biosphere

Décarboner, c’est rompre avec les libertés

Frédérique Laget : Le nœud du problème pour décarboner est triple : d’abord, il faudrait prendre des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; ensuite, un pays ne peut agir seul, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun. Les mesures à prendre concerneraient la vie quotidienne : interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol aérien non justifié, division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos et de éseaux sociaux), limitation à 1 kg par an le nombre de vêtements neufs par personne (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…). Il faudrait que des mesures similaires soient prises partout sinon l’impact de la France sur le climat serait quasi nul, et les sacrifices engagés par la population ne pourraient se justifier. Le changement de mode de vie serait piloté par l’État, assorti de contrôle et de surveillance des populations. Car, sans cela, comment s’assurer que les jardins particuliers ont bien tous un potager, et que personne n’a pu se procurer plus de vêtements ou de café qu’autorisé ? Entre la liberté individuelle et le besoin d’un Etat fort, qu’allons-nous choisir ? Je n’ai pas la réponse.

Pas moins de 150 contributions en 13 heures seulement sur lemonde.fr, extraits :

Pol50 : MERCI, Madame Laget. Enfin, nous sommes mis au pied de l’Everest. Je n’évoquerais que le sujet que je connais le mieux, la politique énergétique : le défi sera de vivre avec une énergie au moins 3 fois plus chère (j’écris 3 car je n’ose pas écrire 10), alors que notre progrès économique a été bâti sur une énergie bon marché.

Doudoudodudor : Exposé de Fédérique concis et clair des enjeux. Mais en l’état actuel, c’est infaisable sans rééduquer la population pour qu’elle « accepte » routes ces restrictions de liberté à côté desquelles le passe sanitaire est une douce plaisanterie. L’augmentation de quelques centimes des taxes sur le gasoil ont mis des milliers de personnes sur les ronds-points. On imagine que le programme de décarbonisation nécessaire pourrait faire en France surtout si les autres pays ne suivent pas.

LionHeart : Le ton et la conclusion de cet tribune sont très gênants : ils laissent le sentiment que l’auteure partage le point de vue des « Kmers verts » mais n’ose pas l’assumer. Privons les individus de liberté la plus basique ( se vêtir, se nourrir..), au nom de « la Cause ».

Gabbagabbahey @ LionHeart : Le problème, c’est que le point de vue opposé ( la croissance verte je suppose? ) n’existe pas. Dans le sens où son scénario (continuer à augmenter notre consommation d’énergie (sans énergie, aucun de nos conforts n’existeraient) en diminuant nos émissions de g.e.s est une impossibilité physique.

Dilemme de À à Z : Les citoyens acceptent ( plus ou moins … et en tous cas en majorité …) les contraintes et les privations de liberté si il y a des contreparties immédiates et tangibles … l’impôt est accepté car il y a les écoles , le système de santé , les routes , etc… les contrôles et vigipirate et les fichages pour gérer la menace terroriste… la ceinture de sécurité pour éviter de mourir en voiture … la vaccination pour éviter le covid … Mais les contreparties à la nécessaire transformation de nos habitudes n’existeront qu’en 2100 … d’ici là nous aurons… tempêtes ouragans et canicules …alors je doute de l’acceptation par la population des mesures permettant de décarboner nos vies … donc l’auteure a raison et moi aussi je n’ai pas la solution …

SEM : L’auteure exprime avec clarté ce que je pense. Si on se risque à une prospective, je dirais que nos démocraties vont être prises en tenaille. D’un coté les écologistes revendiqueront le bien être a long terme du peuple, contre les libertés individuelles. D’un autre les nationalistes voudront nous protéger des réfugiés que le dérèglement climatique fera migrer vers les pays, riches, qui ont les moyens de s’adapter.

Gaston : Pour une adhésion a une « dictature » verte il faut un minimum de soutiens dans la population. Sur quel paradigme la fonder ? Sainte Gaïa ? quels intérêts aurons-nous à moins consommer?

Marc B @ Gaston : Et bien si ça permet a mes enfants de vivre dans un monde « décent », pour ma part ces sacrifices je les ferais sans hésitations. On touche la un point faible de la démocratie, les voix des futures générations n’ont aucun poids et il faut attendre de se prendre le mur avant que l’on commence à agir, souvent beaucoup trop tard.

Robertpointu : Mes droits sont infiniment supérieurs à tous genres de prévalence naturelle. L’humanité s’adaptera ou elle périra. Dans l’un ou l’autre cas, où est le problème ?

Michel SOURROUILLE : Je croyais à la pédagogie de la catastrophe dès le début des années 2000 avec le pic pétrolier qui avait provoqué la crise de 2008. Désabusé par l’inertie sociale, j’ai alors pensé, grâce aux conséquences du réchauffement climatique, que la catastrophe servirait de pédagogie. Aujourd’hui je suis désespéré, la sensibilité écologique a progressé mais les politiques économiques restent suicidaires. Les avertissements multiples des différentes branches de la science sur l’imminence des catastrophes écologiques et démographiques n’ont entraîné que quelques brèves dans quelques médias sans rien changer au modèle croissanciste soutenu par les politiciens de tous bords. Merci à Frédérique Laget de montrer qu’il nous faut entrer dans une économie de guerre. Merci au MONDE de publier cette tribune. Merci à la pandémie de nous avoir montré que des mesures « liberticides » pour nous indiquer le chemin de la sobriété, c’est possible même en régime démocratique.

UICN, les humains écrasent la biodiversité

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Réchauffement climatique, extinction des espèces, déplétion pétrolière, stress hydrique, raréfaction des ressources naturelles, surpopulation humaine,… tout cela est abondamment documenté et discuté. Les conférences internationales et les grandes intentions politiques se multiplient, en vain. Le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui se tient à Marseille du 3 au 11 septembre, ne fait pas exception. L’éditorial du MONDE ne peut que constater : « Jamais dans l’histoire de l’humanité le vivant n’a été aussi menacé… L’état des lieux est calamiteux et les perspectives sont affolantes. Le taux d’extinction des espèces animales et végétales s’accélère à une vitesse vertigineuse. Souillée et détruite par l’activité humaine, la nature recule partout, qu’il s’agisse des océans, des rivières ou des forêts, avec des conséquences irrémédiables sur la faune, la flore et l’homme… ». Face à ce constat partagé, que faire ? Yaka, dit l’éditorial : «  Il est indispensable de lutter à la fois contre le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité. » Plus vague, tu meurs.

Le moteur de la sixième extinction de masse n’est pas cité par cet éditorial, la surpopulation humaine.Parmi les actions prioritaires, il faudrait donc appeler médiatiquement à réduire la croissance de la population humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

L’UICN considère déjà que l’opération de sauvetage de certaines espèces est sans espoir. La Biosphère sait que les humains doivent arrêter de procréer de façon inconsidérée s’ils ne veulent pas se dévorer entre eux faute d’autres gibiers. Et pour ce qu’on en dit….

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

14 juillet 2017, Prolifération humaine et anéantissement biologique

28 juin 2015, L’animal humain qui veut la mort des autres espèces

3 mars 2012, gardons nos tigres et nos loups, diminuons notre nombre

8 février 2012, un seul ver de terre vaut autant que le tigre

14 novembre 2011, Anthropocène, anthropocentrisme, anthropisation… extinction des espèces

26 mai 2010, la sixième extinction

2 février 2005, la biodiversité en péril

UICN, IPBES, les mots-maux de la biodiversité

En 2019, le premier rapport de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales ». Du 3 au 11 septembre 2021, Marseille reçoit le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La COP (conférence internationale) sur la biodiversité s’ouvrira en Chine en octobre 2021. Les négociations du traité sur la haute mer se tiendront aux Nations unies au premier semestre 2022. Beaucoup d’agitation pour rien. Laissons la parole à la toile :

G.Delaurens : Pour réagir au changement climatique et à la raréfaction des espèces, le mieux va consister à acheter un climatiseur ainsi qu’à contacter un taxidermiste pour avoir un renard empaillé dans la salle de séjour. Ensuite on n’aura plus qu’à participer au spectacle des éléments déchaînés devant sa télévision et visiter la salle des espèces disparues au Jardin des plantes. Ça, c’est un objectif de civilisation, concret et réalisable …

Nicolas Hulot : A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Choux rave : Il n’y a rien à attendre de la prochaine COP. Ni des prochaines élections. Que reste-t-il alors ? La désobéissance civile ? Et après, la violence ? Les boomers voudraient finir leurs jours tranquillement sans que rien ne change… Les plus riches voudraient continuer à accumuler sans que rien ne change… Pas sûr que cela se passe exactement comme ils le prévoient !

MK : L’espèce humaine consomme trop, elle est invasive et attaque la biodiversité.… Je n’ai entendu aucun homme politique, depuis plus de 50 ans, parler de régulation des naissances.… Peut-être faudrait-il limiter la population mondiale, et celle de la France à 50 millions, afin de maintenir les équilibres de la biodiversité actuelle et la surchauffe de production et de consommation ? Avec intelligence évidemment….

