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Patrick Artus, exemple de délire d’économiste

On ne compte plus les articles pondus par Patrick Artus dans les colonnes du MONDE. Ce prétendu spécialiste Patrick Artus, directeur de recherche de cette banque qui a coulé tous ses petits épargnants (Natixis), ose aujourd’hui : « La transition énergétique va nécessiter de disposer de davantage de revenu, donc de croissance ».

Lire, Alerte, les économistes déconnent grave

Artus ferait mieux de lire les commentaires de son article sur lemonde.fr, il deviendrait un peu plus intelligent.

JC : Ah! Le mythe de la croissance verte! Il n’y a pas le début de la queue d’un scénario économique qui concilierait croissance et ne serait-ce que le respect des engagements de l’accord de Paris. Ce dont parle Artus ici, c’est un BAU (business as usual) vaguement mâtiné de correction de trajectoire des investissements. Même l’Agence européenne de l’environnement reconnaît ouvertement dans un rapport de janvier 2021 (Growth without economic growth) que le découplage entre croissance économique et consommation « may not be possible ». Et conclut son « key message » par un « The various communities that live simply offer inspiration for social innovation ». C’était peu de temps après la tirade de Macron sur les Amish… Le techno-solutionisme et la croissance verte sont les croyances magiques ou les excuses de ceux (qui ont beaucoup à perdre ?) qui ont décidé de ne rien changer.

JMarc38 : 3 ou 4 points de croissance annuelle pendant 30 ans pour se passer du pétrole et du charbon, tout en maintenant notre niveau de vie… la macro-économie que l’on enseigne encore aujourd’hui devient de la prestidigitation ! Heureusement, on enseigne encore la physique et la biologie. A suivre!

Lire, P. Artus, la croissance économique ne durera pas toujours

HLR : Les bras m’en tombent…. l’ère du solutionnisme par la croissance est révolu depuis 50 ans. Le rapport du Club de Rome date de 1972, il n’y a que des économistes pour croire à la croissance infinie dans un monde fini.

JEL : Je suis stupéfait de voir qu’à la fin de 2021 on arrive encore à tenir un raisonnement qui repose sur le postulat d’une planète dont les ressources et la capacité à absorber nos pollutions seraient infinies. Donc oui, le recul de la consommation va être violent, et il le sera d’autant plus qu’on aura refusé de voir à quelle impasse le raisonnement économique nous mène. Et oui, il faudrait augmenter le niveau d’instruction dans les savoirs de base parce qu’il va falloir que plus de la moitié de la population revienne à l’agriculture. Ca va être violent aussi, mais sans pétrole, il n’y a pas d’autre option que le travail humain. Au passage, ça éliminera le chômage et relativisera la notion de pauvreté.

CJ : Pathétique… mais compréhensible ! M. Artus est vieux et espère sans doute s’en aller avant que l’aveuglement criant de sa pensée ne soit définitivement visible! Pas un mot sur les ressources, l’attrition du pétrole ou les besoins en cuivre, lithium etc… Pas une pensée sur les conditions réelles d’un monde à +2,7°C. Pour ces gens, les économistes, depuis 150 ans, les ressources étaient gratuites et illimitées dans leurs modèles… maintenant ce sont les conséquences évidentes de leur aveuglement qui sont totalement escamotées: on va quand même pas se laisser embêter par la réalité ! Ce monsieur devrait prendre sa retraite et laisser à d’autres, plus au fait de la physique élémentaire, la lourde tâche de pallier les conséquences de son inconséquence.

Frog : Le mot croissance accolé à celui d’environnement, ça commence déjà très mal. Je présume que ce monsieur imagine que tous les français seront équipés d’un SUV électrique alimentés par des capteurs solaire made in china d’ici 2050.… Mais l’environnement, il y gagnerait quoi, exactement ?

Michel SOURROUILLE : Patrick Artus a publié un livre en 2015, « Croissance zéro. Comment éviter le chaos ? » Il ne savait pas que la France n’était pas au « seuil d’un nouveau modèle de développement », mais au bord de l’effondrement. Le système thermo-industriel ne pourra pas résister à la disparition des énergies fossiles. C’est ce que prévoyait déjà le rapport au Club de Rome en 1972 : « Adopter un comportement de croissance, c’est finalement courir au déclin incontrôlé de la population et des investissements par voie de catastrophes successives. Cette récession pourrait atteindre des proportions telles que le seuil de tolérance des écosystèmes soit franchi d’une manière irréversible. Il resterait alors bien peu de choses sur terre permettant un nouveau départ sous quelque forme envisageable que ce soit ». Un jour la Nature haussera les épaules en concluant que laisser des singes parler d’investissements de croissance était amusant un instant, mais que, en fin de compte, c’était une mauvaise idée.
Lire, Le bêtiser des croissancistes fous

Nicolas Hulot et la DECROISSANCE

Les extraits suivants ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

A mes yeux comme à ceux de tous les écologistes, la question centrale qui se pose désormais est celle-ci : la croissance est-elle la solution ou le problème ? La réponse ne souffre guère de doute, nous nous heurtons aux limites de la planète. Un élève de CM1 peut comprendre que si notre appétit augmente alors que notre potager demeure à taille fixe, il ne peut y avoir de dénouement heureux. Et pourtant ! Tous les jours j’entends ou je lis l’affirmation que l’économie va repartir comme avant. Dans notre système, une croissance à deux chiffres est une bonne nouvelle, alors que c’est la pire des choses pour l’écologie. Nous consommons chaque jour ce que la nature a mis dix mille jours à commettre. Nous devrions nous soumettre au rendement de la nature. Nous ne pouvons qu’être effarés de notre propre aveuglement. Au nom de l’exigence d’un progrès devenu fou, les pires atteintes à la dignité du vivant, les plus brutales agressions envers l’environnement, les inégalités sociales criantes, le mépris croissant envers la beauté et le bonheur de vivre se sont accrus de façon inexorable.

Contrairement à ce que prétendent les statistiques économiques, nous sommes en période de décroissance depuis le milieu du XXe siècle. La croissance économique s’est faite aux dépens d’une forte décroissance du capital naturel. Il est tout de même étonnant que le monde capitaliste ait exclu le capital nature de ses calculs. J’ai toujours déploré l’abus que l’on fait de l’expression « développement durable ». J’ai parfois l’impression qu’il ne s’agit plus que d’une camomille mielleuse destinée à rendre plus digeste nos excès. Car il porte en lui-même une ambiguïté : de quel développement parlons-nous ? L’urgence écologique et sociale nous dicte-t-elle d’aller sur Mars ou de réduire la pauvreté et protéger la planète ? Existe-t-il une alternative entre la décroissance subie et la décroissance conduite ? Je voudrais revenir sur cette idée de décroissance. Sur la finalité, je suis convaincu du bien-fondé de la décroissance économique. Mais l’opérer engendrerait de tels bouleversements, de telles résistance et de tels affrontements que nous ne serions pas gagnants. Je ne vois pas comment nous pourrions imposer une décroissance économique dès demain sans provoquer un séisme social et économique, c’est une question de réalisme. Quand les adeptes de la décroissance me disent que nous sommes utilisés par le système, peut-être ont-ils raison ; mais qu’ont-ils obtenu avec leur prétendue pureté et leur radicalité politique ? A défaut de la notion idéale qui reste à inventer, celle de croissance sélective doublée d’une décroissance choisie peut rester l’ultime voie. Elle contient en elle-même le principe du choix : décider quels sont les flux compatibles avec la contrainte physique et quels sont ceux qu’il faut tarir. L’exemple des ressources halieutiques est à cet égard patent ; les suspendre pour laisser à la ressource le temps de se régénérer relève du bon sens le plus élémentaire. Nous avons abusé de tout en tout. Par conséquent, il s’agit de fixer des limites à notre avidité et à notre cupidité. La société à venir devra mettre fin à la surenchère, choisir ce qui doit continuer à croître et ce qui doit commencer à décroître : moins de biens, plus de liens ! La révolution écologique doit s’orienter vers la compréhension de la plus précieuse ressource sur Terre : nous-mêmes. Cette révolution est spirituelle, avec une règle d’or : de la mesure dans toutes chose. De la modération, de la régulation, de la sobriété partout. Économiser pour pouvoir partager, tel est notre principal devoir !

On aura du mal à demander aux gens d’aller vers une société de privation, mais pourquoi pas vers une société de modération ? Séparons l’essentiel du superflu, interrogeons-nous sur la légitimé de nos actes les plus quotidiens. Est-ce utile, Puis-je m’en passer ? J’aime beaucoup l’idée d’abondance frugale. J’ai lu ce terme pour la première fois sous la plume de Jean-Baptiste de Foucault, qui est un ancien commissaire au Plan. L’abondance n’a rien à voir avec l’opulence, c’est le fait que chacun dispose de ce dont il a besoin, mais de manière frugale. Notre société est condamnée à faire mieux avec moins. Si le changement est subi, les premières victimes seront toujours les mêmes, mais nous prendrons aussi notre part en deuxième ligne. Alors on peut en tout cas choisir une décroissance énergétique. Si nous ne l’organisons pas, elle va s’imposer d’elle même.Si nous laissons perdurer la situation actuelle, nous risquons d’entrer dans une société de privation, avec ses systèmes de quotas, ses cartes de rationnement et tout ce que cela peut compter d’atteintes aux libertés. Le meilleur moyen de s’y opposer, consiste à mettre en place sans plus tarder une société de modération.

Hymne au sabotage dans Le Guardian

Résumé d’une tribune initialement parue dans le Guardian le 18 novembre 2021, sous le titre

«The moral case for destroying fossil fuel infrastructure ».

