L’occupation de la France lors de la seconde guerre mondiale a évité un grand nombre de morts. Le maréchal Pétain avait demandé aux troupes françaises de cesser le combat. Charles de Gaulle, réfugié en Angleterre, lui répond le lendemain à la BBC par l’appel du 18 juin 1940 : « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Rien n’est perdu pour la France. » Il donnait ainsi son blanc seing à la résistance armée. Mon père croyait bien faire en voulant rejoindre l’Angleterre par l’Espagne. Il a été arrêté, envoyé en camp de concentration (Konzentrationslager). Il a donc été victime des injonctions d’un militaire réfugié à l’étranger, le général de Gaulle .
Pour quels motifs ? De Gaulle explique : « Je pensais que c’en serait fini de l’honneur, de l’unité, s’il devait être entendu que seule la France aurait capitulé. Car dans ce cas, quel que dût être l’issue du conflit, le dégoût que le pays aurait de lui-même empoisonnerait son âme et sa vie pour de longues générations . »
Comme si la France était une entité historiquement stable et culturellement homogène. Comme si l’occupation de notre pays était une tare alors que les Français ont colonisé bien des territoires à l’étranger. Le patriotisme n’est qu’un leurre qu’on agite pour envoyer des gens à la mort ou dans des camps.
En 1958, mes parents m’ont fait prendre l’allemand première langue dès mon entrée en 6ème. Ils pensaient qu’on pouvait se ressentir à la fois comme Français et Allemands, Européens en somme ! Dans la France occupée, j’aurais aussi appris l’allemand, quoi de différend ?
Contrairement à la grande boucherie qu’a constitué la première guerre mondiale, les « morts pour la France » ont été très peu nombreux lors de la seconde. La Shoah a existé, mais uniquement à cause de la passivité de la population française et de la collaboration des autorités avec un système de ségrégation mortifère. Et l’extrême droite n’a pas été éradiquée suite aux sacrifices des combattants pendant les guerres mondiales, elle a au contraire prospéré jusqu’à gagner aujourd’hui des victoires par les urnes. Certes une dictature peut perdurer, mais cela ne dure que si les citoyens font preuve de soumission volontaire. Aucune dictature n’est éternelle, d’autant plus qu’elle repose le plus souvent sur une seule personne, Hitler, Staline, Poutine, etc. Des mortels eux aussi, même s’ils ne s’en rendent pas compte. Le pouvoir absolu rend aveugle.
Le principe le plus fiable socialement reste toujours depuis l’origine de notre espèce celui du pacifisme : « Si tu veux la paix, prépare la paix. » Opposé à l’usage collectif des armes, j’ai obtenu le statut d’objecteur de conscience au début des années 1970. J’ai été insoumis à l’illégitime affectation à l’ONF (Office national des forêts). J’avais appris à résister à l’injustice, à toutes les injustices, dans un groupe d’action non violente à Bordeaux. José Bové était dans le même groupe que moi, il a montré par la suite sa capacité de résistance. Résister s’apprend, résister se pratique. Un pays composé d’objecteurs de conscience ne ferait plus la guerre. Un pays qui consacrerait l’argent des contribuables à l’apprentissage de la défense civile non-violente n’offrirait aucune prise à l’envahisseur qu’on recevrait les mains ouvertes mais l’esprit combatif.
Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir, un gouvernement pro-Poutine aurait été mis en place, mais il n’y aurait eu aucun mort. Le problème n’est pas l’absence temporaire de démocratie réelle dans un pays, mais l’inertie des peuples. L’esprit de fraternité aurait pu sur la durée renaître en Russie malmenée et en Ukraine occupée. De toute façon toute forme de dissuasion n’est efficace qu’à condition que l’adversaire soit relativement raisonnable. Des dirigeants peuvent se lancer dans des entreprises parfaitement démentielles, ils peuvent mener une guerre d’extermination, réaliser un génocide, déporter en masse, lancer des bombes nucléaires.
Llaissons la soldatesque à ses fantasmes, elle n’existe que parce qu’on la laisse faire.