Dance Fly : Daccord avec MK pour en finir avec des politiques natalistes devenues « has been » dans un contexte de crise environnementale. Une solution simple pour la France: une allocation dès le premier enfant, doublée au second enfant mais pas augmentée au delà, et versée sous condition de ressource; réduction de l’allocation de rentrée scolaire, uniquement versée sous forme de bons d’achats (pour fourniture scolaire) ; aides financières pour la garde d’enfants uniquement pour les familles les plus défavorisés…

Michel SOURROUILLE : Le moteur de la sixième extinction de masse, la surpopulation humaine. Mais l’effondrement de la biodiversité découle aussi d’un défaut de sensibilité, d’un anthropocentrisme forcené. Tant que nous ne donnerons pas une valeur intrinsèque aux différentes formes de vie, l’exploiter avec outrance ira de soi. Il faut se rendre compte que les humains ne sont que des passagers parmi d’autres de cette planète alors qu’ils se veulent les parasites ultimes qui prennent toute la place au détriment de la faune et de la flore. Il ne s’agit pas simplement de déterminer une liste des espèces à protéger et des territoires à sanctuariser, il parait au contraire essentiel de redonner à la planète tout entière la liberté de déterminer de façon la plus libre possible son propre équilibre dynamique. Moins nombreux, plus clairvoyants, tout un programme !

Jeannot3 : J’aime le vivant, je parcours des forêts de temps en temps, mais 70% de la population vit dans un immeuble, pas de jardin et des terrains vagues. On me dit,« L’école doit jouer un rôle fondamental, il faut apprendre les pieds dans l’herbe mouillée ». C’est beau ça donne envie mais objectivement, à l’échelle française, il y a déjà 12 000 000 d’élèves. Comment on fait ?

boomeuse ok : Dans les années 90, je me souviens, j’organisais des sorties « sauvages » du jour pour le lendemain. On allait dans les chemins creux, on observait les mares, on apprenait à reconnaître les arbres, les fleurs des champs, les oiseaux in situ. Je prévenais la direction, je laissais un mot sur le bureau du maire. Et basta. La dernière fois que j’ai organisé « une sortie », il m’a fallu 3 semaines, un projet pédagogique, l’autorisation de l’intendance, une lettre d’information aux parents, (tout ça pour aller à 150 mètres du lycée au bord de la Creuse). Un jour, tu te lasses de forcer le système, de justifier de l’intérêt de ce type de démarche, de perdre des heures pour finaliser et obtenir le « sésame, ouvre les portes du lycée !  » Et tu pousses un long hurlement intérieur.

Nicolas Hulot : Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature. Plus nous réduisons la diversité, plus nous devenons vulnérables. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

Pierre-Emmanuel Barré : La question n’est plus « quelle planète va-t-on laisser à nos enfants ! » mais « doit-on laisser des enfants à notre planète ? »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 juin 2021, GIEC et IPBES sont dans un bateau…

22 mai 2021, Biodiversité, l’illusion des aires protégées

16 janvier 2020, Biodiversité, CDB, COP15 et IPBES… en vain

2 mai 2019, L’IPBES, l’équivalent pour la biodiversité du GIEC

25 mars 2018, L’homme disparaîtra, bon débarras ! L’IPBES le dit…

Batho l’écologiste / Rousseau la féministe

Disons le tout net, nous n’aimons pas les femmes qui font de l’entrisme au sein d’EELV uniquement pour porter les couleurs d’un féminisme différentialiste. Par contre nous aimons les féministes qui font de la lutte écologique leur première des priorités.

Sandrine Rousseau. Le Canard enchaîné du 1er septembre 2021 en brosse un portrait cinglant. Pas un mot d’écologie dans l’ensemble de l’article sur la « victimaire ». Sandrine est adepte de l’écriture inclusive, féministe liant l’exploitation de la nature et la domination subie par les femmes, mais aussi décoloniale et intersectionnelle. Elle dénonce une société de prédation qui prend et jette les corps des femmes, des racisés, des plus précaires. Son grand truc désormais, c’est la souffrance, elle se veut la voix des vies brisées. Elle porte un projet de renversement de la domination au sens large. Elle avait accusé son camarade de parti Denis Baupin de l’avoir embrassé de force en 2011 et en avait fait un livre, « Parler ». Mais invitée dans l’émission de Laurent Ruquier, elle s’effondre quand Christine Angot lui fait comprendre que réclamer un statut de victime n’est pas une revendication politique.

LE MONDE nous donne quelques compléments d’information sur cette personne qui n’a que le sort des femmes à la bouche : « Poutine ? Mais qu’il vienne ! Je suis prête à affronter le dirigeant le plus “viriliste” de la planète ! » Elle « préfère des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR [des réacteurs nucléaires] ». Elle a créé une association, « En parler » qui accompagne la parole des victimes de violences sexuelles et sexistes. La nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’intérieur malgré une plainte pour viol, a tout précipité : « Insupportable. La ligne rouge a été franchie. » Elle revient alors chez les écologistes avec une ambition présidentielle. La candidate peut compter sur le soutien de l’élue parisienne féministe Alice Coffin et des réseaux écoféministes hors parti.

Delphine Batho. Son parcours, commencé à 16 ans dans le syndicalisme lycéen, avait débouché sur le statut de ministre de l’écologie de François Hollande. Limogée par Jean-Marc Ayrault en 2013 pour avoir critiqué la faiblesse du budget de l’écologie. Elle théorisait cette éviction dans son livre, Insoumise (2014) en condamnat « l’abandon et le fatalisme » du gouvernement. Mais elle y décrivait aussi ses sensations : « Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs d’enfant, la crise écologique est là. Il y a d’abord ce souvenir flou d’un séjour en Bretagne, au printemps 1978. J’ai cinq ans. J’étais trop petite pour me souvenir en détail de la catastrophe de l’Amoco Cadiz. Mais je me souviens comme si c’était hier de Tchernobyl. J’ai 11 ans. L’écologie n’a jamais été pour moi un combat séparé des autres, elle n’a jamais été un simple sujet parmi d’autres. Elle touche à l’intime, à l’amour de la nature, aux valeurs que m’a transmises ma famille. Chez nous on aime cultiver la terre, même un modeste potager, on s’extasie devant les fleurs, les couleurs, les senteurs. J’aimais aider pour faire les foins et traire les vaches, ramasser les myrtilles pour les confitures et les orties pour la soupe. L’amour charnel de la nature est quelque chose d’essentiel à mon existence, comme une forme de communion avec la planète. »

Lors de cette primaire de l’écologie, elle n’hésite pas à parler de décroissance obligée alors que les autres candidats évitent comme la peste ce mot, jugé trop angoissant pour être porteur électoralement. « Axer sur la décroissance ? Une faute politique, quand on sait que dix millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté », estime Jean-Marc Governatori. Le dernier livre de Delphine, Ecologie intégrale. Le manifeste, développe une version laïque du concept-phare de l’encyclique Laudato si (2015), pour « faire de notre appartenance à la nature le nouveau moteur de l’histoire ». Elle assume de rompre avec la gauche et de porter une « espérance en rupture totale avec le libéralisme et le socialisme, qui sont en réalité les deux faces d’une même pièce : celle de l’effondrement de la nature ».

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 août 2021, Présidentielle 2022, l’écologie au féminin

5 mai 2018, L’insoumise Delphine Batho devient Génération écologie

13 octobre 2014, Delphine Batho, menée en pédalo par François Hollande

Pour une écologie du démantèlement

Plaidant pour une écologie du démantèlement, des chercheurs préviennent que l’humanité doit se préparer à « fermer » ce qui la détruit. Tâche gigantesque !

« La fermeture ne serait-ce que d’une centrale nucléaire prend une dizaine d’années, son démantèlement va s’étaler pendant plusieurs décennies. Pourquoi n’arrivons-nous pas à fermer les choses rapidement ? D’abord parce qu’un des traits majeurs de la modernité est celui de « l’ouverture ». L’innovation, la technologie seraient les seules solutions pour affronter l’urgence écologique. La difficulté de la fermeture vient aussi du fait que le capitalisme a investi des efforts considérables pour structurer les compétences de l’ouverture : ingénierie, design, conception, process industriels, entrepreneuriat… Enfin, l’obstacle majeur tient au fait que des millions de personnes sont aujourd’hui dépendantes financièrement et socialement de secteurs économiques condamnés par leur incompatibilité écologique. Aujourd’hui en France, un hypermarché fait vivre directement plus de 1 500 familles. Que proposer à ces 1 500 familles ? Nous devons apprendre à désinnover tout en renforçant la protection sociale des victimes de la déconstruction. »

Une telle tribune dans LE MONDE, c’est nouveau, c’est vouloir passer du croissancisme à son inverse.

Désinnover, c’est un mot qui manquait encore aux éléments de langage appropriés pour un avenir écologisé à reconstruire. Désinnover s’ajoute aux mots en « dé » à diffuser autour de nous, déconsommation, décroissance, démilitarisation, démobilité, démondialisation, dénatalité, dénucléarisation, dépollution, dépopulation, dépublicité, déstructuration, désindustrialisation, désurbanisation, détwitter, dé-techniciser, dévoiturage, etc. Autant dire qu’il faut démanteler toutes les structures de la société thermo-industrielle, basée sur des ressources fossiles en voie de raréfaction et des esclaves énergétique à profusion.

Autant le dire, il va falloir supprimer des dizaines de millions d’emplois. Et pour mettre quoi à la place ? Comment fournir des services et des produits aux gens en consommant moins de pétrole, voire pas de pétrole. Pour l’instant on ne sait pas faire. Un supermarché qui fonctionne, c’est 1500 personnes qui bossent, c’est aussi des barils brûles tous les jours (le camion qui amène les produits, les machines qui produisent tout ce qui s’y trouve, les voitures qui viennent, etc.). On sait faire différemment, ça s’appelle un marché bio local. Mais il n’y a pas grand chose à y acheter en février. Et comme tout le monde l’a remarqué, c’est plus cher que le supermarché, ce qui signifie une baisse de pouvoir d’achat. Donc on peut inventer tous les substantifs qu’on veut, pour l’instant, une économie sans pétrole, c’est une économie de la décroissance, de la pauvreté, de la dé-prospérité.

