Guerre en Iran, budgets militaires en hausse : « L’antimilitarisme devient vital »
Pierre Douillard-Lefèvre (extraits) : Au niveau planétaire, les dépenses militaires n’ont jamais été aussi élevées.Or, comme le rappellent les exemples de la Première Guerre mondiale et des courses à l’armement lors de la Guerre Froide, qui a été émaillée de conflits par puissances interposées à travers le globe, lorsque les États vident leurs caisses pour s’équiper militairement, ils finissent tôt ou tard par se servir des armes dont ils se sont dotés. Dans ce contexte, l’antimilitarisme devient vital. Mais il ne faut pas confondre antimilitarisme et pacifisme : le pacifisme est une posture morale, selon laquelle il faudrait refuser la violence quelles que soient les circonstances. Or la critique et le rejet des armes n’interdisent pas leur usage : dans des situations d’injustice, où un fort écrase un faible, un colon écrase un colonisé, le pacifisme revient à maintenir un statu quo.
L’antimilitarisme n’est pas un refus abstrait de la violence, mais un refus de la militarisation de la population, de l’union sacrée et de l’obéissance aveugle à l’armée. L’antimilitarisme, c’est le refus de toutes les guerres entre États. Depuis la révolution industrielle, une guerre entre États, ce sont deux appareils technologiques et industriels qui se font face, avec de la chair humaine entre les deux.
Il ne s’agit pas pour autant de reprendre des positions d’une partie de la gauche, comme Marine Tondelier [Les Écologistes] qui dit ne pas être contre des moyens de « financer l’effort de guerre », ou d’autres qui appellent à socialiser l’appareil de production de technologies militaires. En d’autres termes, un militarisme repeint en vert ou en rose. Mais c’est oublier que ce sont des technologies de pointe si spécifiques que, à l’instar du nucléaire, elles ne peuvent pas être démocratiques et socialisées, et qu’elles tombent dans le domaine de la raison d’État.
Par où commencer ?
Le premier point, c’est de renouer avec une culture antimilitariste, en s’informant dessus et en en parlant autour de soi. C’était la colonne vertébrale de la gauche et des écologistes il n’y a pas si longtemps : souvenons-nous de Boris Vian qui chantait Le déserteur, du journal écolo La gueule ouverte qui était fondamentalement antimilitariste, et des manifestations contre l’invasion de l’Irak en 2003 qui ont réuni plusieurs millions de personnes dans le monde.
Ensuite, il faut se souvenir que sans les travailleurs, la guerre est impossible : les technologies militaires modernes reposent sur des chaînes d’approvisionnement extrêmement complexes. Des associations comme Stop Arming Israël interviennent directement auprès des quelque 200 000 salariés de l’industrie de l’armement qui travaillent en France et dont certains équipements servent à bombarder la bande de Gaza.
Enfin, des coalitions peuvent être créées avec des mobilisations écologistes : il faut s’attendre à ce que, dans les années à venir, bon nombre de grands projets inutiles et imposés soient des extensions d’usine d’armement ou de nouvelles carrières ouvertes pour extraire des composants d’armements, ou pour produire des engins aux bilans écologiques catastrophiques : ce sont autant de nouveaux terrains de lutte écolos et antimilitaristes.
Pierre Douillard-Lefèvre, sociologue et auteur de Maudite soit la guerre (éd. Divergences, 2025)
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Maudite soit la guerre (Pierre Douillard-Lefèvre)
1922. Au cœur du village de Gentioux dans la Creuse, un monument aux morts construit en 1922 proclame « Maudite soit la guerre ! » Un enfant en blouse d’écolier lève son poing rageur vers le ciel, un orphelin devant la plaque gravée des 63 noms de villageois morts durant la guerre….
2025. Lorsque vous sortez de la gare, la vue de militaires de la patrouille Sentinelle, équipés de fusils d’assaut, vous rappelle que l’espace public est militarisé depuis près de trois décennies au nom de la « menace terroriste »…. (extraits)

Trump s’occupe du Canada, du Groenland, du Venezuela, de l’Iran, et maintenant de Cuba.
Le pape vient de lui écrire « S’il vous plaît, Mon Saigneur, ne vous occupez pas du Vatican, Dieu y pourvoira. »
On peut lire aussi à Trump la fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf,
mais il ne comprendrait pas.