Michel Sourrouille (né en 1947)
l’Appel du 18 juin 1940 (résumé)
Les Chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Mon commentaire
Le général de Gaulle s’exprime comme un militaire qu’il est. Aucune pensée pour les civils, uniquement appel aux militaires. Une victoire ne se gagne que par des moyens mécaniques : chars, avions… Parfaite illustration de l’adage guerrier : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Il faut le rejoindre, il faut résister même vaincus, il faut se sacrifier sous son drapeau.
Il nous faut penser autrement : « Si tu veux la paix, prépare la paix. » Si nous étions tout objecteurs de conscience, il n’y aurait plus d’armée, il n’y aurait plus de guerre…

Ce qui est écrit sur de Gaulle et la Résistance, comme ce qui est écrit sur l Ukraine est dur à lire . A quel point de confusion cet auteur en est il ?
A t il la moindre idée de la violence absolue du nazisme et du poutinisme?
Il oublie que bien des gens sont morts en sachant pertinement qu ils ne sortiraient pas vivants de leur action résistante. Ils et elles l’ont fait précisément « pour l’honneur »et « pour la liberté ». La leur, dans leur acte même , celle des autres demain.
La propagande de Pétain a largement utilisé le concept de « terrorisme » dans ce sens. Et poutine de même. Que cet auteur revois Shoah et il verra que la liberté et la paix , necessitent la défense , les armes , la guerre si il le faut . On n’échappe pas à la réalité.
Réponse à Michel Sourrouille (16:50 – 16:52)
Personnellement, j’ai très bien compris que vous ne nous appelez pas à crier « Vive Pétain ! ». Seulement, à la lecture de votre texte, voilà donc ce à quoi ON en arrive à penser.
Le fond du problème, que vous tentez là de nous faire voir, je pense le voir clairement.
C’est le problème de tous les dilemmes. Ici donc, résistance armée ou civile ?
Le problème, c’est que nous aurons toujours mille raisons de ne pas être d’accord, entre nous. (tous ensemble tous ensemble). Et de nous déchirer au lieu de nous battre, contre l’ennemi.
De nous battre avec des armes, ou avec des mots, peu importe. (à suivre)
– « […] Mais pour vaincre Adolf Hitler et les nazis, il allait bien falloir faire parler les armes. Le combat était inéluctable, seul son calendrier divisait les mouvements résistants. Fallait-il passer à l’action immédiate à la manière d’une guérilla ou attendre le débarquement des Alliés? Ce grand débat, qui a divisé la Résistance, s’est même poursuivi des décennies après la guerre. […]
Depuis Londres, le 23 octobre 1941, le général de Gaulle prend la parole. Tout en légitimant l’action des résistants, il leur demande de suspendre l’action armée. »
(Combattre ou attendre: le dilemme stratégique qui a déchiré la Résistance – slate.fr)
Comme quoi ce n’est pas si simple que ça.
Tout n’est finalement qu’une question de … stratégie. Ne serait-ce déjà que pour combattre les idées pourries (lire à 17:04 et 17:09), quelle est la meilleure stratégie ?
J’ ai les plus sérieux doutes sur la possibilité d’ une nouvelle guerre à moins que maboul 1er et ses UEcrates mondialistes associés ne décident de déclarer la guerre contre la Russie :
ce taré se croit invincible car il est soutenu par merzkel , nick starmer et von der salope .
Il ferait bien de se rappeler que les russes sont alliés aux chinois , possèdent des milliers de têtes nucléaires et surtout ont l’ expérience de la guerre depuis la guerre en Ukraine .
La seule guerre qui devrait avoir lieu serait civiloethnique et nous opposerait à l’ envahisseur afromuzz qui sera remigré de force après sa défaite inéluctable
Souvenons – nous des mots de G.Colomb le socialo qui disait :
« Aujourd’hui, on vit côte à côte , je crains que demain on vive face à face »
Le fond du problème posé par mon texte, c’est de savoir définir les modalités d’une résistance : armée ou civile ?