Autant dire que maîtriser la crise socio-économique qui se profile ne va pas être facile, d’autant plus que nous venons d’utiliser un vocabulaire « en Dé » complètement étranger à nos dirigeants, qu’ils soient dans la sphère entrepreneuriale ou dans le cirque politique. Jeff Bezos, Richard Branson ou Elon Musk ne peuvent entendre un tel discours. Emmanuel Macron, Xavier Bertrand ou Marine Le Pen parleraient d’Amish, de Khmers verts ou de retour à la bougie. Autant dire que la rupture écologique, inéluctable, va s’opérer dans la douleur…

 

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere.

21 janvier 2012, beaucoup de « DE » contre les « SUR »

15 mars 2021, Entrons en résistance, « Dé »construisons

Afghanistan, la question migratoire en jeu

Avec des menaces aussi visuellement impressionnantes que le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001, on avait perdu tout sens des proportions et on avait réagi avec démesure. Le nombre total de morts par ce genre de terrorisme dans les pays riches est en effet marginal par rapport aux victimes directes et collatérales des interventions militaires occidentales en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali… Maintenant on se retrouve incapable de gérer les flux migratoires afghans et l’éditorial du MONDE devient circonspect. En résumé :

« Aucun responsable politique ne saurait esquiver les questions de souveraineté et de gestion des frontières. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République », dispose notre Loi fondamentale (constitution du 27 octobre 1946). Mettre en œuvre concrètement un droit d’asile qui protège « toute personne craignant avec raison d’être persécutée », notamment « du fait de ses opinions politiques », en vertu de la convention de Genève de 1951, suppose d’accepter la difficile distinction entre réfugiés et migrants économiques. Ce qui exclut l’ouverture pure et simple des frontières que défendent certains à gauche… »

Pour en savoir plus avec les contributions sur lemonde.fr  

Jef 974 : Je ne compte plus les pays où on se bat sur son propre sol contre les envahisseurs ou contre des mauvais gouvernants : pourquoi accréditer qu’aujourd’hui, face à des situations difficiles internes, l’exil serait la seule réponse ?

Dominique Deux : Défendre une cause juste avec des arguments controuvés est contre-productif. La citation, récurrente sur ce sujet, de la Constitution de la IV° République n’est pas pertinente, puisqu’elle a été remplacée par la Constitution actuelle (4 octobre 1958). Or celle-ci, en son art. 53-1, dispose que « les autorités de la République ont toujours le DROIT de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté(…) ».

Kemyquedes : Le demandeur n’a aucun DROIT, c’est la république qui PEUT donner asile, rien ne la force ! Et il est bien précisé : « en raison de son action en faveur de la liberté », là j’aimerais bien savoir ce qu’on fait tous ces afghans pour défendre la liberté ??? ils se sont enfuis !! c’est ça défendre la liberté?? OU « qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » alors là, c’est open bar, tout est laissé à l’appréciation de quelques personnes qui selon leur couleur politique seront soit très gentil/méchant/juste !

Michel SOURROUILLE : Comment parler sereinement des migrations du point de vue écologique ? Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » On ne peut que souligner le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Le philosophe Balibar estimait d’ailleurs qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même ». Combien de personnes sont des migrants potentiels, combien la France peut-elle en accueillir ? Cela se discute, démocratie oblige. En politique, le pragmatisme l’emporte nécessairement sur un humanisme désincarné.

Ricardo Uztarroz : Tiens donc Le Monde n’amorcerait-il pas un virage une virage à 180° puisqu’il estime désormais que la question migratoire est légitime et qu’il ne faut pas l’esquiver ? Donc le débat n’est plus un scandale. Le droit d’asile politique est très restrictif, il ne peut pas être distribué à tous vents si on veut qu’il soit une réelle protection pour le bénéficiaire.

Peps72 : Cet Edito mentionne 3 fois le mot « concrètement » sans jamais parler des conditions concrètes d’accueil de ces migrants. Notamment le nombre de logements disponibles, le coût, et le conditions d’accueil dans les écoles et les différents centre sociaux.

Rémont : Pour comprendre la difficulté du problème, imaginons la situation inverse. Des milliers de gilets jaunes, voulant échapper à la dictature qui sévit actuellement en France, s’envolent sans papiers pour…mettons le Tadjikistan. Arrivés à Douchanbé, que font-ils? Où logent-ils? S’ils ne parlent pas le tadjik, ce qui est assez vraisemblable, comment se débrouillent-ils? Quel travail va leur procurer un revenu? Comment seront-ils reçus par l’administration et la police?

Solon01 : Et si tous les persécutés du monde demandent l’asile que fait-on ? Il faut parler en millions, en centaines de millions, voire plus. Le Monde a la bonne réponse yaka fokon comme d’habitude ?

Wyz : Pour l’instant, sur les quelque 30 millions de personnes réfugiées hors de leur pays de naissance, seuls 14% se trouvent dans des pays riches, alors on a de la marge

SOSS : L’accueil inconditionnel des persécutés est une obligation morale qui ne peut faire l’objet d’aucune discussion.

Erdos4ever : Vous pourrez expliquer « l’inconditionnalité de l’accueil » aux 8.5 millions de Suisses face aux 900 millions de candidats à l’émigration vers la communauté helvétique. Après tout, ils y ont tous droit, et au diable la logique et le réel !!!

Parisien : Problème (vous avez dix minutes) : « le droit d’asile est inscrit dans notre Constitution. » 2/3 de l’humanité est en droit de demander l’asile en France. Résoudre le problème en deux coups de cuillère à pot.

Surpopulation, sa perception en 1973 et 2021

L’idée de surpopulation en 2021 : Alors que la population mondiale augmentera de 1,5 milliard d’habitants d’ici à 2030, la décroissance aggraverait davantage la situation des habitants réduits à la famine. Au contraire, l’agriculture devra produire davantage pour nourrir la planète. L’organisation de la recherche au niveau européen doit permettre d’avancer plus vite : les « new breeding techniques » ne peuvent être écartées d’un revers de main sous la pression des activistes déclinistes. Ce procédé n’introduit aucun ADN extérieur dans la plante, mais il permet d’obtenir des variétés plus résistantes. Nous devons parier sur l’intelligence humaine, source de progrès et d’amélioration de nos conditions de vie depuis des siècles. Nous devons sortir de la logique régressive pour suivre celle du progrès. (Christian Jacob, président du parti Les Républicains)

L’idée de surpopulation en 1973 : La population du monde ne cesse de s’accroître. Bientôt les villes auront envahi la terre entière. La nourriture (du plancton) sera rationnée. Dans ce monde de béton sans arbres, ni fleurs, les hommes seront enserrés, prisonniers. C’est alors que sera proclamé « LE GRAND DECRET », qui instaure un arrêt total de la natalité pendant trente ans, sous peine de mort — après qu’un projet asiatique visant à supprimer les vieillards (qui atteignent désormais les cent cinquante ans) ait été repoussé par les Occidentaux. L’interruption d’une fonction naturelle aussi importante que la maternité crée des problèmes de frustrations résolus par la mise en service de succédanés : des bébés électroniques en tout point semblables aux vrais, et que chaque couple peut se procurer au Marché d’Enfants. Cela donne lieu dans le roman à de nombreuses scènes caractéristiques :

« Edna fronça les sourcils. Ennuyée, elle prit soudainement le cou du bébé et le fit pivoter sans ménagement. L’enfant poussa un petit cri. Edna enleva ensuite la tête du bébé et regarda dans le creux béant de son cou. Elle y enfonça son doigt pour toucher un quelconque mécanisme puis se tourna vers son partenaire.

Le bébé est encore malade, dit-elle. Il ne veut pas dire ma-man. — Il vaudrait mieux l’emmener chez le pédiatre, lui répondit George. Et, cette fois, dis à ce charlatan de le programmer comme il faut » (p. 34).

L’idée de maternité étant fortement enracinée chez les femmes (qui ont pourtant suivi des cures de préparation psychologique), le Grand Décret suscite quelques révoltes individuelles, quelques essais de maternité réelle qui, découverts, sont punis par l’exécution publique du couple et de l’enfant. Le GouvMond d’Ehrlich n’est pas « méchant » : il est réaliste, il se bat au pied du mur contre une situation qui existe en germe aujourd’hui. Nous faire admettre que, la Terre ayant trop d’habitants, il faut stopper la natalité, par la force si besoin est, et nous faire là-dessus partager l’envie de maternité de Carole et l’amour qu’elle portera à son « vrai » bébé. A la fin du roman, Carole, son mari et leur bébé se réfugient sur une île radioactive où tous les missiles nucléaires ont été abandonnés après le désarmement général, et n’y peuvent espérer que cinq ou six ans d’une vie « courte mais heureuse ». Mais la séquence la plus originale est celle du Vistarama, où la foule oisive et affamée assiste à la projection de vieux films du XXe siècle : « Le début pouvait tout aussi bien être celui d’une Cambrousse que celui d’une Becquetance. On pouvait voir d’immenses champs de blé s’étendre jusqu’à perte de vue sous un ciel d’un bleu pur. (…) Puis, tout à coup, le film montra l’intérieur d’un magasin d’alimentation de l’époque. Le commentateur expliqua qu’il s’agissait d’un supermarché et le public poussa un long soupir collectif. Il y avait des boîtes pleines de légumes frais, des viandes de toutes sortes et des fruits entassés en pyramides colossales. Le commentateur cita chacun de leurs noms étranges : pommes, poires, prunes, oranges, pamplemousses. (…) C’était un spectacle presque insupportable. Les gens avaient la bouche ouverte et la salive aux lèvres ; ils regardaient l’écran d’un air lascif et semblaient participer à une gigantesque expérience sexuelle » (pp. 190 et 191).

