Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE
SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…
aucun pays n’est à l’abri
https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html
Si on tape sur Google – Venezuela « surpopulation » -, on tombe d’abord sur des liens ayant trait à la surpopulation carcérale. La criminalité atteint en effet des records. Les homicides atteignent la proportion de 6 pour 10 000 habitants. Dans les centres de détention préventive, la surpopulation peut atteindre 500 %. On utilise même les commissariats comme lieux de détention de longue durée. Un tel état de fait s’explique bien sûr par la situation socio-économique du pays, mais aussi par une population en surnombre. Si une population n’est pas adaptée aux ressources durables et renouvelables de son territoire, elle rencontre des difficultés de plus en plus grandes.
Entre 1960 et 2022, le nombre d’habitants au Venezuela est passé de 8,14 millions à 28,30 millions, soit une augmentation de 247,6%, une multiplication par 3,5. Le Venezuela a connu la plus forte augmentation en 1961 avec 3,65 %, soit un doublement en moins de 20 ans. En 2023, population du Venezuela augmentera encore de 417 000 personnes et à la fin de l’année elle a dépassé les 30 millions de personnes. Il faudrait ajouter les « déplacés » ; en 2018, c’est 2,3 millions de personnes qui avaient fui le Venezuela, principalement vers la Colombie. Car la très mauvaise santé économique du pays résulte à la fois d’un trop grand nombre d’habitants et des choix politiques centrés sur l’extractivisme en matière de développement. Ce pays est indissociablement lié à l’exploitation minière.
Au niveau démographique, le planning familial est au point mort. Les moyens de contraception, même les préservatifs, sont hors de portée de la plupart des ménages ; une tablette de pilules coûte entre 10 et 25 dollars dans un pays où le salaire minimum est de moins d’un dollar. L’avortement est illégal, sauf en cas de viol et de danger pour la santé de la mère. Il est passible d’une peine de prison. Certes le taux de fécondité n’est plus que de 2,23 enfants par femme (2020) et la densité de seulement 31 hab./km2. Mais 88 % des habitants vivent dans les grandes villes du pays, l’urbanisation augmente de 0,4% par an. D’où une dépendance très forte vis-à-vis de l’extérieur, un manque d’autonomie, particulièrement au niveau alimentaire. La situation alimentaire est d’ailleurs critique dans l’ensemble du pays. Il n’est pas rare que se répande la nouvelle comme une traînée de poudre: « Il n’y a plus de riz ». Les supermarchés manquent souvent de tous les produits de base, même Coca-Cola avait du cesser sa production faute de sucre ! Les files d’attente se forment vers deux heures du matin dans la capitale Caracas. Trois millions de Vénézuéliens y vivent un cauchemar, plus de 90 % disent que leur principal préoccupation est de trouver de la nourriture. Pillages et émeutes sont quotidiens. L’arme à la bretelle, des unités de parachutistes doivent défendre les commerces. Mais parfois les forces de l’ordre participent au pillage. Les pannes d’électricité et les coupures de courant sont quotidiennes. Le président socialiste avait décrété que tous les vendredis seront fériés pour faire des économies d’électricité. Les médicaments commencent à manquer.
Au niveau macroéconomique, ce n’est pas mieux. L’inflation est galopante, elle pouvait dépasser 700 % en 2016, soit des prix multipliés par 8. Nous sommes toujours à 686,4% d’inflation en 2021, et encore à 360 % en 2023. Insupportable. Le soulèvement populaire contre la hausse brutale du prix de l’essence et des transports avait été réprimé dans le sang, plus de 3000 victimes. Les escadrons de la mort agissent en toute impunité. Au micro-trottoir, la phrase la plus souvent recueillie est un cri de désespoir : « La situation va exploser ! » La logique du chacun pour soi s’est imposée au détriment de l’action collective. Le gouvernement ne produit plus aucun chiffre sur l’ampleur des manifestations depuis cinq ans. Au bord de la cessation de paiement, la banque centrale liquide les réserves d’or; en deux ans, les stocks de lingots ont diminué de 40 %. Faute de devises, le pays a dû couper dans ses importations, appauvrissant encore plus l’ensemble de la population. Pourquoi ce pays est-il dans un tel état de faillite ? La faute aux richesses du sous-sol.
