21/27. Suisse, halte à la surpopulation

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

On peut connaître les statistiques démographiques de la Suisse, question chiffres les pays développés sont à jour. En 1970, la population était de 6,2 millions, en 2009 de 7,8 millions et en 2023, la Suisse a franchi le cap symbolique des 9 millions d’habitants. Le nombre d’habitants a augmenté de 20% alors que dans le même temps la hausse n’a été que de 1% en Allemagne et de 10% en France. La Suisse connaît en effet une croissance démographique fulgurante depuis 2002 grâce surtout à l’introduction de la libre circulation des personnes.

Le taux de natalité en Suisse a continuellement dépassé son taux de mortalité depuis que des statistiques sont disponibles, en 1861. Mais le taux de natalité est de 1,8 pour les étrangers contre 1,2 pour les enfants de nationalité suisse. En 2021, alors que 26% de la population résidente permanente de la Suisse est de nationalité étrangère, 31% d’entre elle est née à l’étranger et 39% est issue de la migration selon les données de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA). Aujourd’hui l’immigration participe à 45 % de l’accroissement de la population. Début 2024, les statistiques indiquent que près de 60 % des enfants ont des parents nés à l’étranger. Le sentiment de surpopulation commence à grandir en Suisse. Il devient de plus en plus difficile de se loger dans les grandes villes, et les infrastructures de toutes sortes sont particulièrement sollicitées. Ainsi, le nombre d’heures d’embouteillage sur les autoroutes a plus que triplé depuis 2002. Cette importante croissance démographique est également une des raisons de la pénurie d’énergie actuelle.

D’autant plus qu’il faut remettre la densité en perspectives. Elle était de 137,5 hab./km² en 1961, de 181,8 hab./km² en 2000 et de 220 hab./km² en 2021. Or ce petit territoire de 41 285 km2 compte 48 pics culminant à plus de 4000 m. Les montagnes occupent 70% du territoire, et seul un quart de la population y habite. La Suisse compte aussi quelque 1500 lacs et 4% de la surface du pays est recouverte de cours d’eau et d’étendues d’eau. Les surfaces d’habitat et d’infrastructure (bâtiments, aires industrielles et commerciales, infrastructures de transports, installations pour la distribution des services publics et la gestion des déchets, espaces verts et lieux de détente) occupent déjà environ 8% du territoire. Les Suisses se retrouvent donc à l’étroit. Le DAUPHINÉ libéré du 29 août 2023 titre : « La peur de la surpopulation revient dans une Suisse qui ne cesse de croître ».

Le site officiel de la confédération suisse relate les objectifs de l’initiative populaire fédérale de 2014, « Halte à la surpopulation – Oui à la préservation durable des ressources naturelles » 1.

1. La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement.

2. La part de l’accroissement de la population résidant de manière permanente en Suisse qui est attribuable au solde migratoire ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans.

3. Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire.

Ces considérations ont été soumises à référendum le 30 novembre 2014. C’est l’association Ecologie et population (Ecopop) qui était à l’origine de ce référendum. Ecopoop est une organisation non partisane de défense de l’environnement. Son idéal : maintenir, pour les générations à venir, les bases et la qualité de la vie en Suisse et dans le monde entier et, à cet effet, tenir compte du facteur Population. L’ex-directeur de l’Office fédéral de l’environnement Philippe Roch, faisait partie d’Ecopop. Voici quelques desiderata de cette association.

Ecopop souhaite la fin de la surpopulation, en Suisse comme dans le monde entier. Ecopop se démarque catégoriquement des théories xénophobes et racistes. L’accès à la planification familiale volontaire est considéré depuis 1968 comme faisant partie des droits de l’homme des Nations Unies. Or chaque année, il y a dans les pays en développement environ 80 millions de grossesses non désirées à l’origine d’un tiers de la croissance de la population mondiale. Cela montre que le droit humain à la planification familiale volontaire (c’est-à-dire de la planification familiale telle que nous la connaissons) n’est pas toujours considéré avec la même importance. Ecopop veut changer cela. Ecopop ne nécessite pas de budget supplémentaire pour l’aide au développement, ce sont les fonds déjà disponibles qui doivent être utilisés pour aller au contrôle des naissances dans les pays pauvres. 2

