Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE
SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…
aucun pays n’est à l’abri
https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html
Entre vieillissement accéléré de la population nippone et constat avéré d’une surpopulation, quelle est la menace la plus grande ? Le Japon devient nataliste, il est pourtant surpeuplé. Aujourd’hui dans les médias, ce n’est pas la crainte du nombre qui est mis en avant, mais le vieillissement. Selon les données publiées par le gouvernement japonais le 17 septembre 2023, un Japonais sur trois a plus de 65 ans, un sur dix est âgée de plus de 80 ans, presque autant de personnes que les moins de 14 ans. Certains parlent de « suicide démographique ». Le traitement des malades très âgés est devenu un problème qui taraude non seulement les dirigeants et le corps médical mais aussi l’opinion japonaise.
Le Japon est donc par obligation devenu le champion mondial de l’adaptation au déclin démographique. Version douce, les entreprises proposent à leurs salariés âgés de rester après 65 ou même 70 ans, mais les conditions de travail sont aménagées. Plus radical, le Japon a même décidé au début des années 2000 de transférer partiellement de l’hôpital au domicile le traitement des patients en fin de vie. Dans son ouvrage « La Belle Mort. Vivre sa mort à domicile au Japon » , le docteur Ochiro Kobori estime qu’il ne sert à rien de garder à l’hôpital des patients qui sont au-delà de toute thérapie. Version dure, la science-fiction s’est emparée du sujet. On peut penser au film La Ballade de Narayama (1983), de Shohei Imamura, qui décrit l’abandon consenti d’une vieille mère encore valide porté par son fils au sommet d’une montagne. De façon plus globale comme en témoigne le film « Plan 75 » de la cinéaste Chie Hayakawa, présenté mi-mai 2022 à Cannes, on envisage le fait de hâter la fin de vie : dans un futur proche et face au vieillissement, le gouvernement japonais estime qu’à partir d’un certain âge, les seniors deviennent une charge inutile pour la société. Il met en place le programme « Plan 75 », lequel permet aux plus de 75 ans de se faire euthanasier s’ils le souhaitent pour ne plus être un “fardeau” pour la société.
En fait le gouvernement japonais cherche aujourd’hui à enrayer le déclin de la natalité, et offre « de l’argent pour des bébés ». Le premier ministre, Fumio Kishida a promis dans son discours de politique générale, le 23 janvier 2023, la création d’une agence des affaires familiales, une hausse des allocations familiales et une allocation forfaitaire accordée à la naissance d’un enfant. Face au vieillissement de la population, la pire des solutions serait pourtant d’encourager la natalité. On mettrait en place une pyramide de Ponzi démographique. Et cela dans un monde aux ressources raréfiées et à l’environnement saccagé. C’est cela qui est suicidaire. A ce type d’interrogations, « nos pays vieillissent, qui s’occupera des personnes âgées » ou « à cause de ce vieillissement, nos pays seront moins dynamiques », l’association DR (Démographie Responsable), répond :
« Rien n’indique qu’un pays ayant une moyenne d’âge plus élevée soit moins dynamique. En effet, ce sont souvent les pays développés qui réussissent le mieux alors que leur population est généralement plus âgée. D’autant qu’il s’agirait là d’un avantage bien provisoire puisque les jeunes d’aujourd’hui sont nécessairement les vieux de demain (qui donc, à leur tour, nécessiteront des soins en plus grand nombre). Il est illusoire de vouloir lutter contre le passage du temps par une fuite en avant nataliste qui ne conduirait à terme qu’à l’aggraver. Dans un contexte de chômage chronique, il ne manque pas de travailleurs pour s’occuper des personnes âgées, il s’agit seulement d’un problème de coût et d’attribution des ressources. »
Le vieillissement fait peur, mais il ne devrait pas l’être. Autrefois, partout sur la planète, les personnes trop âgées pour occuper un emploi régulier restaient insérées dans l’économie domestique, les échanges intra-familiaux l’emportaient sur les forces du marché. La coutume de la retraite socialement financée a été le résultat de l’ère de l’abondance. La fin de l’énergie abondante et bon marché signifie que de telles économies domestiques redeviendront nécessaires. Car on ne peut lutter contre la surpopulation par plus de naissances. Et le Japon est surpeuplé, gravement surpeuplé sur une planète close et saturée d’humains. Voici quelques données chiffrées pour le démontrer.
Le caractère montagneux du Japon fait en sorte que les parties habitables sont entièrement urbanisées. La capitale nippone est la première métropole mondiale par le nombre d’habitants. Constituant une mégalopole géante, Tokyo compte près de 15 millions d’habitants intra-muros en 2018 et 43 millions dans la conurbation. Les terres arables ne couvrent que 12 % du territoire (contre 54 % pour la France). La densité en 2020 est en moyenne de 346 hab./km². Comparée aux superficies cultivables, c’est un chiffre insoutenable, désespérant. En 1960, le taux d’autosuffisance en base calorique n’était déjà que de 79 % pour atteindre le très faible niveau de 37 % en 2018. La population est pourtant passée à 117 millions en 1980 et à 126,2 millions en 2020. Pourquoi ? L’ère Meiji (1868-1912) marque la fin de la politique d’isolement volontaire. Elle a favorisé la révolution industrielle, l’ouverture au commerce international et donc les importations de nourriture. En 1721 l’archipel japonais ne pouvait compter que sur ses seules forces internes, il était considéré comme surpeuplé avec 26 millions d’habitants. En 1868, le Japon comptait toujours 26 millions de personnes. La maîtrise de la fécondité sous des formes souvent éprouvantes était pensée comme un impératif absolu. Cet exemple historique montre que le Japon ne pourrait nourrir de façon autonome et avec une agriculture traditionnelle que 26 millions de personnes. Le Japon profite actuellement du reste du monde pour (sur)vivre. Or les difficultés mondiales de tous ordres poussent aujourd’hui à la désindustrialisation, à la démondialisation et à l’autonomie alimentaire et énergétique des différents territoires de la planète.
