8/27. Ghana, sans planning familial, No Future

Chaque jour nous publions un des 27 chapitres du livre de Michel SOURROUILLE

SURPOPULATION Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

Le Ghana était un modèle pour la nouvelle Afrique en germe, avec sa démocratie stable et prospère. Ce petit pays, niché entre la Côte d’Ivoire et le Togo, était le chouchou de la diaspora africaine, avec un revenu par tête parmi les plus élevés de la région et un dynamisme exemplaire. Aujourd’hui, le Ghana est en ruine. Durant les années 2000, le Ghana, comme ses voisins et tout le continent, a largement investi dans des ports, des routes, des trains et des aéroports avec l’argent étranger, et notamment chinois. Souvent aussi, comme à Accra, la capitale du Ghana, dans des édifices somptueux, par exemple une cathédrale de 5 000 places au cœur de la ville. Ce qu’on appelle des éléphants blancs, une réalisation d’infrastructure plus coûteuse que bénéfique décidée « pour le prestige » par des politiques pour le plus grand profit d’investisseurs sans scrupules. Le Ghana est en défaut de paiement depuis 2022, la monnaie a perdu 30 % de sa valeur face au dollar et l’inflation dépasse encore en 2024 les 20 %, après un pic historique à plus de 50 %. Cette crise de la dette avait conduit le FMI à intervenir en mai 2023 pour un 17ème plan de soutien de 3 milliards de dollars. Selon The Economist, 17 % du revenu des gouvernements africains partent dans le remboursement de la dette extérieure. Au Ghana, c’était 30 % en 2022.

Des dirigeants incompétents, des investissements disproportionnés, un endettement insoutenable, cela explique pour partie le délitement du Ghana, mais il faudrait aussi parler de la question démographique. Si on interroge Google avec l’item « « surpopulation » Ghana », on tombe sur « surpopulation carcérale » ou à la rigueur « surpopulation des salles de classe », mais rien sur la réalité du surnombre de Ghanéens ! Pourtant les statistiques me paraissent effrayantes. En moyenne, sur la période 1985-1995, le taux de croissance démographique se situait autour de 3 %, soit un doublement en 23 ans. Le taux est encore de 2 % en 2021, soit un doublement tous les 35 ans. C’est une croissance exponentielle, difficile à gérer. En 1961 selon la FAO, la population du Ghana était seulement de 7 millions d’habitants.1 Selon le recensement de 2010, la population du Ghana était estimée à 24,6 millions d’habitants. En 2021 elle a déjà atteint 32,8 millions. Le taux de fécondité est de 3,62 enfants par femme. Un tel état de fait, c’est invivable, c’est ingérable. De plus environ 51 % de la population réside en milieu urbain, or ce sont des populations hors sol, dépendant de ressources venant de l’extérieur, en particulier agricoles. Accra, la capitale du Ghana rassemblait 1 658 937 habitants en 2000, 2 263 785 en 2009, aujourd’hui près de 5 millions d’habitants avec son aire métropolitaine. Un nombre impossible à digérer dans un pays pauvre dont les campagnes se déversent dans les villes. Autant dire que la sécurité alimentaire dans ce pays est proche de zéro. Famine en vue !

La densité de 141 hab./km² (2020) dans ce pays, c’est un carré de moins de 84 mètres sur 84 mètres (moins d’un hectare) pour chaque Ghanéen, carré dans lequel pour être autonome il faudrait pouvoir à la fois faire son potager, nourrir son bétail, construire sa maison, trouver des ressources naturelles, et même laisser un peu d’espace pour la nature sauvage… Ce qui est impossible. Pourtant le quotidien LE MONDE ne s’intéresse jamais à la surpopulation du Ghana, on y relate seulement des faits complètement secondaires :

– Au Ghana, les skateuses vivent leur passion en dépit des préjugés2

– Au Ghana, Angel Maxine porte la voix d’une communauté LGBT+ stigmatisée3

– Le Ghana, poubelle de la « fast fashion » mondiale4

Sans planning familial, no future. Mais au Ghana, l’avortement n’est légal que dans certaines conditions, viol, inceste, anomalie fœtale, ou pour protéger l’intégrité physique ou mentale de la mère. Sur les 200 000 avortements enregistrés en 2017 au Ghana, 71 % sontdonc totalement illégaux. L’Association Ghanéenne pour la Planification Familiale (PPAG) constate que « le Ghana est un pays où les normes culturelles et les obstacles structurels sont profondément enracinés et perpétuent une mauvaise santé sexuelle et reproductive. Il s’agit notamment de risques élevés de mortalité maternelle, d’un nombre élevé d’infections sexuellement transmissibles, et de faibles niveaux d’utilisation de contraceptifs.. »5 Les taux d’accouchements non désirés et inopportuns restent élevés chez les femmes ghanéennes, et les hommes comme les femmes préfèrent toujours les familles nombreuses.

On attend toujours une politique gouvernementale qui essaye de faire changer les mentalités.

