Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2023, deux amis armés d’une tronçonneuse avaient conduit pendant quarante minutes jusqu’à un parking, marché vingt minutes dans l’obscurité et l’un d’eux avait filmé l’autre pendant qu’il abattait l’arbre, lui envoyant ensuite la vidéo. Le Sycamore Gap Tree, érable sycomore majestueux niché depuis plus de cent ans entre deux collines dans le nord de l’Angleterre, était l’un des arbres les plus photographiés du pays. Le lendemain de leur méfait, Daniel Graham et Adam Carruthers s’étaient délectés de la couverture médiatique de l’affaire, se félicitant d’une histoire devenue « virale ». Ils ont été condamnés chacun, le 15 juillet 2025 à quatre ans et trois mois de prison par le tribunal. Les deux hommes n’ont jamais expliqué pourquoi ils s’en étaient pris au célèbre sycomore. Carruthers a juste expliqué qu’il ne comprenait pas l’émotion provoquée par la destruction de l’érable : « C’était juste un arbre ».
Lieu de mariage et de souvenirs familiaux, extrêmement photogénique, l’érable avait été élu arbre anglais de l’année en 2016.
Le point de vue des écologistes arboriphiles
– « La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini .» (Ernest Renan)
– Il y a 3000 milliards d’arbres dans le monde alors que l’espèce humaine compte déjà plus de 8,2 milliards de membres, soit 366 arbres par personne. Mais avec la sécheresse, les incendies et l’artificialisation des sols, il ne restera bientôt plus de forêts pour se protéger de la chaleur et admirer la nature. Qu’on se rassure, on aura encore une image de notre passé forestier sur des écrans… tant qu’il y aura de l’électricité !
– A ceux qui voudraient y voir une sévérité de la justice britannique contre les attaques contre la nature, des militants écologistes qui avaient voulu bloquer des routes ont été condamnés, eux, à 6 ans de prison !
– « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » (Albert Einstein)
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L’arbre doit aussi avoir le droit de gagner en justice
extraits : On peut, du moment qu’il n’y a pas mort d’homme, complètement éradiquer les forêts… il suffit de payer quelques amendes. Contre cette lacune de la pensée anthropocentrique, il faut donc donner aux arbres le droit d’agir en justice. En 1972, Christopher D.Stone se posait cette question : “Should Trees Have Standing? Toward Legal Rights for Natural Objects”. Ce passage du statut d’objet naturel à celui de sujet de droit s’inscrit pour Stone dans la continuité du processus historique d’extension des droits légaux : après les étrangers, les femmes, les fous, les Noirs… les arbres. Nous prenons chaque jour des décisions pour le compte d’autrui et dans ce qui est censé être son intérêt ; or autrui est bien souvent une créature dont les souhaits sont bien moins vérifiables que ceux des rivières ou des arbres.
Les arbres et les loups, à aimer tous deux
extraits : La nature subit impassible la puissance de nos coups par fusils ou tronçonneuses interposés. Mais partout, des habitants s’opposent à l’abattage de platanes ou de chênes près de chez eux. Qu’ils soient quelques-uns ou des dizaines. Dans les villes et villages, des collectifs citoyens se créent pour racheter ou gérer en commun des forêts. Les activités de sylvothérapie, de grimpe ou d’Accrobranche se développent. Les cabanes dans les bois attirent toujours davantage de vacanciers. Dans les librairies, ouvrages jeunesse, romans ou essais consacrés aux arbres débordent des rayons. Pour neuf Français sur dix, selon une étude d’opinion réalisée pour l’ONF, les forêts sont synonymes de bien-être et d’apaisement….

Le système Cavat (Capital Asset Value for Amenity Trees) prend en compte la valeur culturelle et sociale d’un arbre durant toute sa durée de vie : on est donc parvenue à une estimation de 620 000 livres (714 000 euros) pour la valeur du « Sycamore Gap ». Mais cela ne prend en compte que la valeur d’agrément de l’arbre, sa localisation, le nombre de personnes qui y ont accès, sa taille et l’épaisseur de sa canopée ; la valeur écologique, on connaît pas.
N’empêche qu’au Portugal, la destruction d’un arbre jugé important peut entraîner une amende de 500 000 euros.
Mieux vaudrait à notre avis interdire totalement les tronçonneuse…
Et ne pas donner aux soldats du feu les moyens de les empêcher de brûler… des Canadair par exemple… ça c’est pire que tout.