Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE
SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…
aucun pays n’est à l’abri
https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html
Je constate personnellement dans mes recherches ce que la surpopulation humaine implique, un surnombre synonyme d’étouffement, de chute de la biodiversité et de suppression de nos libertés. Je suis né en 1947 dans un monde de « seulement » 2,3 milliards d’humains. Mais si je vivais centenaire, les statistiques prévoient 9,2 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et loger décemment 7 milliards de personnes de plus au cours d’un seul siècle ? N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine… qui restreint aussi l’espace de toutes les autres espèces.
Je voudrais que mes inquiétudes soient partagées. Décortiquer le niveau de surpeuplement de chaque pays ne peut se faire que si on a une claire conscience de la surpopulation globale de la Terre. Avec l’item « « surpopulation humaine » Terre » sur le moteur de recherches google, on trouve par exemple :
– La barrière symbolique des 10 milliards d’humains devrait être atteinte en 2050 selon le dernier rapport de l’ONU. Une croissance de 26 % par rapport à aujourd’hui. Cette surpopulation pose de nombreuses questions sur la capacité de notre planète à accueillir l’Humanité.
– En 2017, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, dans un manifeste publié par la revue BioScience et largement relayé par la presse mondiale reconnaissent consensuellement que l’espèce humaine est en état de surpopulation sur Terre.1
Voici quelques éléments supplémentaires pour vous permettre de mesurer la gravité de la situation.
Notre espèce homo sapiens a une origine récente, sans doute 300 000 ans environ. Il y a environ 74 000 ans, la population mondiale aurait été selon wikipedia réduite à 15 000 individus. Il y a 10 000 ans environ, la fin d’une période de glaciation et le début du néolithique, nous n’étions que 1 à 10 millions sur cette petite planète. Maintenant il faut s’exprimer en milliard. Alors la pression démographique s’accroît même si le taux de croissance est moindre.
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date |
1800 |
1930 |
1974 |
2022 |
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Nombre d’humains |
1 milliard |
2 milliards |
4 milliards |
8 milliards |
Le niveau de la population mondiale est si élevé que même un faible taux de croissance entraîne un surnombre important. Notre population s’est accru de 1 milliard en 130 années (1800-1930), puis de 1 milliard tous les 22 ans sur la période 1930-1974, et de 1 milliard tous les 12 ans entre 1974 et 2022. Entre 2011 et 2022, il n’a fallu que onze années pour s’accroître d’un milliard supplémentaire. Comment nourrir, loger et offrir quelques commodités à une telle masse d’entrants. Avec l’épuisement des ressources fossiles, le réchauffement climatique et les dégâts que notre civilisation techno-industrielle inflige à la planète, la notion de développement durable2 devient obsolète.
La surpopulation dans un pays ne serait pas grave si on pouvait facilement émigrer dans d’autres contrées. Ce n’est plus le cas, la planète toute entière est saturée d’humains et les frontières se ferment. Aucune terre n’est libre d’hommes depuis très longtemps et dès 1798, Malthus en avait conscience contre l’opinion commune.
Thomas More, en 1516, croyait pouvoir encore écrire dans son livre, L’utopie : « Quand il y a dans une ville plus de monde qu’elle ne peut et qu’elle ne doit en contenir, l’excédent comble les vides des cités moins peuplées. Enfin, si l’île entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, où les indigènes ont plus de terrain qu’ils n’en cultivent. »
Thomas Robert Malthus était à la fin du XVIIIe siècle bien plus perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. (…) Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. »3
Dans un contexte mondial où les nationalismes provoquent un repli sur soi, vouloir s’appuyer sur ses propres forces implique que chaque pays puisse atteindre dans l’avenir un niveau d’autonomie alimentaire et énergétique le plus important possible. A l’heure de la mondialisation des ressources, les pays anciennement développés tout autant que les pays en voie de sous-développement ne suivent pas cette voie. Jusque vers la fin du XXe siècle, la globalisation des échanges était fondée sur un commerce « horizontal » : on échangeait des matières premières contre des produits manufacturiers. Les conséquences restaient confinées aux secteurs qui utilisaient ces matières premières de manière intensive. Depuis les années 1990, les échanges commerciaux se sont développés de manière plutôt « verticale », tissant de véritables réseaux au sein desquels chaque producteur dépend d’un très grand nombre d’autres producteurs.