Malgré sa narration terne et ses contradictions mineures, Le Grand Décret conserve un intérêt à cause de son sujet même, la surpopulation. Ce n’est pas un livre de science-fiction, c‘est le roman du futur possible, d’un futur que nous pressentons chaque jour de plus en plus fort. (« Le grand décret » de Max Ehrlich, un livre de science fiction)

Les vautours prolifèrent à la FNSEA

Surpopulation des vautours fauve en France ? S’il y avait surpopulation, le premier paramètre qui s’infléchirait serait leur reproduction. Les vautours vivent longtemps (une trentaine d’années) et comme toutes les espèces à longue durée de vie, ils sont capables de réguler leur reproduction. Pourtant sur les Causses, ces oiseaux, agents naturels d’équarrissage des carcasses, sont accusés par des éleveurs de s’attaquer à des animaux d’élevage. FAUX. Leur morphologie ne permet pas de devenir des prédateurs : contrairement aux aigles qui ont des serres aiguisées pour tuer leurs proies, les vautours ont des pattes qui ressemblent à celles des poulets. La FNSA demande que les éleveurs soient indemnisés comme c’est le cas pour le loup. Olivier Duriez, l’un des trois spécialistes des vautours en France, cite l’exemple de l’Espagne : « Si un éleveur estime que sa bête a été tuée par un vautour, l’État accepte qu’il y ait une expertise. Si celle-ci confirme les faits, l’État indemnise l’éleveur. Mais si elle conclut à une autre cause (mort naturelle, attaque d’un autre animal), l’éleveur paie l’expertise. Cela a permis de faire redescendre la fièvre autour du sujet. »

Pour en savoir plus, voici quelques commentaires sur la toile :

Dmg : « …comme toutes les espèces à longue durée de vie, les vautours sont capables de réguler leur reproduction »… avec une exception, hélas, l’espèce humaine…

Michel SOURROUILLE : Surpopulation des vautours en France ? Le problème ne porte pas sur les vautours, mais sur la reproduction des humains. Il y a aujourd’hui dans les Causses environ 800 couples de vautours fauves, 40 couples de vautours moines, 2 couples de vautours percnoptères et 7 gypaètes. Presque rien. En face, il y a 67 millions de Français auxquels il faut ajouter le cheptel ovin, 7 millions de tête, ainsi que 7,7 millions de vaches et 13 million de porcs. sans compter les millions de chats et de chiens. Il n’est donc pas étonnant que suite à la prolifération humaine et à la multiplication de ses commensaux, le rétrécissement de l’espace vital pour les espèces sauvages se soit réduit jusqu’à disparaître… il n’y avait plus de vautours en France depuis 1945. Il nous faudrait devenir malthusiens, maîtriser notre fécondité comme savent le faire les vautours. Mais les humains ne sont pas assez intelligent pour cela surtout quand ils sont membres de la FNSEA.

Pharaonsuperstar : A la FNSEA, ils sont capables de dire que les rossignols sont dangereux pour les troupeaux de moutons pour toucher des dédommagements…

JPMart : Il y a trop de FNSEA. Ces prédateurs détruisent l’environnement. Il faudrait une régularisation.

Max-Imum : Les vautours ont le droit de vivre dans les Causses, c’est leur région d’origine à eux aussi. À vouloir éradiquer toutes les espèces que l’homme jugent nuisibles, on perd peu à peu la belle diversité qu’abrite notre région et d’une manière générale notre planète. L’homme a cohabité pendant des siècles avec ces espèces, il faut que les générations actuelles l’acceptent et fassent avec. L’Homme qui tue des centaines de milliers de bêtes par an pour se nourrir c’est normal, les loups et vautours qui en grappillent quelques dizaines par an c’est inadmissible... Mais où va-t-on?

le sceptique : le conflit d’usage désigne des choses contradictoires qu’on a envie de faire dans une propriété privée ou publique. L‘écologie du sauvage rencontre déjà de l’hostilité alors qu’on parle de quantité d’animaux à 1 ou 10 % de ce qu’elles étaient dans la nature d’antan. A horizon connu, les écolos du sauvage devront se contenter de quelques Disneyland. Si les vautours ne sont pas des Mickey, ils doivent néanmoins leur survie locale à la volonté humaine, qui est devenue ainsi un paramètre majeur de leur réintroduction et de leur protension.

Cerise53 : La FNSEA fait de ses délires sur la faune sauvage un vrai enjeux de pouvoir sur le vivant, pour bien cacher le caractère absolument délétère de l’agrochimie quoi de mieux que de prétendre que c’est la nature qui est en fait le vrai danger !

Éric42600 : Ah! La FDSEA! Voilà une organisation écologique : elle hurle contre les loups, les ours, maintenant les vautours! Mais contre les produits dont elle prône l’utilisation et responsables de la disparition des oiseaux, des insectes,on ne l’entends pas. Combien de ses adhérents ou anciens adhérents meurent chaque année des suites de l’utilisation massive de produits agrochimiques ? Elle ferait mieux de s’en occuper et de laisser les vautours tranquilles!

Gaspard : Avant de se lancer dans des diatribes anti-paysans sans nuances, les écolos de salon feraient mieux de taper « vidéo vache vivante attaquée par des vautours » sur le moteur de recherche de leur choix. Une fois qu’on a vu ces vidéos, on se dit qu’on n’a pas intérêt en tant que randonneur solitaire à se blesser gravement dans une zone infestée de vautours, surtout quand ils tournoient sinistrement par dizaines au dessus de votre tête…

César Bistruk : La crémation ayant une empreinte carbone certaine, l’avenir des obsèques, ainsi que la solution du présent problème, réside peut-être dans l' »inhumation célèste » pratiquée en Mongolie, au Tibel et au Népal, où les corps des défunts sont dispersés rapidement par les vautours. Personnellement, j’y souscris, ne croyant pas à la résurrection des corps. Quitte à rejoindre le Grand Tout, autant le faire de la manière la plus écologique qui soit.

Pic pétrolier, faudrait vraiment en discuter !

Le pic pétrolier est ce point de retournement à partir duquel la production de pétrole commence à baisser inéluctablement. Le géologue américain King Hubbert avait annoncé en 1956 que les États-Unis connaîtraient ce pic vers 1970. A l’époque la majorité des experts s’était montrée incrédule. Pourtant le pic de Hubbert a été atteint aux Etats-Unis entre 1971 et 1972. De nos jours, la problématiques du réchauffement climatique et de l’extinction de la biodiversité ont occulté la prévision d’une pénurie énergétique à venir faite par l’ASPO. Il faudrait d’urgence réintégrer cette donnée dans nos raisonnements car la pénurie inéluctable de ressources fossiles donnera le signal de la mort de la civilisation thermo-industrielle. Jean-Michel Bezat, le spécialiste « énergie » du MONDE, déconsidère systématiquement la notion de pic pétrolier et ramène tous ses articles au sempiternel business as usual. Deux exemples :

15 juin 2020 : « Il y a quinze ans, un banquier du pétrole avait créé l’émoi sur la planète énergie en prédisant à tort un pic pétrolier imminent. Accusée : l’Arabie saoudite. Le royaume wahhabite aurait soigneusement dissimulé au monde l’épuisement accéléré de ses réserves. Dans son livre Twilight in the Desert, Matthew Simmons confortait ainsi la thèse des adeptes du peak oil (« pic pétrolier »), convaincus que les ressources en or noir avaient atteint leur point de bascule. La production allait inexorablement décliner, entraînant des guerres pour l’accès à l’énergie. L’homme d’affaires, mort en 2010, n’a pas pu voir le boom des shale oil (« huile de schiste ») américaines, qui a rebattu les cartes du marché mondial… Patrick Pouyanné (PDG de Total)f ait le pari qu’en investissant dans les énergies renouvelables couplées au gaz, les batteries, l’hydrogène vert et la capture-stockage du CO2, il attirera de nouveaux investisseurs. Une question de survie pour des compagnies pétrolières, contraintes de se transformer en groupes multi-énergies. Il entend bien gagner de l’argent dans ce green business, comme le patron de Shell, qui escompte un retour de 8 % à 12 % sur les capitaux investis. Ce qui n’est pas pour déplaire à la Bourse. »

31 août 2021 : « Le monde est déjà entré dans l’après-pétrole. Le mouvement s’accélère et, pour les pays qui en vivent, l’enjeu est désormais de gérer cette transition et de monétiser leurs précieuses ressources. Depuis vingt ans, la hausse des cours du brut a formidablement enrichi les pétromonarchies. Cette période bénie s’achève. Les pays pétroliers sont de plus en plus inquiets pour l’avenir de leur rente, désormais convaincus que conserver du pétrole « pour les générations futures » – stratégie longtemps défendue par Riyad – n’est plus pertinent… Les investissements des Emiratis dans des projets innovants, y compris la conquête spatiale, témoignent d’une véritable ambition : marier finance, technologie et environnement pour devenir une « start-up nation » à l’israélienne... »

