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L’éternel retour de la fin de vie « légale »

Les critères ouvrant l’accès au suicide assisté, réexaminés à l’Assemblée le 16 février 2026, laissent un certain nombre de questions ouvertes. La proposition de loi dessine un « cadre large » intégrant une variété de maladies et des patients ayant même plusieurs années d’espérance de vie.

lemonde.fr : Les critères d’accès tiennent en un article – le quatrième – et sont cumulatifs. « Pour accéder à l’aide à mourir, une personne doit répondre à toutes les conditions suivantes : être âgée d’au moins 18 ans, et de nationalité française ou résidant de façon stable ou régulière en France. » Voilà pour l’aspect administratif. C’est sur les trois autres critères que le corps médical sera appelé à valider ou à rejeter la demande émanant d’un patient : ce dernier devra être atteint d’une « affection grave et incurable », qui « engage le pronostic vital », « en phase avancée » ou « en phase terminale » ; présenter une « souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection », « réfractaire aux traitements » ou « insupportable » ; et être « apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée ».

Est-ce qu’il s’agit de créer un « dernier recours » pour quelques centaines de personnes, dans des « conditions strictes », comme n’a cessé de le répéter le gouvernement … ou un droit plus large, ce dont s’inquiètent les opposants à cette évolution législative.Parmi eux, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a jeté un pavé dans la mare en estimant que 1 million de malades en stade avancé pourraient y être éligibles : 450 000 patients atteints d’un cancer métastatique, 7 500 malades de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot), 500 000 souffrant d’insuffisance cardiaque… Les critères actuels de la future loi semblent inclure, aussi, les patients atteints de la maladie de Parkinson ou de la sclérose en plaques, très évolués sur le plan moteur, dès lors qu’ils ne présentent pas de troubles cognitifs. Ils excluent, en revanche, les malades d’Alzheimer ou ceux dans un état végétatif. Moins claire est la situation des personnes qui, après un accident vasculaire cérébral, présentent des séquelles très lourdes.

Concernant les résidents d’Ehpad, dont l’âge moyen avoisine 90 ans, les patients ont en moyenne huit pathologies, dont au moins trois à un stade avancé – insuffisance cardiaque ou rénale terminale, cancer évolué… Autre catégorie de patients qui a cristallisé l’attention : les personnes atteintes de maladies psychiatriques (bipolarité, schizophrénie, dépression sévère…) et qui peuvent avoir des idées suicidaires. Éligibles aussi une frange de patients en insuffisance cardiaque…

Le texte de loi prévoit qu’un médecin décide, après consultation obligatoire d’un spécialiste de la maladie et d’un autre soignant.

Le point de vue des écologistes du choix ultime

– Mon épouse se bat contre un cancer totalement INCURABLE. On lui applique la seule solution actuellement en France, la SPCJD (sédation profonde et continue jusqu’au décès) … cela fait une semaine … sans eau ni nourriture … certes elle ne souffre plus … mais a quoi cela rime-t-il ?

– Ce qui est sidérant c’est la mise à l’écart du demandeur de l’aide à mourir.

– Je ne trouve pas normal que le droit de vie ou de mort repose sur les seules épaules des soignants.

– L’État français et une partie du corps médical semblent avoir une peur bleue du libre-arbitre des principaux concernés. Affligeant.

– Ce n’est pas à l’État de décider de la fin de notre vie, c’est à nous-mêmes. Et si on veut de l’acharnement thérapeutique sur soi, c’est à la personne et aux familles concernées d’en assumer les frais.

– J’ai vu des proches souffrir d’Alzheimer au point de devenir violent et de ne plus reconnaître leur proche (enfants, conjoints…) sans parler de l’état végétatif. Sincèrement, ils auraient souhaité en finir s’ils avaient vu leur état et qu’ils auraient eu la capacité de décider.

– En Belgique, nous avons résolu la problématique depuis plus de 20 ans. Le type de pathologie n’entre pas en ligne de compte. Ce sont les côtés inéluctables, incurables et la souffrance insurmontable (y compris la souffrance psychologique) qui sont pris en compte par un médecin. La population n’a jamais manifesté négativement, même dans les milieux les plus conservateurs et les plus catholiques.

– En Suisse aucun texte n’organise l’aide à mourir. Vouloir faire une liste des pathologies relevant de l’aide à mourir est ridicule. Il n’y a pas deux cancers identiques concernant des personnes identiques. Ce qu’il faut surtout, c’est écouter le demandeur et avoir un dialogue avec lui.

– S’inspirer de l’AMM (aide médicale à mourir) présente au Québec… merci !

– Il y a un temps de résilience variable d’une personne à l’autre, pour faire le deuil de sa vie et de son corps d’avant, mais, pour la quasi-totalité d’entre elles, la demande disparaît, passé quelques semaines ou quelques mois. On s’habitue à tout, même à l’insupportable !

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Fin de vie, Sénat et soins palliatifs

Le Sénat a rejeté, le 28 janvier 2026, la proposition de loi sur l’aide à mourir, après l’avoir vidée de sa substance une semaine plus tôt. Pourtant, ce texte est souhaité depuis longtemps par une majorité de Français.

Christine Jordis : Les sénateurs LR voulaient remplacer l’« assistance médicale à mourir » par un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Quel abus de pouvoir inacceptable est-ce là : vouloir imposer aux autres une morale qui ne dépend que de nos opinions propres ? On peut imaginer que nombre des sénateurs à une aide à mourir se recommandent d’une loi divine qui nous interdirait de mettre fin à nos jours ; autrement dit, une loi qui nous ordonnerait d’accepter une mort dite « naturelle ». « Naturelle », cette mort ? En 1740, l’espérance de vie se situait à 25 ans ; en 1810, grâce aux progrès de la médecine, à 37 ans ; aujourd’hui, à environ 80 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes. Qu’y a-t-il de naturel dans une vie aujourd’hui prolongée par les progrès de la médecine, jusqu’à nous réduire, parfois, à l’état de légumes ?

Comment accepter que notre mort ne soit qu’une basse affaire de discussion entre politiciens ? Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignants, ni aux religieux, ni aux parlementaires. Que l’on développe les soins palliatifs, certes, est une nécessité. Mais qu’on ne nous prêche pas une solidarité au pied du lit des mourants alors que la première preuve d’un tel sentiment serait de respecter la volonté de la personne concernée. Faudrait-il donc se tirer une balle dans la bouche ou se jeter par la fenêtre ? Un procédé pris dans la tranquillité d’une chambre auprès de ses proches vaut tout de même mieux que des solutions aussi extrêmes.