Un choc confiné sectoriellement et géographiquement peut avoir des effets globaux dévastateurs. Le Covid-19 a débuté dans une province manufacturière de la Chine, et la crise des subprimes de 2008 a été déclenchée par un krach immobilier relativement mineur aux États-Unis. Les conséquences de l’invasion de l’Ukraine en a été une autre illustration : moins de céréales vers les pays pauvres, moins de pétrole et de gaz pour les pays riches. La probabilité d’une propagation de chocs géopolitiques similaires à ceux du XXe siècle comme la grande crise économique de 1929 et les guerres mondiale reste élevée.
Donnons quelques chiffres pour mieux cerner le problème démographique. La Terre supporte au 1er janvier 2024 près de 8,1 milliards d’habitants, soit un peu plus de 80 millions de plus (naissance – décès) que début janvier 2023, c’est-à-dire beaucoup plus que la population française : la France compte 68,0 millions d’habitants dont 65,8 millions résident en France métropolitaine. Le taux de croissance moyen de la population mondiale est de 1 % actuellement, soit un doublement tous les 70 ans. La densité moyenne est de 61 hab./km² au niveau planétaire. La situation reste cependant très contrastée entre les pays développés où la fécondité se situe désormais majoritairement en dessous de 2 enfants par femme et les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, plus de 4 enfants par femme et plus encore si l’on retient la seule région subsaharienne et dans quelques pays d’Asie où la croissance reste forte. En conséquence la lutte contre la paupérisation et la famine devient de plus en plus difficile. Mais notez aussi qu’un enfant de plus dans une famille riche aura une empreinte écologique démesurée par rapport à d’autres enfants nés défavorisés.
Bien entendu pour mesurer l’état de surpopulation mondiale, il faut analyser beaucoup de paramètres, le potentiel agricole et donc alimentaire, les ressources renouvelables et non renouvelables, les pollutions diverses y compris les gaz à effet de serre, la situation de la biodiversité, etc. Beaucoup d’études ont été réalisées sur la question, de nombreux rapports et de livres montrent l’ampleur des problèmes. Pour bien cerner l’essentiel, deux indicateurs montrent que nous avons déjà dépassé les limites du supportable. Le concept de « limites planétaires » est scientifiquement établi. Il provient d’une étude internationale4 réalisée en 2009. Elle fixe neuf limites à ne pas franchir pour que l’écosystème terre continue de fonctionner d’une manière qui soit vivable pour les humains. Six sont déjà considérées comme dépassées. Notons que ces 9 limites, eau douce, déforestation, azote, ozone, CO2, etc… ne prennent pas en compte le nombre d’habitants humains alors que cette dimension détermine toutes les autres. Autre indicateur, le « jour du dépassement » marque la date à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que les écosystèmes sont capables de produire en une année. En 1971, le jour du dépassement était fixé au 25 décembre et l’humanité consommait déjà 2,4 milliards de tonnes de pétrole par an. Aujourd’hui nous en sommes à 100 millions de barils par jour. Sachant qu’un baril fait 136 kilos, cela fait environ 5 milliards de tonnes par an. Le réchauffement climatique découle de nos usages des énergies fossiles. Et le dépassement est advenu le 2 août de l’année 2023. L’équivalent de 1,7 Terre serait nécessaire pour régénérer notre consommation de ressources, or nous n’avons qu’une seule planète à notre disposition.