Nous sommes dans une société ou même un média dit « de référence » occulte les contrainte biophysiques de l’épuisement de TOUTES nos ressources non renouvelables comme renouvelables pour se consacrer principalement aux faits divers, aux événements ponctuels, un acte terroriste hier, l’Afghanistan aujourd’hui, l’écume des jours demain. La page Planète du MONDE est devenue un vide comblé uniquement par les péripéties de la pandémie. Et Jean-Michel Bezat voit un avenir radieux pour les pays de l’OPAEP (organisation des pays arabes exportateurs de pétrole). C’est aussi pour cette raison d’impuissance à envisager le long terme à la lumière des contraintes biophysiques que le monde des humains court au désastre…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

12 août 2010, la date du pic pétrolier

18 mai 2019, Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

6 mars 2021, Module sur le pic pétrolier… à diffuser

Rendre visible notre dépendance énergétique

Tribune : « L’éolien rend visible ce que l’économie carbone occulte : l’origine de l’énergie que nous consommons. Nous avons vécu ce dernier siècle une parenthèse historique au cours de laquelle l’énergie était invisible. L’énergie animale avait ses externalités visuelles et olfactives et on atteignit en France 100 000 moulins à vent en 1841. Mais le pétrole délocalise la production d’énergie., 18 centrales nucléaires achèvent l’invisibilisation. Lorsque les ressources sont invisibles, avec une disponibilité vécue comme totale, leurs limites le sont également. Avec un seul geste vers l’interrupteur, on a accès à l’électricité. De là une irresponsabilité fondamentale des usages, l’énergie devenant immatérielle. Oui, une éolienne se voit. Mais une éolienne sur un champ verdoyant entourant un village vaut mieux que pas d’éolienne du tout sur un maquis calciné. »

Pour en savoir plus grâce aux contributeurs sur lemonde.fr :

YW : C’est pas faux, mais l’éolien ne « rend visible » qu’une bien petite partie de l’énergie qu’il produit… On ne voit pas l’orgie de mètres cubes de terre retournée pour extraire les ressources, les terres rares, les enfants qui y travaillent, et toute la chaîne de machines massivement alimentées en énergie pour produire une éolienne.

Jean do : L’argument d’évoquer la matérialité visible de l’énergie comme la possibilité d’une prise de conscience de nos consommations est très intéressant ! Dommage que l’article occulte littéralement l’intérêt principal de cette prise de conscience : la nécessité absolue d’une baisse de nos consommations énergétiques !! Mais en tant qu’économistes néolibéraux, la décroissance, seule direction viable pour lutter contre le changement climatique et la destruction de la biodiversité, n’est probablement pas leur tasse de thé.

Michel SOURROUILLE : En 2009, une famille britannique a fait l’objet d’une expérience énergétique subversive. Un dimanche, tandis que le quatuor innocent tripotait ses gadgets, une armée de bénévoles pédalait furieusement sur une centaine de vélos dans un local voisin afin de générer l’énergie nécessaire à la famille. A la fin de la journée, ces esclavagistes modernes furent pétrifiés de stupéfaction lorsqu’une équipe de télévision de la BBC leur présenta les esclaves épuisés qui avaient fait bouillir l’eau de leur thé. Il avait fallu 24 cyclistes pour chauffer leur four et 11 cyclistes pour faire griller deux tranches de pain. Plusieurs cyclistes s’étaient effondrés de fatigue. D’autres furent incapables de marcher plusieurs jours. Nous sommes encore moins conscients des services rendus par nos combustibles fossiles que nos ancêtres l’étaient de ceux de leurs esclaves. L’esclavage, après tout, était sous leurs yeux. Aujourd’hui, on ne fait que remplir un réservoir. Pas d’entretien constant du feu de bois, de fumée épaisse d’un bois trop humide, de raclage de cendres dans le four à pain, de charriage de lourdes charges sur les épaules, d’âne récalcitrant. Rien qu’à appuyer sur un interrupteur, tourner une clé, taper un chiffre sur le thermostat. Dans les quartiers riches aux Etats-Unis, on voit des femmes de 50 kilos conduire des voitures de près de 5 tonnes pour aller acheter une boîte de 500 grammes d’une préparation amaigrissante.

Silgar : L’objectif premier doit être de réduire les émissions de dioxyde de carbone issues des combustibles fossiles, pas de rendre visible ou invisible on ne sait quoi. Il y a un pays qui a fait le choix d’avoir une production électrique très visible : l’Allemagne. Dans ce pays vous pouvez voir des éoliennes partout, des champs de panneaux photovoltaïques et de nombreuses centrales à gaz et à charbon pour pallier l’intermittence du renouvelable. C’est très visible, les auteurs de cette tribune doivent être satisfaits. À 23h hier, le site electricitymap.org montrait que l’Allemagne émettait 342 gCO2 par kWh d’électricité produite. Au même moment, la France émettait seulement 24 gCO2 par kWh pour produire son électricité, soit 14,25 fois moins de CO2 que l’Allemagne. Chacun choisit ses combats. Mais il ne faut pas être dupe : une tribune signée par un représentant de l’industrie pétrolière et gazière n’est certainement pas un plaidoyer pour réduire les émissions de CO2.

Eric L. : L’idée de visibilité est intéressante. Non pas que l’on puisse tout rendre visible, ni que tout soit invisible, mais quand même: une bonne partie de nos maux et surtout de la difficulté à les résoudre vient de l’invisibilité des problèmes par une grande partie de la population. Pensons par exemple aux vidéos de l’association L. 214 sans qui abattoirs et lieux d’élevages resteraient invisibles. A la composition et au mode de production de nos aliments, dont nous ne voyons rien. Au fait qu’une grande majorité de la population est urbaine et ne côtoie pas du tout la vie animale et pour qui la biodiversité est surtout un mot.

DécroissantsDeLamourEtDuTofu : Point de vue que je partage. Le capitalisme a sciemment organisé une société d’ignorance, de déni, d’irresponsabilité, de « magique » illusoire & infantilisant. En façade les publicités colorées, les sourires niais, et derrière on cache les décharges, incinérateurs, déchets nucléaires, pollution en tous genre, porte-containers… Un crédit carbone et électrique annuel personnel remettrait les neurones en place…

le sceptique : Le bobo ayant poussé à la transition vers une économie locale décarbonée va évidemment se pincer le nez. Il pensait que c’était comme le hameau de Marie-Antoinette, trois moutons et deux potirons dans une fermette rénovée, un gentil loup à côté qui se contente de réguler le nombre de chèvres

Écr.linf : À ceux qui trouvent que les éoliennes dénaturent le paysage, je propose d’étendre leur analyse aux châteaux d’eau. Je leur propose de rétablir le métier de porteur d’eau, qui rendait nos villes et nos villages si charmants.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere

27 septembre 2017, Le Roundup, un perturbateur invisible de notre corps

8 février 2016, des esclaves énergétiques invisibles pour les citoyens

Tous coupables, vite au confessionnal

Nicolas Santorolia : « Beaucoup de gens disent qu’ils ont une responsabilité limitée dans la catastrophe actuelle, mais nous avons collectivement la responsabilité générationnelle de n’avoir pas su modifier nos modes de vie, nos aspirations. Parce que nous semblons incapables d’infléchir la trajectoire globale du système, l’idée que l’on pourrait avoir un jour à s’excuser auprès de nos enfants fait petit à petit son chemin. » La culpabilisation est-elle un bon chemin vers la rédemption écologique ? Faisons le tour de la question grâce aux contributions sur lemonde.fr :

Peps72 : Ce qu’il faudrait c’est créer des lieux spécifiques où l’on pourrait s’excuser. On y installerait une sorte de cabanon à l’abri des regards. Et une personne spécialisée dans le recueil des excuses recevrait les fautifs. On appellerait ce lieu une Église. Le cabanon un confessionnal. Et la personne spécialisée un prêtre…

Michel SOURROUILLE : La différence entre la culpabilité confessée pour obtenir l’absolution d’un prêtre et la culpabilité contemporaine, c’est que ce qui était avoué autrefois était anodin, du genre j’ai pêché, je me suis masturbé ou j’ai couché avant de me marier. Aujourd’hui la responsabilité de chacun de nous est objective, notre croissancisme consumériste dilapide les richesses naturelles et pas grand-chose ne sera donné en héritage aux générations future. Ne pas se sentir coupable de posséder un SUV ou de prendre ses vacances par avion, c’est accepter que rien ne changera avant l’Apocalypse finale qu’on appellera choc pétrolier ultime ou réchauffement climatique irréversible…

pm42 : Au fur et à mesure que la religion organisée devient moins influente, elle est remplacée par des succédanés vaguement politiques qui en tout cas reprennent ces bons moyens de domination qui est la culpabilisation, le bouc émissaire et la désignation des hérétiques, pêcheurs responsables de tous les maux, etc. Accuser un groupe et lui demander de s’excuser, c’est du niveau de la Chine maoïste et Cie.

Michel SOURROUILLE @ pm42 : Les confessions forcées ou séance d’autocritiques publiques sur ordre du temps de Mao, ce n’est pas du tout ce qui dit l’article de Nicolas Santorolia. Il s’agit de prendre conscience que chacun de nous est un colibri, qu’il fait sa part pour enrayer la dévastation de la planète, mais que nous avons aussi nos insuffisances, et que nous voulons faire en sorte d’améliorer notre comportement : moins prendre sa voiture, moins manger de viande, ne pas prendre l’avion, se contenter d’un voyage autour de chez soi, rapprocher son domicile de son lieu de travail, etc, etc. Se sentir coupable d’une insuffisance comportementale n’est pas une tare, c’est le contraire, le début d’un changement vers la simplicité volontaire et la sobriété énergétique. C’est à dire des actes absolument nécessaires…
très curieuse : « Reconnaître ses erreurs, s’en excuser auprès de l’enfant ne peut être que bénéfique dans la relation éducative et humaine, mettant en exergue le caractère faillible de chacun ».Donc, il suffirait de s’excuser – et ne pas changer – pour paraître moins coupable et rester le Héros auprès de vos enfants ?