Andreas Malm : Certaines régions de la planète deviennent invivables. D’ici 2050, il faudrait laisser intactes environ 90 % du charbon, 60 % du pétrole, 60 % du gaz et 99 % du pétrole non conventionnel. Or, par sa nature même, le capital fossile ne peut tolérer une telle limitation. De manière compulsive, sans frein ni inhibition, il creuse au contraire partout pour extraire toujours plus, et encore plus. Les classes dirigeantes sont constitutivement incapables de répondre à la catastrophe autrement qu’en l’accélérant. Moins d’une semaine après la fin de la COP26 , l’administration Biden a organisé la plus grande vente aux enchères fédérale de forage en mer de l’histoire des États-Unis. Il y a peu de raisons de penser que les autres gouvernements ayant signé le Pacte de Glasgow se comporteront différemment.

Lire, Urgence écologique et destructions de biens

Chacun sait maintenant, au moins à un certain degré de conscience, ce qui est en jeu. De nouvelles formes de résistance sont en train de naître. Nous pouvons détruire les machines qui détruisent cette planète. Si quelqu’un a placé un engin incendiaire à l’intérieur de l’immeuble où vous vivez, si les fondations sont déjà en feu et que des gens meurent, nous serions nombreux à estimer que vous avez l’obligation de mettre l’engin hors d’état de nuire. C’est là l’argument moral qui, à mon sens, justifie la destruction des propriétés et des infrastructures du capital fossile. Cela n’a rien à voir avec le fait d’attenter à des corps humains, action pour laquelle il n’existe aucune justification morale. En revanche cet argument pour l’action directe est extrêmement fort, si la réalité de la catastrophe climatique est reconnue. Si on l’admet en principe, comment pourrait-on donner la priorité à l’intégrité physique des structures fossiles ? Il est clair que ralentir la catastrophe climatique signifie, par définition, la destruction du capital fossile : les énergies fossiles ne doivent plus être une source de profits.

Lire, Contre-violence par destruction de biens

Pour atteindre ses objectifs, le mouvement climat devrait-il envoyer des petits groupes organisés démolir les machines ? D’un impératif éthique irréfutable on ne déduit pas nécessairement une action efficace. Les actions du groupe écologiste Insulate Britain, qui, en tentant de bloquer des autoroutes, a provoqué la fureur des travailleurs empêchés de se rendre à leur travail, le montrent parfaitement.

Nous voici déjà profondément entrés dans la catastrophe, mais nous ne savons pas exactement quelle stratégie fonctionnera. La seule chose dont nous pouvons être sûrs est la suivante : nous sommes dans une spirale de mort, le temps de la protestation polie est peut-être définitivement révolu.

Lire, Faut-il incendier les émetteurs radio/télé ?

Source : https://www.terrestres.org/2021/11/24/il-faut-detruire-les-infrastructures-des-energies-fossiles/

Les non-vaccinés poussent au tri médical

Bien sûr on pourrait dire que la pandémie résulte de notre surnombre, de nos entassements et de notre fringale de mobilité. Mais quand le problème est là, il faut bien le traiter dans l’urgence et les soignants sont bien obligés de faire un tri médical.

Collectif de médecins réanimateurs : « Certes, on ne peut nier l’existence de groupes minoritaires mais très actifs de personnes s’égarant dans une interprétation saugrenue et dangereuse des données de la science. Ce sont aussi des représentations liées à des expériences personnelles ou familiales qui nourrissent ce refus. Tout cela est bien complexe, mais la lassitude s’installant, les soignants pourraient avoir du mal à se saisir de cette complexité. Dans ce contexte inédit où le problème de la priorisation se pose, les médecins réanimateurs se trouvent à devoir prendre des décisions impossibles, alors que le questionnement déborde le seul cadre médical. Le manque de moyens donnés à l’hôpital public est la conséquence de décisions socio-économiques et si l’afflux de malades est une cause majeure des problématiques de priorisation, ce sont aussi nos diminutions capacitaires qui les imposent. La solution de ne pas admettre en réanimation les personnes ayant fait le choix de ne pas se vacciner n’est pas envisageable. Pour autant, nous tenons à rappeler des faits, qui ne sont le reflet d’aucun jugement moral : ne pas se faire vacciner, c’est risquer sa vie, risquer celle des autres, notamment les patients avec des défenses immunitaires faibles chez qui la vaccination est peu efficace, mais aussi retarder la prise en charge d’autres malades atteints de pathologies chroniques : c’est tout simplement accepter l’idée que notre choix impose aussi de priver les autres de soins. »

Lire, Nécessité du tri médical face à notre surnombre

En d’autres termes, plus abrupts, le choix vaccinal est un choix éthique puisqu’il inscrit la personne dans son lien avec les autres. Par conséquent le statut vaccinal devrait être pris en compte dans la priorisation. Les commentaires sur lemonde.fr (242 à 23 heures ce jour) prennent violemment à partie les anti-vax, exemples :

ClaraLuna : Si on prend le titre de la tribune « La solution de ne pas admettre en réanimation … n’est pas envisageable », extrait du texte, comme étant son résumé, on est bien surpris de lire que la tribune dit pourtant le contraire: non seulement c’est envisageable, mais des réanimateurs et autres responsables d’urgences l’envisagent bel et bien dans toutes sortes de situations concrètes. De ce point de vue, cette tribune est une courageuse diatribe « anti-antivax » et mérite d’être saluée.

Jacques Fr : On ne peut pas construire un système de santé prenant en compte que 10 % de la population par bêtise refusent de se faire vacciner alors que c’est la seule solution pour éviter de tomber gravement malade de la Covid et d’encombrer les hôpitaux. On ne va pas évidemment refuser de les soigner, mais si un médecin doit faire un arbitrage, il doit toujours être en faveur du malade vacciné, quelle que soit sa pathologie.

He jean Passe : Ceux qui prennent le risque de ne pas se faire vacciner doivent être soignés, mais en laissant leur carte bancaire à l’accueil de l’hôpital et avec un reste à payer de 50 % des frais engagés.

Éric42600 : Une journée en réanimation coûte environ 3000 euros. Un malade Covid y reste en moyenne 20 jours. Soit 60000 euros. Ils sont environ 2000 non vaccinés « volontaires » en réa soit un coût de 120 millions sans compter les suites (rééducation etc…). Qu’on les soigne bien sûr mais qu’on leur envoie la facture. On ne peut pas d’un côté dire « je refuse de faire ce que demande la collectivité » et d’un autre dire « que la collectivité prenne en charge les conséquences de mon choix ». La liberté a un prix.

Khee Nok : Si on met les non-vaccines en liste d’attente on pourra aussi pénaliser les buveurs, mangeurs, fumeurs, ceux qui ne se sont pas fait dépister à temps du cancer ou d’un infarctus (et demain d’une prédisposition génétique), ceux qui n’ont pas fait de sport, ceux qui ont fait trop de sport etc.

Wvr : Mettre une maladie chronique et une épidémie pour laquelle il existe des vaccins est une ineptie.

Elis : Pour répondre à certains, les alcooliques ou fumeurs qui sont pris en charge à l’hôpital ne sont pas des urgences absolues nécessitant la réanimation ! L’idée de n’admettre en réa les covidés que selon le nombre de places disponibles est une décision qui ne peut pas être prise par les médecins et pourtant elle serait juste.

Christophe24 : Je suis médecin et je vois ça du coté de mes patients qui ne peuvent pas se faire opérer/correctement soigner a cause des non vaccinés. A niveau de risque égal à court terme il faut privilégier celui qui n’a pas choisi son état. S’il reste de la place bienvenue aux non vaccinés qui vont encombrer un lit de réa 3 semaines. Ce type de choix est déjà fait avec les personnes âgées, ça s’appelle des LATA (limitation des actes thérapeutiques actifs). S’il faut faire du tri, à risque identique celui qui est responsable de son état doit passer APRES celui qui ne l’est pas …

Tugduall : C’est marrant, en lisant la tribune, vue les difficultés rencontrées par les soignants et l’impossibilité à trouver des solutions, on se dit justement que faire passer au second plan les non vaccinés est un critère moins bête qu’un autre pour choisir à qui donner une chance de guérir. Après tout ne pas se faire vacciner est un choix personnel et responsable. On ne peut pas dire que l’on n’ait pas été informé. C’est un choix qui a un impact personnel mais aussi collectif. Il est donc logique que les soignants tiennent compte de ce choix qui a été formulé de façon explicite pour choisir qui soigner. De même que quand on écrit que l’on refuse l’acharnement thérapeutique, c’est une prise de responsabilité. Pourquoi privilégier quelqu’un qui a fait le choix d’être là où il est au détriment de quelqu’un qui s’est battu pour guérir.

Lire, Covid-19, choisir la sélection naturelle ?

Nicolas Hulot et la DÉMOCRATIE

Les extraits suivants ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

La démocratie participative est un chemin semé d’embûches. Les référendums locaux donnent un résultat à l’image des citoyens. Il suffit parfois de distribuer des prébendes pour que le projet le plus néfaste obtienne quand même un plébiscite. La Fondation Nicolas Hulot avait lancé pour sa part l’idée d’une sorte de jury composé de citoyens tirés au sort. Plus connu sous le nom de conférence de consensus, cette procédure mérite d’être généralisée. Aujourd’hui les procédures de consultation du public sont purement symbolique. Elles tiennent très rarement compte des prescriptions de la société civile et elles créent une grande frustration. Parfois ce sont de simples habillages pour valider des décisions qui sont prises en amont. Nous avons besoin d’une réglementation pour une transparence totale de l’action de lobbying sur les plans nationaux, européen et international. J’ai suffisamment côtoyé le pouvoir pour savoir que les politiques en exercice ont été dépossédés de leurs prérogatives au fil du temps. C’est un vrai problème de démocratie. Si l’on veut que le monde change, il faut que le citoyen se l’approprie et co-construise la mutation. Il doit y avoir une vraie connexion entre la politique et les individus.