Environ 74% des Suisses ont dit « non » à ce référendum d’initiative populaire. Il n’empêche qu’en France LE MONDE relate cette phrase d’un membre du comité Ecopop : « Au rythme où actuellement on bétonne le paysage, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné  toutes les régions non montagneuses de la Suisse. »

En 2024, le parti de droite UDC veut à nouveau lancer une initiative populaire, à savoir plafonner la population à 10 millions d’habitants en 2050. Pour l’UDC, la liste des maux dont souffrirait la Confédération helvétique est longue : « Criminalité en hausse, explosion des coûts sociaux, pénurie de logements, augmentation des loyers et des primes d’assurance maladie, baisse de la qualité dans nos écoles, embouteillages et transports publics surchargés…»3.

1 https://www.bk.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis406t.html

2 http://www.ecopop.ch/fr/home-fr/62-page-content/aktuell/aktuelles/483-initiative-ecopop-le-peuple-tranchera-en-novembre-2014

6 réflexions sur “21/27. Suisse, halte à la surpopulation”

  1. – « Ecopop se démarque catégoriquement des théories xénophobes et racistes. »

    Du moins officiellement, sur le papier… et comme bien d’autres d’ailleurs. Et puis c’est de bonne guerre comme ON dit. Car bien entendu, cette association ne va pas se revendiquer ouvertement xénophobe et raciste. N’empêche que :
    – L’initiative Ecopop puise dans l’arsenal xénophobe et raciste mais s’épuise au parlement fédéral (solidarites.ch 18.06.2014 )
    – Les auteurs d’Ecopop peuvent être traités de racistes écolos (swissinfo.ch 27 juillet 2014)

    – « Ecopop: le nouveau visage du nationalisme. Ni de gauche, ni de droite, ni raciste.
    C’est ainsi que se présente le comité qui lutte contre la «surpopulation» pour protéger le climat et les ressources naturelles. Pourtant, l’initiative divise les gens en deux catégories: «ceux d’ici» et les «autres» […] » (Le nouveau visage de la xénophobie -sosf.ch/archive/fr)

    1. Ecopop plus économique, plus écologique et ultra doux !
      – ECOPOP – chouchoute vos fesses et la planète – Crowdfunding ( YouTube )

  2. Dans les archives du MONDE
    septembre 2014. En novembre 2014, les Suisses retourneront aux urnes pour se prononcer sur la limitation de l’immigration pour protéger l’environnement. Entre deux référendums sur la place des étrangers, les Helvètes se penchent sur un autre quota : celui des chats. Les matous seraient trop nombreux, selon la SPA locale…Trente-cinq ans après l’introduction de la politique de l’enfant unique en Chine, la Suisse invente la politique du chat unique.

    Novembre 1972. L’Action nationale, mouvement suisse d’inspiration xénophobe, a déposé vendredi 3 novembre le texte d’une « initiative populaire contre la surpopulation étrangère « . La nouvelle initiative vise notamment à ramener à cinq cent mille le nombre des étrangers établis en Suisse et entend limiter les naturalisations à quatre mille par an. Actuellement la Suisse compte un peu plus d’un million d’étrangers sur un total de 6,3 millions d’habitants (16 % de la population).

    1. miaou miaou !

      Mon dieu quelle misère ! Non seulement les étrangers… mais en plus les chats.
      Eh ben moi j’aime les chats. Et du coup je n’aime pas les Suisses, na !

      1. Tu n’aimes pas les suisses ? Raciste donc ! Tu hais les suisses car tu n’as pas le bras assez long pour les taxer ! D’autant que les suisses n’ont pas été assez idiots à ton goût pour rentrer dans l’Union Européenne afin que tu puisses les traire fiscalement afin de subventionner davantage la paresse !

        1. Meuh meuhhh !!!

          Ah par contre j’adooore leurs brunes, qui comptent pas pour des prunes.
          Même qu’il m’arrive d’en traire, comme quoi j’ai le bras long.
          Mais vu que je suis pas un poil raciste, moi… en fait je les aime toutes.
          Les brunes, les noires, les tachetées, les Holstein et j’en passe.

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