Analyse du cycle de vie et écoblanchiment

Le cahier « Eco&entreprise »* aborde l’économie circulaire et la stratégie des « R », recyclage, réemploi, réparation, réutilisation. Mais, loin des analyse de Serge Latouche sur la nécessaire décroissance, il s’agit de « verdir l’appareil productif pour retrouver la croissance ». Autant dire que les différents journalistes impliqués dans ce dossier ne savent pas encore que l’idéologie de la croissance va se heurter aux limites de la Biosphère. Pourtant 62 milliards de tonnes de ressources (minéraux, bois, métaux, combustibles fossiles et biomasse, matériaux de construction) extraites chaque année dans le monde, ce n’est pas rien. Une augmentation de 2,5 % par an en moyenne depuis 25 ans, ce n’est pas durable : les coûts d’extraction ne peuvent que monter en flèche.

Les entreprises qui disent en prendre compte ne font que du greenwashing, de l’écoblanchiment. LE MONDE joue ce jeu trouble et ne cite pour l’écoconception que des énormes entreprises vouées à disparaître prochainement comme Renault, Michelin, Airbus ou Vinci. L’analyse du cycle de vie (ACV) apparaît au détour d’une phrase sans être défini. Rappelons que l’analyse du processus de production d’un bien ou service doit, pour en réduire l’impact sur l’environnement, tenir compte non seulement de la consommation de ressources, mais aussi de la durée de vie du produit et de la destination finale des déchets. Cela inclut de considérer à la fois : l’extraction et la mise en œuvre des matières premières ; la production, le transport et la distribution ; l’utilisation, la réutilisation, la réparation ; le recyclage ; le traitement final. Il est donc nécessaire d’inclure aussi toute l’énergie utilisée durant le cycle de vie. L’ACV est aussi nommée du berceau au berceau. On ne doit pas confondre cette analyse avec « le cycle de vie des produits » (selon Vernon) qui comporte 4 phases (lancement du produit, décollage, maturité, déclin) et qui caractérise parfaitement bien la société de croissance et du non durable.

Rappelons que plus tu consommes de produits peu élaborés et de proximité, plus court est le cycle de vie des produits, moins la planète souffre. Rappelons que l’avenir sera fait non seulement avec des « », mais aussi avec des « Dé ». Rappelons que notre lexique est à votre disposition.

* LE MONDE du 11 décembre, Le cercle vertueux de l’économie circulaire

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1 réflexion sur “Analyse du cycle de vie et écoblanchiment”

  1. Pour l’instant la tendance est au tout dernier téléphone 4G (ce que viendra confirmer la gabegie de Noël). Toute mise en garde finissant dans le tonneau des Danaïdes, je ne vois qu’une crise carabinée pour calmer la fièvre…

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