Le jeudi 15 février 2018, les sénateurs ont adopté définitivement le projet de loi ratifiant deux ordonnances visant à « clarifier et simplifier le droit environnemental », le but étant de favoriser l’acceptabilité d’un projet et d’en réduire les délais. En matière de participation, la loi prévoit désormais que la concertation préalable pourra porter sur l’opportunité du projet. Le problème n’est pas tant de savoir comment on va réaliser un projet, mais s’il est utile, si on doit le faire. Mais quand on regarde de près le détail de l’ordonnance, rien n’est dit des garanties sur l’organisation de ce débat, ni sur l’indépendance de l’expertise. Un danger provient d’autres textes législatifs, notamment le projet de loi pour un État au service d’une société de confiance (Essoc), déposé sur le bureau de l’assemblée nationale fin novembre 2017. Son article 33 permet de « simplifier la procédure de participation du public applicable à certains projets soumis aux législations sur l’eau et sur les installations classées pour la protection de l’environnement ». Il prévoit ainsi qu’en cas de procédure d’une concertation en amont d’un projet, on puisse « remplacer en aval l’enquête publique par une participation du public par voie électronique ». Les dispositions prévues par le projet de loi Essoc sont complètement dans la philosophie de « prendre du temps avant pour en gagner après ». Le ministère ne voit pas de contradiction entre la volonté de renforcer la démocratie environnementale et une simplification des procédures.

Une évolution fatale vers le totalitarisme

Le totalitarisme désigne une dictature totale, s’imposant à chaque conscience, l’inverse de la démocratie qui repose sur la libre délibération des citoyens. Cette mainmise totale de l’État sur la libre expression se généralise dans beaucoup de pays.

Deux exemples récents parmi tant d’autres :

– Vietnam : La journaliste Pham Doan Trang a été condamnée le 14 décembre 2021 à neuf ans de prison pour « crimes d’écriture » et « propagande anti-Etat ».  Ses déclarations seraient « préjudiciables » à la stabilité de la société vietnamienne. Cinq autres journalistes ont été condamnés à de la prison pour « abus de droits démocratiques ». Nous avons affaire à une justice politique, aux ordres du parti au pouvoir, dont le seul but est de punir ceux qui tentent d’informer leurs concitoyens. 

– Hongkong : Les Hongkongais sont appelés à voter pour leur Parlement le dimanche 19 décembre 2021. Il sera pour la première fois composé exclusivement de « patriotes », au sens entendu par le Parti communiste chinois. La quasi-totalité des candidats de l’opposition qui avaient prévu de se présenter au scrutin sont actuellement derrière les barreaux, en liberté sous caution, ou en exil. Sur 90 sièges, seulement 20 sont élus au suffrage universel direct ont été réduits à 20. Un comité d’étude de l’éligibilité des candidats a été créé pour vérifier non seulement le patriotisme des candidats mais aussi, sur la base d’un avis émis par la police de Hongkong, qu’ils ne présentent pas de risque pour la « sécurité nationale ». Appeler à l’abstention ou au vote blanc est devenu un délit passible de trois ans de prison. Tous les partis à obédience « localiste » (insistant sur la différence entre Hongkongais et Chinois continentaux) s’étaient dissous par précaution.

Explication : Claude Lefort voit cette mainmise totale de l’État par un désir de fusion dans le groupe qui ferait jusqu’à aimer la tyrannie. Cela n’explique pas le pourquoi du désir de fusion. En fait les humains sont à l’origine un animal de petit groupe, de clan. Une meute. Lorsqu’il s’agit de réfléchir en petit groupe, les participants sont capables d’aboutir à une réflexion commune, un consensus. Mais au niveau national, à plus forte raison au niveau mondial, le consensus n’est plus possible. En d’autres termes, 8 milliards de personnes, cela fait une capacité d’action qui tend vers l’infini. Mais 8 milliard de personnes, cela fait une capacité de réflexion collective qui tend vers zéro. L’humanité a la capacité physique d’aller au désastre, nucléaire à une époque, climatique aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’elle est dans l’incapacité totale de maîtriser démocratiquement la puissance issue du surnombre d’humains.

Application : Plus il y a de personnes, plus le nombre d’interrelations se multiplie et bloque l’expression d’une intelligence collective ; la surpopulation fait le lit du populisme. La colère de la masse est mauvaise conseillère, elle fait le jeu de quelques leaders qui savent profitent des circonstances à un moment donné. Ce mode de gouvernance n’a pas de contenu programmatique spécifique, il s’agit d’agréger des revendication diverses, pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi, contre les immigrés, contre les élites… Le populisme est en fait l’art de se servir des ressentiments du peuple pour prendre le pouvoir, et de manière annexe le lui confisquer. Extrême droite et ultragauche se rejoignent. « Contre la droite du fric, la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple », affirmait Marine Le Pen lors du lancement de sa campagne présidentielle de 2017. L’affiche électorale de Jean-Luc Mélenchon était du même tonneau : un portrait de lui-même surmonté du slogan « La force du peuple ».

Lire, Pourquoi l’inéluctable montée des populismes ?

Au niveau international, les populistes profitent du malaise socio-économique pour se multiplier, Chavez/Maduro, Trump, Bolsonaro, etc. Or les manipulations des foules ne sont jamais porteurs de bonne nouvelle. Le profil psychologique requis pour devenir dictateur ne laisse guère augurer un comportement soucieux du bien public. La vague populiste ne menace pas seulement nos libertés au sens classique, mais la possibilité même de pouvoir continuer à vivre sur la planète Terre. Des populations désorientées, soumises à des pénuries diverses, seraient probablement susceptibles de succomber à un désir autoritaire. Les « démocraties » les plus peuplées comme l’Inde ou le Brésil sont gouvernées par des leaders qui proclament être la représentation exclusive du peuple, et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux y sont considérés comme des traîtres. Dans une démocratie de masse où il faut entraîner à sa suite des millions d’électeurs lors d’une présidentielle, il est nécessaire d’avoir un leadership par lequel se faire reconnaître. Il était significatif que trois des quatre mouvements politiques qui sont arrivés en tête à la présidentielle française de 2017 étaient animés par une personnalité charismatique, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La forme « démocratie » est tellement procédurale et complexe sur le plan des pratiques qu’elle a besoin d’incarnation à un moment donné .

Références historiques :

– Étienne de la Boétie (1576) : « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns ont le royaume par élection du peuple ; les autres par la force des armes ; les autres par succession de leur famille. Pour dire la vérité, je vois bien qu’il y a entre eux quelques différences, mais de choix, je n’y en vois point, la façon de régner est toujours quasi-semblable. Celui à qui le peuple a donné l’État devrait être, ce me semble, plus supportable, et le serait n’était que, dès lors qu’il se voit élevé au-dessus des autres, il délibère de n’en bouger point… » Le populisme par exemple est l’art de se servir des sentiments du peuple pour prendre le pouvoir, et de manière annexe le lui confisquer. En effet la colère est mauvaise conseillère, elle fait le jeu de quelques leaders autoproclamés.(Discours de la servitude volontaire)

– Malthus (1798)  :« Le peuple doit s’envisager comme étant lui-même la cause principale de ses souffrances. Tant qu’il sera au pouvoir d’un homme mécontent et doué de quelque pouvoir d’agiter le peuple, de lui persuader que c’est au gouvernement qu’il doit imputer les maux qu’il s’est lui-même attiré, il est manifeste qu’on aura toujours de nouveaux moyens de fomenter le mécontentement et de semer des germes de révolution. Après avoir détruit le gouvernement établi, le peuple, toujours en proie à la misère, tourne son ressentiment sur ceux qui ont succédé à ses premiers maîtres. La multitude qui fait les émeutes est le produit d’une population excédante. Cette multitude égarée est un ennemi redoutable de la liberté, qui fomente la tyrannie ou la fait naître. Si les mécontentements politiques se trouvaient mêlés aux cris de la faim, et qu’une révolution s’opéra par la populace, en proie aux besoins d’être nourrie, il faudrait s’attendre à de perpétuels changements, à des scènes de sang sans cesse renouvelées, à des excès de tout genre qui ne pourraient être contenus que par le despotisme absolu. » (Essai sur le principe de population)

Lire, l’écologie est un anti-totalitarisme

Il est urgent de comprendre que seule l’écologie est un anti-totalitarisme car cette vision du monde accepte la diversité des cultures humaines associée à la diversité des écosystèmes. Il est urgent que l’État, source potentielle de totalitarisme, laisse place à des communautés que puissent déterminer elles-mêmes leur autonomie énergétique et alimentaire.Sinon, ce sera la barbarie d’un fascisme qui se servira de l’urgence écologique pour en faire la justification de l’acharnement contre des boucs émissaires, les juifs, les migrants, les étrangers, et toujours Nous contre EUX

Nicolas Hulot, SOBRIÉTÉ et SIMPLICITÉ

Je ne suis pas un homme pressé, je cherche l’essentiel. Je me suis débarrassé d’une certitude familiale, celle que le bonheur et la réussite sociale sont proportionnels à la possession. Le problème, c’est que le fait de « posséder » conditionne maintenant toute notre existence sociale. C’est devenu une dépendance, le gage de notre bonheur. Mais le seul gage du bien-être est pour moi intérieur. Le reste est accessoire. Les illusions matérialistes détournent de sa propre vérité et de celle des autres. Je sais aujourd’hui que moins nous acceptons de poser des limites, plus les tyrannies du désir nous envahissent. Je me suis retrouvé un jour dans un des fiefs du bouddhisme, au Ladakh. J’ai bien compris que la quête vers le nirvana passe par l’abstraction de tous les désirs, mais je ne tends pas vers ça. Le défi consiste à trouver le point d’équilibre entre le matérialisme et l’ascétisme. Pour moi d’abord, car tant qu’on ne s’applique pas les choses à soi-même, il paraît difficile de les proposer aux autres.

