biosphere

L’écologie vert de gris de Marine Le Pen

Marine Le Pen, présente son projet de présidentiable, protectionniste et identitaire. Il a été préparé par l’économiste Hervé Juvin. On privilégie le nucléaire, on veut suspendre les implantations d’éoliennes, on souhaite développer les réacteurs de quatrième génération. Il n’est question ni de taxe carbone, ni de limitation de vitesse, surtout pas de sujets qui fâchent ! Que pense Marine Le Pen : « Science de la vie, l’écologie est aussi une source de la joie de vivre, de la beauté des choses, et du bonheur d’être français … Mais la défense de l’environnement a des ennemis , l’écologisme, cette politique qui consiste à peindre en vert les pires atteintes à l’environnement (et surtout)  l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec les modes de vie, les traditions et les mœurs qui sont les nôtres et prendre le contrôle de chacun de nos gestes… qui entend soumettre les Français aux diktats d’une écologie punitive… »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

le sceptique : La victoire culturelle de l’écologisme se traduit tout naturellement par sa diffraction en multiples interprétations. C’est un peu comme le christianisme, qui a fini catholique, protestant, orthodoxe, copte et plein de variantes, n’ayant pas toutes le même rapport au texte, à l’autorité, au ministère de la foi. Il existe l’écologie décroissante, l’écologie étatique, l’écologie industrielle-technologique, l’écologie libertaire- fédéraliste, l’écologie naturaliste écocentriste, etc. On a avec le RN l’écologie identitaire, réactionnaire et localiste. Toutes disent : « la nature est un souci, l’environnement est un enjeu, voici mon offre ». Les « historiques » vont donc devenir une offre parmi d’autres au supermarché vert. Les citoyens vont être ravis, ils pourront dire « oui l’écologie c’est important pour moi, mais attention pas comme dit X, hein, plutôt comme dit Y ».

MEDEFritesMerguez : C’est amusant cette mode d’associer les mots « écologie » et « punitive », alors que les punitions bien réelles que nous vivons au quotidien – covid, dérèglement climatique, pollutions en tous genre, inégalités – sont directement causées par le capitalisme libéral auquel l’écologie scientifique et politique s’oppose depuis toujours.
La droite, quoi qu’elle en dise, agit en ennemie de l’écologie, du bien commun et des simples citoyens : la prédation égoïste et irresponsable est son ADN.

jmmad : Cacologie punitive ? Le vivant est la victime mais c’est elle qui est accusée, c’est classique. La seule inconnue sera la nuance de la peinture pour refaire la vitrine du consumérisme.

Coolektif : Ils vont devoir refaire les peintures chez RN.… Du sol au plafond !.. et particulièrement l’oriflamme de la firme ! Pourvu que le VERT ne vire pas au VERT DE GRIS!!!

Babs : L’écologie se situait à l’extrême droite avant la 2eme Guerre Mondiale, notamment l’amour de la terre, saine et non corrompue, la valorisation ds petits paysans, le scoutisme et ses dérivés para-militaires. Retour à l’idéologie créatrice ?

Olivier66 : Triangulation : Macron chasse sur les terres du RN, MLP sur celles d’EELV.

Réaliste : Avec ses propositions écologiques aux effets très limités, Le Pen fait du Macron comme Macron fait du Le Pen sur d’autres sujets. L’extrême centre et l’extrême droite feraient-ils un concours à celui qui serait le plus populiste ?

Pour en savoir plus, le point de vue des écologistes :

3 octobre 2019, L’écologie selon Marion Maréchal Le Pen

19 avril 2019, Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

30 décembre 2016, Front National, un programme superficiellement écolo

27 décembre 2014, Le Front national écolo ? Son passé plaide contre lui

9 mars 2012 Marine Le Pen, l’écologie à la hache

* LE MONDE du 16 avril 2019, Derrière le virage écologique de Marine Le Pen, l’obsession de l’immigration

John KERRY et le CLIMAT, sobriété attendra

La conférence sur le climat s’était achevé le 12 décembre 2014 à Lima , elle était entrée dans l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique. Le secrétaire d’Etat John Kerry, n’avait fait qu’un passage éclair à Lima. Aujourd’hui John est l’envoyé spécial de Joe Biden pour le climat, son discours en reste à l’optimisme béat : « Les États-Unis doivent montrer l’exemple… Les multinationales se fixent des objectifs de zéro émission nette [de CO2] en 2050… il y aura tellement d’emplois créés dans le monde,.. Vous allez voir des mesures économiques pour encourager la construction d’un réseau électrique [propre] aux Etats-Unis et il y aura une course considérable vers le véhicule électrique…Bill Gates travaille avec le gouvernement américain pour créer un prototype qui pourra peut-être résoudre les problèmes de fusion et de prolifération des déchets… Nous entrons dans une période extraordinaire de découvertes, qu’il s’agisse de la captation du CO2, d’hydrogène… Je ne sais pas si résoudre la crise climatique se fera par la capture directe du carbone, l’hydrogène, les batteries qui dureront vingt à vingt-cinq jours, mais il y a d’innombrables personnes qui poursuivent ces objectifs à travers toute la planète. »

Les commentaires sur le monde.fr sont à juste titre acerbes :

Zhkarojr : L’un des pays les plus pollueurs au monde prétend qu’il va montrer l’exemple ? Pourquoi pas ? Quand 80% des américains auront abandonné définitivement la voiture et rouleront seulement en bicyclette, on pourra les applaudir des deux mains.