X.ARANUI : Les élèves qui arrivent en collège à 10/11 ans sont effectivement massivement angoissés par l’état de l’héritage. Et ils savent bien qui en est responsable : leurs parents ( encore jeunes) et grand parents. Si on propose à ces enfants héritiers de rajouter 2h à leur emploi du temps hebdomadaire pour découvrir leur environnement et prendre des initiatives pour sauver ce qui peut l’être, ils seront très nombreux à se porter volontaires.

GERONIMO :Je commencerai à me sentir coupable – et à effrayer mes enfants – le jour où l’on me prouvera que MON action et non celles des États est à la base de la pollution.

ByeFelicia : On devrait faire de grandes campagnes touristiques dans un style plus électrochoc « Vous allez polluer où en vacances cet été ? » « Avec Eazy Jet, la pollution est moins chère » « Venez découvrir et saccager en masse les sublimes plages de Thaïlande » « Vous aussi participez à l’incontournable transhumance polluante estivale, vous l’avez bien mérité avec vos vies de m… » etc. Ça aurait plus d’impact, non ?

Biosphere : Mea culpa, mea maxima culpa, c’est ma faute, ma plus grande faute. Le sentiment de culpabilité est un bon signe, celui de prendre conscience et de vouloir faire autrement. Cette intériorisation des contraintes à s’imposer sur soi-même ne relève pas du « péché » à la mode catholique, mais d’une conséquence logique d’une réalité biophysique. Nous détruisons la planète et donc les conditions de vie de nos générations futures. Mais comme les humains sont trop souvent soumis à la force des habitudes, cela demande un effort sur soi quand le voyage en voiture est devenu la norme et le tourisme une obligation. Contre nos penchants funestes, un processus de culpabilisation doit être lancé, auquel succéderait le sentiment de culpabilité, puis viendrait ensuite la résolution personnelle de se passer de voiture. Ressentir la « honte de voler » en avion nous semble tout à fait normal, rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable. Ce sera voulu ou subi.

Tous coupables, on a pourri grave la planète

Julien Doré : « Tu sais, c’est la honte/Qui me sert de papier/J’ai dessiné ta tombe/Avant même de te bercer. » . Le chanteur évoque sa culpabilité d’adulte laissant aux enfants un monde pourri par sa génération. Entre espèces en voie de disparition et montée des océans, nos voyages en voiture ressemblent à un enterrement, nos transports en avion une route vers l’enfer. Nos pulsions écocidaires deviennent suicidaires, entre méga-feux et pluies diluviennes. La souillure généralisée de notre habitat lèguent un avenir poubelle sur une planète qu’on a vidé de sa vie prolixe pour en faire un milieu minéral et sans âme. « Le monde serait sans doute mieux sans nous, les humains » me murmure une voix intérieure. Homo sapiens n’est pas pas assez intelligent pour respecter mère Nature, et trop intelligent par ses armes de destruction massive de la vie et de la Terre. On pourrait même se lancer dans un hiver nucléaire !

Nous avons tous collectivement la responsabilité générationnelle de n’avoir pas su maîtriser notre démesure et décroître tant qu’il en était encore temps. Sorry Children* nous propose de formuler sur les réseaux sociaux des excuses : « Dans quelque temps, le monde n’aura rien à voir avec celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Cette situation critique nous oblige à regarder les choses en face : à moins que nous ayons tout fait pour éviter le pire, nous aurons tous une responsabilité envers nos enfants. » La campagne #lapireexcuse propose à chaque adulte de se projeter au moment de sa mort et de formuler des excuses aux jeunes générations pour l’inaction climatique des décennies passées. Là où les rapports du GIEC accumulés et les mises en garde rationnelles réitérées ne semblent pas fonctionner, la culpabilité devrait devenir un moteur du changement.

Mea culpa, mea maxima culpa, c’est ma faute, ma plus grande faute. Le sentiment personnel de culpabilité est un bon signe, celui de prendre conscience et de vouloir faire autrement. Cette intériorisation des contraintes à s’imposer sur soi-même ne relève pas du « péché » à la mode catholique, mais d’une conséquence logique d’une réalité biophysique. Nous détruisons la planète et donc les conditions de vie de nos générations futures. Mais comme les humains sont trop souvent soumis à la force des habitudes, cela demande un effort sur soi quand le voyage en voiture est devenu la norme et le tourisme une obligation. Contre nos penchants funestes, un processus de culpabilisation devrait être mis en place, auquel succéderait le sentiment de culpabilité, puis viendrait ensuite la résolution personnelle de se passer de voiture et de bien autre choses. Ressentir la « honte de voler » en avion nous semble tout à fait normal, rationnel, moralement nécessaire, et même inéluctable. La diminution de nos émissions de gaz à effet de serre sera voulue ou subie.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 avril 2019, Écologie, culpabiliser pour ressentir la culpabilité

17 juillet 2021, Torrents de boue en ville, mea maxima culpa

* Sorry Children. Les pires excuses à donner à nos enfants pour avoir ravagé la planète et autant d’actions pour y remédier (Alternatives, 144 pages, 19,90 euros, sortie le 21 septembre 2021).

Tout savoir sur la question démographique

Nous avons consacré chaque jour du mois d’août à lister sur ce blog biosphere des points de vue malthusiens sur l’évolution de la population humaine. Les commentaires sont libres… Puissent nos lecteurs diffuser certains de ces textes dans leurs réseaux, merci.

1er août 2021, Le parti MEI pose la question démographique

2 août 2021, Le parti EELV ignore la question démographique

3 août 2021, L’associatif et la Démographie Responsable

4 août 2021, Yves Cochet, « Moins nombreux, plus heureux »

5 août 2021, Thomas Malthus, Essai sur le principe de population (1798)

6 août 2021, Jean Dorst, Avant que nature meure (1965)

7 août 2021, Paul Ehrlich, The Population Bomb (1971)

8 août 2021, La question démographique en 1972 (les limites de la croissance)

9 août 2021, Gueule ouverte, Trois milliards de Terriens contre une poignée d’obèses (1974)

10 août 2021, Présidentielle 1974, la question démographique

11 août 2021, Georgescu-Roegen, Entropie, écologie, économie (1979)

12 août 2021, Théophile de Giraud, Manifeste anti-nataliste (2006)

13 août 2021, Albert Jacquard, l’explosion démographique (2006)

14 août 2021, le couple Tarrier, éloge de la dénatalité (2008)

15 août 2021, Paul Ehrlich, évolution démographique et environnement (2008)

16 août 2021, Michel Tarrier, faire des enfants tue… la planète (2011)

17 août 2021, Georges Minois, le poids du nombre (2011)

18 août 2021, Hugues Stoeckel, la faim du monde (2012)

19 août 2021, Philippe Lebreton, le futur a-t-il un avenir (2012)

20 août 2021, Jacques Véron, écologie et démographie (2012)

21 août 2021, Alan Weisman, Trop nombreux sur Terre (2013)

22 août 2021, Stephen Emmott, 10 milliards c’est trop (2014)

23 août 2021, René Dumont, malthusien tout au cours de sa vie

24 août 2021, Discours collectif, Moins nombreux, plus heureux (2014)

25 août 2021, Michel Sourrouille, Arrêtons de faire des gosses (2020)

26 août 2021, Pierre Jouventin, l’homme, cet animal raté

27 août 2021, Serge Latouche, sur l’effondrement en cours

28 août 2021, Nicolas Sarkozy, la question démographique

29 août 2021, Le pape François, la question démographique

30 août 2021, Nicolas Hulot et la question démographique

31 août 2021, L’équation de KAYA et la question démographique

Les liens par ordre alphabétique : Association Démographie Responsable, Club de Rome, Yves Cochet, Jean Dorst, René Dumont, Paul Ehrlich, Stephen Emmott, le pape François, la Gueule ouverte, Nicholas Georgescu-Roegen, Théophile de Giraud, Nicolas Hulot, Albert Jacquard, Pierre Jouventin, (équation de) Kaya, Thomas Malthus, Serge Latouche, Philippe Lebreton, Georges Minois, le parti EELV, le parti MEI, la présidentielle 1974 (René Dumont), Nicolas Sarkozy, Michel Sourrouille, Hugues Stoeckel, Michel Tarrier, Jacques Véron, Alan Weisman.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci

L’équation de KAYA et la question démographique

Il est politiquement absurde d’ignorer la variable démographique et de se polariser sur la décroissance économique. La solution au réchauffement climatique passe obligatoirement par ces deux axes, réduire la fécondité humaine ET agir pour une sobriété partagée. L’équation de KAYA présente les causes du réchauffement climatique ; elle met en relation l’influence et le poids de l’activité humaine en termes d’émission direct de gaz à effet de serre :


CO2 =
(CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.
–  si on divise par 3 les émissions de gaz à effet de serre, il faut aussi que l’ensemble des autres éléments soit divisés par trois. Peu importe mathématiquement ce qui est réduit. Cette division par 3 au niveau mondial est une approximation liée à un seuil (politiquement décidé) de 2°C de réchauffement. Les dernières indications scientifiques montrent qu’il ne faudrait pas dépasser le seuil de 1,5°C d’ici 2050, soit une division par 4 (c’est-à-dire – 75%). Ce facteur 4 était envisagé par la premier ministre Raffarin dès 2003 !