Pour vivre quelque part entre une société de matérialisme absolu et une société d’ascètes, il existe une troisième voie que Jean-Baptiste de Foucault appelle la « société d’abondance frugale ». L’urgence écologique nous pousse à une société de modération, à la sobriété heureuse. Mais comme l’exprime mon ami Pierre Rabhi, « Quant à nos contradictions, qui peut affirmer aujourd’hui, dans un pays prospère comme le nôtre, qu’il ne se déplace qu’à pied, ne consomme ni carburant ni électricité, ne se sert pas de téléphone ni d’ordinateur ? Nous sommes tous dans des compromis. » J’essaye simplement, à mon petit niveau, de donner aux gens l’occasion et les moyens d’avancer. Comme par exemple avec le Petit livre vert pour la Terre, qui proposait 500 comportements respectueux de l’environnement, dans lequel chacun peut puiser comme il l’entend, à son rythme. Rappelons l’article 3 de la Charte de l’environnement : « Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences. »

J’ajouterais aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité la sobriété.. Quels que soient les choix que nous faisons, nous ne pouvons pas continuer dans une forme d’ébriété et de civilisation du gâchis. L’ébriété actuelle vient du fait que l’on ne distingue plus l’essentiel du superflu, l’utile du futile. Entre le superflu et le vital, on peut aller vers le raisonnable. Mais on se confronte au fait que le libéralisme, doublé d’une puissance de feu marketing sans égale, a fini par faire croire à l’opinion qu’il était possible et même souhaitable de faire le contraire de ce qu’il faudrait faire. Enfin la dernière vertu très importante pour moi, c’est l’humilité, parce que je pense que ce qui a caractérisé le XXe siècle, c’est la vanité. Or son antidote, c’est l’humilité. Ce n’est pas quelque chose d’abstrait. Depuis ma participation au gouvernement, Édouard Philippe cite Pierre Rabhi et vante la sobriété heureuse !

NB : Les extraits précédents ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

La sobriété vu par les lecteurs du MONDE

Les commentaires sur lemonde.fr nous montrent qu’il serait bien plus facile de mettre en place une maîtrise de la fécondité humaine, par exemple par soutien du planning familial dans tous les pays, que de demander aux membres d’une société à la fois croissanciste et consumériste de limiter ses émissions de gaz à effet de serre.

Z. : La « sobriété », ça veut dire quoi au juste ? Combien de degrés ? Quelle taille l’appartement/la maison ? Qui aura droit à une voiture ? Quelles solutions de substitutions ? Arrêtons les généralités et les approximations qui permettent de louvoyer et entrons dans le concret !

pm22 : Pendant l’âge d’or du moyen-âge, période d’essor économique, de progrès agricole et d’une remarquable activité intellectuelle dans les monastères, les plus novateurs et cultivés (latin grec hébreu, etc.), les cisterciens prônaient avec talent la sobriété… Leurs dortoirs communs étaient des glacières. Leur régime quasi végétarien.

He jean Passe : « réduire drastiquement nos besoins ». Cela ne veut pas dire en fait réduire nos besoins (illimités par nature) mais nos consommation ,et ça n’est pas si compliqué que cela, par exemple : – Limitations de la vitesse sur les autoroutes à 110, sur les routes à 80 et en ville à 30 km/h – Quotas de consommation d’essence et de voyages en avion (10 litres par foyer et par mois) – limitation de la consommation de viande et de poissons (bannis des collectivités) – Limitation de la température dans les logements collectifs (18°C avec des thermostats connectés partout)

Valerio borg : Cool, panais et cardon du jardin pour tout horizon, pas de vacances, ni de découverte d’autres pays, des bons pulls moches pour supporter le froid et lire un bon livre d’un gourou à la lumière d’une bougie. Se retrouver le lendemain autour d’une infusion de sauge avec des amis comme horizon festif. Avec votre sobriété, vous me donner envie de sortir mon lance-pierres.

LaVénalitéenMarcHe : Un tiers de la production alimentaire est jeté ! Une énorme proportion de la production est parfaitement dispensable ! Liste non exhaustive : véhicules particuliers motorisés, congélos, lave-vaisselle, lave-linge, sèche-linge, machines à pain, fours à pizza, restaurants… = à mutualiser ; tondeuses à gazon motorisées (à remplacer par la version mécanique ou animale) ; souffleuses de feuilles ; TV ; presse sportive, people et de droite ; variétoche ; jeux vidéos ; smartphones ; eau en bouteille ; sodas, bonbons, malbouffe ; pétards et feux d’artifice ; maquillage ; ongleries… Autant d’employés à reconvertir dans des secteurs utiles : agriculture bio, artisanats alimentaires et autres, conserveries…

Bernard Naud : Enfin la famille Bidochon, au lieu d’aller se faire rôtir en Août à l’autre bout du monde, à grand renfort de vol charter bien polluant, ira passer ses vacances en Bretagne ou dans le Cantal ! De même ces cadres pressés attendant dès 6 heures du matin la Navette d’Air France pour aller assister à une réunion à Toulouse ou Marseille adopteront la Visio-conférence en pyjama, chez eux, derrière leur ordinateur…

ERoy : Arrêtons de prétendre que nous allons tous diminuer notre consommation. Sauf par un régime totalitaire, jamais les français n’arriveront à admettre que mêmes leurs pauvres sont riches comparer à la grande majorité du monde et que, par la simple loi du nombre, c’est d’abord à eux qu’il sera utile de demander des sacrifices. Le riche passera d’un six cylindres en ligne à une électrique, les autres seront au vélo. Le riche passera de son immonde 450 m2 à un modeste 225 mais exigera par équité que le pauvre passe de 40 à 20 m2 (logique mathématique). Le riche mangera du caviar bio parfaitement sain et naturel et le pauvre sera un végane obligé compte tenu du prix du Charolais au kilo. Quand aux efforts à faire par les indiens (d’Inde), croyez vous une seconde qu’ils vont diviser leur consommation par deux ?

Philip69 : La grande illusion est de penser que par l’implication citoyenne et le débat démocratique on va faire accepter un retour en arrière, une société de la rareté. L’histoire nous montre au contraire que de très larges parts de la population n’ont adhéré à la démocratie (régime sans transcendance et porteur d’incertitudes) qu’avec l’élévation générale et continue du pouvoir d’achat que celle-ci semblait permettre. Si cette élévation disparaît, la désaffection sera forte et comme il est bien plus insupportable de perdre quelque chose que de ne l’avoir jamais eu (effet cliquet), les désordres sociaux les plus extrêmes sont à craindre. Déjà la rage des gilets jaunes préfiguraient cette frustration. Bref, si la sobriété s’impose, alors le récit de la frugalité heureuse et conviviale apparaîtra comme une plaisanterie et la loi anthropologique de la rareté comme source de la violence se vérifiera.

PHILEMON.FROG : Les restrictions vont s’imposer très vite d’elles-mêmes de toute façon. C’est peut-être ce que se disent nos pusillanimes gouvernants d’ailleurs : « ce n’est pas moi, c’est la force des choses » ! Mais évidemment, plus les restrictions tardent à se mettre en place, plus subites et brutales elles seront in fine.

lecteur assidu : Et hop le retour de l’écologie punitive, sous le doux vocable de « sobriété ».

Gloglo @ lecter uassidu : Ecologie punitive, vous dites? Le plus marrant c’est de continuer à confondre la physique et la politique. Les glaciers ne font pas de politique. Ils fondent aussi bien pour les uns que les autres. Humains ou non, d’ailleurs. L’autre nom de la sobriété, c’est « pénuries », inflation, crise économique. C’est ce qui nous arrive. Ce n’est pas de la politique, ce sont des faits. La sobriété, ou descente énergétique, est la trajectoire prévisible de notre utilisation des flux énergétique. Voulue, délibérée, organisée, ou subie. Mais inéluctable. Quand bien même on voudrait brûler tout le pétrole, tout le charbon du monde pour échapper à ce que certains croient identifier comme de l’écologie punitive, ce sera de plus en plus difficile. En gros, nous n’aurons même plus les moyens de perpétrer la destruction délibérée et industrialisée de notre habitat. C’est juste des maths. C’est la physique qui est liberticide, pas l’écologie. Réveillez-vous. Documentez-vous.

JGG : Et voilà qu’encore une énième fois on repose l’ensemble des solutions possibles sur les choix que chacun fait, qu’il en aille de sa voiture à ses légumes, de son usage d’internet à la marque de ses chaussettes. Cette absence de pensée systémique n’a qu’une conséquence : plonger chacun dans le déni. Et pendant ce temps là personne ne questionne le secteur de la pub qui dictent des besoins artificiels, les lobbys qui créent des contre-vérités et les industriels qui n’ont que le profit à la bouche.

Soteria : Une taxe carbone et la suppression de la publicité iraient en effet très loin dans les efforts nécessaires. On remarquera que si le premier point était exclu du cadre de la convention sur le climat, la mesure issue du deuxième, qui n’était pas particulièrement extrême, a été entièrement dénaturée. D’après les chiffres donnés par Bernard Maris dans son bouquin, on mettait chaque année dans la publicité en Occident l’équivalent de ce qu’il serait estimé pour fournir de la nourriture, une éducation, l’eau potable et des sanitaires à tous ceux qui en manquent à travers le monde. Soit un peu moins des 100 milliards que le Nord s’était engagé à donner au Sud en 2015. Nul doute que depuis 2008 le marché publicitaire n’a pas exactement diminué.

Le Dingue : On parle beaucoup de sobriété énergétique sans parler de sobriété démographique. Bref, on n’avance pas.

A. Morin : au bout du compte la réduction démographique, d’une façon ou d’une autre, elle aura lieu. La démographie n’est pas le cœur du problème, mais une conséquence inévitable à court ou long terme, décidée ou non, de maladie, de famine ou de guerre. Voilà. Il faut faire en sorte que ce soit le moins pire possible mais ça sera très difficile au bas mot, catastrophique pour les humains plus probablement (je m’en réjouirais presque).

