17/27. Ouganda, de 7 millions d’habitants à 47

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

En Ouganda, la population était de 7 millions en 1961, de 9,7 millions en 1971, de 12,8 millions en 1981, de 17,9 millions en 1991, de 24,4 millions en 2001, de 33,5 millions en 2011, et enfin de 45,8 millions en 2021. Soit sur dix ans une augmentation de 2,7 millions d’Ougandais pour la première période, puis de 3,1 millions, de 5,1 millions, de 6,5 millions, de 9,1 millions (toujours sur dix ans) et enfin + 12,3 millions de 2011 à 2021. On prévoit 91 millions d’Ougandais en 2050, est-ce possible ? Une telle accélération ne peut être qu’invivable et définitivement ingérable.

Le taux de fécondité est en 2020 de 4,69 enfants par femme. A croire que le planning familial est complètement absent en Ouganda. En 2021, le taux de croissance de la population est encore de 3,2 %, soit un doublement en moins de 22 ans. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, 80 % de la population est âgée de moins de 30 ans, c’est l’un des pays les plus jeunes au monde. Mauvaise nouvelle, car cela va entraîner la continuation de la croissance démographique. Dans certaines régions, on atteint déjà une densité de 1 000 habitants au kilomètre carré, soit dix personnes sur un petit carré de 100 mètres de côté. Chacun ne dispose que d’un carré de moins de 32 mètres de côté pour satisfaire tous ces besoins, nourriture, logement, services…. Impossible, définitivement impossible, surtout pour la vie sauvage qui n’a plus de place.

Ces chiffres donnent le vertige et pourtant le journal LE MONDE accorde dans les évènements en Ouganda beaucoup d’importance à la problématique de l’homosexualité. Il est vrai que le gouvernement ougandais se polarise sur les questions sociétales plutôt que sur la maîtrise de la fécondité par ses ressortissants :

27/04/2023 : Le président ougandais a demandé aux parlementaires de « réexaminer » une loi anti-LGBT+ controversée dans une lettre lue, mercredi 26 avril, au Parlement, les enjoignant notamment de maintenir la criminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe…

29/05/2023 : Le président ougandais, Yoweri Museveni, a promulgué une loi anti-LGBT+ prévoyant de lourdes peines pour les relations homosexuelles et la « promotion » de l’homosexualité, a annoncé, lundi 29 mai, la présidence…

15/06/2023 : Fin mai, le chef de l’Etat Yoweri Museveni a promulgué une loi d’une sévérité exceptionnelle, prévoyant de lourdes peines pour les relations homosexuelles et la « promotion » de l’homosexualité en Ouganda. Un crime d’« homosexualité aggravée » est même désormais susceptible d’entraîner une condamnation à mort…

07/12/2023 L’Ouganda avertit qu’il n’abrogera pas une loi anti-LGBT+ controversée.

Il faut remonter très loin dans les archives du MONDE, pour avoir une analyse démographique, « la longue marche du planning familial en Ouganda » :

« Le pays détient le troisième taux de fécondité le plus élevé au monde, avec 6,2 enfants par femme… Les écoles, les structures de soins, la couverture en eau potable ne peuvent suivre… Elle avait accès à la contraception, mais son mari n’était pas d’accord…. Je me suis mariée à 16 ans, j’avais hâte d’avoir un bébé, j’ai arrêté d’étudier… Un quart des adolescentes ougandaises de 15 à 19 ans ont déjà un enfant… La moitié de la population a moins de 15 ans… Les besoins de financements, pour le seul achat de contraceptifs, atteignent presque 18 millions d’euros par an, alors que le budget actuel est moitié moins élevé… »(article du 10 juillet 2012)1

Il faut dire que l’Ouganda est confronté à tellement de difficultés que penser au planning familial paraît secondaire. L’altitude moyenne est de 1 100 mètres, plus propice à des parcs nationaux qu’à des performances agricoles. Le secteur agricole représente près de 24% du PIB de l’Ouganda et emploie sept actifs sur dix. En 2021, près de 35% de la population en âge de travailler pratiquait exclusivement l’agriculture de subsistance. Le taux de malnutrition est très élevé : plus d’un tiers des jeunes enfants souffrent d’un retard de croissance. En 2022, la famine a touché 40% de la population dans la région de Karamoja.

Politiquement ce n’est pas mieux. La frontière externe ne reflète que partiellement les divisions politiques internes. Ce pays enclavé a été durablement ravagé par la guerre civile. Les Bantous représentent les trois quarts de la population et vivent dans la moitié sud du pays, les populations nilotiques peuplent le Nord. Les langues officielles sont l’anglais et le swahili ; mais d’autres langues sont également parlées, l’acholi, le kiganda, le konjo, le lusoga ou le luganda… L’Ouganda continue de privilégier son appareil militaire, il n’investit presque rien dans des politiques familiales ou d’éducation. Touristes, faites preuve d’une grande prudence en Ouganda en raison de la menace terroriste et du taux de criminalité élevé. Évitez surtout tout déplacement dans les zones situées à moins de 50 km de la frontière avec le Soudan du Sud en raison du banditisme et des attaques transfrontalières de groupes rebelles. L’Ouganda est aussi un des premiers foyers au monde de l’épidémie du sida. L’épidémie d’Ebola est réapparue en septembre 2022.