De toute façon, l’ensemble de la biosphère a-t-il pour unique vocation de régénérer les ressources consommées par les humains ? Nous ne sommes qu’une espèce animale parmi tout le foisonnement de la vie et notre pullulation détériore l’espace vital de bien d’autres espèces. Ajoutons qu’aujourd’hui, 56 % de la population mondiale, soit près de 4 milliards d’habitants, vivent en ville. Cette tendance va se poursuivre : d’ici 2050, avec un doublement du nombre actuel de citadins, pratiquement sept personnes sur dix dans le monde vivront en milieu urbain. La densité urbaine est non seulement énorme, mais elle est subventionnée par l’extérieur de façon non durable. Ce qui veut dire que beaucoup trop de personnes vivent hors sol, dépendant des échanges nationaux et internationaux pour survivre. Une crise internationale de l’approvisionnement, et les urbains vont aller où ?
L’effondrement d’une civilisation suréquipée peut être très rapide. Plus le niveau d’interdépendance des infrastructures est élevé, plus de petites perturbations peuvent avoir des conséquences importantes sur l’ensemble. Ce mécanisme s’applique à toutes les économies sur-développées. Dans un monde surpeuplé comme le nôtre, l’interconnexion est telle qu’un événement même ponctuel peut entraîner des bouleversements en chaîne au niveau mondial. Le rapport au club de Rome de 1972 sur les limites de la croissance était clair :
« Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire… La validité de notre modèle réside dans le fait qu’il y a toujours un point sur le graphique où l’expansion s’arrête et où l’effondrement commence quelles que soient les conditions initiales. Partout dans un réseau d’interactions, il existent des délais sur lesquels les techniques les plus élaborées n’ont aucun effet. Les conséquences d’une politique de régulation des naissances ne pourront devenir sensibles qu’avec un retard de l’ordre de 15 à 20 ans. Le cycle de la pollution est très long, pour certains cancérigènes il peut atteindre 20 ans. Le transfert des investissements d’un secteur à l’autre n’est pas une opération instantanée. Dans les systèmes à croissance rapide ou exponentielle, les changements d’orientation doivent intervenir tellement vite que les impacts des changements précédents n’ont pas encore pu être déterminés. »
En 1974, nous étions déjà 4 milliards et on s’inquiétait alors de ce surnombre, que ce soit dans ce rapport de 1972 ou avec le présidentiable René Dumont en 1974, qui a fait entrer l’écologie en politique cette année-là. Cette période malthusienne est bien révolue. Lors du sommet de la Terre à Rio en 1992, toutes les composantes de la vie sur Terre étaient mises sur la table, sauf une, la démographie. Maurice Strong, le secrétaire général de cette rencontre, eut beau déclarer que « soit nous réduisons volontairement la population mondiale, soit la nature s’en chargera pour nous et brutalement », dès le début ce sujet était purement et simplement tabou. En 2022, le passage aux 8 milliards est passé dans l’indifférence générale, on s’attache médiatiquement soit au problème du vieillissement, soit à la surpopulation carcérale. On fait comme si la surpopulation humaine n’existait pas. Sur le site du Fonds mondial de l’ONU pour la population5, on pouvait même trouver cette réaction :
« Le franchissement de ce seuil (8 milliards) s’accompagnera sans doute de discours invoquant avec alarmisme le terme de surpopulation. Se laisser aller à de telles paroles serait une erreur. »… Pour aller au bout de cette logique, l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) devrait interdire de présenter les statistiques démographiques autrement que de façon positive.
L’impact démographique sur nos conditions de vie est incontestable, pour en discuter facilement on peut présenter à ses interlocuteurs l’équation synthétique IPAT :
I = P x A x T
L’impact environnemental, noté I, est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est de 1 % (x 1,01), le taux de croissance du PIB est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste. L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit environ 4 % (pour simplifier, l’approximation 1 % + 3 % + 0 % = 4% est assez bonne pour ce genre de taux assez proches). On voit les conséquences de ce taux de croissance global tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc.
Cette équation nous montre à la fois les causalités et la voie à suivre. Aucun des termes P, A et T ne peut être considéré indépendamment des deux autres. La population est un multiplicateur des menaces tout comme la croissance économique, et l’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur. Il faut donc agir de façon simultanée sur la surpopulation, la surconsommation et l’hubris technologique. En clair, pour correspondre aux interrelations de l’équation IPAT, il faudrait à la fois valoriser culturellement la sobriété démographique comme la sobriété consumériste et technologique, mais on n’en prend pas le chemin ; parler de maîtrise de la fécondité est encore tabou, la défense du niveau de vie reste toujours une priorité actuellement et la sauvegarde par le progrès technologique reste une illusion bien partagée.