Neutralité carbone, l’exigence de la sobriété

La sobriété est devenue une nécessité absolue… qui reste pourtant l’angle mort de notre société de consommation. La simplicité volontaire de certains n’est qu’un premier pas, les politiques publiques doivent soutenir le mouvement général de basculement. Pour faire passer la purge des économies d’énergie et de la sobriété partagée, non seulement les politiciens devraient imposer un revenu maximum admissible (3 fois le salaire minimum par exemple), mais ils devraient rendre obligatoire à l’école l’apprentissage de la tempérance. Quant aux parents, ne pas offrir de cadeaux pour Noël serait un grand pas dans le bon sens.

Lire, En marche… vers la sobriété partagée

Perrine Mouterde : Plusieurs « scénarios » visant à atteindre la neutralité carbone, celui de négaWatt, du Réseau de transport d’électricité, de l’Ademe ou de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Il en ressort un messages convergents, cet objectif exigera de réduire drastiquement nos besoins. Même le gouvernement français le dit par le biais de sa stratégie nationale bas carbone, il faut une réduction par deux de la consommation globale d’énergie. Or s’interroger sur ces besoins ne va pas de soi. L’énergie n’a plus de visibilité, de réalité physique, ce que l’on consomme est totalement abstrait…

Lire, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

La nécessité de réfléchir collectivement à la notion de sobriété s’impose, mais cette notion, largement absente du débat public, est éminemment clivante. Sommes-nous prêts à remettre en cause la manière dont nous nous déplaçons, dont nous occupons nos logements, dont nous mangeons ? Ou souhaitons-nous préserver nos modes de vie actuels, quitte à rendre l’atteinte de nos objectifs climatiques impossible ? La sobriété, ce n’est ni un scénario du Moyen-Age ni un scénario où les trains s’arrêtent quand il n’y a plus de vent pour faire tourner les éoliennes, mais c’est clairement un scénario où le pacte de société n’est plus le même. Espérer atteindre la neutralité carbone implique de sortir totalement des fossiles, de développer les énergies renouvelables non électriques, de réformer les systèmes agricoles et alimentaires, de préserver les forêts et les océans qui sont des puits de carbone, de repenser le modèle de développement économique, l’organisation du territoire… Le défi est systémique et toutes ses dimensions doivent être prises en compte.

Lire, La transition écologique nécessite une déstructuration

Il y a urgence à agir, mais cela ne peu se faire qu’avec l’assentiment de la population et c’est là où le bât blesse. Un objectif de baisse du pouvoir d’achat n’a aucun chance d’aboutir. Et pour l’heure, on ne peut que s’inquiéter de la pauvreté des discussions sur l’écologie dans la campagne présidentielle. Il y a incapacité des Français et des dirigeants à se projeter dans l’avenir et à porter une vision de ce que pourrait être une société de la neutralité carbone en 2050.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Notre plus ancien article sur la question de la sobriété :

13 janvier 2009, sobriété énergétique ?

Nicolas HULOT et l’AVION

L’avion est comme la ville, un endroit inhumain, sans horizon, où l’on ne respire pas un air sain, où l’on vit sans possibilité d’évasion, de sortie, d’exception. Aujourd’hui, en avion, en voiture et même en train, on ne voyage plus, on se déplace ; témoin inconscient d’un spectacle trop rapide que l’esprit ne peut fixer. Pour moi l’avion n’était qu’ un métro. Si j’ai l’instinct voyageur, c’est vrai aussi que j’ai l’esprit casanier. J’aime bien m’installer dans un lieu durable. Comme un arbre aux racines étalées, mais qui ne s’incrustent pas dans la terre. Partir me demande un effort, mais demeurer m’est impossible car l’instinct de découverte me stimule : c’est ma contradiction.

En 1991, je faisais un livre, « États d’âme », à partir des anecdotes de mon expérience de baroudeur. Mais j’aimais encore plus lire qu’écrire : picorer les cinq continents, c’est cent jours d’avion, donc cent jours de lectures. Je fréquentais à l’époque des maîtres à penser, aussi bien Paul-Emile Victoire que Théodore Monod. Quand je traversais les fuseaux de notre planète au rythme des avions de ligne, à la cadence parfois accélérée de mes voyages professionnels, je prenais conscience que notre terre se résume à quelques îlots d’opulence entourés d’océans de misère et de détresse.

Dès lors que l’on s’inscrit dans le luxe, comme quand on prend l’avion, il faudrait automatiquement prélever une somme qui soit reversée à un fonds au mécanisme approuvé : l’aide alimentaire, l’accès aux soins, l’éducation… A partir du moment où l’on prétend au voyage, on s’inscrit comme citoyen de la planète et il est alors évident que l’on doit contribuer à un élan de solidarité. Le trafic aérien a été exclu du protocole de Kyoto, et par ailleurs le kérosène des avions n’est pas taxé… si bien qu’il coûte beaucoup moins cher que l’essence utilisée par les automobilistes. Ce n’est pas normal. Mettre 20 tonnes de pétrole dans un avion pour emmener 180 Français à Venise n’a pas de sens. Les hommes peuvent exprimer leurs inquiétudes sur la dégradation du climat d’un ton fort grave pour aussitôt les oublier, acheter une nouvelle voiture, mettre la climatisation ou prendre l’avion pour partir en vacances. Je ne pense pas que le fait d’accomplir les choses au seul motif que nous pouvons ou savons les faire soit une expression bien haute de notre liberté.

NB : Les extraits précédents ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

Déprime existentielle dans l’aéronautique

Une nouvelle génération d’étudiants s’interroge sur l’avenir de l’aviation civile dans un monde en surchauffe. Les écoles misent sur les technologies de rupture, mais la décroissance des flux aériens n’est plus un sujet tabou. Margherita Nasi :

– ISAE-Supaéro, l’école d’ingénieurs qui forme les bataillons de l’industrie aéronautique : en 2020, 710 étudiants du secteur de l’aéronautique, dont 335 de l’ISAE-Supaéro, ont publié une tribune plaidant en faveur de reconversions industrielles et d’une réduction du trafic aérien.

– Le directeur des études de l’ENAC : « Le débat est particulièrement clivant, avec des questionnements brutaux remettant en cause l’existence même du secteur ». L’école va mettre en place vingt heures de tronc commun pour tous ses étudiants sur les relations entre climat et transport aérien.

– Un professeur en aérodynamique à l’ISAE-Supaéro : « Les étudiants ressentent une forme de déprime existentielle alors que, pour une partie de la population, il n’y a rien de plus grotesque que de mettre des avions dans l’air et d’envoyer des fusées dans l’espace »,

Un étudiant : « En réalité, la culture de l’aviation imprègne chaque exercice. Cette coloration m’a inquiété, parce que je suis très porté sur l’écologie. »

Lire, L’aviation au banc des accusés, coupable !

– Francis Pollet : « Interdire le Paris-Marseille en avion, c’est supprimer la première commande d’avion électrique. Et puis, les gens ont envie de voyager. Je vous garantis que l’été prochain, on va battre des records de billets low cost pour aller très ilon ».

– Jean-Marc Moschetta : « A Airbus, on s’inquiète : si leurs futurs cadres commencent à dire qu’il faut arrêter le trafic aérien et se mettent à la permaculture, autant démonter les aéroports et réactiver les diligences. Si nous n’inventons pas les avions et les fusées propres de demain, qui va le faire ? »

– Olivier Lesbre : « Il nous faut encore du temps pour décarboner l’aviation, mais ce n’est pas dramatique : l’aviation civile représente environ 2 % des émissions mondiales de CO2. Si on casse l’industrie, on aura du mal à inventer des solutions. »

Réactions sur lemonde.fr :

Pakko : Chaque jour un petit coup de canif dans nos certitudes . Les mythes tombent, les impasses apparaissent (état réel de la planète, foi dans le progrès, croissance génératrice de bonheur, supériorité de notre modèle ). Aujourd’hui c’est le tour du gratin des ingénieurs de le reconnaître , viendra celui des économistes et décideurs… Jusqu’à l’acceptation (maîtrisée ou contrainte) de la décroissance et la fin du mythe prométhéen du génie illimité, scientifique et technique, humain

zeOurs : A ceux qui veulent à tout prix tuer l’avion: je suppose que vous êtes tous cyclistes, non fumeurs, végétariens, dans un appartement de petite surface, parfaitement isolé? (il y a un intrus dans la liste, le trouverez-vous?)

Lire, Léonore Moncond’huy, seule contre les avions

Ducalme : L’aviation, un peu plus de 2 % des émissions de CO2. Ma contribution, la vôtre, l’intérnet et les réseaux sociaux 4 % des émissions de CO2 et je vous laisse imaginer ce qui croit le plus (on atteindrait 8% en 2025). L’aviation doit donc faire des efforts et contribuer comme tout le monde mais c’est inutile de la mettre au pilori.

Lire, gaz à effet de serre de l’aéronautique, ça flambe

Tiouriret : Bientôt, deux ou trois écoles d’ingénieurs aéronautiques suffiront dans le monde. Ils concevront les vaisseaux spatiaux par lesquels quelques ultra riches rejoindront leurs planètes personnelles, non polluées, vivables, alors que le port du masque à oxygène sera obligatoire sur Terre, dès la naissance.

Nicolas Hulot et la VOITURE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot :

Au fil des décennies, s’est forgé un mode de vie fondé sur la voiture. Au vu des tendance actuelles, le nombre d’automobiles en circulation sur la planète pourrait doubler d’ici à 2020. En 2010, 1 015 000 de voitures ont été recensées aux quatre coins du monde, contre 980 millions en 2009. Plus de 1 milliard pour 7 milliards d’habitants. Aux Etats-Unis, royaume de la motorisation, le ratio culmine à 1 véhicule pour 1,3 Américains bébés compris. Ce modèle est aujourd’hui remis en question. Moteur du dynamisme économique et de la mobilité individuelle, le trafic routier se présente en même temps comme une des causes principales du fameux effet de double ciseau : raréfaction de la ressource pétrolière d’une part et aggravation de l’effet de serre d’autre part. Il n’y a pas de mystère, c’est à la déconstruction de ce monopole routier qu’il faut travailler. Quand j’entends qu’on veut installer un circuit de Formule 1 durable à proximité de Paris, j’ai un peu la nausée. Mais je refuse de participer aux manifestations du genre « la journée sans voitures ». C’était bien au début pour alerter la population, mais maintenant il faut passer à l’action. En matière automobile, les réglementations nécessaires sont faciles à mettre en œuvre et à être comprises de l’opinion (réduction des vitesses ou seuil d’émission de 80 g de CO2 par kilomètre, par exemple). Il y a des limites à fixer mais nous n’allons pas interdire totalement les voitures. Par contre nous pourrions bannir celles qui roulent à plus de 130 km/h.

