Quand gouvernent sages et philosophes
Une furie meurtrière au IIIe siècle avant notre ère a soumis le Kalinga (en Inde) pour l’inclure dans l’Empire maurya. Un jeune roi ambitieux et cruel, Ashoka, règne alors sur ce territoire démesuré unifié par son grand-père : de l’Afghanistan à Ceylan, l’empire englobe l’Inde et le Pakistan.
Pourtant, après cette guerre effroyable, il vire du tout au tout. Dans sa victoire la plus sanglante, il discerne la pire défaite morale. Et décide de ne plus jamais combattre, de ne plus tuer ni hommes ni bêtes – pas même pour fournir en gibier les tables de ses palais. Sa nouvelle voie : user de son pouvoir pour diminuer les souffrances et inciter les humains à coexister dans un respect mutuel.
Dans tout l’empire émergent dispensaires et hôpitaux. Pour les humains mais aussi, singularité remarquable, pour les animaux. Ce souverain avait compris que tous les vivants étaient des sujets que son autorité devait contribuer à fortifier plutôt qu’à détruire:
« Tous les hommes sont mes enfants, et tout comme je souhaite à mes enfants d’être heureux et prospères, tant en ce monde que dans le suivant, c’est ce que je leur souhaite. »
La grande invention de ce gouvernant atypique fut l’éducation de tous à la tolérance. Pour l’enclencher, il a parsemé l’empire, du nord au sud et d’est en ouest, de piliers exposant en termes simples les principes du vivre-ensemble.
Que disent-ils ? « Il est facile de faire le mal », « faire le bien est difficile », « ne pas tuer d’êtres vivants est une bonne chose, la modération dans les dépenses et la modération dans l’épargne est bonne », « Quiconque défend sa propre religion et à cause d’un zèle excessif condamne les autres en pensant “j’ai le droit de glorifier ma propre religion” ne fait que nuire à sa propre religion, on doit écouter et respecter les doctrines professées par les autres. »…

Un véritable chef d’État comme ON en rêve. Un bon empereur, ou un dictateur idéal, c’est comme vous préférez. Autrement dit pas comme Trump. Quoique… En cherchant bien… et pour peu qu’ON ait l’esprit quelque peu tordu, ou taquin, c’est vrai qu’ON pourrait peut-être leur trouver quelques similitudes. Ne serait-ce que cette « police de la moralité » .
– Donald Trump place sa « moralité » au-dessus du droit international (lanouvelletribune.info)
En tous cas les Ricains adoooorent cet Ashoka. Tiens la Preuve, ils en ont fait leur héros dans des jeux vidéos (Civilization), ainsi que dans une série Télé, dans l’univers de la saga Star Wars (Ahsoka) .
Perso… moi je préfère l’autre. L’axoa (prononcez achoa), qui est un émincé de veau cuisiné avec du piment d’Espelette. C’est à damner un curé.
Que dis-je… un végé ! Un Ashoka quoi.
En tous cas aussi, ce véritable chef d’État, du moins selon Biosphère… n’aura finalement pas révolutionné grand chose. Et pour cause… la relève n’était pas au niveau.
Et combien comme ça ? Tiens, par exemple… où sont les dignes successeurs de René ?
Oui bon, mauvais exemple, René n’a jamais été chef d’État.
Et s’il l’avait été… aurait-il été un bon empereur ? Va savoir ! Et si ma tante en avait…
– « À la mort d’Ashoka en 232 av. J.-C., ses fils se disputent l’Empire ; aucun d’entre eux n’a l’envergure de leurs ancêtres et progressivement, les gouverneurs s’émancipent de l’autorité centrale. L’armée, immense mais inactive depuis des décennies, ne réussit pas à éviter la conquête du Punjab par les Gréco-Bactriens [etc. etc.] » (Wikipédia)
Décidément, il faut croire que l’Histoire se répète. Dans ce cas il n’y a rien d’étonnant à ce que nous aussi ON rabâche. Et à ce qu’ON tourne en rond.
Tu parles d’une révolution !