Guerre, épidémies et famine si on ne maîtrise pas la fécondité, le diagnostic de Malthus en 1798 est une réalité dans l’Ouganda de 2023. Nulle idéologie dans cette approche démographique. Le livre que vous avez entre les mains est fait pour que la réalité de la surpopulation entre dans le langage courant, que ce soit dans la culture des pays à la fécondité exubérante ou dans les annonces médiatiques du monde occidental. En effet, ce n’est que si on nomme le problème qu’on peut commencer à prendre des mesures pour y remédier. Rappelons que si la surpopulation en Ouganda est avérée, nous montrons par ailleurs que les pays développés ont déjà atteint un niveau de surpopulation tel qu’il mérite la poursuite de la baisse de fécondité. Zimbabwe, France, Royaume-Uni, aucun pays n’est à l’abri du surnombre. La superficie de l’Ouganda est de 241 550 km2, soit environ la taille du Royaume-Uni. Selon la banque mondiale, la densité en Ouganda est de 229 hab./km², mais la densité du Royaume-Uni est plus élevée, 277 hab./km².

1 https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/10/la-longue-marche-du-planning-familial-en-ouganda_1731596_3244.html

4 réflexions sur “17/27. Ouganda, de 7 millions d’habitants à 47”

  1. Esprit critique

    – « En effet, ce n’est que si on nomme le problème qu’on peut commencer à prendre des mesures pour y remédier. »

    Oui mais attention ! Car mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.
    C’est du moins ce que Camus disait.
    Toutefois admettons… qu’ON mette un nom sur la connerie humaine.
    Quelles mesures peut-ON alors envisager pour y remédier ?
    Et ce d’une façon radicale ! Autrement dit rapide et durable. Des vraies mesures donc, et non pas des mesurettes à la con comme pour le Réchauffement, la Publicité, la Guerre et j’en passe.
    Autrement dit un remède de cheval.
    En attendant… pour ne parler QUE de la Surpop, la question est la même.

  2. Le refrain du Parti d’en rire

    Sinon, pour ne parler QUE de la démographie de l’Ouganda :
    – Ouganda. Données démographiques (worldometers.info)
    Là encore la courbe illustrant la chute du taux de fécondité (1955-2025) donne le vertige.
    Déjà rien qu’avec ça ON devrait dire « Waouh Ouganda ! » Et avec un peu d’optimisme, et de patience, se dire que l’Ouganda est sur la bonne voie. Et puis ON devrait en rester là.
    Mais non, ça ON ne peut pas. Ça c’est IMPOSSIBLE !!! En tous cas pour moi. Moi à qui le Devoir impose de venir en aide à ces malheureux qui ont un gros problème avec les Zafricains, et les Zafricaines. Ces peine-à-jouir qui ne voient là que des lapins et des lapines. Comme l’autre qui en plus est allergique aux bécasses. Qui en rêve toutes les nuits, seul dans son lit, le pauvre.
    Mon dieu ce que je les plains ! C’est pour ça que je me dois de les consoler.

  3. Sur le moteur de recherche interne du MONDE, si on tape « Ouganda surpopulation », on ne trouve aucune référence. Pour ce quotidien n’existe dans un pays africain que des événements géopolitiques réduits à une lutte pour le pouvoir. Quel est le programme d’action de ces élites ? On n’en sait rien !
    Pour actualiser l’analyse de Biosphere, voici les derniers articles du MONDE :
    24 juin 2025 : Ouganda : le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, sera candidat à sa réélection
    26 juin 2025 : Ouganda : l’opposant Bobi Wine veut être candidat à la présidentielle de 2026
    21 mai 2025 : Nairobi admet avoir « coopéré » dans l’enlèvement de l’opposant ougandais Kizza Besigye

    1. Parti d’en rire

      Et en même temps !
      – 02 juin 2024 : La croissance africaine encore bridée par sa démographie galopante

      Eh ben, ils ont fait fort ce jour là au MONDE !!!
      Sinon à part ça Rapporterre a raison, Le MONDE regarde l’Ouganda par le petit bout de la lorgnette. De Yoweri Museveni ON s’en tape ! Autant qu’ON s’en cogne des mégaprojets de TotalEnergies. Et qu’ON ânarien à foot des lois anti-LGBTQ.
      Nous ce qu’ON veut, c’est pouvoir faire la fête ! Et c’est tout.
      – 13 juillet 2023 : Decay, le groove irrésistible de l’Ouganda
      – 04 novembre 2023 : « Quoi, en Europe, ils ne savent pas que l’Ouganda est le pays de la fête ? »
      Et qui dit faire la fête dit … bien bouffer !
      – 13 juillet 2023 : Le matoke, le ragoût doudou d’Afrique de l’Est

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