Voici mon projet exposé dans le Pacte écologique de 2006. L’activité des transports, dans laquelle le secteur routier se taille la part du lion (89 % des déplacements de personnes et 80 % du trafic de marchandises) progresse en France deux fois plus vite que l’activité économique générale. En développant un système global fondé sur la mobilité, la prééminence du transport routier façonne désormais tout le fonctionnement de la société. Toute rationalité semble exclue de nos déplacements en voiture. Alors que la vitesse admise est limité, 88 % des automobiles vendues aujourd’hui en France peuvent dépasser 170 km/h, un tiers pouvant même rouler à plus de 200 km/h. Comme le moteur d’une voiture est réglé en fonction de sa vitesse maximale, on consomme plus de carburant, on dérègle davantage le climat. Il faut diminuer la puissance des automobiles mises en vente pour les rendre conformes aux limitations de vitesse (qui sont aussi des exigences de sécurité). Comme la réglementation technique des automobiles relève de la législation européenne (avis du Conseil d’État de juillet 2006), c’est au niveau de l’Union européenne que la décision doit être prise. A l’évidence, tous les États européens sont soumis aux mêmes impératifs de changements climatiques et de raréfaction des ressources pétrolières. Cette mesure pourrait s’accompagner d’une réduction de la vitesse maximale autorisée, la France faisant partie des pays européens où elle est la plus élevée. La vérité des prix doit aussi s’appliquer à l’automobiliste avec la restauration de la vignette, impôt écologique par excellence. Depuis sa suppression incohérente, de timides initiatives ont été prises dans ce sens. Mais leur aspect dissuasif reste dérisoire. On peut offrir aux communes la possibilité légale d’instaurer un péage urbain. On doit aussi mettre en place un péage kilométrique pour les poids lourds, comme en Allemagne et en Autriche.

Lors de la présentation du plan climat le 6 juillet 2017, j’ai assuré que le gouvernement entendait en finir avec la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Aucun nouveau modèle à essence ou diesel ne sera désormais commercialisé. Cet objectif est lourd, notamment pour les constructeurs automobiles et cela constitue une véritable révolution. Le Président de Volvo Cars a annoncé que toutes ses nouvelles voitures auront avec un moteur électrique à partir de 2019. Avec Bruno Le Maire pour l’économie, Élisabeth Borne pour les transports, et les patrons des grands groupes équipementiers, nous avons révélé le 22 mai 2018 le nouveau contrat stratégique pour la filière automobile 2018-2022 : multiplier par cinq d’ici à 2022 le nombre de véhicules électriques et dix fois plus que maintenant le nombre de véhicules hybrides. A charge pour l’État de créer une infrastructure de recharge des véhicules. Un deuxième volet du plan va favoriser les tests de véhicules sans conducteur. Emmanuel Macron l’avait dit : « Devons-nous réduire nos déplacements ? Non, au contraire ! Il faut imaginer des véhicules individuels plus sobres, comme les véhicules électriques. » Le 30 mai 2018, je détaillais devant l’Assemblée nationale les principales lignes d’un autre plan pour promouvoir l’hydrogène. 100 millions d’euros y seront consacrés pour faire de la France un leader mondial de cette technologie. Nous visons une flotte de 5000 véhicules utilitaires en 2023 contre 200 fonctionnant à l’hydrogène à l’heure actuelle.

NB : ces extraits ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective… Chaque jour vous aurez un nouvel extrait sur ce blog biosphere jusqu’à parution intégrale d’un livre qui a été écrit en prévision de la démission de Nicolas de son poste de ministre de l’écologie. On ne pouvait avoir durablement un ministre voué à l’urgence écologique dans un gouvernement qui en restait au business as usual…

Des cadeaux de Noël, modèles recyclés

D’un côté on nous incite à planter des arbres, de l’autre on abattait 6 millions d’arbres pour une occupation fugace, le sapin de Noël.

Lire, Sapins de Noël, un épouvantable gâchis

S’il n’y avait que ça comme occupation fugace… Parlons des jouets et des gadgets qui se retrouvent au pied de ce sapin.

Lire, Faut le faire, ce sera Noël sans cadeau

Soyons des Décroissants sous le sapin. Pour en finir avec le mythe de la croissance, Noël est un bon indicateur de notre aptitude réelle à changer. Car qui est vraiment prêt à dire à ses proches le jour J : «  Je ne vous ai rien acheté, car on va crever de surconsommation, et je préfère favoriser la vie » ? Combien sommes-nous à regarder en face ceux qu’on aime… sans rien leur offrir ? Combien sommes-nous à fabriquer nous-mêmes nos cadeaux ? Très peu, trop peu. Trop d’enfants n’ont plus accès à cette joie que procure des choses simples. Ils sont blasés devant l’excès et ont perdu la saveur de l’attente et de la patience devant la rareté. Un rituel comme celui de Noël ne devrait être là que pour nous ramener à l’essentiel, contribuer à la fraternisation familiale et à la cohésion de nos groupes sociaux avec ou sans la célébration de la naissance du Christ. Heureusement les temps des pénuries s’annoncent, Les cadeaux vont changer de signification.

Tom Bertin : Le budget de Noël revu à la baisse a motivé Myriam à acheter d’occasion une partie de ses cadeaux. Depuis fin octobre, Leboncoin note une hausse inédite de 50 % de l’audience dans la rubrique jeux et jouets, par rapport à l’année précédente. Les ventes d’iPhone, Playstation et tablettes reconditionnés s’envolent. « Il y a quelques années, ça aurait été inconcevable ! J’aurais eu trop peur de passer pour un radin », confie un anonyme… Au-delà de l’aspect financier, ce basculement s’explique aussi par des questions éthiques et écologiques. Rejet de la société de consommation, volonté de redonner vie à des objets, convictions écologiques…

Lire, Supprimez Noël et fêtons le solstice

Il est vrai que trouver le produit de son choix, c’est compliqué avec le recyclage, sur Amazon ça ne prendrait deux secondes. De nos jours les consoles de jeux vidéos du père Noël finissent encore par intoxiquer les jeunes esprits autour d’un arbre à cadeaux. L’enfant Jésus est bien oublié, le père Noël n’est qu’un hérétique dont la hotte va être garnie par les marchands du Temple. Le Noël sans marchands n’est pas encore envisageable, tout ce qu’on peut dire, c’est que cela viendra inéluctablement. En 1900, il suffisait d’une orange donnée à un enfant à Noël pour avoir l’impression d’un immense cadeau.

Notre plus ancien article sur ce blog biosphere quant aux cadeaux :

24 décembre 2008, Noël sans cadeau

Nicolas Hulot et la condition animale

Les extraits suivants ont été publiés dans le livre de Michel Sourrouille paru en octobre 2018, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir ». Mieux vaut rendre la pensée de Nicolas Hulot publique, la libre circulation des idées écolos contribue à la formation de notre intelligence collective…

Janvier 2018, lors de mes vœux à la presse. J’ai décidé de réfléchir cette année à un sujet qu’on reporte régulièrement au prétexte qu’il est un peu « touchy », celui de la condition animale, qui est un sujet de civilisation. J’ai convié à cette réflexion la présidente de la FNSEA, ainsi que les chasseurs. J’estime que l’animal a une conscience et je souhaite conduire bientôt une grande réflexion sur la condition animale avec le ministre de l’agriculture. Je suis convaincu que les mentalités ont énormément évolué sur ce sujet, et c’est un indice de civilisation. Ces questions convoquent souvent de vieilles traditions. On peut les aborder sans stigmatiser personne, mais on ne peut plus les occulter. Il faut reconnaître que l’homme sait aussi vous donner la nausée tant parfois il excelle dans l’indifférence, l’ignorance, la cupidité, la vanité, la lâcheté, la cruauté. Les élevages intensifs d’animaux sous l’effet d’une mode, où les bêtes croupissent lorsque celle-ci est passée, sont inadmissibles. Combien de huskies ont grandi dans des vitrines minuscules. Les murs épais des laboratoires cosmétiques qui dissimulent le martyre d’animaux innocents me donne la nausée. Que pour satisfaire quelques coquetteries futiles on se fasse tortionnaire illustre le peu de cas que notre société fait de la condition animale. Concernant la chasse ou les abattoirs, j’appelle à limiter au maximum la souffrance de l’animal. Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Pour le bien-être animal, nous prendrons notamment l’engagement d’interdire d’ici 2022 de vendre des œufs de poules élevées en batterie. » Il n’y avait pas grand-chose d’autre !

