après Fukushima, ce sera comme avant

L’histoire est immobile, les sociétés humaines n’apprennent rien de leurs erreurs. La preuve, malgré notre cerveau, notre capacité d’empathie et notre possible compassion, le paradis n’a pas été institué sur Terre. La seconde guerre mondiale a succédé à la première guerre mondiale, Staline et Kadhafi suivent une longue lignée de dictateurs sanguinaires et Fukushima veut imiter Tchernobyl. D’ailleurs, s’il y avait la paix sur Terre, il n’y aurait plus de centrales nucléaires ou thermique, il n’y aurait plus d’armes et d’armées, les couples et les collectifs ne vivraient pas d’incessantes petites guerres pour le pouvoir. Nous serions heureux sans Produit Intérieur Brut. Dans sa chronique Hervé Kempf constate comme nous que la marée noire du golfe du Mexique n’a pas infléchi la course avide au pétrole, de la même manière que la crise financière de 2008 n’a pas conduit à une refonte du système financier. Et il ajoute que l’accident de Fukushima pourrait ne pas obstruer durablement le cours d’une augmentation constante de la consommation énergétique.

                Après Fukshima, ce sera donc comme avant. Sauf que la planète se fâche et nous tape sur les doigts ! Elle nous donne gratuitement ses richesses fossiles, mais le réchauffement climatique nous indique que nous avons eu tort de les piller. Nous avons dérobé le feu de l’énergie de la matière, la fission, mais les radiations nous suivront encore longtemps. Nous combattons les maladies avec des antibiotiques, mais les bactéries mutent et nos médicaments deviennent impuissants. Nous transgressons la barrière des espèces avec les organismes génétiquement modifiés, mais les insectes s’adaptent à nos insecticides. Nous ne serons jamais plus forts que la nature. Et si nous continuons à ne plus suivre ses lois telles que le mutualisme et le recyclage absolu, nous irons à l’échec. Il nous faut donc abandonner notre anthropocentrisme et utiliser des techniques douces à l’homme, douces à la nature.

                « L’heure est venue de reconnaître nos limites, de cesser de croire que nous pouvons dompter la nature grâce à la technique. Les avertissements s’accumulent, depuis le naufrage du Titanic jusqu’à la catastrophe pétrolière du golfe du Mexique, en passant par celle de l’usine chimique de Bhopal. Un monde plus sûr ne peut être qu’un monde qui respecte la nature, et encourage la sobriété plutôt que la satisfaction d’exigences matérielles démesurées. » (propos de Wolfgang Kromp**)

* LeMonde du 16 mars 2011, L’énergie est politique

** LeMonde du 15 mars 2011, Il faut cesser de croire que l’on peut dompter la nature grâce à la technique

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4 réflexions sur “après Fukushima, ce sera comme avant”

  1. Précautions sans doute insuffisantes du côté des digues, entretien, maintenance, tout est une question d’argent, et souvent d’économies. Réduire les coûts, augementer les marges.
    Mais, le nucléaire est bien trop dangereux pour l’Homme et la planète pour faire preuve de négligences ou penser simplement au business. Tous les moyens n’ont pas été mis en oeuvre pour éviter ce drame. Bien sur il est difficile de tout prévoir, mais dans ce cas, le nucléaire représente une trop grande menace. il faut donc éviter qu’il soit entre les mains d’êtres humains.

  2. Les Japonais ont oublié d’être hostiles au nucléaire. Pourquoi ?
    « Hiroshima, c’est aussi dans la mémoire du pays, le baptême d’un nouveau Japon. Dans l’inconscient collectif, si les Japonais ont commis des crimes, ils ont subi ce qu’aucun autre peuple n’a jamais subi et ont donc, en quelque sorte, payé. Un autre signe de cette ambivalence est le personnage d’Astroboy qui a un cœur atomique et combat les méchants. Son nom japonais est Tetsuwan Atomu, Atome puissant. J’ai rencontré beaucoup d’ingénieurs dont la vocation scientifique est venue de ce manga. »
    Jean-Marie Bouissou, LeMonde du 18 mars 2011)

  3. Lettre de Rousseau à Voltaire de 1756 (sur le raz de marée qui a dévasté Lisbonne en 1755) :
    « Je ne vois pas qu’on puisse chercher la source du mal ailleurs que dans l’homme libre, perfectionné, et partant corrompu. Quant aux maux physiques, ils sont inévitables dans tout système dont l’homme fait partie ; la plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage. Sans quitter notre sujet de Lisbonne, convenez que la nature n’avait point rassemblé 20 000 maisons de six à sept étages. Si les habitants de cette grande ville usent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eut été beaucoup moindre, et peut-être nul. »

    Les Japonais n’ont rien appris de la catastrophe de Lisbonne….

  4. Lettre de Rousseau à Voltaire de 1756 (sur le raz de marée qui a dévasté Lisbonne en 1755) :
    « Je ne vois pas qu’on puisse chercher la source du mal ailleurs que dans l’homme libre, perfectionné, et partant corrompu. Quant aux maux physiques, ils sont inévitables dans tout système dont l’homme fait partie ; la plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage. Sans quitter notre sujet de Lisbonne, convenez que la nature n’avait point rassemblé 20 000 maisons de six à sept étages. Si les habitants de cette grande ville usent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eut été beaucoup moindre, et peut-être nul. »

    Les Japonais n’ont rien appris de la catastrophe de Lisbonne….

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