Quelques éléments de débat

Philippullus : La principale opposition à l’aide à mourir ne vient pas de la religion qui est bien peu respectée à l’heure actuelle par toutes les croyantes qui choisissent l’avortement. L’origine principale du blocage vient des professionnels des soins palliatifs qui parlent de compassion, mais qui en réalité veulent conserver leur gagne-pain.

Bandera : On lit : « Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignant… » Justement la majorité des soignants ne veut pas être associée à ce geste ignoble que la loi voudrait les obliger à exécuter. Exécuter au sens « propre ». La loi Léonetti est aujourd’hui suffisante. Que cette Christine Joris visionne le film Soleil vert, pour voir la société affreuse qu’elle appelle de ses vœux.

zitouni en réponse à Bandera : une majorité n’a jamais été une totalité.

Tarbes en réponse à Bandera : « geste ignoble », c’est déjà votre morale personnelle qui parle. Certains y verront un geste libérateur, et il est d’abord question de permettre aux malades de se suicider dignement. Sur la position majoritaire des soignants, d’une part j’aimerais avoir des sources fiables, d’autre part quand je serai en train de mourir dans des souffrances insupportables, comme ça arrive encore, mes soignants pourront aller s’enfoncer leurs principes bien profond, et je ne vois pas au nom de quelle morale on pourrait bloquer ma décision

Georges Serein en réponse à Bandera :Il ne s’agit pas de rendre obligatoire le suicide mais de ne plus l’interdire. Soyez rassuré !

Dufiloy en réponse à Bandera : Pourquoi avez vous si peur ? Et réellement de quoi ? De la mort elle-même ? C’est pourtant ce qui nous attend, qu’on la retarde ou non.

En savoir plus sur les soins palliatifs

Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

extraits : Les quelque 170 participants appelés à siéger à la convention citoyenne sur la fin de vie, qui s’ouvre le 9 décembre 2022 au Conseil économique, social et environnemental (CESE), vont se réunir neuf week-ends de trois jours jusqu’au 19 mars 2023 pour tenter de répondre à la question formulée par la première ministre, Elisabeth Borne : « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Les praticiens des soins palliatifs se déclarent opposés pour la plupart à une légalisation de l’euthanasie….

Remise des conclusions de la Convention citoyenne (3 avril 2023)

extraits : Dans son rapport final, la Convention citoyenne sur la fin de vie se prononce en faveur de l’ouverture, sous conditions, du suicide assisté et de l’euthanasie. Le président de la République a annoncé un projet de loi d’ici la fin de l’été.

– À 75,6% la Convention se positionne en faveur d’une aide active à mourir, considérant que le cadre légal en vigueur (loi Clayes-Leonetti de 2016) est insuffisant. Elle évoque par exemple la limite posée par la loi, dans l’état actuel, sur la pratique de la sédation profonde et continue.

– Sur la question du suicide assisté ou de l’euthanasie, la Convention se prononce pour une mise en place conjointe des deux, considérant que choisir une des deux solutions ne répondrait pas à la diversité des situations rencontrées.

– La Convention pose comme préalable que la volonté du patient soit entendue et respectée en prenant en compte sa capacité de discernement, qu’elle soit exprimée directement ou indirectement (par une personne de confiance).

– La question de l’âge à partir duquel une aide à mourir est envisageable n’a pas été tranchée….

Fin de vie, démographie et écologie (extraits)

Nous répondons à la question d’un de nos commentateurs, Michel : « Que viennent faire les écologistes (qui veulent en finir avec la vie) dans le débat politique sur le suicide assisté ? »

Réponse : Le droit à la vie n’est pas un principe intangible, il est modulable selon l’évolution de la conscience sociale et écologique. Sur une planète de 8 milliards d’êtres humains, surpeuplée, on peut s’interroger aussi bien sur les conditions de donner la vie comme sur les modalités de sa mort. Le mouvement gink (pas d’enfant pour des raisons écologiques) est une option de départ. L’interruption volontaire de vieillesse (ou de maladie) une autre en fin de course. L’essentiel dans les deux cas est de respecter la liberté de choix des personnes. Mais si on ne limite pas la population en proportion des ressources disponibles, alors il y a mortalité non désirée, famine, guerre ou épidémie comme l’a montré Malthus et l’histoire humaine….

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Fin de vie, à chacun sa responsabilité

La famille d’un homme de 64 ans hospitalisé à l’Institut Gustave-Roussy pour un cancer de la gorge avait introduit un référé-liberté pour s’opposer à la décision d’arrêt des traitements et à la sédation terminale conduisant à sa mort.

Béatrice Jérôme : L’équipe médicale du service de réanimation avait informé sa fille de son intention d’arrêt des traitements et d’une sédation terminale conduisant à la mort, considérant que son maintien sous ventilation mécanique relevait de l’« obstination déraisonnable ». La famille de M. Teboul a introduit un référé-liberté pour s’opposer à cette décision d’arrêt des traitements et à la sédation terminale conduisant à sa mort. Dans une décision rendue le 30 septembre 2025, un tribunal a donné gain de cause à la famille : « En entendant son prénom murmuré à son oreille par sa fille Henia, Chabane Teboul a tourné vers elle sa tête posée sur l’oreiller. » Et la famille de M. Teboul a produit une lettre signée par lui indiquant : « Je souhaite que tout soit entrepris pour me soigner et prolonger ma vie. »

Le point de vue des écologistes réalistes

Nos sociétés modernes ont été conditionnées à refuser la mort. Or celle-ci faisait partie du quotidien de l’humanité dans les temps anciens et dans d’autres pays aujourd’hui.

Si on peut se réjouir des traitements qui nous permettent d’éviter une maladie grave, d’en guérir ou d’obtenir un maintien en vie dans des conditions acceptables, l’acharnement de cette famille est choquant.

– La décision du patient est un absolu, elle doit donc être respectée. Mais soyons logique. Cette décision individualiste entraîne un poids supplémentaire pour les autres, injustifié dans le cas présent. Chabane Teboul en rédigeant sa lettre aurait donc du considérer que sa famille devrait normalement supporter les charges de sa fin de vie sous ventilation artificielle et autres techniques coûteuses. Plutôt que d’être une charge, les habitants de l’île de Kéa (IIIe siècle avant Jésus-Christ) préféraient boire de la ciguë dans une atmosphère festive ; l’acte était considéré comme héroïque.

