« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée.
– Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée.
– Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme.
– Pour décider de sa propre mort, on peut choisir les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de sa vie.
L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.
Le médecin et porte-parole de l’association « Le Choix-Citoyens pour une mort choisie », Denis Labayle, retrace l’histoire des récents débats parlementaires concernant la fin de vie et s’interroge sur le retard de la législation française en la matière, comparativement à nos voisins européens.
– Le droit pour le malade de refuser les traitements est déjà affirmé en 2002 dans la loi Kouchner. La loi Leonetti de 2005 avait rappelé l’illégalité de l’acharnement thérapeutique, déjà affirmée dans le code de déontologie médicale. Elle avait insisté sur l’importance du développement des soins palliatifs, mais s’était refusée à aborder le droit à l’aide active à mourir.
– La loi Claeys-Leonetti de 2016 rappelle les principes déjà adoptés dans la loi de 2005, mais refuse d’aborder réellement le droit à l’aide active à mourir. La « sédation profonde et continue jusqu’au décès » ne fait qu’aboutir à des agonies prolongées et inutiles.
– Il fallut attendre le 8 avril 2021 pour que le député de Charente-Maritime Olivier Falorni profite d’une « niche parlementaire » pour ouvrir le débat sur l’aide active à mourir. A plus de 80 %, les députés votèrent le premier article de son projet portant sur le droit à une aide médicale à mourir. Hélas, 4 000 amendements déposés par une poignée d’opposants empêchèrent le projet d’être mené à bien.
– Le président de la République s’est alors contenté d’une convention citoyenne qui mit près de deux ans à se mettre en place. Cette convention a confirmé à 75 % le choix des Français, proposant soit le suicide assisté comme en Suisse, soit l’aide médicale assistée comme en Belgique, soit les deux. La loi était sur le point d’être adoptée, mais la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 fut décidée quelques jours à peine avant le vote.
Denis Labayle : « Pourquoi, alors que nous avons l’arrogance d’être des pionniers de la liberté, accusons-nous un tel retard, quand nos voisins ont évolué avant nous depuis de nombreuses années ? Pourquoi la France, qui se dit le pays des droits de l’homme, la nation des libertés, refuse-t-elle d’accorder aux malades cette ultime liberté ? »
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22 mars 2025 : Yannick Neuder ne veut pas de l’aide à mourir
extraits : L’acharnement thérapeutique offert à tous et toutes pour mourir dans le meilleur des mondes technologisés ! C’est l’intime conviction de ce ministre de la santé Yannick Neuder. Pour arriver à ses fins, il dissocie la fin de vie entre les soins obligés d’un côté et la liberté laissée à chacun de l’autre. On peut très bien inverser le raisonnement de Neuder : si les demandes de mort médicalement assistée étaient accessibles pour tous et partout, la demande de soins palliatifs deviendrait anecdotique. De toute façon les soins palliatifs existent déjà, ils n’ont pas besoin de loi ; il suffit que l’État donne vraiment les moyens nécessaires aux USP, ce qui n’est pas le cas….
7 juin 2024, L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?
extraits : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. »….
L’aide active à mourir gagne du terrain
extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : « A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….
Canada, le droit à mourir comme soin ultime
extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

– « … comparativement à nos voisins européens. […]
Pourquoi, alors que nous avons l’arrogance d’être des pionniers de la liberté, accusons-nous un tel retard, quand nos voisins ont évolué avant nous depuis de nombreuses années ? » (Denis Labayle)
Pour tout et n’importe quoi, ON aime bien nous (ou se) comparer aux voisins. Comme si les voisins étaient une référence, un modèle à suivre… comme s’ils étaient plus malins que nous, etc. etc.
Mais que vaut cette comparaison, notamment quand ON nous la vend comme un argument ?
En fait il s’agit d’un sophisme (ou d’un truc du même genre) qui ne vise qu’à nous dispenser de réfléchir. Mieux… nous dicter ce qu’ON se doit de penser. Et donc de faire.
Puisque les voisins le font… alors il faut le faire ! (Faire comme les voisins : hi han !)
– « Nos voisins européens… » : l’argument bancal des néolibéraux »
(mrmondialisation.org 5 septembre 2025)
– « Pour décider de sa propre mort, on peut choisir les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de sa vie. »
Si ON peut parler là d’un choix… ON peut aussi choisir de faire ça comme un… grand.
Entendez par là, comme celles et ceux qui n’ont pas eu besoin qu’ON leur tienne la main pour en finir. Et là ce ne sont pas les moyens qui manquent, le choix est large.
Alors oui je sais, ON va me parler de celles et ceux qui voudraient bien… mais qui ne peuvent point. ON connait ma position. J’ai dit X fois que nous étions assistés de tous les côtés.
Freinage et direction assistés, assistance dépannage, Europe et Mondiale Assistance, assistance sociale, assistance juridique, etc. etc. etc. Certains pourront même rajouter qu’avec l’assistanat… ON n’est finalement qu’un peuple d’assistés. Sans oublier l’assistance, ou l’aide, à la réflexion. Qui elle ne sert qu’à nous dicter ce qu’ON se doit de penser.
» J’ai dit X fois que nous étions assistés de tous les côtés »
Si tu te trouves trop assistés, alors arrêtes de voter à gauche ! Ne sois pas hypocrite !
D’abord, ce que tu racontes là n’a aucun rapport avec l’article à commenter.
Ensuite, depuis le temps tu devrais savoir ce que je pense des élections.
Et puis si tu veux m’aider à mourir de rire, continue comme ça à m’assister.