Jean-Marc Jancovici : « Quand Bush a annoncé qu’il allait diminuer l’intensité énergétique de l’économie américaine de 18% en 10 ans, il est facile de voir que cela ne porte que sur l’un des termes de cette égalité (TEP/PIB). Et le reste ? Si la production économique par personne (PIB/POP) augmente de 25% dans le même temps (ce qui représente une croissance de 2,5% par an, soit un objectif conservateur pour n’importe quel gouvernement), avec une population (POP) qui augmente de quelques % dans le même temps (simple prolongation des tendances aux USA), et un contenu en carbone qui reste constant (assertion raisonnable compte tenu des tendances actuelles aux USA), le résultat sera une hausse des émissions de CO2, pas une diminution ! »

la tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050, soit un peu plus de 9 milliards d’habitants. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs. On mesure les efforts à demander à la population, gigantesque, sachant qu’on ne peut agir dans le court terme sur l’évolution démographique étant donné son inertie.

Hypothèse d’une croissance annuelle moyenne du PIB de 2 % (2,3 % est atteint en 2012 et 2013) sur 40 ans, soir une multiplication de 2,2. La population serait multipliée par 1,33. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 9. Or le « contenu en gaz carbonique de l’énergie » a juste diminué de 10 % sur les 40 dernières années. D’autre part le découplage entre TEP et PIB se heurte à l’effet rebond.

Étant donné ce qui précède, nous sommes forcément voués à une décroissance à la fois économique (récession, dépression…) ET démographique (épidémies, guerres et famine). Il nous faudrait devenir malthusien, mais nous ne nous en rendrons collectivement compte que quand il sera trop tard.

La sociologie/démographie est-elle une science

Dans le domaine démographique, on se penche souvent sur les berceaux, rarement sur les tombeaux. Une controverse sur le rapport entre pandémie et morts du Sars-Cov2 fait les délices du MONDE. La vaccination de masse contre le Covid-19 conduit à « une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne », affirme le sociologue Laurent Mucchielli. D’autres sociologues estiment qu’il ne faut pas confondre les décès durant une période consécutive à une vaccination avec ceux causés par la vaccination, et le CNRS admoneste Mucchielli., lequel rétorque :

« La science repose sur le débat contradictoire, la libre discussion des données et des raisonnements. Le CNRS ne s’en serait jamais inquiété s’il n’avait pas été harcelé par mes détracteurs. »

Pour s’y retrouver grâce aux commentaires sur lemonde.fr :

ExVivo : La plupart des quiproquos sont liés à une méconnaissance des statistiques que peu de gens maîtrisent réellement. On ne compte plus les innombrables confusions entre corrélation et causalité, les problèmes d’échantillonnage, l’absence de corrections des variations saisonnières (dont Pr Raoult est coutumier), des interprétations erronées de résultats et bien d’autres.

mdut : « La science repose sur le débat contradictoire » Il faut vraiment le voir pour le croire. Ce monsieur Mucchielli confond les « sciences » humaines et les sciences dures (mathématiques, physique, chimie, biologie) qui ne reposent pas sur des débats mais sur la découverte de l’adéquation entre des faits et des modèles. Il faut ajouter que dans les sciences dures, toute constatation doit être reproductible sinon on parle dans le vide. C’est d’ailleurs pourquoi les « sciences » humaines ne sont pas des sciences à proprement parler puisque rien de ce dont elles parlent n’est reproductible (l’échantillon étudié change).

Cléo : En tant que chercheuse en Sciences Sociales, je ne peux que saluer la décision du CNRS de contre-dire Mucchielli. S’il est important, à mes yeux, que les chercheurs prennent part au débat public, il doit impérativement faire partie de la compétence de ceux-ci de faire la différence entre 1) une intervention à titre professionnelle ou à titre personnelle-citoyenne, et 2) le regard du virologue sur le vaccin vs. celui du sociologue/ »social scientist ». Connaître les limites de ses compétences professionnelles est la référence de base. On voudrait tous être virologues et aider à combattre cette foutue épidémie, mais en tant que chercheuse en science sociale, mon rôle est limité au comportement humain et social : les opinions anti-/pro-vaccins, la qualité de raisonnement des uns et des autres, le comportement des chercheurs, etc. Et si je mets ma casquette de philosophie des sciences : leur ontologie, épistémologie et axiologie. C’est tout.

GuillaumeM : Notons au passage que la sociologie c’est, chez certain.e.s sociologues, l’expertise de leurs convictions travestie en pseudo-science.

jea.vie : A noter que Le Monde , lui même, qui certes n’est pas soumis aux règles du CNRS, a pris cette habitude. Le nombre d’articles signés de « sociologues » ou d' »ethnologues » ou d' »économistes », qui sont en fait des tribunes de militants politiques sous couvert d’expertise, est de plus en plus fréquents. Sur des sujets tels que l’immigration, l’écologie, l’urbanisme les exemples sont légions.

Zahnstocher : Je ne crois pas que ce soit un problème de sciences « molles » ou dures. Nous avons eu droit dans les colonnes du MONDE à plusieurs tribunes d’un chimiste du collège de France venant défendre nucléaire et gaz de schiste pour la France et pourfendre le renouvelable. Le tout en tenant des propos si grossièrement erronés qu’un article postérieur a été obligé de rétablir la vérité.

Nicolas Hulot et la question démographique

« Le dangereux bipède se croit tous les droits, et se reproduit tellement plus vite que les cygnes et les éléphants. Chaque individu est une force de désintégration et nous sommes sept milliards. Tant qu’on ne maîtrisera pas la «pollution démographique», il faudra réparer les dégâts de chacun et essayer de les limiter puis de les réduire…

Dans le syndrome du Titanic, j’écrivais en 2004 que la crise environnementale va changer d’échelle et donnera des occasions supplémentaires pour s’affronter. Tous les signaux sont au rouge. Il y a quatre courbes qui s’alimentent les unes les autres. La première c’est la courbe démographique, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d’individus à la fin du siècle. Parallèlement la courbe de la consommation et de la pollution augmente, on pèse de plus en plus sur la planète. La troisième est l’émission de gaz à effet de serre ; quand nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va accentuer le changement climatique. Or les océans ont une capacité de stockage du CO2 qui diminue lorsque la température de l’eau augmente et le permafrost, qui passe régulièrement à des températures positives, reprend sa fermentation et libère du méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus efficace que le CO2. Enfin l’érosion de la diversité est un fait avéré. On voit bien que les trajectoires de l’humanité et de la nature sont en train de converger et qu’il va y avoir une collision. Il faudrait quatre Terre pour faire face aux besoins des pays émergents.

A titre personnel, je pense que la croissance démographique est un sujet central qui passe par l’éducation et la sensibilisation des populations. La sortie de la misère d’un pays réside dans la baisse de sa démographie. Le droit intouchable de la reproduction peut s’accompagner d’une sensibilisation des consciences, en Occident comme ailleurs. Mais si par malheur nous devions nous résoudre à des interventions étatiques pour limiter la liberté fondamentale de l’humanité de se reproduire, nous pourrons dire que nous aurons échoué. »

NB : Les phrases ci-dessus ont été effectivement dites ou écrites par Nicolas HULOT et retranscrites dans le livre de Michel Sourrouille, « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » (édition Kiwi, 2019).

Au lit, citoyens et citoyennes !!!

François Bayrou a 6 enfants et il est grand-père de vingt-et-un petits-enfants. Il voudrait que tout le monde fasse comme lui, il appelle à multiplier le bébés. Il a un adversaire : « C’est tout un courant de pensée qui défend l’idée que la population est finalement l’ennemie de la planète. » Le Canard enchaîné en fait un article* :

Qui sont ces véritables tue-l’amour ? Les partisans de la décroissance, bien sûr, pour qui l’expansion ne peut se poursuivre indéfiniment. Mais on a beau chercher, on ne trouve guère aujourd’hui de penseurs écolos obsédés par la démographie. La « Bombe P » de Paul Ehrlich et le rapport au club de Rome « Les limites de la croissance » (1972), c’était il y a un demi-siècle. Pour les décroissants, en effet, l’ennemi numéro un n’est pas la surpopulation, mais la machine à produire et à consommer inconsidérément. Le seul qui soit connu pour s’intéresser à la question est l’ancien député Vert et ex-ministre de l’environnement Yves Cochet, membre d’honneur de l’association Démographie Responsable. « Notre influence est complètement marginale, admet-il. Même chez les écolos, très peu de personnes en parlent. C’est une question complètement taboue, on ne veut pas y penser. »

Pour défendre la nécessité d’une décroissance démographique pour réduire notre impact sur la planète, en particulier dans les pays riches, qui ont la plus lourde empreinte écologique, Cochet propose de rendre les allocations familiales dégressives en fonction du nombre d’enfants. On comprend que les écolo n’enfourchent pas ce dada-là : électoralement, ce n’est pas très porteur… Bayrou a donc un boulevard devant lui. Bientôt tous au lit pour toucher les allocs ?

* Le Canard enchaîné, 25 août 2021 page 5

Le pape François, la question démographique

Nombreux sont ceux, même parmi les non croyants, qui se réjouissent de la prise de position du pape en faveur de protection la nature à l’occasion de la publication de l’encyclique Laudato si. Il était temps en effet qu’une autorité morale du plus haut niveau rappelle aux hommes la gravité des menaces qui pèsent sur notre monde et la responsabilité qui est la leur. Quelques mois avant la tenue des négociations sur le climat (COP 21) cela ne pouvait mieux tomber.