Le Conseil de sécurité nationale (CSN) a été créé aux USA en 1947. Il était destiné à instaurer un cadre rationnel, juridique et coordonné pour l’élaboration des politiques internationales. C’est un organe diversifié composé d’experts capables d’offrir une analyse nuancée et globale des problèmes complexes, et de prévenir les initiatives prématurées et dangereuses.
En mai 2025, Trump a démantelé le CSN, limogeant une grande partie des analystes et leur donnant à peine trente minutes pour vider leurs bureaux. Les décisions géopolitiques sont désormais influencées par un cercle restreint de courtisans et d’idéologues.
L’incapacité de la Constitution américaine à limiter le pouvoir de guerre du président met en péril l’ordre mondial. il est difficile d’imaginer comment la promesse de paix de la Charte des Nations unies pourra se concrétiser.
Le ministre saoudien de la Défense Khaled ben Salmane a appelé samedi 7 mars l’Iran à la « sagesse » et l’a mis en garde contre « toute erreur d’appréciation », au moment où son pays est pris pour cible par les drones et missiles de Téhéran.
L’Iran a promis ce samedi de ne plus frapper ses voisins du Golfe… sauf si des missiles sont envoyés depuis ces pays. Des « excuses » ont également été adressées pour les frappes iraniennes qui ont fait 13 morts.
– « La riposte iranienne vise principalement les pays du Golfe. Si le président iranien a présenté, samedi, ses excuses à ses voisins pour les frappes, Massoud Pezeshkian a déclaré que Téhéran « sera forcé de riposter » contre eux si leur territoire est utilisé pour l’attaquer. Pour la première fois depuis le début du conflit, l’Arabie saoudite a frappé le territoire iranien en visant une usine de désalinisation. »
(Guerre en Iran et au Moyen-Orient : la France impliquée de fait dans le conflit, du changement à venir à Téhéran – linternaute.com 8 mars 2026)
Au diable la sagesse. Je t’aime, moi non plus. Et au diable l’accord que ces deux-là ont signé le 10 mars 2023 à Pékin. Les histoires d’A finissent mal, en général.
– « Dans une interview à la chaîne NBC, un ministre iranien a déclaré que c’est au « peuple iranien » et non à Donald Trump de choisir le nouveau leader du pays. Le président américain « devrait s’excuser » pour la guerre, a-t-il ajouté, précisant que les missiles iraniens « ne peuvent pas atteindre le sol américain ». » (Guerre en Iran et au Moyen-Orient : la France impliquée de fait dans le conflit, du changement à venir à Téhéran – linternaute.com)
Donald n’a plus qu’à s’excuser… comme l’a fait hier le président iranien.
Et se porter candidat à la présidence de la République trumpiste d’Iran.
S’il ne faut pas con fondre pacifisme et antimilitarisme, il faut reconnaître aussi que les deux ne passent pas de la même manière dans l’Opinion. Qui elle aussi a bien le droit d’être plus ou moins ouverte ou coincée selon le côté où ON l’aborde. Le Déserteur de Boris en sait quelque chose.
Le pacifisme, ça passe assez bien. ON dira que c’est un truc de gentils Bisounours, de petites chochottes, de bonnes sœurs ou autres. Par contre l’antimilitarisme, alors là ! Oser s’en prendre à l’Armée, ne serait-ce que s’en moquer, ça vous con damne au Poteau.
Et je me dis que ce n’est peut-être pas pour rien qu’ON a désormais des femmes militaires…
Et puis des vraies, qui savent marcher au pas, fusiller, mitrailler, canonner, tankuler et tout et tout. Du coup ON ne peut même plus dire que l’antimilitarisme est un truc de gonzesses.
Et ben chers gauchistes, votre souhait est exaucé non ? Israël et les Usa sont en train de démilitariser l’Iran, c’est un bon début n’est ce pas ?
Bonjour Bga80
il ne faut pas confondre gauchiste, antimilitariste et pacifiste. Détailler les ressemblances et les différences entre ces trois catégories prendrait un livre entier, au minimum.
Quant à l’intervention militaire en Iran des deux candidats despotes que sont Netanyahou et Trump, il ne semble pas qu’on soit dans une phase de démilitarisation d’un pays de 93 millions d’habitants. Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours chiite avant de l’avoir tué.