En définitive le Japon montre la voie à suivre mondialement, une décroissance démographique pour en arriver à équilibrer population et ressources internes. En 2020 ce pays comptait 126 millions d’habitants ; il est prévu de descendre à 95 millions en 2050, 86 millions en 2060 et 48 millions en 2100. Le Japon est sur la bonne voie, en espérant que c’est assez rapide, que ce n’est pas déjà trop tard comme tendance…

Et surtout pas au Japon !
– « Dans une interview publiée dans la revue Science and Stuff, Hashem Al-Ghaili, biotechnologue, explique que l’EctoLife pourrait permettre à 30 000 bébés de naître chaque année. Selon lui, la question de l’utilisation d’un utérus artificiel se trouve bloquée par des questions plus éthiques que scientifiques, car le procédé d’utérus artificiel existe déjà, mais se heurte aux consciences. Cependant, il affirme que la société évolue et que l’utérus artificiel pourrait même remplacer les naissances traditionnelles pour les femmes inquiètes des complications d’une grossesse par exemple. Il pourrait surtout être une solution pour les couples infertiles ou en attente d’adoption, une procédure qui peut parfois durer des années. »
( Déclin démographique : un biotechnologue invente une « usine à bébé » pour faire naître 30 000 enfants par an – neozone.org 15 décembre 2022 )
– « Rien n’indique qu’un pays ayant une moyenne d’âge plus élevée soit moins dynamique. » (DR)
À ce type de réflexion je réponds déjà que les vieux sont condamnés à disparaître.
Les jeunes aussi certes. Mais, puisqu’ON en parle, eux ont le temps. Théoriquement.
Le temps de réfléchir, de décoloniser leur imaginaire. Pour qu’en voyant la « réussite » de certains ils puissent être fiers d’avoir échoué.
Le temps d’aimer, de faire l’amour, des enfants, de ramer, de pédaler etc. etc.
Justement à DR il y en a un qui est passionné de vélo, et de Tour de France. Non pas un jeune, un vieux. Celui là devrait donc savoir que les vieux dans son genre, et/ou dans le mien, aussi bien conservés qu’ils puissent l’être… n’ont aucune chance d’endosser le Maillot jaune.
Ni le blanc, ni celui à petits pois etc. (à suivre)
(suite) Vu qu’il est, et en même temps, passionné par les grands félins… notre petit vieux devrait également savoir que chez les lions une moyenne d’âge avancée n’indique nullement le dynamisme (bon état) de leurs populations. Ni chez les tigres, ni chez les éléphants, ni nulle part d’ailleurs. ( voir dynamique des populations )
– Comprendre la dynamique des populations à travers l’âge et la taille
( scisimple.com 23 juin 2025 )
D’autre part. S‘il est envisageable et même souhaitable de gérer… au mieux (?)… des populations de lions, d’éléphants, de loups, d’ours de truites et j’en passe, il en est autrement des populations humaines.
Déjà parce que c’est qui… qui gère ici ? Pas les lions bien sûr, pas les félins en tous cas.
Et alors… depuis quand sapiens est-il du genre homo-administrator ?
Bref, de quel droit se permet-ON d’intervenir dans ce genre de choses ?
– « Dans un contexte de chômage chronique, il ne manque pas de travailleurs pour s’occuper des personnes âgées, il s’agit seulement d’un problème de coût et d’attribution des ressources. » (DR)
Pour commencer, il faut en finir de certaines idées reçues. Le chômage n’est pas synonyme de glandouille (canapé-bière-télé toute la journée). Chronique ou pas, le chômage ne change rien au fait que de tous temps les plus jeunes se sont occupé des vieux. Comme des nouveau-nés, des tout jeunes, et des malades aussi. Cette caractéristique fait partie de notre espèce.
Maintenant les choses évoluent, et pas forcément dans le bon sens. (à suivre)
(suite et fin) Si les jeunes préfèrent «profiter de la vie» et ne penser qu’à eux, plutôt que de s‘occuper des autres, notamment de leurs parents, et oublier ainsi qu’un jour eux-aussi seront vieux… s‘ils préfèrent déléguer aux machines (robots) tout ce qui leur coûte le moindre effort (comme baisser et relever une vitre)… si les vieux sont perçus comme des improductifs, des inutiles, des boulets, qui de plus coûtent cher… si ces vieux sont de plus en plus nombreux… alors sapiens risque fort d’évoluer vers l’état bestial. Le pire qui puisse nous arriver.
– « Le Japon est sur la bonne voie, en espérant que c’est assez rapide, que ce n’est pas déjà trop tard comme tendance… » (Biosphère)
C’est quoi la bonne voie ? Le Plan 75 peut-être… Désolé, pas pour moi.
Ou alors des robots de compagnie… capables de nous faire à manger, de nous torcher, et plus si affinités… Ben quoi, ON n’arrête pas le Progrès !