– Le Titanic de la solidarité collective bercé par l’orchestre jouant l’air de l’abondance à crédit heurte une nouvelle fois l’iceberg de l’égoïsme individuel figé dans ses certitudes.

Je plains le jeune accidenté de la route ou toute personne ayant besoin d une place de réanimation en urgence qui devra accepter de mourir, faute de place, pour qu’une famille puisse faire tranquillement souffrir l’un des leurs dans son agonie finale.

– La question est donc malheureusement posée : Doit-on continuer à dépenser pour une situation sans issue au détriment d’autres situations qui ouvrent une perspective de guérison ?

Le cas d’Ariel Sharon est significatif. Il végétait depuis une attaque cérébrale en 2006. Il coûtait cher, 296 000 euros par an. Contre l’avis médical, les enfants refusaient le débranchement. Sharon a été maintenu en vie par les médecins jusqu’à ce que l’hôpital demande à la famille de payer les soins… il a fini par être débranché en 2014. Huit années d’acharnement qu’on ne peut plus appeler « thérapeutique ».

Il faut savoir reconnaître la mort qui vient car elle est par nature notre lot commun. Prolonger une vie qui n’en est plus une est indigne, cela paraît incompatible avec notre faculté de penser et de juger la réalité des faits.

Rappelons que la loi Macron (toujours en suspens) ne privilégie pas l’essentiel de la fin de vie, respecter la libre volonté des personnes qui veulent en finir avec une vie jugée par eux insupportable. Laissons la pilule létale en vente libre en pharmacie et le problème sera résolu une fois pour toutes, que ce soit d’ailleurs pour le grand âge, les malades au bout du rouleau ou les petits jeunes qui en ont marre de vivre ce qu’on leur fait vivre. L’État doit s’abstenir dans tous les cas de se permettre de juger de leur propre sort à la place des citoyens.

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Ariel Sharon est mort-vivant, Pauwels vivant est mort (2014)

extraits : Ariel Sharon survit depuis le 4 janvier 2006 sous respiration artificielle, à la suite d’un grave accident cérébral. Ariel Sharon est un patient qui coûte cher : 1,5 millions de shekels (296.000 euros) par an*. Son état vient de s’aggraver récemment, mais aux dernières nouvelles il est toujours « vivant », à savoir « en danger de mort imminente ». Emiel Pauwels, un Belge de 95 ans, qui était considéré comme « le plus vieil athlète » du royaume, est mort mardi par euthanasie après avoir « célébré » la veille son départ avec une centaine de proches : « Qui ne voudrait pas en finir avec du champagne en compagnie de tous les siens ? »…

Nous sommes 7 milliards, Ariel Sharon est de trop (2011)

extraits : Le 26 septembre 2000, Ariel Sharon annonce son intention de se rendre sur l’esplanade des mosquées… il déclenche volontairement la deuxième Intifada.Ariel Sharon aurait mieux fait de défendre la décision de l’Assemblée générale des Nations-Unies du 29 novembre 1947 qui recommandait l’établissement d’un Etat juif, mais aussi d’un Etat arabe. Ariel Sharon survit depuis le 4 janvier 2006 sous respiration artificielle. Beaucoup de raisons pour débrancher Ariel Sharon ! Le judaïsme reste intransigeant sur le thème de la défense de la vie « jusqu’à son terme naturel ». Mais Ariel Sharon n’était pas du tout religieux (dans un Etat juif !). Et qu’appelle-t-on « naturel » ?….

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Fin de vie, le débat en Charente

D’un côté Alliance Vita, association du mouvement « pro-vie » en France, qui milite contre l’avortement et l’euthanasie. De l’autre l’ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité, un groupe de 400 adhérents en Charente. Voici leur controverse.

Alliance Vita : Les personnes s’inquiètent, derrière l’aide à mourir se cache l’euthanasie.

ADMD : Tous les sondages indiquent que 90 % des Français sont pour une évolution de la loi. C’est transpartisan. C’est avant tout une nouvelle liberté. Pour moi (Jean-Michel Nivet), c’est un nouveau droit, pas une obligation. Cela n’enlève rien à celui qui n’est pas d’accord. Je (Josette Avril, 80 ans) revendique depuis toujours, au nom de la liberté individuelle, le droit de faire ce que je veux de mon corps : « Comme les pro-IVG, je revendique la même chose pour mourir. On m’oppose la religion, l’éthique, je respecte. Moi je revendique le droit au suicide assisté. »

Alliance Vita : Le problème, c’est le manque de soins. Une personne sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs. La priorité, c’est le soin. Je (Cédric Humann) souhaite que les personnes puissent partir de leur mort naturelle sans souffrir.

ADMD : Sur les soins palliatifs, sur la nécessité de développer les moyens, il n’y a pas de débat à avoir. Un plan de développement aurait été suffisant. Moi (Josette Avril) je n’en veux pas des soins palliatifs. J’avais une copine dont la mère venait de mourir. Un AVC l’avait laissé légume. Elle n’avait pas remplie de directes anticipées. Elle a vécu quatre ans de calvaire. Mon copain est mort de la maladie de Charcot. Horrible !

Alliance Vita : On meurt mal en France.

ADMD : On ne meurt pas de gaieté de cœur, mais cela n’empêche pas le droit au suicide assisté.

Alliance Vita : La méthode légale de la sédation profonde n’est pas assez connue. Attention à l’émotion.

ADMD : La sédation profonde et continue, celle qui consiste à cesser d’alimenter le malade, c’est hypocrite. Je (Jean-Michel Nivet) considère ça presque comme de la torture. On sait qu’il ne se réveillera plus, mais on ne sait pas quand. »

Alliance Vita : On ne souhaite pas que le droit à mourir devienne le devoir de mourir. Les barrières finiront toujours par sauter les unes après les autres. Quid de l’euthanasie des sans-abris ou d’ouvrir comme en Belgique le suicide assisté aux jeunes de 17 ans.

ADMD : Jean-Michel Nivet a vécu depuis son adhésion à l’ADMD en 1996 la caricature : « Vous voulez euthanasier tout le monde. » La loi en France ne concernera que les majeurs français, atteintes d’une maladie incurable avec une souffrance réfractaire, en phase avancée ou terminale.

