveaux, bien frais, et tout et tout !
    Plus ON est de fous plus ON rit, au diable la juste mesure !
    ON peut toujours rêver.

  5. Info du soir du parti d'en rire

    Donald Trump [Supreme Intelligence] a une nouvelle lubie et a lancé un sondage pour trouver un nouveau nom à l’intelligence artificielle, avant d’annoncer la création d’une « AI Force » et la nomination prochaine d’un « czar » de l’IA. Il range au passage les critiques adressées à la technologie parmi les canulars qu’il attribue aux démocrates.

    (Après le golfe du Mexique et le lac Ontario, Trump veut maintenant renommer l’IA
    msn.com)

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