N’oublions pas que le poids du nombre n’a pas seulement ses effets délétères sur la sphère humaine. Lors de la COP10 en 2010, la Convention des Nations unies sur la Diversité Biologique (CDB) avait adopté les accords dits « objectifs d’Aïchi », qui établissaient vingt points à atteindre pour 2020 ; les objectifs n’ont pas été atteints, de toute façon aucun n’était démographique. Lors de la COP15 en 2022, aucun mécanisme contraignant n’en a résulté et la démographie était encore absente des débats. Pourtant une bonne partie de l’explication de l’extinction de la biodiversité résulte de notre nombre qui diminue l’espace vital de toutes les autres espèces. Il faut considérer aussi tous les massacres qu’on opère pour nous nourrir ou nous divertir. Et nos troupeaux prennent la place de la vie sauvage.
1 https://fr.wikipedia.org/wiki/BioScience
2 Développement durable, défini internationalement en 1987 ainsi : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »
3 De l’émigration / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 2 p.43 à 51)
4 https://www.nature.com/articles/461472a
5 https://www.unfpa.org/fr/press/declaration-de-la-journee-mondiale-de-la-population-2022

Le remède était pourtant simple : aide internationale au planning familial pour limiter les naissances et soutien au combat contre la corruption. Mais quand un pays développé propose ces solutions à la famine, on lui répond « aide-nous et occupe-toi de tes oignons » !
Déjà, qui c’est ce «on» qui répond ainsi à ceux qui ont faim ?
Ensuite, le «remède» pour en finir des famines dans le monde est loin d’être simple.
L’aide (internationale), comme aujourd’hui à Gaza, est la première et la moindre des choses. Qui ne règle évidemment rien si ON se limite à ça. Le planning familial est également une bonne chose, mais en fin de compte c’est pareil. N’oublions pas que les famines peuvent être orchestrées. Notamment lorsqu’il s’agit d’exterminer une population.
– Les Israéliens font usage de la plus cruelle des armes : la famine de masse (chroniquepalestine.com 31 juillet 2025)
Quel est alors le «remède» pour en finir des guerres ? Et de la Compétition (dans tous les domaines, économique, etc.), de ce «besoin» de Domination, de Croissance, etc.
– Un milliard de repas gaspillés chaque jour dans le monde, selon l’ONU : « C’est tout simplement ahurissant » (Le MONDE 28 mars 2024)
Ahurissant ou pas, c’est un fait. Et là encore le «remède» pour en finir du gaspillage alimentaire est loin d’être simple. N’empêche qu’ON en parle, et qu’ON essaie de le réduire. Les saloperies de Netanyahou, de ça aussi ON en parle.
Mais en fin de compte c’est tout ce qu’ON fait. Par contre du génocide des Ouïghours (Xinjiang , Chine), là personne (ou presque *) n’en parle. Probablement qu’ON a trop peur de se fâcher avec son ami Xi Jinping… et de s’entendre répondre «consomme gentiment nos chinoiseries et occupe-toi de tes oignons !»
Comprenez, braves gens, qu’ON ne déconne pas avec le Bizeness !
* Des Ouïgours portent plainte en France pour « génocide et harcèlement moral » de la part de la Chine (Le MONDE 11 mars 2025)
– « J’ai couvert les effets insidieux de la famine orchestrée dans les hautes terres du Guatemala […] j’ai marché parmi les cadavres frêles et squelettiques de familles alignés le long des routes – et plus tard, pendant la guerre en Bosnie, lorsque les Serbes ont coupé les vivres à des enclaves telles que Srebrenica et Goražde.