Toutefois, si le courage et le modernisme du pape sont incontestables, sa position sur la démographie reste absolument conventionnelle et fait bon marché des contraintes écologiques au profit de la défense séculaire d’un natalisme militant. Alors qu’au cours du dernier siècle le monde a multiplié ses effectifs par quatre, alors qu’au cours des 45 dernières années ce sont 50 % des vertébrés qui ont disparu (2) du fait de notre envahissement de tous les territoires, alors que les océans se vident à grande vitesse, alors qu’un continent, l’Afrique, voit nombre de ses efforts de développement obérés par une croissance démographique encore non maîtrisée (au cours du 20ème siècle l’Afrique devrait passer de 1 à 4 milliards d’habitants), voici ce que dit le pape François de la question (chapitre 50 de son encyclique Laudato si)

« Au lieu de résoudre les problèmes des pauvres et de penser à un monde différent, certains se contentent seulement de proposer une réduction de la natalité. Les pressions internationales sur les pays en développement ne manquent pas, conditionnant des aides économiques à certaines politiques de “ santé reproductive ”. Mais « s’il est vrai que la répartition inégale de la population et des ressources disponibles crée des obstacles au développement et à l’utilisation durable de l’environnement, il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire ». Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes ».

Le pape offre là une douche froide à tous ceux chez qui était né l’espoir que l’Église Catholique s’oriente vers une position plus raisonnable en matière de contrôle de la fécondité. Espoir né en janvier dernier suite à ses déclarations lors d’un voyage aux Philippines. A cette occasion François avait en effet affirmé qu’il n’était pas nécessaire de se reproduire comme des lapins pour être de bons catholiques. Il avait également  réprimandé une femme enceinte déjà mère de nombreux enfants. Las, de toute évidence cette remarque visait à éviter les situations personnelles difficiles mais elle n’indiquait en aucun cas une prise de conscience des limites écologiques à l’explosion démographiques.

François signe là aussi une assez grande méconnaissance du problème. La croissance démographique est clairement incompatible avec la protection de la nature qui est pourtant l’objet de cette encyclique.Une méconnaissance du problème écologique proprement dit (mais où le pape mettra-t-il toutes les autres créatures de Dieu si l’Homme augmente encore ses effectifs ? Jésus n’a pas multiplié les mètres carrés, même dans les écritures). Mais aussi méconnaissance des propos des antinatalistes. Dans leur grande majorité, ceux-ci sont profondément écologistes. Ils ne se contentent pas « seulement de proposer une réduction de la natalité », ils affirment que c’est une condition nécessaire bien que non suffisante. Ils regrettent qu’elle soit si souvent passée sous silence mais ils savent aussi qu’elle s’insère dans un ensemble de problèmes encore plus vaste qui est celui de notre rapport à la nature. Caricaturer leur propos ne fait pas avancer la prise de conscience.

Pour connaître le texte intégral, aller à la source.

Dylann Roof mérite-t-il la peine de mort ?

Dylann Roof avait froidement abattu neuf paroissiens noirs d’une église de Caroline du Sud en 2015. Une cour d’appel fédérale a confirmé le 25 août 2021 la condamnation à mort de l’Américain. « Aucun résumé clinique ni analyse juridique fouillée ne peut totalement rendre compte de l’atrocité de l’acte de Roof. Ses crimes le placent sous le coup de la sentence la plus sévère qu’une société juste puisse rendre », ont conclu les juges dans leur arrêt rendu à l’unanimité. Le jeune raciste avait déjà été condamné au début de 2017 à la peine de mort, il n’avait exprimé ni regrets ni excuses.

Le point de vue d’un écologiste sur la peine de mort va bien au-delà du droit des victimes contre celui des assassins. Il ne fait que constater un fait trivial : l’abolition de la peine de mort est voulue dans une société d’abondance qui croit que tout le monde doit être dorloté, y compris les criminels. Mais à cause  du manque d’énergie fossile et de la crise qui va s’ensuivre, cette abolition risque de tomber aux oubliettes. Comme l’écrivait Jean-Marc Jancovici  : « Entretenir une population en prison, c’est utiliser de la nourriture, des ressources et de l’énergie pour le bénéfice d’improductifs mis au ban de la société. Jusqu’à une époque somme toutes assez récente, on ne s’encombrait pas de ces bouches à nourrir : le sort commun de l’assassin était la mort dans des délais assez rapides. Il est évident que, en univers énergétiquement contraint, ces mauvais souvenirs risquent de redevenir d’actualité. »

En attendant les âges sombres, les commentaires sur lemonde.fr fleurissent, il faut bien passer le temps présent:

untel : Chez nous en France, il serait en hôpital psychiatrique. La fiche wiki US nous indique le résultat des six expertises psychiatriques : « psychose, paranoïa, délires, schizophrénie, autisme, distorsions cognitives, TOC, dépression, tendances suicidaires, phobie sociale, toxicomanie » (termes extraits des rapports).

Herlock_Sholmes : Je propose qu’il fasse à vie la récolte des champs de coton en hommage à ses victimes, ça ferait un bel exemple pour tous les suprémacistes blancs.

Pepef-le-Brun : Je suis contre la peine de mort mais finalement cette situation de moratoire voulue par Biden, où il reste entre la vie et la mort, est une condamnation peut-être encore pire que la certitude elle-même de la peine de mort, non ?

a.n.MB : Le problème des Américains, c’est qu’ils les exécutent au bout de x temps, donc ça aura coûté très cher au contribuable in fine. Les condamnés à mort coûtent un pognon de dingue, il y a eu des études là-dessus, ça se chiffre en millions de dollars.

Stephane M. : Non à la peine de mort, quelle que soit la gravité des actes commis. L’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que “la peine de mort est une mesure inadmissible qui blesse la dignité personnelle” et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde. » (Catéchisme de l’Église Catholique, article 2267)

Mètre des phynances : Si on est opposé à la peine de mort, cela signifie bien évidemment qu’on y est opposé même pour les criminels les plus odieux: je dirais même surtout pour les plus odieux, pour les moins pires on trouvera toujours quelques circonstances atténuantes qui leur permettront de sauver leur tête. Dans les dix dernières années de son application en France, elle a été requise quelques dizaines de fois sur plusieurs milliers de crimes jugés aux assises, prononcée une vingtaine de fois par les cours d’assises et au final appliquée seulement six fois. alors…

JJCL : Les commentaires de certains bien-pensants sont assez écœurants. Mes pensées vont d’abord aux victimes de ce tueur en série.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

20 mai 2018, peine de mort, partisans et abolitionnistes aux USA

12 novembre 32016, Peine de mort validée dans plusieurs États américains

1er juillet 2015, Débat sur la peine de mort : midazolam ou thiopental !?

17 mai 2014, La peine de mort, les termes du débat dans LE MONDE

Nicolas Sarkozy, la question démographique

Nicolas Sarkozy s’exprimait ainsi en 2016 : « Nous sommes 7 milliards d’habitants. En 2100, nous serons 11,5 milliards. La question des conséquences de cette démographie est donc centrale pour les grands équilibres de la planète ». Il souhaite que « la communauté internationale prenne en main le premier problème de la planète, qui est celui de la démographie mondiale ». Il préconisait « une conférence mondiale sur la démographie ». A son avis, le sujet doit « faire l’objet, chaque année, d’une conférence comparable à celle sur le climat »

Le 19 septembre 2019 devant le MEDF, Nicolas Sarkozy précisait sa pensée :  « Quand je suis né en 1955, il n’y avait pas si longtemps, il y avait 2,5 milliards d’habitants. Sur moins de la durée de vie d’un homme, la population mondiale été multipliée par trois. C’est incroyable ! Dans 30 ans nous serons 9 milliards, à la fin du siècle 11 milliards. C’est fait, quoi que nous décidions. Le dérèglement climatique le monde en a connu, mais le plus grand choc est démographique. Un choc comme celui-là, le monde ne l’a jamais connu. Dans 30 ans le Nigeria aura plus d’habitants que les USA. On va passer de 1,2 milliards d’Africains à 2,5 milliards. La crise démographique n’a pas encore commencée, elle est à venir. On peut refuser cela, mais promouvoir le développement durable sans se poser la question de l’explosion démographique, cela n’a pas de sens. Lagos au Nigeria, c’est 22 millions d’habitants ; si vous pensez qu’avec le tri sélectif on va régler le problème de Lagos, c’est que vous n’y avez pas encore été à Lagos. Le sujet démographique est un sujet monumental, tectonique et il n’y a pas un seul organisme international qui aide à réfléchir sur l’évolution démographique mondiale alors qu’en agriculture il y en a une dizaine. Je ne dis pas pour autant « il faut un contrôle des naissances », mais il faut prendre conscience du problème et essayer de le traiter. Si on n’agit pas rapidement , on va vers une catastrophe extravagante. La question, c’est combien d’êtres humains peuvent vivre en même temps sur cette planète. J’entends bien la difficulté, le désir d’avoir des enfants, ce que cela représente. Mais est-ce qu’on ne voit pas que toutes les espèces ont vocation à disparaître par surpopulation ou par appauvrissement des ressources. Et on pense que cela ne se passera pas pour nous les humains ? Je suis assez fasciné de voir les multiples discussions sur le climat et la gène quand on discute d’évolution de la démographie mondiale. »