Alliance Vita : On regrette le manque de collégialité, un seul médecin suffirait pour décider.

ADMD : Selon un sondage IFOP, 74 % des médecins sont d’accord avec l’aide à mourir si l’encadrement est bien clair, si l’on ferme la porte aux dérives. Mais il y a encore un antagonisme marqué chez les proches des milieux catholique. Josette Avril réagit : « On accepte que les autres puissent avoir des idées autres, mais c’est pas Dieu qui décide. C’est moi. »

Alliance Vita : L’interdiction de tuer devrait rester un verrou. Nous préférons parler de fraternité.

ADMD : On espère que le débat législatif actuel va déboucher sur une loi de liberté, de fraternité, de laïcité. « Est-ce que ma mort m’appartient ou pas, telle est la question », estime le député LFI René Pilato. On estime à 2000 par an les euthanasies clandestines. Le droit à choisir sa mort, c’est l’ultime liberté. Aujourd’hui seulement pour ceux qui ont les moyens de se rendre en Suisse !

Alliance Vita : Ne précipitons pas cette question de fin de vie.

ADMD : Le délégué départemental en Charente de l’association ADMD attend cette loi depuis des années. Le sénateur Henri Caillavet était l’auteur le 6 avril 1978 d’une proposition de loi relative au droit de vivre sa mort. On ne peut donc pas dire que le débat actuel au Parlement ait été « précipité ».

source : Charente Libre (23 mai 2025, page 3)

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Fin de vie et libre choix à l’Assemblée nationale

A la veille du lancement des débats le 12 mai dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, la ministre de la santé Catherine Vautrin veut « compléter » la rédaction du texte sur l’aide à mourir pour un accès encore plus encadré, en définissant plus strictement le droit de recours par des malades en « phase avancée ». Comme « le discernement est absolument majeur », elle va aussi déposer « au nom du gouvernement un amendement pour rétablir le délai de réflexion incompressible de 48 heures à compter de l’accord des médecins ». Quant à savoir si cette réforme, qui divise jusqu’au sein du gouvernement et n’a eu de cesse d’être retardée, sera adoptée avant la fin du quinquennat, la ministre se veut « extrêmement prudente ».

Donc ce qui compte pour la ministre, c’est le pouvoir des médecins, l’obligation des soins palliatifs et un discernement des citoyens qui n’existe pas. Même LE MONDE va dans ce sens avec Sara Piazza.

Sara Piazza : « Liberté individuelle », « droit ultime », « avancée sociale » : la proposition de loi actuellement réexaminée, qui vise à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, est aujourd’hui portée par une partie de la gauche comme un combat progressiste. Et si elle relevait plutôt d’une fiction libérale, celle d’un individu autonome jusqu’à sa mort ? La « liberté individuelle » est vaine sans les conditions socio-économiques qui permettent de choisir. Un « choix » posé dans la précarité, l’isolement, le manque de soins n’est pas un vrai choix. Il est induit, parfois intériorisé. Des conditions de vie dégradées ou des représentations sociales délétères biaisent fondamentalement le prétendu choix libre et éclairé. Plutôt que d’ouvrir la porte à la mort médicalement administrée, consacrons nos moyens à nos services publics à combattre les inégalités d’accès au soin et à l’accompagnement.

Le point de vue des écologistes prêts à mourir

Michel Sourrouille : Sara, permettre l’aide à mourir n’est pas incompatible avec l’idée de donner des moyens aux soins palliatifs. Au contraire, ceux qui décident d’abréger leur vie laisse plus de moyens financiers pour ceux qui veulent finir comme des grabataires. Quant à ton argument d’une liberté de choix sous contrainte, rappelons qu’il n’y jamais de liberté absolue, mais de choix socialement orienté. Tu as l’air de défendre l’extension de clientèle pour alimenter ton job de psychologue en service de soins palliatifs, nous aimerions aussi savoir explicitement si ce sont des conceptions religieuses qui te poussent à vouloir nous empêcher de choisir notre mort ? Google nous indique que tu es chrétienne.

Alain29 : Les soins palliatifs sont une chose, le droit à mourir dignement en est une autre. Tout à fait d’accord pour développer les soins palliatifs dont l’accès doit être garanti à tous. Mais le choix de sa mort est un droit fondamental qui ne prive personne de ses convictions intimes, qui n’oblige personne, qui laisse intact le droit personnel de s’y refuser. Ce débat est un archaïsme renvoyant à l’époque où les religions dictaient la loi.

Phillhermite : En plus, le projet de loi est très restrictif, il faut être à l’article de la mort pour être éligible. Alzeimer/Parkinson ne rentre pas dans le cadre. Et là, c’est parti pour plusieurs années en ehpad (avec les inconvénients que l’on connaît). La personne perd la mémoire, la liberté de mouvement et on l’oblige à vivre avec sa maladie, sa prison jusqu’au bout. Ces politiques n’ont aucune humanité. Il faut leur dire aussi que ça permet aussi de réduire le déficit de la sécu et de la retraite.

Merle : Bon finalement la Suisse et la Belgique restent encore les 2 solutions, nos politiques cathos français sont tellement timorés sur ce sujet pourtant crucial. Nos ministres ont le droit d’être contre une telle mesure à titre personnel mais n’ont pas le droit moral d’imposer leur choix à toute une société.

Nos articles sur le libre choix

Euthanasie, éternel débat sur le libre choix

extraits : Notre mort nous appartient, c’est notre ultime liberté, elle n’appartient ni à dieu, ni aux religieux, ni aux médecins qui ont beaucoup trop de pouvoir et dont la consultation sur ce sujet devrait être purement technique. Parlons de décolonisation des esprits opprimés par le préjugé que notre liberté peut être contrainte par un pouvoir, religieux ou médical, paternaliste. Le choix revient au sujet. Personne n’est forcé….

Fin de vie, libre choix ou principes moraux ?

extraits : La fin de vie est un dilemme devant lequel la morale est impuissante. S’indigner au nom de grands principes, qu’est-ce d’autre sinon user d’autorité et, par paresse, se dispenser de donner des arguments ? La jurisprudence est préférable à la doctrine tant il est difficile de tenir le juste milieu entre « deux tentations de faire le bien : l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie ». Mais la jeunesse sera peut-être heureuse d’apprendre que lorsqu’elle ne sera plus en capacité de mourir toute seule, par elle-même, comme une grande, elle pourra bientôt compter sur une aide de l’Etat. Elle n’aura qu’à demander….

Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

extraits : Il nous paraît hallucinant que le gouvernement ménage d’emblée le corps des médecins gagnant leur vie par les soins palliatifs et l’acharnement thérapeutique au détriment des usagers, ceux qui ont personnellement besoin qu’on arrête de les « aider » à survivre. Rappelons que dans un sondage Ifop d’octobre 2022, les Français expriment leur rapport à l’aide active à mourir. 78% des Français attendent de la convention citoyenne sur la fin de vie qu’elle légalise l’aide active à mourir ; 79 % des Français se disent confiants dans un médecin qui se déclarerait favorable à l’euthanasie ; 77% des Français se disent confiants dans un médecin qui déclarerait pratiquer des euthanasies ; 82 % des Français considèrent l’euthanasie et le suicide assisté comme des soins de fin de vie à part entière…..

Fin de vie, les médecins n’ont rien à en dire

extraits : Il va y avoir, croit la présidente de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs), des « conflits d’interprétation » entre médecins et malades à propos de l’aide à mourir. Pour qui se prennent ces médecins : de nouveaux prêtres ? La réponse de fond est la suivante : le médecin est au service du malade et ses états d’âme personnels, ses dogmes ou ses névroses n’ont pas à intervenir ! S’il y a des « conflits d’interprétation » entre les médecins et le patient, l’avis du patient doit prédominer….

Fin de vie et libre choix à l’Assemblée nationale Lire la suite »

Fin de vie, démographie et écologie

Nous répondons à la question d’un de nos commentateurs, Michel : « Que viennent faire les écologistes (qui veulent en finir avec la vie) dans le débat politique sur le suicide assisté ?

Réponse : Le droit à la vie n’est pas un principe intangible, il est modulable selon l’évolution de la conscience sociale et écologique. Sur une planète de 8 milliards d’êtres humains, surpeuplée, on peut s’interroger aussi bien sur les conditions de donner la vie comme sur les modalités de sa mort. Le mouvement gink (pas d’enfant pour des raisons écologiques) est une option de départ. L’interruption volontaire de vieillesse (ou de maladie) une autre en fin de course. L’essentiel dans les deux cas est de respecter la liberté de choix des personnes. Mais si on ne limite pas la population en proportion des ressources disponibles, alors il y a mortalité non désirée, famine, guerre ou épidémie comme l’a montré Malthus et l’histoire humaine.

Le commandement « tu ne tueras point » est d’ailleurs mis à mal de tous temps sur des champs de bataille. Il s’agit en fait de suicide sur ordonnance « patriotique ». La guerre sert d’infanticide différé, ce n’est pas le choix de notre blog qui combat aussi pour le pacifisme…

Question : Pour sauver la planète… et bien entendu dans les règles de la Démocratie, et évidemment sur la base du Volontariat, ce qui est selon vous l’Essentiel … êtes-vous favorable à un référendum qui porterait sur un « Plan 75 » comme au Japon?

Réponse : Le film « Plan 75 », présenté mi-mai 2022 à Cannes  émet hypothèse que dans un futur proche et face au vieillissement, le gouvernement japonais estime que les seniors deviennent une charge trop lourde pour la société. Il met en place le programme « Plan 75 », lequel permet aux plus de 75 ans de se faire euthanasier s’ils le souhaitent pour ne plus être un « fardeau » pour la société.

Une démocratie véritable repose sur le positionnement de citoyens éclairés. Un référendum en France sur un « Plan 75 » est certes toujours possible dans un avenir lointain. Comme le montre le débat parlementaire sur la fin de vie, on commence à faire en sorte que l’aide à mourir soit facilité. D’autres pays sont déjà allés beaucoup plus loin dans le libre choix que la France.

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La vraie tragédie, ce serait que l’humanité survive

extraits : « Faudra-t-il demain exterminer totalement l’espèce humaine pour préserver la Terre ? Nous avons enquêté dans les méandres de ces « fous » de Gaïa. L’ Eglise d’Euthanasia (The Church of Euthanasia – COE) est le groupe antihumain le plus influent. Elle a son siège social à Somerville (USA) et revendique officiellement un statut religieux. Elle est implantée depuis 1991 aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, etc.… Son premier service « religieux » s’est tenu, en octobre 1995, sous un portrait du « bon » docteur Kevorkian, connu aux Etats-Unis pour être le champion du suicide assisté puisqu’il fournit aux « candidats » une « machine à suicide ». La COE ne propose cependant pas (contrairement à d’autres groupes) l’extinction totale de l’Humanité, sauf si les efforts entrepris pour restaurer rapidement l’équilibre devaient finalement échouer (sic)….(Paul Ariès, texte de 2002)

Les deux associations prenant pour objectif une limitation drastique de la population.

– Le Mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité, ou VHEMT (de l’anglais Voluntary Human Extinction Movement), est un mouvement écologiste qui appelle tous les humains à s’abstenir de se reproduire. Le VHEMT prône l’extinction de l’être humain principalement parce qu’il estime que cela permettrait d’éviter la détérioration de l’environnement. Le VHEMT est fondé en 1991 par U. Knight, un militant américain qui s’engage dans le mouvement écologiste dans les années 1970. Une étude de 1995 révèle que 36 % des adhérents du VHEMT se considèrent également membres de l’organisation Earth First! 