La famine a été utilisée comme arme par l’Empire ottoman pour décimer les Arméniens. Elle a servi à tuer des millions d’Ukrainiens lors de l’Holodomor en 1932 et 1933. Elle a été employée par les nazis contre les juifs dans les ghettos pendant la Seconde Guerre mondiale. Les soldats allemands utilisaient la nourriture, comme le fait Israël, comme appât. Ils offraient trois kilos de pain et un kilo de marmelade pour attirer les familles désespérées du ghetto de Varsovie dans les convois vers les camps de la mort. » (Pour les Israéliens, la famine à Gaza n’est qu’un cruel divertissement – 30 juin 2025)
– « N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine. »
C’est là encore un des couplets du discours malthusien. Pourquoi devrait-ON être terrifié ?
Comme si la terreur pouvait nous apporter quelque chose de bon. N’importe quoi !
Je vous laisse imaginer un monde terrifié. Des milliers, des millions, de milliards peu importe, de pauvres bougre terrifiés, par l’idée de leur Nombre. Je suis désolé… mais je préfère de loin un monde d’autruches, de natalistes, de tout ce que vous voudrez… mais pas ça !
– « La peur est un mécanisme nécessaire mais douloureux, qui nous pousse à agir pour éviter une souffrance future. Toutefois, elle peut se transformer en une peur sans objet, que l’on appelle l’angoisse. Lorsqu’elle devient disproportionnée, elle se métamorphose en terreur : une peur indiscriminée et imprévisible, où chaque élément peut devenir une menace. « La terreur abolit tous les repères » explique Frédéric Worms. En l’absence de repères et de cadres prévisibles, elle engendre une société obsédée par le danger, où la protection elle-même se transforme en menace. [etc.] »
( Comment la terreur aggrave-t-elle la peur ? radiofrance.fr/franceculture 7 mai 2025 )
– « Je voudrais que mes inquiétudes soient partagées. » (Michel SOURROUILLE)
Oui c’est bon, j’entends bien le S.O.S , l’appel au secours.
Et je comprends parfaitement ce qu’il dit : Allô Maman Bobo !
La douleur partagée, diluée… est-elle plus supportable ? Gérable, vivable etc.
Oui, je veux bien… Alors si ça peut vous consoler (du latin consolari), sachez que je compatis (souffrir avec). Je peux aussi vous présenter mes condoléances. Mais arrêtez surtout de croire que le monde irait mieux si tout le monde souffrait autant que vous.
Le 28 juillet 2025, un rapport sur l’état de la sécurité alimentaire dans le monde était publié. En 2024, 670 millions de personnes (8,2 % de la population mondiale) ont souffert de sous-alimentation chronique. Selon l’indicateur de l’insécurité alimentaire modérée ou sévère, 2,3 milliards d’individus étaient concernées, soit 28 % de la population. Avec le démantèlement de l’agence d’aide américaine Usaid, qui fournissait une assistance alimentaire à 45 millions de personnes dans le monde en 2023, on s’attend que la faim progresser encore plus. Les Etats-Unis, avec les « Demographic and Health Surveys », étaient à l’origine d’enquêtes sur la santé et la nutrition des populations menés notamment dans des pays ne disposant pas de moyens d’études. Mais le programme a été interrompu du jour au lendemain par Trump.
De toute façon ce rapport de l’ONU n’aborde jamais le problème de la surpopulation mondiale…
– « Une étude publiée, mardi, dans « The Lancet » alerte sur l’amplification de la pandémie d’obésité et de surpoids, si rien n’est fait pour inverser la tendance. La hausse toucherait particulièrement l’Asie et l’Afrique. » (L’obésité et le surpoids continuent leur progression dans le monde, 60 % des adultes et un tiers des enfants seront concernés en 2050 si rien ne change – Le MONDE 04 mars 2025)
– « Le rapport 2024 sur l’indice de gaspillage alimentaire du PNUE, rédigé par WRAP, fournit l’estimation mondiale la plus précise du gaspillage alimentaire à l’échelle des détaillants et des consommateurs. » (Rapport de l’ONU sur l’indice de gaspillage alimentaire : le monde gaspille plus d’un milliard de repas par jour – unep.org 27 mars 2024 )
De toute façon la transition s’annonce complexe. Et la Surpop a bon dos.