Si vous me demandez mon sentiment sur l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques, évidemment ça ne me plaît pas. Le mouvement contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques prend de l’ampleur. Les 2 000 animaux sauvages détenus en France dans les cirques présentent des troubles du comportement et des souffrances chroniques. Le plus choquant, c’est que cette activité a pour fin le divertissement. On fait des animaux des produits de consommation.  J’ai de l’estime pour les gens du cirque, mais je sais combien les prouesses des animaux sont le fruit de privations et parfois de sévices. Rien de plus désolant, l’été, que ces bêtes en cage étroite, agglutinés et exposés au regard de promeneurs distraits. J’ai en horreur ceux qui privent l’animal de liberté à des seules fins mercantiles. Mais ma nomination en tant que ministre fut au début un grand espoir déçu pour Brigitte Bardot. En juin 2017, le maire du Luc se battait pour empêcher l’installation d’un cirque avec animaux sauvages sur son sol. Elle m’appelle par téléphone, je lui réponds : « Je suis ministre, mais je ne sais pas ce que je peux faire. » Début août 2017 sur France Inter, j’ai déclaré en tant que ministre de la transition écologique et solidaire ne pas être favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée que l’on fasse du spectacle avec cette activité-là. « Artistes à quatre pattes » pour les uns, « êtres emprisonnés et brisés » pour les autres. Mais je préfère mener une réflexion globale plutôt que de l’interdire d’un coup. Le gouvernement a créé par décret une commission consultative interministérielle afin d’organiser une concertation permanente entre les cirques, les ministères concernés (culture, intérieur, transition écologique, agriculture) et les élus. Dans le monde, 27 pays ont totalement interdit les cirques avec animaux (parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Grèce, l’Inde, le Pérou, la Slovaquie et la Suède) et 16 partiellement (dont l’Allemagne, l’Australie et le Canada)

L’animal n’a plus le temps de s’adapter aux modifications de son environnement. Son univers a trop vite évolué en moins d’un siècle pour que ses gènes conditionnent de nouveaux réflexes. De toute façon, l’homme, dans son développement, ne les prend pas en compte. S’échapper, pour les animaux, c’est s’exposer à des projectiles monstrueux lancés sur toutes les routes. Partout dans le monde, en modifiant le paysage, l’humanité dans son expansion fait fi de la condition animale.

Lire aussi, Condition animale, maigre avancée de la loi

Convention citoyenne et foie gras mi-cuit

Pour faire plaisir à notre fidèle commentateur Michel C, voici notre tirade contre le foie gras…

Il y a ceux qui prennent conscience, mais il leur faut réfléchir pendant des mois et des mois en bonne compagnie, ainsi ils étaient 150 citoyens engagés dans une convention pour le climat. Mais il y a surtout les conflits interminables pour décider d’un minuscule aspect de notre régime alimentaire en cette veille de Noël.

Lire, pas de foie gras dans l’assiette

LE MONDE : Plusieurs villes écologistes bannissent le foie gras. L majorité écologique lyonnaise lors des réceptions, la mairie écologiste de Strasbourg qui a banni ce produit de ses activités, à Grenoble le foie gras a disparu des cérémonies dès 2014. De son côté, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras s’est dit mardi « choquée et scandalisée » par ces décisions, qualifiées d’« offenses à tous les producteurs français qui élèvent leurs animaux avec passion dans le plus strict respect du bien-être animal ». Or le gavage des oies et des canards entraîne une stéatite hépatique et ne subsiste que dans une poignée de pays de l’Union européenne. New York a même interdit la commercialisation du foie gras à partir de 2022. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni et le Danemark, sont allés jusqu’à interdire la production de ce produit.

Bien entendu les commentaires nous gavent :

Gus : Et pour les huîtres, dévorées vivantes, les homards et langoustes ébouillantés, les poissons arrachés aux grands fonds, les escargots qui en bavent, … etc. Mais que les végans ne se réjouissent pas, il est prouvé que les végétaux souffrent aussi… Il reste la possibilité de vivre d’amour et d’eau fraîche, mais l’amour…, aujourd’hui…, c’est pas sans risque !

JeDubiteTuDubites : C’est d’autant plus ridicule que les électeurs n’ont pas voté l’interdiction du foie gras à 51%. Les écologistes avancent masqués et leur modèle est une forme d éco-terrorisme totalitaire .

Anatole : Chez moi tout est prêt ! On va se régaler avec un p’tit côte d’Aubance mais bio de préfèrence !

Lire, Noël autrement, Noël écolo

Catherine Pacar: Avant la convention citoyenne, ils ne se rendaient pas compte de la gravité de l’enjeu… jusqu’à ce qu’on leur donne les moyens de comprendre », résume Benoît. Et là, c’est « le coup de matraque », assure Nadine. Dès le premier week-end de participation, Lambert, 29 ans, troque son auto pour un vélo et devient végétarien. Pendant de longs mois, quels que soient leur niveau d’éducation ou leurs idées politiques, toutes et tous vont se parler, s’écouter pour finalement s’accorder sur les mesures communes. Aujourd’hui, Guillaume est fier que sa proposition sur « l’éducation à l’environnement » soit une des rares à être passées sans modifications. Mohamed a réussi à convaincre son entourage que « si, on peut changer les choses »… On peut commencer par en finir avec le foie gras….
(Les 150. Des citoyens s’engagent après la convention citoyenne pour le climat, en preview sur lcp.fr à partir du 7 décembre 2021)

Lire, Tout savoir sur la Convention Citoyenne

Démographie Responsable en décembre

* Michel Sourrouille, un de nos responsables Aquitaine, se propose de faire fonction « d’intervenant itinérant » pour des conférences-débats intitulées « Question surpopulation, quelles solutions ? ». Il prendrai personnellement en charge les frais de déplacement pour toute destination en France. A charge pour l’organisateur de la rencontre de fixer un lieu de réunion, une date, de faire la publicité et de lui fournir un hébergement militant (gîte et couvert si éloignement de son lieu de résidence). N’hésitez pas à faire appel à lui, michel.sourrouille@laposte.net

* Martin Rott, notre responsable Occitanie, a fait le 18/11, une conférence à Nîmes : « Peut-on diminuer l’empreinte écologique sans prendre en compte la démographie ? » Signalons aussi son article « Ecologie et Démographie: un enjeu tologique » que le journal protestant Réforme vient de publier.
* Notre adhérent
Jean-Michel Favrot a présenté son livre « Démographie, l’impasse évolutive ». à la Journée des écrivains. Nous vous joignons par ailleurs 3 nouvelles vidéos pédagogiques de J.M. Favrot autour du thème « Démographie, comment évolue-t-elle ? «
Démographie, comment évolue-t-elle ? (partie 1)
Démographie , comment évolue-t-elle ? (partie 2)
Démographie, comment évolue-t-elle ? (partie 3, compléments)
* Notre Webmestre
Isabelle Yvon, a créé sur le site une page de témoignages, les motivations personnelles qui nous ont poussés à adhérer. Vous pourrez découvrir ces témoignages depuis la page d’accueil de notre site en cliquant sur la rubrique Témoignages (à droite, sous le compteur de population). Vous pourrez également lire les témoignages des membres du bureau ou des responsables régionaux en allant sur la page Qui sommes-nous ? puis en cliquant sur leurs photos.

* Le Salon Marjolaine en novembre, a été un beau succès : nous avons eu de nombreuses adhésions. Notre président, Denis Garnier y a tenu une conférence intitulée « Démographie et Pandémie » . Vous trouverez d’une part  une vidéo sur le même thème tournée dans de meilleures conditions de son et d’image et d’autre part son enregistrement original à Paris(bulletin de Démographie Responsable en décembre)

Démographie Responsable dans les médias

Pourquoi adhérer à l’association Démographie Responsable ? Plusieurs adhérents de DR nous donnent quelques pistes de réflexion. En résumé :

Patrick P. : Quand on constate régulièrement cette belle acrobatie de malhonnêteté intellectuelle qui consiste à contourner le problème démographique, ça révolte. J’ai donc rejoint Démographie Responsable, par anti-panurgisme vis-à-vis de tous ces médias qui refusent la pluralité d’opinions et qui déguisent en vertueux tout positionnement qui rejette cette évidence arithmétique de la progression démographique mondiale. L’enjeu de ce combat en vaut le coup !

Christine C. : Je me suis rendue sur le site Web de Démographie Responsable car je partage cette conception de la surpopulation et pourtant elle a du mal à trouver des échos aussi bien politiques qu’auprès des citoyens… Ce que je trouve vraiment catastrophique au vu de l’augmentation constante démographique alors qu’on a épuisé les ressources de la terre au 29 juillet 2021… On continue à ne pas prendre en compte l’aspect démographique et à éviter ce débat essentiel.  Lorsque j’ai évoqué la question démographique à un président de département, il m’a répondu que les gens ne seraient pas prêts à entendre ça !

Marie-Françoise V. : J’ai connu l’association DR lors d’un passage au salon Marjolaine il y a 3 ans environ – je ne sais plus si j’avais conscience des conséquences d’une démographie non maîtrisée…mais depuis cette rencontre… OUI. Questions pas assez souvent posées   … ni par les politiques, ni par les églises…

Pour avoir les témoignages dans leur intégralité, et bien d’autres

https://www.demographie-responsable.org/411-temoignages.html

Démographie Responsable à l’international

Pourquoi adhérer à l’association Démographie Responsable ? Plusieurs adhérents de DR nous donnent quelques pistes de réflexion. En résumé :

René E. : J’ai pu voir la vie aux Indes, il faut y être né pour survivre dans ce grouillement de créatures prises au piège. Tout se cumule : absence de liberté, pollutions, manque d’eau et d’hygiène élémentaire… Comment cautionner un tel massacre ? Les Grands de ce monde sont-ils aveugles ?

Gérard G. : Durant les années 1970, j’ai vécu en Afrique et j’ai constaté les problèmes de désertification et d’exode rural que provoquait la surpopulation J’appréciais alors les ouvrages de l’agronome René Dumont, qui avait les analyses les plus sérieuses sur les pays du Sud et qui fut l’un des premiers à alerter sur les risques démographiques… Par la suite le parti des Verts (devenu EELV) abandonna toutes propositions de stabilisation démographique. Et je ne pense pas que la majorité des humains soient prêts à diminuer leur consommation afin de « sauver la planète ».

Eric V. : J’ai la chance d’avoir pu vivre à l’étranger et d’être né en 1960, une époque où il n’y avait encore « que » 3 milliards de personnes. Depuis, la population a plus que doublé, et partout où j’ai l’occasion de repasser, j’ai vu l’empreinte de l’homme qui a dégradé, mité, pollué, bétonné ou interdit ce que j’ai connu ouvert, accessible, voire encore un peu sauvage.  Sachant qu’il ne s’agit pas forcément d’une volonté destructrice, mais bien d’un expansionnisme irrésistible lié au nombre, qui épuise tout sur son passage, j’ai le syndrome de l’Île de Pâques, et je me sens plus malthusien que jamais sur nos biens les plus communs : la biodiversité, l’eau, l’air, et l’espace.