Knight indique que l’idéologie de son groupe va à contre-courant du natalisme de la société contemporaine. Il pense que cette pression a empêché de nombreuses personnes de soutenir, ou même de débattre du contrôle démographique. Il reconnaît que les chances de succès de son groupe sont maigres, mais maintient qu’essayer de réduire la population de la planète est la seule option morale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_pour_l%27extinction_volontaire_de_l%27humanit%C3%A9

– L’Église de l’Euthanasie (Church of Euthanasia) est un groupe religieux fondé par Chris Korda en 1992. Il prône la réduction de la population humaine dans le but de préserver l’environnement. Son unique commandement est « Tu ne procréeras point » (« Thou shalt not procreate »). Il prône entre autres le suicide et l’avortement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_de_l%27Euthanasie

Nos textes antérieurs sur la fin de vie

janvier 2025, Fin de vie : François Bayrou dit non

juillet 2024, Éducation thérapeutique et fin de vie

mars 2024, Fin de vie, un historique synthétique de wiki

mars 2024, Fin de vie, libre choix ou principes moraux ?

mars 2024, Fin de vie, Emmanuel Macron en décide seul

février 2024, Fin de vie, Macron invite encore les religions

janvier 2024, Fin de vie, le choix de Jacqueline Jencquel

janvier 2024, Fin de vie, le lobbying religieux

décembre 2023, Fin de vie, la procrastination de Macron

novembre 2023, Fin de vie. Les élucubrations d’une juriste

septembre 2023, Fin de vie, Emmanuel Macron procrastine

juin 2023, Blocage palliatif sur la fin de vie

avril 2023, Convention sur la fin de vie, le manifeste

mars 2023, Serment d’Hippocrate et fin de vie digne

mars 2023, Oregon, paradis de la fin de vie

mars 2023, Fin de vie, vive l’anorexie finale

février 2023, Fin de vie, débat au dîner, lobbies acceptés

février 2023, La zone grise tragique de la fin de vie

décembre 2022, Fin de vie, ma mort m’appartient

décembre 2022, Incertitudes de Macron sur la fin de vie !

décembre 2022, Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

octobre 2022, L’ADMD et la Convention « fin de vie »

octobre 2022, Fin de vie et suicide, un débat actuel

octobre 2022, Fin de vie, le débat confisqué

octobre 2022, Débat «Fin de vie», noyé dans les parlottes

septembre 2022, Dilemme, mettre fin à la vie d’un proche

novembre 2021, Fin de vie, comparaison internationale

mai 2021, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

janvier 2020, Fin de vie à domicile, la galère

janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

novembre 2014, L’engagement 21 de François Hollande sur la fin de vie

juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

janvier 2014, Vincent Lambert, qui peut décider de sa fin de vie ?

Fin de vie, démographie et écologie Lire la suite »

Fin de vie, les médecins n’ont rien à en dire

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande le midazolam (distribué sous le nom d’Hypnovel) pour mettre en place les sédations profondes et continues jusqu’au décès. Mais ce puissant sédatif est exclusivement délivré par les pharmacies hospitalières, la potion magique n’est pas en vente libre. L’Assemblée nationale et Macron hésitent depuis des années à avoir un point de vue. En avril 2024, la ministre de la santé avait saisi la HAS pour connaître sa position sur la notion de « pronostic vital engagé à moyen terme », de six à douze mois. Les députés avaient remplacé cette condition par une autre : « le pronostic vital en phase avancée ou terminale ». Voici la position de la HAS rendue publique le 6 mai 2025.

la Haute Autorité de santé (HAS) :  L’examen de la littérature scientifique montre qu’il n’existe pas de consensus médical sur la définition du pronostic vital engagé à moyen terme, ni sur la notion de “phase avancée”. La « prédiction » du « pronostic temporel individuel » ne pouvant être déterminée « avec une certitude scientifique suffisante », tout médecin saisi d’une demande d’aide à mourir (euthanasie ou suicide assisté) d’un patient doit savoir apprécier « la subjectivité » de la personne souffrante, « seule légitime pour dire ce qui relève pour elle de l’insupportable ». Pour expliquer qu’une personne malade incurable vit plus ou moins longtemps, les « symptômes physiques ou psychiques », les « facteurs sociaux, la résilience individuelle très variable d’un malade à l’autre » sont déterminants. On peut définir la « phase avancée » « comme l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie ».

Le point de vue des écologistes (non)respectueux des malades

Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs : « A la lecture de la HAS, on ne peut plus dire que la PPL [proposition de loi] prévoit des critères précis, stricts solides pour évaluer la demande d’aide à mourir d’un malade. A quel moment un médecin considérera-t-il qu’une personne atteinte de la maladie de Charcot est dans une phase avancée ? Quand elle ne peut plus marcher, respirer, s’alimenter, parler ?

Pierre Robes :  » Il va y avoir, poursuit la présidente de la SFAP – contre l’aide à mourir –, des « conflits d’interprétation » entre médecins et malades. Pour qui se prennent-ils : les nouveaux prêtres ? La réponse de fond est la suivante : Le médecin est au service du malade et ses états d’âme, ses dogmes ou ses névroses personnelles n’ont pas à intervenir !

BR29200 : S’il y a des « conflits d’interprétation » entre les médecins et le patient, l’avis du patient doit prédominer.

MEKEDA : Quand on débute un Alzeimer, on est incurable. Quand on ne peut plus définitivement se déplacer ni effectuer seul les geste essentiels de la vie c’est incurable. Ceci jusqu’à la mort qui peut être lointaine. Plus on attend, plus grande est la souffrance pour soi et pour les proches. Toute loi au suicide légal qui ne prend pas en compte ce type de souffrance ne répond pas à la demande claire et exprimée de la population par la convention citoyenne sur laquelle les politiques et certains médecins s’assoient tranquillement.

BOUL : On ne demande pas une aide à mourir mais simplement qu’on ne vous empêche pas d’avoir accès aux produits nécessaires .

Fmo : Faudrait porter plainte contre les députés s’ils mettent des lois qui empêchent d’être aidés. Faut-il se pendre, se jeter sous un train ou s’immoler par le feu pour faire son dernier voyage ?

Kendiraton : La vie est une maladie mortelle, sexuellement transmissible, comme disait Woody Allen. Donc tous les vivants vont mourir un jour. Il serait bon qu’on leur permette de mourir quand ils veulent et comme ils veulent… quand ils en ressentent le besoin.

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Fin de vie, comparaison internationale

extraits : En 2001, le Conseil national suisse (chambre basse du Parlement) confirmait, par un vote, que l’assistance au suicide était possible dès lors qu’elle n’avait pas un mobile égoïste. Cette assistance au suicide, humaniste et compassionnelle, est celle que nous connaissons encore aujourd’hui, de l’autre côté des Alpes. Le 1er avril 2002, les Pays-Bas ont été les pionniers du soin ultime, en légalisant l’aide médicale à mourir ; le décret sur la fin de vie sur demande et le suicide assisté est entré en vigueur un peu plus tard. En mai 2002, la Belgique emboîtait le pas aux Pays-Bas en votant une loi relative à l’euthanasie, puis, en 2009, avec le vote de la loi luxembourgeoise sur l’euthanasie et l’assistance au suicide, les peuples du Benelux étaient réunis dans une même reconnaissance du droit individuel à rester maîtres de leur propre fin de vie. En France, la loi du 2 février 2016 ne s’applique que dans les dernières heures voire les derniers jours de la vie et laisse de côté les malades atteints de maladies neurodégénératives (Charcot, Alzheimer, Parkinson…)….

