Afghanistan, la question migratoire en jeu

Avec des menaces aussi visuellement impressionnantes que le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001, on avait perdu tout sens des proportions et on avait réagi avec démesure. Le nombre total de morts par ce genre de terrorisme dans les pays riches est en effet marginal par rapport aux victimes directes et collatérales des interventions militaires occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali… Maintenant on se retrouve incapable de gérer les flux migratoires afghans et l’éditorial du MONDE devient circonspect. En résumé :

« Aucun responsable politique ne saurait esquiver les questions de souveraineté et de gestion des frontières. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République », dispose notre Loi fondamentale (constitution du 27 octobre 1946). Mettre en œuvre concrètement un droit d’asile qui protège « toute personne craignant avec raison d’être persécutée », notamment « du fait de ses opinions politiques », en vertu de la convention de Genève de 1951, suppose d’accepter la difficile distinction entre réfugiés et migrants économiques. Ce qui exclut l’ouverture pure et simple des frontières que défendent certains à gauche… »

Pour en savoir plus avec les contributions sur lemonde.fr  

Jef 974 : Je ne compte plus les pays où on se bat sur son propre sol contre les envahisseurs ou contre des mauvais gouvernants : pourquoi accréditer qu’aujourd’hui, face à des situations difficiles internes, l’exil serait la seule réponse ?

Dominique Deux : Défendre une cause juste avec des arguments controuvés est contre-productif. La citation, récurrente sur ce sujet, de la Constitution de la IV° République n’est pas pertinente, puisqu’elle a été remplacée par la Constitution actuelle (4 octobre 1958). Or celle-ci, en son art. 53-1, dispose que « les autorités de la République ont toujours le DROIT de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté(…) ».

Kemyquedes : Le demandeur n’a aucun DROIT, c’est la république qui PEUT donner asile, rien ne la force ! Et il est bien précisé : « en raison de son action en faveur de la liberté », là j’aimerais bien savoir ce qu’on fait tous ces afghans pour défendre la liberté ??? ils se sont enfuis !! c’est ça défendre la liberté?? OU « qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » alors là, c’est open bar, tout est laissé à l’appréciation de quelques personnes qui selon leur couleur politique seront soit très gentil/méchant/juste !

Michel SOURROUILLE : Comment parler sereinement des migrations du point de vue écologique ? Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » On ne peut que souligner le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Le philosophe Balibar estimait d’ailleurs qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même ». Combien de personnes sont des migrants potentiels, combien la France peut-elle en accueillir ? Cela se discute, démocratie oblige. En politique, le pragmatisme l’emporte nécessairement sur un humanisme désincarné.

Ricardo Uztarroz : Tiens donc Le Monde n’amorcerait-il pas un virage une virage à 180° puisqu’il estime désormais que la question migratoire est légitime et qu’il ne faut pas l’esquiver ? Donc le débat n’est plus un scandale. Le droit d’asile politique est très restrictif, il ne peut pas être distribué à tous vents si on veut qu’il soit une réelle protection pour le bénéficiaire.

Peps72 : Cet Edito mentionne 3 fois le mot « concrètement » sans jamais parler des conditions concrètes d’accueil de ces migrants. Notamment le nombre de logements disponibles, le coût, et le conditions d’accueil dans les écoles et les différents centre sociaux.

Rémont : Pour comprendre la difficulté du problème, imaginons la situation inverse. Des milliers de gilets jaunes, voulant échapper à la dictature qui sévit actuellement en France, s’envolent sans papiers pour…mettons le Tadjikistan. Arrivés à Douchanbé, que font-ils? Où logent-ils? S’ils ne parlent pas le tadjik, ce qui est assez vraisemblable, comment se débrouillent-ils? Quel travail va leur procurer un revenu? Comment seront-ils reçus par l’administration et la police?

Solon01 : Et si tous les persécutés du monde demandent l’asile que fait-on ? Il faut parler en millions, en centaines de millions, voire plus. Le Monde a la bonne réponse yaka fokon comme d’habitude ?

Wyz : Pour l’instant, sur les quelque 30 millions de personnes réfugiées hors de leur pays de naissance, seuls 14% se trouvent dans des pays riches, alors on a de la marge

SOSS : L’accueil inconditionnel des persécutés est une obligation morale qui ne peut faire l’objet d’aucune discussion.

Erdos4ever : Vous pourrez expliquer « l’inconditionnalité de l’accueil » aux 8.5 millions de Suisses face aux 900 millions de candidats à l’émigration vers la communauté helvétique. Après tout, ils y ont tous droit, et au diable la logique et le réel !!!

