Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE
SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…
aucun pays n’est à l’abri
https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html
Entre le 1er janvier et le 1er décembre 2023 au Bangladesh, plus de 310 000 personnes ont été contaminées par le virus de la dengue et 1 628 en sont mortes… Nous pouvons être très précis dans certains domaines, pourtant cet épisode reste marginal quand il y a chaque année 850 000 décès pour 3 millions de naissances (en 2018) dans ce pays. Il y a encore de la marge pour que la population baisse à cause d’une épidémie relativement peu létale. Précisons l’essentiel.
Le virus de la dengue, transmis à l’homme par des moustiques infectés, était confiné autrefois à Dacca et dans les grands centres urbains. La capitale Dacca, 22.478.116 habitants1 environ, a vu sa population décupler en quarante ans. Avec près de 50 000 habitants par km², elle est l’une des plus densément peuplées au monde et s’est transformée en un cauchemar urbain. Les rivières sont devenues des égouts à ciel ouvert, et les chauffeurs de cyclopousse dorment avec leurs vélos faute de pouvoir trouver un logement. Or le mauvais système d’assainissement de la capitale favorise la présence d’eau stagnante propice à la prolifération des moustiques. C’est la surpopulation de Dacca qui favorise l’insalubrité et donc les maladies. Le problème n’est pas confiné à la capitale, le poids du nombre se fait sentir partout.
À son indépendance en 1971, le Bangladesh comptait 69 millions d’habitants. En 1974, 90 % de la population vivaient encore dans des localités de moins de 5 000 habitants. En 2023, plus de 171 millions de Bangladeshis s’entassent sur un petit territoire de 147 000 km², environ la moitié de la superficie de l’Italie. C’est l’un des pays les plus densément peuplés du monde (1 200 habitants au km²). Sur la période 1950-1985, l’indice de fécondité était de 6 à 7 enfants par femme. Maintenant le taux de fécondité des femmes s’établit au niveau d’une stabilisation future de la population avec 2 enfants par femme, mais le taux de croissance de la population est encore de 1,1 % en variation annuelle, soit un doublement en 64 ans ; il y a encore énormément de jeunes qui vont devenir à leur tour des reproducteurs. L’évolution démographique est un mécanisme de longue période, augmentation ou diminution ne se font pas instantanément.
La surpopulation n’est pas seulement causée par l’accroissement naturel, le contexte environnemental permet ou non tel ou tel niveau de population. Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, les cyclones tropicaux, les tornades, et les raz de marée touchent le pays pratiquement tous les ans. Échapper à ces fléaux paraît impossible. Le Bangladesh étant un delta, l’érosion des berges est conséquente et paupérise les familles rurales, en raison de la perte de terres agricoles. Or la plupart des régions se situent à moins de douze mètres au-dessus du niveau de la mer et 10 % du territoire en dessous. Il est prévu qu’environ 50 % des terres soient inondées si le niveau de la mer augmente ne fût-ce que d’un mètre à cause du réchauffement climatique. Et la submersion conduit à des pertes de récoltes, au déséquilibre entre population et alimentation.
Vu la pénurie de terres et le réchauffement climatique en cours, les réfugiés climatiques pourraient dépasser les 50 millions en 2050. Bien entendu ni le pays, ni les pays limitrophes ne sont en capacité de recevoir un tel afflux de migrants. La majorité de la population de toute façon n’a pas de terre et se déplace vers des villes déjà saturées d’humains, ce qui ne fait qu’amplifier les problèmes. Les plus fortunés préfèrent tenter leur chance à Paris ou à Berlin plutôt qu’à Dacca. Certaines familles pauves au Bangladesh décident en toute connaissance de cause de vendre leurs filles à des proxénètes. Les agences de voyage décommandent d’aller dans ce pays :
« Faites preuve d’une grande prudence au Bangladesh en raison de la menace terroriste, des manifestations politiques, des grèves générales d’envergure nationale et des affrontements violents. Évitez tout voyage dans la Région des monts de Chittagong en raison des actes de violence à caractère politique, des enlèvements et des conflits ethniques sporadiques. Il existe une menace terroriste dans tout le pays, en particulier à Dacca. Les extrémistes ont mené des attaques en utilisant des engins explosifs improvisés et des attentats suicides. Des Occidentaux ont été ciblés… »
Mais pour certains médias, la surpopulation de ce pays n’existe pas, donc on n’en parle pas… Par exemple LE MONDE n’accorde aucune importance à la démographie du Bangladesh ; ce quotidien « de référence » peut consacrer tout un article au cyclone Hamoon qui a tué deux personnes en 2023 (article du 25 octobre 2023), ou à la dengue qui en a tué 1628 (2 décembre 2023), mais il ne dira jamais que la population dépasse 170 millions et que c’est la cause principale de tous les problèmes. Ses journalistes ont besoin de recevoir un cours sur le malthusianisme…
Rappelons d’abord la loi de Malthus, formulée dès 1798 :
« Pour les plantes et les animaux, le défaut de place et de nourriture détruit ce qui naît au-delà des limites assignées à chaque espèce. Lorsque la population humaine n’est arrêtée par aucun obstacle, elle va doubler tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique. Mais on n’obtiendra pas avec la même facilité la nourriture nécessaire pour alimenter l’accroissement du plus grand nombre. Les moyens de subsistance ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique. La race humaine croîtrait selon les nombres, 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128, 256 ; tandis que les subsistances croîtraient comme ceux-ci : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Au bout de deux siècles, la population serait aux moyens de subsistance comme 256 est à 9 ; au bout de trois siècles, comme 4 096 et à 13 . »2
Les solutions au surnombre par rapport au ressources peuvent être volontaires ou imposées :
– volontaires : « Les obstacles à la population qui maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant. La somme des premiers compose ce qu’on peut appeler l’obstacle privatif ; celle des seconds, l’obstacle destructif. L’obstacle privatif, en tant qu’il est volontaire, est propre à l’espèce humaine et résulte d’une faculté qui le distingue des animaux ; à savoir, de la capacité de prévoir et d’apprécier des conséquences éloignées. »3 Il s’agit pour Malthus, un pasteur, de retard du mariage jointe à la chasteté, ce qu’il appelle contrainte morale.