Nos textes antérieurs sur la fin de vie

janvier 2025, Fin de vie : François Bayrou dit non

juillet 2024, Éducation thérapeutique et fin de vie

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avril 2023, Convention sur la fin de vie, le manifeste

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octobre 2022, Débat «Fin de vie», noyé dans les parlottes

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novembre 2021, Fin de vie, comparaison internationale

mai 2021, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

janvier 2020, Fin de vie à domicile, la galère

janvier 2020, Fin de vie, prendre du midazolam ?

décembre 2014, Fin de vie, encore une mesurette de François Hollande

novembre 2014, L’engagement 21 de François Hollande sur la fin de vie

juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

janvier 2014, Vincent Lambert, qui peut décider de sa fin de vie ?

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Fin de vie : François Bayrou dit non

message de l’ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité

Le Premier ministre, François Bayrou, le mardi 21 janvier 2025, a annoncé son souhait que le texte de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie soit scindé en deux textes distincts. Le premier sur les soins soins palliatifs – le second portant sur l’aide active à mourir.

Pourtant les soins palliatifs comme l’aide active à mourir sont les deux aspects de la même prise en charge fraternelle des situations de fin de vie. L’ADMD sait aussi très bien que, dès lors qu’un premier texte de loi sur les soins palliatifs aura été voté, il n’y aura plus d’espace parlementaire pour discuter de la fin de vie.

Quoi que souhaite François Bayrou, la longévité de l’ADMD sera supérieure à celle de son Gouvernement. Nous écrirons cette loi de liberté avec ou sans lui…

Fin de vie : les britanniques disent oui

Les députés britanniques ont ouvert la voie, vendredi 29 novembre 2024, à la légalisation de la « fin de vie assistée » Le texte permet à toute personne de plus de 18 ans dont le pronostic vital est de moins de six mois d’obtenir l’aide des autorités médicales pour abréger sa fin de vie. Après feu vert de deux médecins ainsi que d’un juge de la Haute Cour, on doit pouvoir s’administrer la dose létale soi-mêmes.

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Éducation thérapeutique et fin de vie

extraits : La fin de vie met en jeu un processus de construction sociale du consentement. Cet acte terminal doit naître de la volonté du patient de choisir les conditions de sa mort. Mais qui consent à quoi ? Trop souvent, le consentement se résume à la signature d’un document manifestant l’approbation d’un patient à un traitement thérapeutique proposé par le médecin. Le risque est alors que l’éducation thérapeutique se réduise à l’effort du corps médical pour mener le patient vers le traitement recommandé par l’évolution de la maladie, sans porter une réelle attention à sa propre volonté. Subsiste en quelque sorte un héritage « paternaliste » au sein duquel l’autorité médicale prédominerait….

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Éducation thérapeutique et fin de vie

Fin de vie. Cet acte terminal doit naître de la volonté du patient de choisir les conditions de sa mort. Mais qui consent à quoi ? Trop souvent, le consentement se résume à la signature d’un document manifestant l’approbation d’un patient à un traitement thérapeutique proposé par le médecin, ce qui fait de celui-ci une personne passive, subissant un traitement, plutôt qu’un acteur de sa maladie et de sa trajectoire de soins. Le risque est alors que l’éducation thérapeutique se réduise à l’effort du corps médical pour mener le patient vers le traitement recommandé par l’évolution de la maladie, sans porter une réelle attention à sa propre volonté. Subsiste en quelque sorte un héritage « paternaliste » au sein duquel l’autorité médicale prédominerait.

La fin de vie met en jeu un processus de construction sociale du consentement.

Bernard Baertschi, Jean-Charles Duclos-Vallée et Antoine Glauzy : L’Académie nationale de médecine a pu émettre des réserves à l’égard de cette aide qui irait à l’encontre de la vocation du médecin et du serment d’Hippocrate. Mais aujourd’hui le code de la santé publique définit ainsi l’aide active à mourir :  la prescription à une personne par un médecin, à la demande expresse de celle‑ci, d’un produit létal et l’assistance à l’administration de ce produit par un médecin » (article 1, L. 1110-5-4). Notre projet, que nous appelons l’« éducation thérapeutique », réside dans la capacité des professionnels de santé à faire du patient un acteur autonome dans sa maladie, capable de se donner et de suivre sa propre règle. L’aide active à mourir nous invite alors à repenser non pas le consentement, mais la demande du patient. Rappelons que depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, la législation donne le droit aux patients de rédiger des directives anticipées, de faire entendre leur souhait de ne pas s’engager dans ce qui pourrait être un acharnement thérapeutique, et autorise une sédation profonde pour les malades en phase terminale. Malgré ces avancées, l’aide active à mourir n’est pas reconnue officiellement. Une perspective de changement implique de redéfinir le rôle du médecin qui ne se situerait plus dans une position de surplomb, mais comme un accompagnateur fournissant une « aide ».

La gravité du sujet rappelle que le médecin ne prend pas en charge une maladie, mais qu’il aide un patient à penser sa vie. Le médecin doit consentir au choix du patient de ne pas prolonger un traitement ou de l’aider à mourir.

