À l’école des écrans, foutaise antihumaniste

Benjamin Lay, Lille (Nord)

« L’Éducation nationale se veut humaniste et écologistes. Dans ses programmes et instructions officielles, on y trouve donc des ambitions très hautes quant aux valeurs à transmettre aux élèves en matière de respect de droits de l’homme et de l’environnement. Mais l’Éducation nationale a surtout l’amour de la nouveauté et de la modernité.

Après avoir submergé les classes d’ordinateurs et de tableaux informatisés, après avoir rendu obligatoire la connexion des parents et élèves à des systèmes internet en remplacement des cahiers de texte ou des carnets de correspondance, voilà qu’elle fait la promotion de l’intelligence artificielle générative au mépris de son coût humain et environnemental tout en informant, de façon très contradictoire, que trop d’écrans nuit à l’intelligence et la santé mentale.

Elle impose des formations obligatoires sur ce sujet à ses enseignants, même à ceux dont je suis qui disent s’opposer à l’IAg pour les raisons humanistes et écologistes qu’ils sont censés transmettre à leurs élèves. L’Éducation nationale est devenu un rouage parfait de la « start-up nation » macroniste et du système techniciste, un monstre incohérent, aux discours et aux ambitions contradictoires, nuisible pour l’intelligence humaine et environnementale. Tout cela malheureusement avec la complicité servile ou fascinée par la modernité de la plupart des enseignants, des syndicats d’enseignants et forcément de toute la hiérarchie bien formatée de l’Éducation nationale… Heureusement que je suis bientôt en retraite… »

NB : Ce point de vue de Benjamin est issu du courrier des lecteurs du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026. Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes.

6 réflexions sur “À l’école des écrans, foutaise antihumaniste”

  1. La Décroissance

    – « NB : Ce point de vue de Benjamin est issu du courrier des lecteurs du bimensuel La Décroissance de mai-juin 2026. Nous recommandons la lecture de ce journal, les différents textes proposés devraient être connus de tous et toutes. » (Biosphère)

    J’en profite moi aussi pour faire de la pub pour Le journal de la joie de vivre. Et en même temps 1er journal d’écologique politique. C’est ainsi qu’il se présente, à très justes raisons. J’en recommande donc moi aussi la lecture. D’autant plus que ce numéro (224), pages 30-31, nous offre un débat… qui devrait intéresser certains. Plus exactement un «Regards croisés». Autrement dit quatre points de vue intéressants (parmi lesquels celui de Jacques Véron et celui d’Olivier Rey) sur l’épineuse question :
    – La dénatalité est-elle une bonne nouvelle pour la décroissance ?

    Peut-être Biosphère nous offrira t-il prochainement un article sur cette bonne nouvelle. 😉

  2. – « … l’Éducation nationale a surtout l’amour de la nouveauté et de la modernité. […] L’Éducation nationale est devenu un rouage parfait de la « start-up nation » macroniste et du système techniciste, un monstre incohérent, aux discours et aux ambitions contradictoires, nuisible pour l’intelligence humaine et environnementale. »

    Je rajouterais qu’Elle a toujours été un rouage parfait pour l’Ordre Établi.
    Autrement dit le Système. Qui de tous temps a toujours eu besoin de moutons et de bœufs, bien dociles et laborieux. Bien productifs et compétitifs, pour faire la Guerre. Et bêtes à bouffer de la paille, parce qu’ils le valent bien. Le Système qui aujourd’hui compte bien les remplacer par des robots.

    1. Didier BARTHES

      Ce n’est pas faux, néanmoins elle fut aussi longtemps dominée par un souci d’exigence intellectuelle et culturelle, cela ne me semble plus le cas.
      Elle est toujours en appui de l’idéologie dominante du moment, (comme dans de nombreux pays, imaginez ce qui se passe dans les dictatures) mais elle ne s’appuie plus sur la compétence et nous arrivons maintenant à une époque où les professeurs eux-mêmes ont été formés dans ce cadre sans exigence, laissant à quelques seuls établissements privilégiés et pour certains un enseignement de haut niveau. Ce n’est pas sain (et je n’appelle pas en cela à supprimer ces établissements mais à relever le niveau des autres).

      1. Un souci d’exigence intellectuelle et culturelle, certes. Mais qui cadrait parfaitement avec l’Ordre Établi. En tous cas qui ne mettait nullement le Système en péril. Le Système et ses valeurs de l’époque. La Famille, la Patrie, le Travail, l’Ordre, la Discipline, l’Autorité etc. Qu’apprenait-on à l’École au bon vieux temps ? Tiens-toi droit, écoute ton maître, marche dans les clous… pense modérément ! Nos ancêtres les Gaulois et patati et patata.
        Pourquoi nous apprenait-on à lire, écrire et compter aussi un peu ? Pour faire de nous de bons serviteurs (travailleurs, guerriers…) sachant lire les consignes et compter les cartouches.
        Et qui apprend-on aujourd’hui, à l’Ecole ?

        1. Didier BARTHES

          En étant plus exigeant (et beaucoup plus, j’insiste) sur le niveau intellectuel, on nous donnait les moyens de sortir de ce carcan idéologique (voyez l’auteur de Biosphère, trouvez-vous aussi que je me fonde dans la masse de la bienpensance actuelle ?) Je crois que ce n’est plus le cas.

        2. Oui Monsieur Barthès, je vous accorde tout ça. Moi même, si j’ai pu me défaire (un peu) de ce carcan, c’est déjà parce que j’ai appris à lire, à l’École.
          Et à compter aussi un peu. Seulement ce n’est pas Elle qui m’a appris à penser, ni vraiment réfléchir. Si ce n’est sur des problèmes de robinets qui fuient, de trains qui se croisent, de kilos à convertir en tonnes, de pertes et de bénéfices etc.
          Bref, l’indispensable pour faire de moi un bon petit rouage parfaitement intégré dans la Machine (Système). Et comme je n’étais pas trop cancre… par la suite ON m’a appris tout ce qu’il fallait pour faire de moi un bon petit mécano. Et en fin de compte, quand j’y pense… rien de plus ! Faut dire que je n’ai pas eu la chance (si c’en est une…) de faire les grandes écoles.

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