– imposées : « Les obstacles destructifs qui s’opposent à la population sont d’une nature très variée. Ils renferment toutes les causes qui tendent de quelque manière à abréger la durée naturelle de la vie humaine par le vice ou par le malheur. Ainsi on peut ranger sous ce chef les travaux rudes ou excessifs, l’extrême pauvreté, la mauvaise nourriture des enfants, l’insalubrité des grandes villes, toutes les espèces de maladies et d’épidémies, la guerre, la famine. »
Pour les obstacles privatifs, on agit sur la natalité. L’obstacle destructif, c’est être victime d’une hausse de la mortalité. Mieux vaut prévenir que subir. De nos jours contraception, interruption volontaire de grossesse et stérilisation librement choisie pourraient être utilisés. Mais le planning familial au Bangladesh est aux abonnés absents, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de danger pour la vie de la femme, et les virus sont de la partie…
1 https://www.cnews.fr/monde/2022-03-26/voici-les-15-villes-les-plus-peuplees-dans-le-monde-en-2022-1192348
2 Rapport de l’accroissement de la population et de la nourriture / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 1, page 67 à 74)
3 Des obstacles qui s’opposent à l’accroissement de la population / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 1, page 75 à 84)

Le MONDE prend toujours le Bangladesh par le petit bout de la lorgnette :
– Au Bangladesh, l’ancienne première ministre, Sheikh Hasina, condamnée à six mois de prison (2 juillet)
– Au Bangladesh, le procès « in absentia » de Sheikh Hasina, l’ex-dirigeante accusée de crimes contre l’humanité (16 juin)
– La Cour suprême du Bangladesh rétablit le plus grand parti islamiste du pays, le Jamaat-e-Islami (1er juin)
– Bangladesh : l’industrie du textile mise à mal par les droits de douane de Trump (11 avril)
– Au Bangladesh, les étudiants ayant provoqué la chute de Sheikh Hasina lancent leur parti politique (3 mars)
Un journaliste digne de ce nom sait trier l’information, ce n’est pas toujours le cas…
En fait les journalistes du MONDE ne savent pas qu’il existe autre chose que la lutte pour le pouvoir au Bangladesh.
Les famines, les épidémies, les moustiques, la dengue, les dictatures, les migrations, les paysans qui foutent le camp, et peut-être même les tremblements de terre…
Cherchez pas plus loin, le Poumon, le Poumon vous dis-je !!! Comme dit Toinette.
C’est bien le cas de le dire, c’est dingue. Et encore nous n’en sommes qu’au 3ème épisode.
Finalement je crois que je vais rejoindre nos trois pelés, à moi non plus quelques jours de vacances ne peuvent pas me faire de mal.
Faut penser aussi à tous ces foutus data centers, toutes ces saloperies d’écrans, toute cette merde qui participe salement à la Surchauffe planétaire. Et dont ON crève.
N’empêche que la meilleure solution, pour sauver la planète, c’est de se faire couper un bras. Celui qui déconne le plus. Et crever un œil. Celui qui voit de travers.
– TOINETTE : Que diantre faites-vous de ce bras-là ?
– ARGAN : Comment ?
– TOINETTE : Voilà un bras que je me ferais couper tout à l’heure, si j’étais que de vous.
– ARGAN : Et pourquoi ?
– TOINETTE : Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter ?
– ARGAN : Oui; mais j’ai besoin de mon bras.
– TOINETTE : Vous avez là aussi un oeil droit que je me ferais crever, si j’étais à votre place.
– ARGAN : Crever un œil ?
– TOINETTE : Ne voyez-vous pas qu’il incommode l’autre, et lui dérobe sa nourriture ? Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt: vous en verrez plus clair de l’œil gauche.
(Le Malade imaginaire – Acte III Scène 10 )
Qui sait estimer la population du Pakistan, est-ce plus ou moins que la France ? La réponse pourrait surprendre, 255 millions d’habitants, soit bientôt 4 fois plus que la France. La densité de 295 hab./km², c’est 3 personnes dans un carré de 100 mètres de côté. Est-ce à dire que ce pays est surpeuplé ? En d’autres termes, ce pays est-il plus ou moins vulnérable étant donné son niveau de population ?
Lors du tremblement de terre de Lisbonne en 1755, J.Rousseau fit à Voltaire cette réponse :
« Vous auriez voulu que le tremblement se fût fait au fond d’un désert. Serait-ce à dire que la nature doit être soumise à nos lois ? La plupart de nos maux physiques sont notre ouvrage. Sans quitter votre sujet de Lisbonne, convenez que si on n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul. »
Monaco : 25.000 hab / km²
Et là combien de pauvres dans notre carré de 100 mètres de côté ?
Je vous laisse imaginer un tsunami …