Les immenses mines d’argent de Potosi, pillées à partir du XVIe siècle, avaient servi de berceau au capitalisme en Europe. La république bolivarienne du Venezuela repose encore aujourd’hui sur un imaginaire extractiviste. Neuvième producteur de brut mondial et cinquième exportateur, le Venezuela vit de la rente pétrolière. Corruptions et violences autour du pétrole n’ont pas fini de s’y donner la main… Au pouvoir depuis 1999, Hugo Chavez avait mis PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) au service de la « révolution bolivarienne ». Hugo Chavez a été réélu en 2013 à la tête du Venezuela avec 54 % des voix, mais il est décédé à ce moment des suites d’un cancer. Son adversaire électoral, Henrique Capriles, n’avait pour but que de « faire de PDVSA une entreprise efficace et bien gérée ». C’est dans la continuité ! Comme Chavez, le candidat de l’opposition voulait doubler la production de brut d’ici à 2019. Comme Chavez, Capriles promettait de « Semer le pétrole » et d’industrialiser ainsi le pays. L’or noir fournit 95 % des recettes à l’exportation et la moitié du budget de l’Etat. PDVSA finance directement les programmes sociaux. Paradoxalement l’exploitation du pétrole au Venezuela n’est pas néfaste parce qu’exproprié par les puissances d’argent, mais parce que ses recettes ont été dilapidées pour la santé, l’alimentation, le logement ; elles sont distribuées en prébendes pour le peuple et capitalisées dans les poches de quelques-uns… Combien de temps faut-il pour réduire à la misère un des pays les plus riches ? Il a fallu moins de vingt ans pour le Venezuela. Avec un baril à moins de 30 dollars au début de l’année 2016, c’est toute l’économie qui s’était effondrée. Les ressources du sous-sol sont devenues de véritables malédictions, dégâts écologiques, émissions de gaz à effet de serre, déstructuration des populations, etc. En réalité il faudrait surnommer le pétrole « la merde du diable ». Quelques mouvements socio-écologiques boliviens manifestent, en vain : « Laissez le pétrole sous le sol et le charbon dans les mines. » Mais le mal est déjà fait, croissance extractiviste et croissance démographique ne font pas bon ménage.
Le président depuis la mort de Chavez, Nicolas Maduro, promet à ses concitoyens de « reconquérir » l’Essequibo. Le 3 décembre 2023, les électeurs vénézuéliens ont été appelés à se prononcer par référendum sur l’avenir de cette région… située dans un autre pays. Le Guyana compte moins d’un million d’habitants et l’Essequibo représente plus des deux tiers de son territoire pour quelque 125 000 personnes seulement. C’est un désert vert au sous-sol chargé de gaz et de pétrole, d’or, de diamants, de cuivre, de bauxite, de fer et d’aluminium.… Personne n’a donc fait campagne pour le « non » au Venezuela. Le référendum a donné 95 % de « Oui » à une tentative de prendre une partie de son territoire à un pays limitrophe. Persister dans les errements de l’extractivisme est la constante du gouvernement vénézuélien.
Hugo Chavez, Nicolas Maduro et les Vénézuéliens auraient du s’inspirer de l’histoire de Nauru, une île dévastée alors qu’elle avait d’immenses ressources en phosphate. A partir de l’indépendance en 1968, l’argent du phosphate se mit à couler à flot dans ce micro-État. Une entrée d’argent massive a joue un rôle incroyablement déstabilisateur : un peu comme ces gagnants du loto qui finissent par perdre la tête. Les Nauruans cessèrent de travailler et se comportèrent en rentiers. Un bref instant historique, Naurutopia a pu se définir comme une sorte de socialisme parfait où chaque citoyen récolte les fruits du sous-sol. Mais évidemment, les choses se sont gâtées avec les premiers signes d’épuisement des mines de phosphate au début des années 1990 ; l’économie de Nauru s’est alors tout simplement effondrée. Le sort de Nauru préfigure non seulement le présent du Venezuela, mais celui de toute la civilisation thermo-industrielle, bâtie sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures du sous-sol.
Et c’est à ce moment-là seulement, quand il ne restera presque plus rien à extraire de la Terre qu’on prendra vraiment conscience qu’il y avait bien surpopulation !

Eureka : Rapporterre serait michel c mais un michel c souffrant de dédoublement de personnalité et où son double serait malthusien 😂😂😂😂😂😂😂
En ce qui me concerne je suis methode duterte et marcel 😎
Non, Rapporterre n’est pas du tout Michel C !
Option A : Michel C pense que les vénézuéliens peuvent continuer de pondre 8 enfants par femme pendant encore des siècles et des siècles puis que grâce aux droits à la paresse et au Parti Communiste, les vénézuéliens pourront même nourrir tranquille et sereinement plus d’1 milliard d’habitants.
Option B : Moi Bga pense que les vénézuéliens soient déjà bien trop nombreux depuis fort longtemps et qu’ils vont finir par s’entretuer avec leurs pays voisins, et tout ça sera couronné de guerres épidémies famines.
Donc chers lecteurs, d’après vous quelle option est la plus sensée rationnelle et sérieuse ?
Mon dieu quel méli mélo ! Non, Rapporterre n’est pas du tout BGA !
Parce que je ne pense pas que BGA (Champion en tout et n’importe quoi) soit capable de récupérer un de mes commentaires censuré la veille par la Modération… pour me le renvoyer en pleine poire. Par contre Malthus… là je n’ai pas encore la Preuve de son identité. Seulement une petite idée.