Parisien : Problème (vous avez dix minutes) : « le droit d’asile est inscrit dans notre Constitution. » 2/3 de l’humanité est en droit de demander l’asile en France. Résoudre le problème en deux coups de cuillère à pot.

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7 réflexions sur “Afghanistan, la question migratoire en jeu”

  1. Globalement, tous pays développés confondus et tous pays d’émigration également confondus, il y a très nettement beaucoup plus de gens qui veulent venir que nos pays ne peuvent en accueillir.
    D’autre part, déjà dans beaucoup de nos villes, banlieues et même parfois campagnes, le remplacement est effectif, et les personnes de souches françaises sont minoritaires, oui, je pense que cela pose problème. D’autant que le différentiel de taux de fécondité aggravera le déséquilibre, les écoles des banlieues des grandes villes en attestent de manière évidente.

    1. Globalement, je pense que les gens veulent vivre «chez eux», là où ils sont nés, ont grandi, là où ils ont leurs racines. Le «grand remplacement» est un mythe, entretenu par qui on sait. Les immigrés posent problème comme en posaient les italiens et les espagnols il y a quelques décennies. Cela pose surtout problème à ceux qui sont encore à considérer comme étranger celui qui n’est pas né et n’a pas grandi «chez eux». Du côté de «chez moi», pour certains, si vous n’êtes pas de la vallée vous êtes un étranger. Le taux de fécondité est un faux argument, en 2019 L’Ined estimait que l’apport des immigrées au taux de fécondité de la France n’était que de 0,1 enfant par femme. D’autre part on sait que ce taux de fécondité chez les immigrés rejoint très vite celui du pays.

      1. Didier Barthès

        Mais êtes-vous déjà allé à la sortie d une école de nos banlieues de grandes villes ?
        D’autre part, la culture européennes des générations immigrées antérieures ne s’opposait pas à celle de la France comme c’est le cas pour l’immigration d’aujourd’hui.

        1. Eh oui, du côté de nos banlieues de grandes villes, comme par hasard. Par contre du côté d’Auteuil, Neuilly, Passy no problem. Ben voyons.

        2. Mais êtes-vous déjà allé à la sortie d’une école dans un petit village ? Ben non, puisqu’il n’y a plus d’école. Fermées, les petites écoles ! Manque d’effectifs. Pourtant c’est bien connu, l’école ferme, puis les petits commerces, résultat les petits villages crèvent. Et des régions entières. Alors certains avancent l’idée que yaca faire venir ces familles immigrées. Oui mais voilà, le «Bon Français» n’en veut pas. Pas «chez lui» en tous cas ! Et puis c’est quoi la culture de la France aujourd’hui ?

  2. Il y a des phrases toutes faites pour botter en touche. Par exemple « c’est la nature humaine », qu’on peut traduire par « ainsi soit-il » ou « inch Allah ».
    « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » est du même genre. Une fois qu’on a dit ça le débat est clos. Clore le débat, c’est ce que fait Erdos4ever avec ses 8.5 millions de Suisses face aux 900 millions de candidats à l’émigration vers la communauté helvétique. Ou encore Solon01 ainsi que ce Parisien avec leur question et leur «problème» à la con. Ces bougres d’ânes font comme s’il n’ y avait que la France ou la Suisse qui étaient tenues d’accueillir des êtres humains en danger.
    Or sous une forme ou une autre, sur terre comme sur mer, la Loi demande à chacun de porter secours à une autre personne dont la vie est en péril. Nos lois donc, et puis la morale, issue de telle ou telle culture ou religion, nous ne devrions même pas avoir besoin d’en discuter.

    1. Seulement avec le nihilisme tout fout le camp. Nous observons ça tous les jours, les exemples ne manquent pas. Souvenons-nous de l’Aquarius, des questions que ce bateau a soulevées. Aujourd’hui il n’y a plus rien de solide sur lequel s’appuyer, si ce n’est le Pognon et autres futilités du genre, bien sûr. On estime avoir le DROIT d’aller foutre le bordel chez les Autres, de les exploiter et les voler au passage, si besoin de les faire venir « chez nous » pour nous servir, faut dire que ça ne date pas d’hier. Quant à nos DEVOIRS dans l’autre sens : « qu’ils se démerdent ! » Mais bien sûr on ne peut pas le dire comme ça, ce ne serait pas politiquement correct. Misère misère !

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