Cette semaine, du 7 au 13 avril 2025, nous consacrons chaque jour un article au pacifisme. Le principe « si tu veux la paix, prépare la paix » est en effet inséparable d’un engagement écolo. Une planète traversée par nos démonstrations guerrières ne peut pas être un monde agréable à vivre qui pourrait conserver des ressources naturelles préservées.
Parler de défense nationale est ambigu. Il peut en effet s’agir d’une défense par les armes, mais aussi d’une défense civile non violente. Quelques précisions :
https://www.irnc.org/IRNC/Qui_sommes-nous/Recherche_information/La_defense_civile_non-Violente
Il s’agit d’une politique de défense contre toute tentative de déstabilisation, de contrôle ou d’occupation de notre société, conjuguant, de manière préparée et organisée, des actions non-violentes collectives de non-coopération et de confrontation avec l’adversaire, en sorte que celui -ci soit mis dans l’incapacité d’atteindre les objectifs de son agression : l’influence idéologique, la domination politique, l’exploitation économique. En d’autres termes, il s’agit de rendre la société « insaisissable » ou « indigérable » par un agresseur, inexploitable économiquement, incontrôlable politiquement, « insoumettable » idéologiquement, et de dissuader l’agresseur de s’attaquer à cette société, car les coûts qu’il risquerait de subir seraient supérieurs aux gains qu’il pourrait espérer : c’est la dissuasion civile…
https://shs.cairn.info/revue-alternatives-non-violentes-2024-4-page-26?site_lang=fr
Histoire d’une notion. L’idée de dcnv a réellement pris son essor à une époque, les années soixante, où la course aux armements nucléaires commençait à faire peser de graves menaces sur la paix dans le monde. De nombreux ouvrages et travaux de recherche ont alors vu le jour, des conférences internationales ont été organisées et des gouvernements, en Europe, ont marqué leur intérêt pour cette stratégie de défense.Le philosophe britannique Bertrand Russell (1872-1970) est l’un des tout premiers à exposer l’idée d’une résistance non-violente concertée par une désobéissance généralisée contre une éventuelle invasion allemande de l’Angleterre. En 1915, dans un important article intitulé La Guerre et la non-résistance, Russell, inspiré par les thèses des Quakers et Tolstoï, défend cette option avec force tout en critiquant le recours aux armements. Gandhi commence à réfléchir aux possibilités d’une défense nationale par la résistance non-violente dès 1931….
https://www.alternatives-non-violentes.org/Revue/Numeros/213_La_Defense_civile_non-Violente
Dans les années 1970-1980, de nombreuses brochures puis des livres de qualité ont exploré la perspective d’une « Défense civile non-violente ». Pour préparer ce numéro spécial, une équipe de la revue ANV a revisité les écrits qui ont abordé dans le passé les perspectives d’une Défense civile non-violente (DCNV), mais elle a aussi considéré la perception actuelle des menaces, qui ont bien évolué. Puis elle a contacté, en France comme à l’étranger, des auteur·es pour penser tel ou tel aspect d’une DCNV. On a vite compris que « l’opération militaire spéciale » décrétée par Poutine risquait de durer, avec ses morts, ses blessés, ses destructions, etc. Comment encore espérer dans les potentialités de la non-violence pour qu’un autre désastre de ce genre soit évité plus tard, ici ou ailleurs…
Face aux risques de guerre en Europe, le Mouvement pour une alternative non-violente (Man), créé en 1974, croit à une alternative à la course aux armements : une politique de résistance citoyenne non armée en cas d’occupation. Explications d’Alain Refalo, le porte-parole du mouvement : « La stratégie de la défense civile non-violente repose essentiellement sur la non-coopération. Pour un agresseur militaire, l’occupation du territoire n’est pas l’objectif essentiel. C’est un moyen pour contrôler politiquement la société afin d’exploiter ses ressources économiques et de l’influencer sur le plan idéologique. Préparer la défense civile non-violente, c’est faire en sorte que la population, le gouvernement, les institutions, l’administration, le tissu associatif n’offrent aucune prise à l’agresseur qui veut s’emparer du pays. L’agresseur potentiel doit savoir qu’il se heurterait à une résistance opiniâtre et interminable, à des grèves, des manifestations, des sabotages… Toutes actions qui lui seraient coûteuses sur le plan économique, périlleuses pour sa politique intérieure et son prestige international…. »
La Défense civile non-violente est une notion peu commune, mal connue et sujette à des malentendus. Cet argumentaire retient dix objections adressées couramment aux partisans de la défense civile non-violente. Si les affirmations sont parfois abruptes, elles contiennent une part de vérité. Il ne s’agit donc pas de donner des réponses péremptoires, mais de fournir des éléments de réflexion pour le débat.
En savoir plus grâce à notre blog biosphere
Armée ou défense civile non violente ?
extraits : Une brochure de 100 pages éditée par « combat non violent » n°59-60 (mars 1975)« Armée ou défense civile non violente ». Avaient participé à la rédaction de cette étude 14 personnes, civils ou militaires, entre autres Jean-François Besson, Jacques de Bollardière, Jean Lasserre, Lanza del Vasto, Jean Toulat… des personnes qui ne sont pas connus aujourd’hui, à notre époque de réarmement militaire et d’abandon des causes justes….