Bonjour Pacifix
J’ai bien peur que ce que vous lui demandez là soit au dessus de ses moyens. Quand ON con fond la droite et la gauche, le gauchisme et le nazisme, l’intelligence et la connerie, une poule et une bécasse, et j’en passe…
là ce n’est plus un bouquin qu’il devrait lire, mais une bibliothèque.
Les vrais faits étant que les tirs iraniens de missiles et de drones ont baissé de 80% depuis qu’Israël et les Usa ont détruit des stocks iraniens !
L’Iran finira comme Gaza, rasé ! Voilà où mène le fanatisme !
Les kurdes vont bientôt envoyé des prunos aux gardiens de la révolution, les islamistes ne dormiront plus tranquille, la peur va changer de camp…
Si encore il n’y avait que l’Iran… qui finira comme Gaza.
Seulement il ne faut peut-être pas oublier ton pote Poutine :
– Guerre au Moyen-Orient : la première preuve que Moscou s’implique dans le conflit, la Russie aiderait l’Iran à cibler les forces américaines
( lindependant.fr/2026/03/06)
Eh oui, il faut le comprendre ce pauvre Vladimir… très malheureux depuis la mort de son grand pote Khamenei. Je ne comprends d’ailleurs pas que tu ne sois pas Toi non plus. Ben oui, les amis de tes amis sont tes amis … non ?
De toute façon quand ON en est là, au fond du trou… et qui plus est complètement fou… qui peut dire de quoi ON est capable ?
Ce sont les nazislamistes qui finiront au fond du trou. Dans la fosse commune, car on ne paiera certainement pas du marbre pour eux. A moins qu’ils ne soient directement incinérés lors d’un bombardement avec frais d’obsèques directement intégrés.
La complainte de Boris Vian, « Le déserteur », possède deux fins possibles.
Une pacifiste : « Prévenez vos gendarmes Que je n’aurai pas d’armes Et qu’ils pourront tirer. »
Une antimilitariste : « Prévenez vos gendarmes Que j’emporte des armes Et que je sais tirer. »
Dans un cas c’est un refus pur et dur de toute violence.
Dans l’autre, c’est montrer que tout est possible.
Je ne crois pas qu’il faut opposer les deux attitudes, cela dépend des situations, les gendarmes sont-ils les représentants d’un système dictatorial ou simplement des personnes qui veulent faire respecter la loi ? C’est à la personne concernée de déterminer en son âme et conscience si elle doit tirer ou non. Pour chacun de nos actes, on doit déterminer les conséquences immédiates, mais aussi lointaines. Et en déduire ce qui est le meilleur pour le bien commun.
Bonjour Michel Sourrouille
Je pense moi aussi qu’il est toujours bon de rappeler qu’il ne faut pas confondre antimilitarisme et pacifisme. C’est justement ce que fait Pierre Douillard-Lefèvre dans ce texte, ce que fait également Pacifix dans son commentaire à 09:30.
Et ce que vous faites donc vous aussi, à partir du Déserteur de Boris Vian.
Tout le monde devrait connaître les paroles de cette chanson, et son histoire.
– « À l’origine, il s’agit d’un poème dont la première interprétation a été diffusée en mai 1954, par Mouloudji dans la version pacifiste. »
( Wikipédia : Le Déserteur (chanson) )
Ce poème, ou chanson, a beaucoup été commenté, analysé, interprété etc.
Et notamment la fin : (à suivre)
(suite) Comme ici par Bertrand Dicale, journaliste et auteur, spécialiste de la chanson française :
– « Il ne faut pas oublier que Boris Vian n’est pas uniquement un pacifiste, c’est aussi un révolté. C’est aussi un artiste, c’est à dire quelqu’un qui écrit de temps en temps des phrases parce qu’elles sont belles, parce qu’elles font un effet et pas nécessairement parce qu’il les pense. […] »
( Antimilitariste puis pacifiste, l’histoire du Déserteur de Boris Vian – radiofrance.fr/francemusique 10 mars 2020)
Boris Vian était donc un artiste, révolté, et profondément antimilitariste !
Et ne pas oublier… délibérément provocateur !
Et pacifiste aussi bien sûr. 😉