Michèle H. : Je ne vois pas comment, si nous continuons à nous reproduire sans frein, il y aura de l’eau douce pour tout le monde d’ici quelques années ; Déjà, des guerres existent pour se procurer cette matière vitale. Sans parler du réchauffement climatique qui va entraîner des immigrations justifiées de peuples îliens qui n’auront plus de territoire où vivre ! Nous sommes accusés de gâchis pendant que le Qatar exhibe ses cinq pistes de ski de 800m (avec pingouins vivants exposés de temps en temps) !

Pour avoir les témoignages dans leur intégralité, et bien d’autres :

https://www.demographie-responsable.org/411-temoignages.html

la Démographie Responsable en chiffres

Pourquoi adhérer à l’association Démographie Responsable ? Plusieurs adhérents de DR nous donnent quelques pistes de réflexion. En résumé :

Claude D. : Ce qui m’a aiguillé vers DR, La Peau de Chagrin

– en 2011 : 2,2 hectares / habitant.= 0,29 x 3,14 x (4 x 10⁴ /3,14)² / 7 x 10⁹ = 0,022 km²

Avec circonférence Terre = 40.000 km soit (4 x 10⁴) ; surface d’une sphère : S = 3,14 x D² ; population au 31/11/2011 = 7 milliards soit (7 x 10⁹) ; seulement 29 % de terres non immergées.

–  en 2020, on était 7,8 milliards, donc 1,89 hectares par habitant. Alors même qu’il faut 1 hectare d’herbage pour nourrir un âne ! ! !

Le 6 septembre 2048, nous aurons tous notre brevet d’âne bâté avec une surface de terrain de 1 hectare par humain ! Ne cherchons donc plus la cause de nos problèmes d’environnement !

Bernard V. : Tous partis confondus prétendent que c’est l’accroissement du nombre d’enfants qui réglera le problème du déficit de la caisse de retraite…. alors je me suis intéressé à un autre chiffre : Chaque jour sur la planète, on compte environ 400 000 naissances, il meurt chaque jour dans le monde en moyenne 168 000 êtres humains. Le solde est donc 400-162 = 232 000 êtres humains supplémentaires chaque jour sur notre planète. Qui peut imaginer que faire des milliards de milliers d’enfants réglera les problèmes du réchauffement climatique, même en se privant de voiture, de voyages, de chauffage, de climatisation ou de manger des fraises en hiver, qui peut croire que ça suffira à éviter la guerre de l’eau puis de l’air ?

Marc G. : Ma grand-mère, qui était née en 1880 à Bordeaux et avait connu des marins et des explorateurs, me parlait souvent de régions encore vierges, en Amazonie et en Afrique. On pensait encore que le Yéti ou le grand serpent de mer pouvaient bien exister. Maintenant nous sommes fixés. Tout est cartographié, habité, exploité, et parfaitement connu, les humains sont partout. Nous sommes l’espèce la plus industrieuse, et la seule capable d’aller dans l’espace, mais nous dépendons de millions d’autres formes de vie avec lesquelles nous fonctionnons en symbiose, et qu’il faut protéger dans notre propre intérêt. Si nous voulons à terme que nos descendants vivent à l’aise sur ce petit globe avant d’explorer les étoiles, il faudra qu’ils soient beaucoup moins nombreux.

Jean-Paul G. : Depuis la publication, en 1972, du livre The Limits to Growth, la croissance de la population est l’un des problèmes majeurs de l’humanité par rapport aux limites de notre planète. Pourquoi ne pas en tenir compte ?

Pour avoir ces témoignages dans leur intégralité, et bien d’autres :

https://www.demographie-responsable.org/411-temoignages.html

Adhérer à une Démographie Responsable

Pourquoi adhérer à l’association Démographie Responsable ? Plusieurs membres du comité d’organisation nous donnent quelques pistes de réflexion. En résumé :

Didier Barthès : « J’ai toujours considéré que la vie au milieu des arbres était l’état naturel des choses. Je me désespérais chaque fois qu’un nouveau bâtiment venait empiéter sur la nature. Même si alors, je ne mettais pas sur la chose des mots aussi précis, je la ressentais bien comme une atteinte à la beauté et à la douceur du monde. Je comprenais que le grignotage de la forêt était le fait d’une population toujours plus nombreuse. J’ai créé un site consacré à l’économie et à l’écologie intitulé Economie Durable. Via ce site, je suis entré en contact avec l’association Démographie Responsable qui venait d’être créée. Ce militantisme m’a semblé juste et nécessaire. »

Odette Chauve : « Étant donné la situation actuelle du monde, faire un enfant aujourd’hui est juste inconcevable pour moi. J ‘ai eu un seul enfant en 1968 qui lui n’en a pas fait du tout. Membre de Démographie Responsable depuis de nombreuses années, je suis même devenue la vice-présidente aux côtés du président Denis Garnier. Et je termine par ma phrase favorite : on ne peut pas se reproduire à l’infini dans un espace fini. Ce n’est pas idéologique, c’est juste mathématique. »

Marc Gillet : « Le saccage de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles, dus à la surpopulation, sont inquiétants. Nous sommes l’espèce la plus industrieuse, et la seule capable d’aller dans l’espace, mais nous dépendons de millions d’autres formes de vie avec lesquelles nous fonctionnons en symbiose, et qu’il faut protéger dans notre propre intérêt. Si nous voulons à terme que nos descendants vivent à l’aise sur ce petit globe avant d’explorer les étoiles, il faudra qu’ils soient beaucoup moins nombreux. »

Alice Rallier : « Prétendre que le fait de nous reproduire n’a aucun effet sur la dégradation de notre environnement n’a aucun sens : c’est seulement un déni de réalité. Quelle que soit notre manière de consommer, nous ne pouvons pas nous reproduire à l’infini dans un espace fini et déjà saturé de notre présence, c’est l’évidence. Moins d’humains, ce sera moins de problèmes. J’ai choisi de m’intéresser au discours de Démographie responsable parce que cette association nous ouvre les yeux sur cette question. Moi, personnellement, j’ai fait mon choix : pas de planète B, pas de bébé ! Je n’ai pas fait d’enfants et je me suis fait stériliser chirurgicalement. »

Michel Sourrouille : « L’année de ma naissance en 1947, la population mondiale était de 2,325 milliards. Si je vivais centenaire, les statistiques pour 2047 prévoient 9,275 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et faire vivre décemment 7 milliards de personnes de plus entre 1947 et 2047 ? Comment préserver la vie sauvage et les forêts primaires ? Impossible. C’est pour cela que je n’ai eu qu’un seul enfant biologiquement parlant, que j’ai propagé la pensée malthusienne au niveau politique et médiatique… et que je me suis engagé au sein de l’association Démographie Responsable. Une action individuelle n’est presque rien si elle ne s’accompagne pas d’un engagement collectif. »

Anne-Marie Teysseire : « Je crois depuis mon plus jeune âge que la multiplication des humains était la principale cause d’un holocauste qui promettait le confort, la sécurité, la facilité, mais tuait ce qui est le plus humain en l’humain. J’ai été heureuse de trouver l’association alors que je me croyais seule à penser ainsi. Il me semble que nous devons à la fois, être inconsolables de tout ce qui a été perdu et nous battre pour que les hommes trouvent encore dans le monde à venir, de quoi nourrir leur désir de vivre, de se rencontrer, de faire société et d’accéder à une certaine transcendance par la littérature, l’art et la musique directement issus de nos liens charnels à la Terre. Terre que notre nombre détruit.»

Isabelle Yvon : « Je pense que notre espèce est invasive, qu’elle n’a pas de prédateur et que, par sa maîtrise de la médecine, elle prolonge la durée individuelle de vie sur terre. Le développement industriel, le productivisme, l’intensification de l’agriculture pour satisfaire les humains, ravagent notre planète. Qui plus est, le nombre engendre les conflits. Dans un monde idéal, chaque être humain aurait le droit à se connecter avec la nature. Chacun devrait pouvoir se retrouver, s’il le désire, seul ou en communion avec des proches, dans un environnement de calme et de beauté. Plus nombreux nous sommes, moins cette justice n’a de chances de se concrétiser. »

Mélodie Fournier : C’est vers mes 12 ans que je me souviens m’être posée beaucoup de questions, suite à la diffusion de « Soleil Vert » sur Arte. Je n’ai jamais lié l’idée de bonheur avec celle d’une énorme quantité, bien au contraire, j’ai cette désagréable impression de n’être plus qu’un numéro aujourd’hui ! Je suis amère de m’apercevoir que l’humain, qui se considère comme plus intelligent que le reste du monde, perturbe l’équilibre de toutes choses. J’ai eu longtemps peur de parler de ça autour de moi, car on me renvoyait toujours l’idée que j’étais un monstre qui voulait tuer tout le monde ! J’ai dû attendre mes 40 ans pour enfin oser militer pour l’idée d’une démographie responsable, je n’étais plus seule. Je remercie DR d’ouvrir la possibilité d’une réflexion sur ce sujet. »

Marie-Eve Perru : « C’est une prise de conscience progressive de l’état de la planète et de la finitude de certaines ressources comme le pétrole et les métaux rares qui m’a amené à étudier la question démographique, et à découvrir la courbe exponentielle de la population humaine. J’ai compris alors que le changement de mode de vie et la décarbonation de l’économie ne seraient pas suffisants pour éviter la catastrophe environnementale qui nous attend si on continue de croître en nombre sur une planète finie et déjà en mauvais état. À mon grand regret, car j’aime les enfants. »

Pour avoir les témoignages dans leur intégralité,

https://www.demographie-responsable.org/qui-sommes-nous.html