Une version numérique de ce livre a été réalisée dont voici le lien :
https://fr.wikibooks.org/wiki/Arm%C3%A9e_ou_d%C3%A9fense_civile_non-violente_%3F
Militarisation de la défense nationale
extraits : Parler de défense nationale est ambigu. Il peut en effet s’agir d’une défense par les armes, mais aussi d’une défense civile non violente. Dans l’éditorial ci-dessous, on n’en parle qu’indirectement en parlant de « résilience de la population ». Pourtant nous avons de bons exemples de la validité des méthodes de résistance avec Gandhi, Martin Luther King ou Louis Lecoin. Cet aspect devrait constituer un moment fort pour nos 670 000 jeunes lors de la Journée obligatoire dite « Défense et Citoyenneté ». Ce n’est pas le cas actuellement, on ne peut même pas se déclarer objecteur de conscience lors de cette JDC qui s’apparente actuellement à une pré-conscription militaire. En d’autres termes, il faut opposer au principe « si tu veux la paix, prépare la guerre » le principe « si tu veux la paix, préparer la paix »….
Sébastien Lecornu et la défense civile
extraits : Le pacifisme avait encore de nombreux partisans dans les années 1970 avec la contestation des guerres au Vietnam et en Algérie. Aujourd’hui on ne parle que de réarmement militaire, on oublie complètement les avantages d’une défense civile non-violente. Dans son discours le 8 mars 2024 à l’École Polytechnique, Sébastien Lecornu rejetait toute référence au cosmopolitisme, il en est resté à des références patriotiques alors que nous devrions avoir conscience d’appartenir à l’ensemble de l’humanité et non pas à notre seule terre d’origine. Il manque à Lecornu la référence à Sol Gareth Davis, dit Garry Davis…

– « Parler de défense nationale est ambigu. » (Biosphère)
Certes. Mais une fois avoir clairement défini ce que nous entendons par cette « défense », et ce que nous en attendons, là il y a matière à discuter. Et ce n’est qu’à partir de là que le débat peut être constructif.
C’est ainsi que les Suédois ont opté pour ce modèle de « défense totale ». Et/ou que :
– « Les Espagnols ne rejettent pas non plus la légitime défense des Ukrainiens, mais ils n’aiment pas l’idée qu’une armée soit engagée dans une guerre, avec des connotations impérialistes. Par contre, tout ce qui est en lien avec des missions de paix, aide humanitaire, ou une catastrophe naturelle, il n’y a aucun problème. »
(Le service militaire obligatoire dans 3 pays d’Europe: l’Allemagne, la France et l’Espagne
– cidob.org 19 Mars 2025 – écouter l’extrait 7min sur rts.ch/audio)
( à suivre )
(suite) Ce qui est bien plus ambigu… c’est de parler de non-violence et/ou de pacifisme (l’objet de cette rubrique) comme nous le faisons ici.
Parce que s’il est relativement facile d’accepter son principe, quand il s’agit de passer à la pratique là c’est une autre paire de manches.
La non-violence est préférable à la violence, OK ! «Si tu veux la paix, prépare la paix», très bien ! Des pelles plutôt que des armes, super ! Roulez-vous des pelles plutôt que vous battre, faites l’amour pas la guerre, tout ça c’est bien joli et je signe de suite.
Et maintenant qu’est-ce qu’ON fait ? Et comment fait-ON pour mettre tout ça en pratique ? Sérieusement… pouvons-nous attendre voire exiger de l’Armée qu’elle explique tout ça aux jeunes lors de cette JDC (demi-journée) ?
Plus concrètement, que répondre à cette question :
– Mais que fait-on aujourd’hui face à Poutine ? (Didier BARTHES 7 avril 2025 à 10:29)
( à suivre )
(suite et fin) Ben oui. Et j’estime que Monsieur Barthès mérite autre chose comme réponse que celle de Parti d’en rire à 12:14. Sans parler de celle qui précède et qui ne répond évidemment pas à sa question, misère misère !
Je l’ai pourtant évoqué, le problème (la question) porte sur les limites.
Et là encore, ce n’est qu’après les avoir clairement définies, et fixées, qu’il y aura alors matière à discuter. Sinon nous ne faisons qu’entretenir des ambiguïtés, des paradoxes, des incohérences… et donc des incompréhensions, des moqueries etc. Bref, rien qui pourrait faire beaucoup avancer l’intelligence collective. Par exemple, comment peut-on se dire non-violent et en même temps être pour la peine de mort ?
« Par exemple, comment peut-on se dire non-violent et en même temps être pour la peine de mort ? »
Ceux qui s’opposent à la peine de mort, colportent et propagent la violence, car vous relâchez des criminels qui vont récidiver ! On voit d’ailleurs la guerre des gangs comme à Marseille et bien d’autres villes, où mêmes les habitants qui n’ont rien à voir avec les trafics peuvent se faire tuer par des balles dans leur appartement !!!
Lire article du Monde intitulé : « A Marseille, la jeune femme touchée par balle dans son appartement à la suite de tirs contre un point de deal est morte »