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Fin de vie, Emmanuel Macron procrastine

extraits : Le pape ne se pas fait prier pour donner son avis sur l’euthanasie: « On ne joue pas avec la vie ! On ne joue pas avec la vie, ni au début ni à la fin… Aujourd’hui, soyons attentifs aux colonisations idéologiques qui vont à l’encontre de la vie humaine. Sinon ça finira avec cette politique de la non-douleur, une euthanasie humaniste. » De son côté le chef de l’État français, aux prises avec des interrogations personnelles et des considérations politiques, hésite, hésite, hésite…

Blocage palliatif sur la fin de vie

extraits : L’association ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été fondée en 1980. Dans un récent sondage commandé à l’Ifop par l’ADMD (octobre 2022), les Français expriment leur rapport à l’aide active à mourir.79% des Français se disent confiants dans un médecin qui se déclarerait favorable à l’euthanasie… Les spécialistes des soins palliatifs ne sont pas de cet avis !…

Serment d’Hippocrate et fin de vie digne

extraits : Serment d’Hippocrate ! Ce n’est pas un texte ancien, probablement rédigé au IVe siècle avant notre ère, maintes fois réécrit, n’ayant aucune valeur juridique, qui doit être brandi pour empêcher la légalisation de l’aide active à mourir. Signé de la main d’un seul homme, il n’est que le témoignage d’une époque où la médecine en était encore à ses balbutiements…

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Fin de vie, un historique synthétique de wiki

La fiche wikipedia sur la question de l’euthanasie est une source essentielle d’inspiration. En voici un résumé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Euthanasie

Le mot « euthanasie » apparaît pour la première fois dans Myrmiki, la dernière comédie de Posidippe (vers 300 avant J.-C.). Pour lui, l’euthanasie était le meilleur cadeau que l’homme pouvait souhaiter recevoir des dieux. En général, l’attitude des anciens Grecs à l’égard du suicide était positive

À l’époque classique (du IVe au IIIe siècle avant Jésus-Christ), les habitants de l’île de Kéa mettaient fin à leur vie après avoir obtenu le consentement de leurs concitoyens. Ils buvaient de la ciguë, l’acte était considéré comme héroïque.

Comme le note Platon dans le Phédon (vers 399 ), le philosophe Socrate a choisi la ciguë au lieu de l’exil, comme acte de bonne mort.

L’acte actuellement qualifié d’« euthanasie passive » était pratiqué dans la Grèce antique dans les cas de difformité. Dans La République (vers 374 ), Platon soutient le concept selon lequel les individus qui ne sont pas en bonne santé de corps et d’esprit doivent être abandonnés à la mort, pour le bien-être des citoyens et de la ville. Il s’oppose également à la prolongation de la vie pour quelque raison que ce soit, affirmant que la médecine ne devrait contribuer qu’à l’amélioration de la vie du patient

Le fait que les Grecs de l’Antiquité, en particulier les Spartiates, se débarrassaient régulièrement des nouveau-nés présentant des déficiences physiques visibles a été confirmé par l’histoire. Les nourrissons « déformé » n’étaient pas considérés comme odieux en soi, mais perçus comme indésirables au sein d’une structure donnée, compte tenu de l’idée philosophique grecque de symétrie et d’équilibre

Au Moyen Âge, l’Occident chrétien se préoccupe de la façon de mourir, mais dans la perspective du salut de l’âme. C’est ainsi que paraissent des traités du « bien mourir », comme le célèbre Ars moriendi, qui proposent de se préparer spirituellement au passage vers l’au-delà. La litanie des saints porte cette injonction : « De la mort subite et imprévue, délivrez-nous, Seigneur ».

Le concept d’euthanasie est décrit par Thomas More, dans son Utopie (Utopia, 1516), où il parle de volontary death, lorsque, « [à des] maux incurables se joignent d’atroces souffrances que rien ne peut suspendre ou adoucir ».

Le mot « euthanasie » a été réintroduit par le philosophe anglais Francis Bacon dans un texte de 1605 : « L’office du médecin n’est pas seulement de rétablir la santé, mais aussi d’adoucir les douleurs et souffrances attachées aux maladies ; et cela non pas seulement en tant que cet adoucissement de la douleur, mais encore afin de procurer au malade, lorsqu’il n’y a plus d’espérance, une mort douce et paisible . Les médecins n’épargneraient aucun soin pour aider les agonisants à sortir de ce monde avec plus de douceur et de facilité. »

Au XIXe siècle le sens s’infléchit, d’abord, sous l’influence de l’eugénisme dans le sens d’une élimination « douce » de populations « non désirables ». Le point culminant de ces pratiques d’euthanasie est leur première réalisation à grande échelle par le Troisième Reich : le programme Aktion T4. Ce programme aboutit à l’assassinat systématique de plus de 100 000 « aliénés » et handicapés. Ce dévoiement du terme (le programme ne visait pas à adoucir la mort ni à épargner des souffrances, et ses victimes n’avaient rien demandé) a parasité les débats sur l’euthanasie pendant toute la seconde moitié du XXe siècle.

Ce n’est que dans la décennie 1970, et dans le cadre de la lutte contre ce qu’on commence à nommer acharnement thérapeutique, que l’on revient à un emploi plus proche du sens initial. Dès lors que les progrès de la médecine dans la préservation et le prolongement de la vie ont connu des progrès décisifs, s’est posée la question des limites à poser aux pratiques de «maintien de la vie». Le paternalisme médical (où le médecin savait ce qui était bon pour le patient, et donc prenait seul les décisions médicales) a été graduellement abandonné pour mieux respecter l’autonomie du patient. En Belgique, la plupart des demandes d’euthanasie (2017) pour raisons dites psychiatriques concernent des personnes avec troubles de la personnalité, dépression, et syndrome d’Asperger. Le nombre d’euthanasies demandé pour ce motif est assez faible (40 sur 2000 demandes) mais néanmoins supérieur au nombre de demandes attendues par les professionnels de la santé.

La Cour européenne des droits de l’homme a été plusieurs fois saisie sur la question de l’euthanasie, notamment sur le fondement des articles 2 (droit à la vie) et 8 (droit au respect de la vie privée) de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Dans l’arrêt Haas contre la Suisse du 20 janvier 2011, la Cour consacre une nouvelle évolution dans sa jurisprudence, et affirme : « le droit d’un individu de décider de quelle manière et à quel moment sa vie doit prendre fin, à condition qu’il soit en mesure de forger librement sa propre volonté à ce propos et d’agir en conséquence, est l’un des aspects du droit au respect de sa vie privée au sens de l’article 8 de la Convention ». La Cour reconnaît dans cette décision, de façon conditionnée, une forme de droit à l’autodétermination quant à sa propre mort, autrement dit de « droit au suicide ». La Cour reconnaît l’existence de ce droit au suicide tout en fixant les conditions auxquelles elle est soumise à savoir : l’une relative à la qualité de la volonté (du discernement) de la personne concernée, l’autre à sa capacité d’agir en conséquence. La Cour a indiqué qu’il existait une obligation pesant sur les États de mettre en place une procédure propre à assurer qu’une décision de mettre fin à la vie corresponde bien à la libre volonté de l’intéressé…

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