Comme le montre l’invasion de l’Ukraine, la guerre nous mène dans un engrenage de violence, de destructions et de morts. Comme nous le montre la comparaison des deux guerres mondiales pour la France, soit la1ère guerre et sa boucherie, soit subir l’occupation avec la seconde pour éviter l’engrenage de violences. Cela ne veut certainement pas dire « soutien de Pétain ».
Cela ne veut pas dire absence de résistance, mais actions non-violentes, désobéissance civile, appels à la démocratie et aux libertés comme le font certains Russes contre Poutine. La France est depuis longtemps occupée par les capitalistes, ce n’est pas pour cela que syndicats et travailleurs ne font pas preuve de résistance. (à suivre)
(suite) Quant à De Gaulle, c’est avant tout un militaire ; son seul principe, « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Il s’est toujours comporté comme un gradé avide de combats et donc de victimes. Lors de la première guerre mondiale, il s’est retrouvé prisonnier, mais pas dans un camp de concentration ! Lors de la seconde il a été un jusqu’au-boutiste malgré la défaite ; il n’a pas compris qu’un pays occupé n’était pas un pays vaincu, on pouvait faire appel à la capacité humaine d’évoluer dans le bon sens avec le temps. Pour l’Algérie, il a été colonialiste le plus longtemps qu’il a pu. Quant à la dissuasion nucléaire dont il a été le promoteur, il faisait encore une fois bien peu de cas des victimes potentielles, surtout civiles dans ce cas.
En résumé Charles de Gaulle a été un anti-pacifiste nationaliste qui ne pense qu’à la guerre au nom d’une prétendue « grandeur de la France ». (à suivre)
(suite et fin) Quant au déroulé de la résistance armée en France contre le régime hitlérien, il faut reconnaître que sans l’intervention extérieure des Alliés, nous serions devenus une région de l’Allemagne. Des résistants armés dans un régime dictatorial n’ont aucune possibilité de sauver la démocratie : soit ils sont pourchassés et fusillés, soit ils se retrouvent dans des camps de concentration. Les Ukrainiens résistent militairement à Poutine uniquement parce qu’ils sont obtenu de l’Occident des armes et des moyens logistiques. Les Russes sont obligés de soutenir « l’intervention extérieure », sinon ils se retrouvent assassinés en prison.
Il est difficile dans un contexte de militarisation des esprits de comprendre qu’au principe « si tu veux la paix, prépare la guerre », on peut répondre « si tu veux la paix, prépare la paix ». Certes les méthodes de la désobéissance civile n’ont pas d’effet immédiat, mais c’est la seule stratégie qui évite des morts inutiles.
– « Mon commentaire [à l’appel du général de Gaulle] Le général de Gaulle s’exprime comme un militaire qu’il est. Aucune pensée pour les civils, uniquement appel aux militaires. [etc.] » (MS)
Mon commentaire, à ce commentaire de Michel Sourrouille. D’abord cette question :
– Les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement sont-ils des militaires ?
Quoiqu’il en soit, cet appel historique se termine par ces mots : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »
Et en effet, de Gaulle n’en est pas resté qu’à ce seul appel. (à suivre)
(suite) Maintenant, et pour aller plus loin, il faut tenir compte du fait que cet appel a été rédigé et lancé dans une certaine précipitation, et qu’il en existe plusieurs versions.
– « Confusions et variantes […] l’appel du 18 Juin est très souvent confondu avec le texte de l’affiche « À tous les Français » :
– « […] je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en péril de mort. Luttons tous pour la sauver ! VIVE LA FRANCE ! 18 JUIN 1940 “ » (Wikipédia : Appel du 18 juin)
Bref, de cet appel… dont MS nous fait ici un résumé, et quelle que soit la manière dont les uns et les autres l’entendent, et l’interprètent… je retiendrais seulement un appel à refuser la défaite, à ne pas baisser les bras, un appel à RÉSISTER.
Et bien évidemment, vu que de Gaulle n’était pas un bisounours, un appel à se battre.
Et tous ensemble tous ensemble, ouai ouai ! 😉
Et vu cette fois que le Grand Charles n’était quand même pas non plus un charlot….
un appel à se battre… pour de vrai ! Et non pas pour rire.