Et je pense que sur ce coup, le véritable Malthus doit se retourner dans sa tombe. Parce que pour défendre sa religion, le Pasteur avait des arguments bien plus sérieux (pertinents, moins risibles etc.) que de balancer à ses contradicteurs d’aller se faire voir ailleurs. Et ce n’est là encore que mon point de vue !
Quant à l’autre, le petit commandant couteau… ah c’est sûr qu’avec son «argumentation pertinente» l’intelligence collective de ce site n’est pas prête d’exploser. Bref, mon dieu quelle misère !
– « De toute façon ce qui importe pour juger d’un état de surpopulation n’est pas le nombre global d’habitants, c’est la densité. » (Biosphère 13/27. Liban, déjà 547 hab./km² en 2021)
Et justement : « La densité de population de 2025 au Venezuela est de 32 habitants par km² »
(Venezuela- Données démographiques – worldometers.info)
Oui mais… ce n’est pas si simple ni simpliste que ça :
– « Bien entendu pour mesurer l’état de surpopulation mondiale, il faut analyser beaucoup de paramètres, le potentiel agricole et donc alimentaire, les ressources renouvelables et non renouvelables, les pollutions diverses y compris les gaz à effet de serre, la situation de la biodiversité, etc. » (15/27. MONDE, densité moyenne de 61 hab./km2)
Et c’est ainsi que je peux vous «démontrer» que TOUS les pays du monde sont atteints par cette terrible maladie du siècle, la Surpop ! 🙂
(à suivre)
(suite) Comme je peux aussi bien faire l’inverse, et dire qu’il n’y a pas là matière à exagérer, à peindre le tableau encore plus noir qu’il l’est. Et donc aucune bonne raison d’angoisser, de paniquer, et surtout pas de faire paniquer les autres etc.
Tiens, justement comme ici avec le Venezuela … et son indice de fécondité 2,1 … soit le seuil de remplacement des générations. Et comme partout sa courbe qui parle d’elle-même.
Le Venezuela, et sa géographie et son climat plutôt favorables … un potentiel agricole plutôt intéressant … une biodiversité plutôt remarquable. Bref, le Venezuela qui n’a rien du portrait type (catastrophique) du pays surpeuplé. Autrement dit aucun symptôme de Surpop.
(à suivre)
(et fin) Alors bien sûr, après il faut voir du côté… politique.
Et là, bien sûr, ON peut dire que TOUT est politique.
Seulement quand 70 % des terres agricoles sont détenues par 3 % des propriétaires agricoles… quand ON néglige son agriculture pour lui privilégier les rentes pétrolières, ou autres (le tourisme par exemple)… là c’est PUREMENT politique.
Et là ON oublie que le pétrole n’a jamais nourri personne. Tout comme l’or, les diamants et le Pognon. Et là ça ne sert à absolument à RIEN de parler Surpop. C’est même indécent.
– Agriculture au Venezuela : défis et opportunités dans un pays en transformation (postposmo.com)
Dans les archives du MONDE, on trouve en premières lignes à la recherche « Venezuela surpopulation » :
2 mai 2020, Venezuela : au moins 47 morts après une mutinerie dans une prison
17 août 2017, Massacre lors d’une mutinerie dans une prison vénézuélienne
26 janvier 2013, Carnage lors d’une mutinerie dans une prison vénézuélienne
22 août 2012, Au Venezuela, la violence explose dans les prisons
Certains diront que ce blog biosphere fait une fixation sur la surpopulation humaine,
la réalité médiatique montre que LE MONDE fait de la surpopulation carcérale son obsession !
Moi, par exemple… je ne cesse de dire que ce blog Biosphère fait une fixation sur la surpopulation humaine. Et que c’est même une OBSESSION ! Une maladie quoi.
Mais je ne dirais pas que LE MONDE fait de la surpopulation carcérale son obsession !
Déjà parce que c’est ridicule.
Et là encore ça montre à quel point certains sont obsédés par la Surpop.
T’as entièrement raison. Face à Toi, en matière d’argumentation je ne fais pas le poids. Et c’est tout à fait normal vu que le Champion de l’Argumentation c’est Toi.
Merci Rapporterre, avec ça je sais au moins qui tu es. Remarque, il y a déjà un bon moment que je m’en doutais. Tu vois Rapporterre… la différence entre toi et moi, c’est que moi mes pseudos… je le assume.
Rapporterre serait donc BGA ?
Biosphère est un site maltuhusien , dès lors , il est inévitable que l’ on aborde en priorité le problème grave de la surpopulation .
Si cela ne plait pas à certain commentateur , il lui est toujours loisible de quitter ce site au lieu de ricaner bêtement sans apporter la moindre argumentation pertinente .
Biosphère est entre autres un site malthusien , dès lors on y discute surpopulation mais pas que .
On dirait que cela vous dérange : à votre place , je tenterais d’ argumenter plutôt que d’ adopter un ton mi ironique mi méprisant à l’ endroit du commentateur comme tout gauchsite qui se soit sorti de la cuisse de Jupiter le fait .
Il vous reste la possibilité de quitter ce site si cela vous dérange