1 https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/57/Ghana_demography.png

2 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/04/24/au-ghana-les-skateuses-vivent-leur-passion-en-depit-des-prejuges_6170839_3212.html

3 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/12/22/au-ghana-angel-maxine-porte-la-voix-d-une-communaute-lgbt-stigmatisee_6155432_3212.html

4 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/05/20/le-ghana-poubelle-de-la-fast-fashion-mondiale_6174083_3212.html

8 réflexions sur “8/27. Ghana, sans planning familial, No Future”

  1. no future vs confiance

    – Une société qui n’a pas confiance dans l’avenir est-elle condamnée à disparaître ?
    ( lecercledeseconomistes.fr 18 janvier 2025 )

  2. et en même temps

    Si on interroge Google avec l’item « avenir Ghana », on tombe sur :
    – La décision choc du Ghana : un avenir sans visa pour les Africains dès 2025 !
    ( abidjan-plus.net 30 décembre 2024 )

    Qui osera dire que ce n’est pas là une bonne chose ? Et une bonne nouvelle, pour tout le monde.
    ON parle ici de l’avenir du Ghana… mais comment les Ghanéens le voient-ils, l’avenir ?
    – « Le Ghana, affectueusement surnommé la « Porte d’Or de l’Afrique », incarne avec fierté le destin d’une nation africaine résolument tournée vers l’avenir tout en honorant son passé glorieux. »
    ( Le Ghana : porte d’Or de l’Afrique entre tradition et modernité – afrikfirst.fr/2025/04/18 )

    1. Esprit critique

      Je les entends déjà ricaner, les Tristus. Et au fait… qui a dit que les Africains sont des fainéants ? Et qui connait la mentalité des Ghanéens ?
      – « Un trait remarquable de la mentalité ghanéenne est la résilience. De la lutte pour l’indépendance à la gestion des changements économiques mondiaux, les Ghanéens ont toujours fait preuve d’une détermination inébranlable à surmonter l’adversité. Cette résilience alimente l’innovation, le travail acharné et la conviction que des jours meilleurs nous attendent.
      Une autre caractéristique déterminante est l’esprit communautaire. Les Ghanéens sont intrinsèquement liés par un profond sentiment de famille, de camaraderie et de responsabilité collective. »
      ( La mentalité du peuple ghanéen – togolais.info 6 décembre 2024 )

      Qui osera dire qu’ils ne valent rien, les Ghanéens ? ?

  3. Esprit critique

    En fait c’est toujours pareil, aucun pays n’est à l’abri… d’une telle présentation catastrophique.
    Toujours la même musique, les mêmes intros, les mêmes couplets, les mêmes refrains.
    Un peu d’histoire pour commencer, voire un peu de géographie, ensuite les petits problèmes qui font la une des merdias, la carcérale et patati et patata. Ces mêmes merdias qui ne parlent jamais, ou si peu, du Vrai Problème. Du simple fait qu’ils ne le voient pas, tout connement. À cause de la merde qu’ils ont dans les yeux (sic). Sans oublier le fameux carré et la tout aussi fumeuse exponentielle, invivable, ingérable et blablabla ! Par contre l’empreinte écologique, ça c’est juste en option. En fait ça dépend de l’utilité qu’ON peut en tirer. Peu importe que les pauvres se con tentent d’une demi-planète, de toute façon ils sont trop nombreux, c’est Malthus qui l’a dit ! Et ça c’est parole d’évangile.
    En fait c’est toujours la même vision sombre de l’avenir : guerre et/ou famine en vue !

    1. Esprit critique

      Après ça ON ne devrait pas s’étonner, ni déplorer, qu’autant de jeunes, et moins de jeunes, soient touchés par cette nouvelle maladie à la mode, la solastalgie. Et pas plus par cette hausse des suicides. Au contraire, si ON se veut logique… ON ne peut même que s‘en réjouir. Voire jubiler. Misère misère !

      – « On attend toujours une politique gouvernementale qui essaye de faire changer les mentalités. » (conclusion)
      Ça aussi c’est le refrain, qui termine la chanson, en beauté.
      Mais QUOI changer les mentalités, QUELLES mentalités !!!??
      Hier au sujet de la France ON déplorait (titrait) « une baisse de natalité trop tardive » .
      Mais qu’est-ce que ça veut dire !!??? Si ce n’est qu’un malthusien ne sera jamais content.
      Pour lui la dénatalité sera toujours trop timide, trop molle ou trop tardive.
      Mais nom de dieu s‘il est trop tard, mais alors à quoi bon serrer les fesses !!!???

    2. Ben oui il y aura famine, car ce ne sont pas tes idéologies socialo-communistes qui vont mettre des épinards et du beurre dans les gamelles de tous ces ghanéens naissant ! Les droits à la paresse ce n’est pas ça qui rendent un pays prospère, notamment sur le plan alimentaire !

      1. misère misère !

        Et de ton côté c’est pas mieux, toujours la même chanson. Les socialo-communistes, le droit à la paresse, que t’as même pas fait l’effort de lire, et patati et patata !!!

  4. Voici comment LE MONDE traite du Ghana, par le petit bout de la lorgnette
    3 juillet 2025. Ghana : le premier ministre indien, Narendra Modi, en visite à Accra
    23 avril 2025. Le Ghana va tenter de persuader le Mali, le Niger et le Burkina Faso de réintégrer la Cedeao
    22 avril 2025. Le Ghana entend reprendre le contrôle de son or
    18 mars 2025. Ghana : le compte X du président piraté dans le cadre d’une arnaque à la cryptomonnaie
    10 mars 2025. Le Niger et le Ghana veulent « dynamiser » leur coopération et « combattre le terrorisme » au Sahel
    5 novembre 2024. Au Ghana, des Afro-Américains inquiets de l’élection américaine

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