Donald Trump revendique haut et fort le sale petit secret au cœur de la géostratégie américaine depuis un demi-siècle : il n’y a pas de puissance sans contrôle de l’accès à l’énergie.
Ce secret de Polichinelle, l’Europe doit le regarder à nouveau bien en face. Les sources d’hydrocarbures de la mer du Nord ont commencé à se tarir il y a un quart de siècle. Pour échapper à la tenaille des deux « superpuissances » énergétiques que sont la Russie et les Etats-Unis, l’UE doit miser avec lucidité sur ses faibles sources domestiques d’énergie, renouvelables et nucléaire.
Matthieu Auzanneau : En 1970, les sources vieillissantes de pétrole conventionnel des Etats-Uni entrent en déclin. L’amorce de ce double tarissement de l’or noir classique sur le continent américain sur-détermine les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il coïncide aussi avec l’investissement cauchemardesque de la puissance américaine autour du golfe Persique, depuis la longue guerre Iran-Irak (autorisation du recours de l’Irak à l’arme chimique, « Irangate »…) jusqu’à l’invasion de l’Irak en 2003. L’ex-gouverneur de la Fed [la Banque centrale américaine] Alan Greenspan, affirmait : « Le pétrole est le seul mobile de la guerre d’Irak. » Le déclin du pétrole conventionnel n’a pas cessé de se poursuivre. Confrontée à ce phénomène naturel, l’industrie américaine cherche à partir des années 1980 à développer les sources non conventionnelles. On vise alors les pétroles lourds du Canada et du Venezuela. Exploiter ces bruts visqueux demande des investissements importants pour les traiter. La plupart des raffineries des Etats-Unis s’équipent alors pour traiter en particulier le brut « extra-lourd » vénézuélien, plus intéressant économiquement que les sables bitumineux canadiens.
En 1999, la prise de pouvoir du socialiste Hugo Chavez bouleverse ce plan de sauvegarde de l’industrie pétrolière américaine. Sur le continent américain, du Canada à l’Argentine, 40 % de la production mondiale de brut est à la portée de l’influence de Washington. En procrastinant sur ses objectifs climatiques de décarbonation, l’Europe, première importatrice mondiale de pétrole à égalité avec la Chine, s’est d’elle-même placée dans une position géostratégique terriblement vulnérable.
Le point de vue de Michel Sourrouille
Je supplie les partis politiques, et particulièrement les partis écolos, de prendre en compte notre situation de « guerres du pétrole ». Dans le livre de Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin « Pétrole, le déclin est proche », le pic pétrolier global « surviendra probablement durant la décennie 2020. Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. »
Le réchauffement climatique a occulté la réalité du pic pétrolier, mais cela fait une double menace qui pèse sur notre mode de vie futur. L’Union européenne est presque totalement dépendante de l’importation de ressources fossiles. La boulimie énergétique des USA accroît la concurrence sur ces ressources
J’avais organisé un colloque à l’Assemblée nationale le 25 janvier 2011 : « Pic pétrolier, quelles conséquences politiques pour 2012 ». A la tribune entre autres Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, Matthieu Auzanneau… devant un large public et plusieurs députés.
JM Jancovici ce jour-là (extraits) : « L’idée qu’on va pouvoir trouver des substituts à l’énergie fossile ou à l’uranium, c’est une chimère, ça n’existera pas. Aujourd’hui, pour faire un baril jour de pétrole conventionnel, il faut mettre sur la table 20 000 dollars de coût en capital. Pour les hydrocarbures non conventionnels, coal to liquids ou sables bitumineux, il faut 200 000 dollars. Dix fois plus de capital nécessaire, le coût en capital du déplacement des ressources fossiles représente des sommes astronomiques. Il faut donc investir massivement dans les économies d’énergie sinon le problème social sera dramatique…. »
Dès 2005, Yves Cochet pouvait parler de pétrole-apocalypse : « La hausse du cours des hydrocarbures ne sera pas un simple choc pétrolier, ce sera la fin du monde tel que nous le connaissons… Dans les pays industrialisés, l’alimentation du consommateur est le dernier maillon d’une chaîne agroalimentaire dominée par la délocalisation et la désaisonnalisé… Suite au pic pétrolier, les pays importateurs souffriront de pénurie, ce qui les entraînera vers l’effondrement économique et social. Où aller pour trouver à boire et à manger ? Nous n’avons plus de parents fermiers à la campagne chez lesquels nous réfugier comme nous l’avons fait au cours de la débâcle de 1940. Nous n’avons plus un ailleurs inexploré comme l’avaient jadis quelques hordes, émigrant massivement lorsque la pression démographique sur le territoire traditionnel dépassait sa capacité de charge écologique. Que nous restera-t-il hormis la violence ? Il n’existe qu’une demi-solution : la sobriété immédiate… »
En savoir plus grâce à ce blog biosphere
Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier
extraits : Nous sommes une société où l’information chasse la précédente, donc plus aucun événement n’a d’importance. Un jour on nous parle de la fonte des glaciers, c’est abominable, le lendemain de la mort de Johnny Hallyday, c’est atterrant, le surlendemain de l’extinction de la biodiversité, c’est catastrophique, et de temps en temps on s’immobilise médiatiquement sur des événements anodins… quand il n’y a pas un attentat terroriste. Autant dire que le pic pétrolier est derrière nous, on a déjà oublié que les ressources fossiles ne sont pas renouvelables. Misère, misère, trop d’informations tue l’information, tu l’intelligence, tue notre capacité à envisager l’avenir. Seuls quelques spécialistes de l’énergie lancent en vain un cri d’alarme par rapport à notre addiction à la merde du diable….