Le 18 juin 1940 reste la date de cet appel à dire NON, à ne pas se coucher, l’appel à se battre. L’appel à la Résistance.
Après… ON peut raconter et chanter tout ce qu’ON voudra. Que de Gaulle était bien planqué à Londres, qu’il n’y avait pas trop d’Jean Moulin (Renaud, Hexagone), et que si les Ricains n’étaient pas là vous seriez tous en Germanie (Sardou)… et patati et patata.
Mais ON ne m’empêchera quand même pas de rigoler !
Notamment avec tous ces appels à résister. Quand à longueur d’ânée ON nous appelle à crever des pneus de SUV, à saboter les pipe-lines, à foutre le feu aux Mc Do, etc. etc.
Sans oublier les podiums du Tour de France.
Tiens justement… je sens que vais commencer à les aimer, tous ces camés dans les cols des Pyrénées. Sans oublier le plus beau des plus beaux, le Ventoux !
D’où mon appel à la Rigolade !
– « L’occupation de la France lors de la seconde guerre mondiale a évité un grand nombre de morts. Le maréchal Pétain avait demandé aux troupes françaises de cesser le combat. Charles de Gaulle, réfugié en Angleterre, […] Mon père croyait bien faire en voulant rejoindre l’Angleterre. Il était pilote d’avion. Il a été victime des injonctions d’un militaire réfugié à l’étranger. Le général de Gaulle est donc la cause première de son envoi en Konzentrationslager. » (MS)
Depuis le temps, je commence à connaître les idées de Michel Sourrouille. J’en partage pas mal… un peu, beaucoup, passionnément… Mais là je me dis que notre brave Michel a quelque perdu le sens de la juste mesure. Et j’espère que ce n’est pas carrément la raison.
Comme j’ai toujours besoin de chercher une explication aux choses, de me demander pourquoi… alors je mets ça sur le compte d’un gros coup de chaleur. Et/ou d’un gros coup de fatigue.
Je connaissais déjà sa théorie sur l’invasion de l’Ukraine : « Si les Ukrainiens avaient laissé les chars russes arriver à Kiev sans intervenir [alors etc.] »
Et si ma tante en avait… je vous laisse deviner la suite.
En tous cas, s’il me fallait mettre un nom… sur la cause première (sic) de l’envoi de ce brave pilote d’avion en Konzentrationslager… ce ne serait certainement pas le général de Gaulle ! Mais plutôt le nom de celui ou celle qui a donné à ce brave pilote le goût de voler. Le désir d’être libre. La force de résister, et non pas de baisser son froc.
Et je vous laisse alors imaginer jusqu’où nous pourrions remonter comme ça.
La Cause Première… la bonne blague !
N’empêche que je trouve grave d’en être arrivé là, à mettre sur le même plan Hitler et de Gaulle, Poutine et Zelinsky… et de ne plus pouvoir faire la part des choses.
Pire encore, d’en arriver à crier « Vive Pétain ! »
Le problème ici, c’est que Michel Sourrouille mélange tout. Des choses sur lesquelles n’importe quel esprit critique est obligé d’acquiescer, et autant que n’importe quel résistant est obligé de rejeter. Dans tous les cas des contraintes.
Des choses à rejeter, déjà parce qu’elles peuvent être renvoyées telles quelles à l’envoyeur. Des choses donc, sans aucune réelle consistance.
– « Laissons les fous à leur fantasmes, ils n’existent que parce qu’on les laisse faire. »
=> Le fou c’est pas moi c’est Toi. Non c’est pas Moi c’est toi ! Ping-pong ping-pong !
Et plus fou que moi tu meurs !
(à suivre)
(suite) Et puis des choses qui vont carrément à l’encontre des autres.
– « La Shoah a existé, mais uniquement à cause de la passivité de la population française et de la collaboration des autorités avec un système de ségrégation mortifère. »
=> D’un côté il ne faut pas résister, il faut même crier « Vive Pétain ! ».
Et de l’autre il ne faut pas les laisser faire. Va comprendre …
Mais d’abord, qui « les » ? Les fous bien sûr !
Oui mais… qui sont les fous ? Pas Moi en tous cas !