Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE
SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…
aucun pays n’est à l’abri
https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html
Même les déserts sont trop peuplés ; 234 hab./km² au Qatar ! Soit plus de deux personnes pour un carré de seulement 100 mètres de côté. C’est d’autant plus extravagant que ce pays de la péninsule arabique se compose d’un désert aride le long du littoral au bord du golfe Persique. Autrefois la population était constituée de Bédouins nomades. En 1960 le Qatar ne comptait que 36 385 personnes, le million a été franchi en 2006, le maximum a été atteint en 2018 avec 2,8 millions. En 2023 le Qatar compte environ 2,7 millions d’habitants selon la banque mondiale. En fait on peut assimiler ce pays à une multinationale gérée par un émir. C’est l’exploitation pétrolière qui a permis au Qatar de s’enrichir et d’importer des travailleurs immigrés pour construire d’immenses monuments sur le sable. Il s’agit donc d’un peuplement temporaire dans un pays qui redeviendra un jour ce qu’il est, un désert inhabitable.
Près de 90 % des Qatariens résident aujourd’hui à Doha, la capitale, ou dans sa banlieue. Autant dire que l’autonomie alimentaire est proche de zéro. Doha est surtout connue pour ses immenses gratte-ciel futuriste. La Doha Tower (Burj Doha) s’élève à 238 mètres, pas moins de 46 étages. Ce n’est en aucun cas le plus haut de la ville. The Torch Doha ( ou Aspire Tower) est une tour de 300 mètres, la Dubai Towers culmine à 436 mètres. On a même fait un domaine skiable au Qatar. Or l‘été de juin à septembre est rude, les températures peuvent atteindre les 45 °C, durant la saison douce entre novembre et avril le thermomètre oscille entre 21 °C et 30 °C . Or la neige fond entre +1 °C et +3 °C. On a même célébré la première Coupe du monde de football jamais organisée dans le monde arabe en novembre 2022, sans se soucier des conditions de vie des travailleurs et de l’impact des stades climatisés. Autant dire que ce pays est l’exemple type du gaspillage énergétique. Doha se veut récréatif, en fait c’est un exemple paroxystique de la société spectacle qui tourne à la démesure. Mais une fois le pétrole qatari épuisé, tout va nécessairement s’effondrer. De 2,7 millions, la population redescendra à environ 36 385 personnes, le calcul du nombre de personnes en excédent est facile.
Paradoxalement la 18e conférence de l’ONU sur le climat (COP18) s’était tenue à Doha en 2012… et la 28e COP (Conférence des parties) en 2023. C’est un choix désastreux pour la lutte contre le dérèglement climatique. L’événement de 2023 a été présidé par le patron de la plus grande entreprise d’énergies fossiles des Emirats arabes unis, Sultan Ahmed Al-Jaber. Autant dire que les négociations internationales ne servent absolument à rien pour enrayer la montée des eaux et la désertification des sols. Les égoïsmes nationaux et les lenteurs afférentes à une fausse démocratie des peuples bloquent toute remise en question de notre mode de vie, énergivorace et sans vision d’avenir.
Une critique fréquente adressée aux malthusiens (en faveur d’une autolimitation de la fécondité), c’est de montrer que ce sont les inégalités d’émissions de gaz à effet de serre qui importent. Il est vrai que chaque Camerounais émet chaque année environ 0,04 tonne de CO2 par habitant. C’est deux cent fois moins qu’un Belge (environ 8 tonnes), trois cent cinquante fois moins qu’un Américain (environ 15 tonnes) et 800 fois moins qu’un Qatari (environ 37 tonnes).1
En 2008, lors d’un séminaire public organisé par la revue Entropia, l’exposé du malthusien Yves Cochet portait sur l’empreinte écologique. Il avait notamment rappelé à l’époque les grandes différences entre les volets énergétiques de cette empreinte selon les régions du monde considérées : Le Qatari moyen dissipe 30 kW de puissance énergétique, l’Étasunien moyen 10 kW, l’Européen 5 kW, tandis que le Chinois moyen dissipe 2 kW, l’Indien 0,5 kW et le Sénégalais 0,3 kW. Les chiffres sont du même ordre de différence lorsqu’on examine les émissions de gaz à effet de serre ou la consommation des matières premières minérales. Yves Cochet en tirait cette conclusion :
« J’en déduisais que, d’un point de vue écologique, l’empreinte énergétique d’un nouveau-né européen est dix fois plus importante que celle d’un nouveau-né au Tamil Nadu, entre autres. Que la question de la surpopulation ne se réduisait donc pas au nombre des personnes mais à la multiplication de ce nombre par l’empreinte moyenne de la population du territoire en question. Que, par conséquent, il était rationnel de se poser aussi la question d’une baisse de la natalité en Europe que j’ai énoncée sous la forme spectaculaire de slogans tels que la grève du troisième ventre ou l’inversion de l’échelle des allocations familiales. Qu’avais-je dit là ! » (dans la préface du livre « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ».
En d’autres termes, la surpopulation découle à la fois du niveau de la population et de sa consommation par tête. Mais il ne faut pas le dire ! En fait le Qatar n’est pas vraiment un pays, il faut plutôt le voir comme un agglomérat inhumain de personnes forcés à s’entasser, ici pour des raisons pétrolières. On pourrait faire des remarques assez proches sur les Emirats Arabes Unis, Singapour, Hongkong ou d’autres micro-Etats, ce sont des pustules qui découlent d’anomalies historiquement circonstanciées. C’est comme toute concentration urbaine démesurée, elle n’a pas de raison d’être rationnelle, son avenir est de devenir dans un futur plus ou moins proche une friche industrielle et des habitats vides de leurs occupants, des villes mortes. Il n’y a pas de civilisation viable et vivable si elle n’est pas basée sur une ressource pérenne, agriculture biologique, urbanisation limitée, et surtout équilibre durable entre niveau de population et ressources comme l’indiquait Malthus. Au Qatar, quand l’argent du pétrole aura disparu, il ne restera plus que le sable.
La prophétie du Sheikh Rashid ben Saïd al-Maktoum, émir de Dubaï jusqu’à sa mort en 1990, se réalisera : « Mon grand-père se déplaçait en chameau. Mon père conduisait une voiture. Je vole en jet privé. Mes fils conduiront des voitures. Mes petits-fils se déplaceront en chameau. »
1 https://www.banquemondiale.org/fr/home

Si on tape « Qatar surpopulation » sur le moteur de recherche interne du MONDE, on trouve bien sûr : « « La Matinale » vous propose une sélection de programmes à (re)voir en différé. Zoom sur la surpopulation, l’insalubrité et la perméabilité des centres pénitentiaires français.
Pour le Qatar, seulement cette information certainement cruciale : « En novembre 2011, le jeune patron de la chaîne Al-Jazira Sport, Nasser Al-Khelaïfi, devenait président du club de football du Paris Saint-Germain (PSG). Treize ans plus tard, le PSG (racheté 70 millions d’euros par Qatar Sports Investments) est valorisé à 4,25 milliards… »
Même avec ses 268 hab./km² (en 2025) , sa population à 96.6% urbaine, sa totale dépendance alimentaire, son taux de fécondité de 1,7 etc. etc. pour moi le premier problème du Qatar reste la Démesure.
Alors que voulez-vous qu’ON en dise d’autre que des histoires de rachats de clubs de foot, d’une nouvelle tour encore plus haute, et autres conneries du genre.