Lire, « Pétrole-apocalypse « d’Yves Cochet
http://biosphere.ouvaton.org/de-2005-a-2008/1119-2005-petrole-apocalypse-dyves-cochet
Sur ce blog biosphere, nous sonnons le tocsin depuis longtemps :
16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime
23 avril 2014, Le PIB va s’effondrer avec le prochain choc pétrolier
31 mars 2013, transition énergétique : rien sur le pic pétrolier !!!
10 décembre 2012, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI
25 février 2012, campagne présidentielle française et déni du pic pétrolier
6 février 2012, pic pétrolier, pic de la mondialisation, pic de notre civilisation
16 février 2011, le pic pétrolier vu par les politiciens
15 février 2011, le pic pétrolier vu par Yves Cochet
14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici
13 février 2011, le pic pétrolier vu par Bernard Durand
30 décembre 2010, Crise ultime et pic pétrolier
4 décembre 2010, tout savoir sur le pic pétrolier
25 novembre 2010, pic pétrolier, le commencement de la fin
6 novembre 2010, après le pic pétrolier, le pic charbonnier !
12 août 2010, la date du pic pétrolier
19 avril 2008, pic pétrolier (USA, Russie, etc.)
Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Groupe Local du libournais, 10 janvier 2026
Les empires carbofascistes veulent s’emparer des dernières ressources, l’accaparement se fait au bruit du canon. Nous entrons de plein pied dans le capitalisme de la finitude. L’exploitation du pétrole au Venezuela est un écocide. Notre monde amorce sa mue avec en toile de fond la militarisation des esprits. Nous assistons à l’apparition d’un fascisme d’un nouveau genre, le fascisme de la fin des temps. C’est le tournant libertarien et survivaliste du capitalisme. Oubliées les vieilles lubies coloniales consistant à apporter la démocratie ou la parole de Dieu, Trump entend accumuler des réserves en vue de l’effondrement de la civilisation.
– « Le chemin le plus probable est celui de la vassalisation. Mais l’Europe peut aussi montrer la voie de la sauvegarde du climat, tout en conquérant son autonomie stratégique face à un allié américain prêt à tout pour imposer sa « domination énergétique », nom officiel de la doctrine Trump en la matière. » (Matthieu Auzanneau – Tribune au MONDE)
La vassalisation, autrement dit ce néo-féodalisme dont j’ai déjà parlé.
Dans cette tribune, Matthieu Auzanneau (Shift Project) essaye donc de montrer à l’Europe cette fameuse voie. Celle de la sauvegarde du climat, de la souveraineté etc.
La Voie que l’Europe pourra ensuite montrer au monde entier. Rien que ça !
Mais déjà, quel poids le Shift Project a t-il sur l’Europe ? Sur ses dirigeants… d’ailleurs qui sont-ils ? Peu importe. L’Europe pourrait donc échapper à cette vassalisation, à condition… de miser avec lucidité (sic). Et il nous parle du « contrôle de l’accès à l’énergie » etc. (à suivre)
(suite) Miser, faire le pari…. bonjour les bookmakers. Avec lucidité ! Bonjour les extralucides.
Autonomie stratégique… bonjour les stratèges autonomes.
Contrôle de l’accès à l’Énergie … non mais, sérieusement !! Je suppose que M. Auzanneau sait parfaitement que l’accès aux autres ressources est tout aussi crucial. L’uranium pour le nucléaire n’en parlons pas, je pense surtout aux terres rares pour la (fumeuse) Transition.
Ce qui fait que je ne vois pas COMMENT la Décarbonation pourrait nous assurer cette fameuse souveraineté. Ni même être une voie vers la paix.
À moins, bien sûr, de redéfinir tous ça. La souveraineté c’est la vassalisation, la guerre c’est la paix etc. Bref, je persiste à penser que tant que nous nous obstinerons à chercher des voies (penser) dans le cadre du Système, nous ne ferons que tourner en rond.
Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
https://biosphere.ouvaton.org/blog/
Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
https://biosphere.ouvaton.org/
Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
Prière par vos commentaires de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.
– « Donald Trump revendique haut et fort le sale petit secret [de polichinelle] au cœur de la géostratégie américaine depuis un demi-siècle : il n’y a pas de puissance sans contrôle de l’accès à l’énergie. » (Biosphère)
C’est sûr que de ce côté là, le Cinglé est bien moins hypocrite que la plupart de nos politicards.
Pour être parfaitement cohérent avec sa politique (capitaliste, impérialiste, guerrière etc. etc.) il n’aurait jamais dû nous sortir ce fumeux prétexte de guerre aux narcotrafiquants. Tout le monde sait qu’il n’en a rien à foutre de ça, tout autant que de la misère des peuples opprimés, par les uns ou les autres. Non, tout ce qui l’intéresse c’est la Puissance ! La sienne bien sûr, misérable petit vieux, et là derrière la … « Grandeur de l’Amérique » !
Sauf que c’est pareil des autres côtés (Chine, Russie, Europe…) avec ces fous qui, eux-aussi, ne rêvent que de Puissance. Mon dieu qu’ils sont petits !
Alors bien sûr, Puissance et Énergie vont de pair. Moins d’énergie => moins de puissance.
Eh oui c’est comme ça, et alors où est le Problème ?
Et Michel Sourrouille supplie les partis politiques… Et moi je leur pose LA Question :
Mais nom de dieu POURQUOI faut-il à tout prix AVOIR le plus grand et le plus puissant des porte-avions, des pétroliers, le plus beau des bateaux, de plus haut des gratte-ciel etc. etc. ?
POURQUOI vouloir ÊTRE le plus grand, le plus beau, le plus fort, le plus puissant… et finalement le plus con ?