ARNAUD LEPARMENTIER (un des journalistes ayant interviewé Kerry) @ Zhkaroj : C’est le meilleur moyen de se faire dépasser. Ils peuvent très bien faire une bascule technologique. C’est en tous cas leur pari.

PYR : Et le grand représentant du climat d’expliquer que les réponses au dérèglement climatique passent par des solutions technologiques qui n’existent pas ! C’est d’une tristesse.

Louvier : J’ai comme l’impression que ce brave monsieur Kerry ne mesure pas à quel point c’est un changement drastique de modes de vie que de réduire autant ses émissions… Pour lutter contre le changement, c’est pas des mesurettes ni des nouvelles technologies qui le feront à notre place, mais bien des peuples entiers qui doivent prendre conscience de l’enjeu et des changements à opérer. Le but n’est pas de mieux consommer, mais de moins consommer, et ça change tout

noelle.plat2020 : Je pense qu’il faut effectivement MOINS consommer, mais aussi mieux consommer. Je vis aux US et même parmi les « défenseurs » de l’environnement, je n’entends jamais parler de « moins consommer ». Les américains (beaucoup plus que les Européens) sont accros à la consommation et n’accepteraient que très difficilement de se « mettre au régime ». J’aimerais bien entendre Biden (et d’autres) parler de moins consommer, moins bouger, vivre autrement !

Pessicart : Le plan de relance de Biden (1% du PIB mondial injecté) est un sale coup vis à vis du climat car il encourage la consommation.

ChP : C’est effrayant. Quel discours vide qui pose comme principe que les moteurs d’une société 100 % ENR sont les mêmes que ceux de la société actuelle qui sont les énergies fossiles, charbon, pétrole et gaz. Les entreprises vont rendre la transition écologique irréversible ! (sic), mais le CO2 augmente ! La solution viendra de technologies qui n’existent pas encore, dont la fusion qui, si elle marche, ne sera pas opérationnelle avant 2075/2100. C’est un peu tard !

le sceptique : Kerry indique que la géopolitique du climat ne sera pas le partage de la décroissance, comme certains pouvaient peut-être en rêver, mais la compétition planétaire pour les industries bas-carbone et le captage CO2. Là encore, cela crédibilise le sujet, si vous voyez un financier, un ingénieur et un industriel monter un projet, vous vous attendez à davantage de résultats que si vous voyez une actrice de cinéma, un sociologue et un jardinier en biodynamie faire une pétition.

MEDEFritesMerguez au sceptique : Et pourtant ce sont les jardiniers bio qui vous nourrissent tout en préservant la planète – pas le financier, l’ingénieur et l’industriel… Un jour vous risquez de vous étouffer en mangeant vos euros quand les supermarchés seront vides. Ou de vous faire une tendinite à force d’écrire des âneries. Faites gaffe !

Macron, politique de dénigrement des écolos

Rabaisser autrui pour ne pas écouter son avis, tuer le messager pour ne pas entendre son message, c’est une figure de rhétorique dont on abuse. Pour gagner, Macron ne cherche pas à s’élever plus haut que les autres, juste à rabaisser les écolos…Tout l’échec de Macron et de ses sbires est résumé dans les propos suivants que nous commentons les uns après les autres :

– Certains macronistes dénoncent une « idéologie » écologique, d’autres une « écologie de l’entre-soi »,« moraliste »,« élitiste », « qui fait peur »… Ah, l’expression « écologie punitive » a beaucoup servi. En public ou en privé, sur les plateaux de télévision ou dans des discussions informelles, les membres du gouvernement n’ont eu de cesse pendant une semaine que d’attaquer la décision du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, d’instaurer un menu sans viande dans les écoles de sa ville. Voici le point de vue des écologistes, Haro politicien sur le menu sans viande !

– M. Macron a comparé les Verts aux « tenants de la fermeture absolue » en matière sanitaire, qui se montreraient tous partisans, à leurs niveaux respectifs, d’un bien trop rigide principe de précaution. Eh oui, ils préfèrent le principe innovation par rapport au principe de précaution !

M. Macron avait assumé « le tournant de la 5G » pris par la France, « pays des Lumières et de l’innovation », malgré les craintes exprimées face à une technologie perçue comme potentiellement néfaste pour l’environnement et la santé.

— « J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle amish », avait-il aussi lancé. Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish, pourtant un modèle de civilisation agropastoral bien préférable par sa durabilité au système thermo-industriel qui mène droit à la catastrophe !

« Je ne suis pas sur une ligne Greta Thunberg à vouloir prendre trois mois pour aller aux États-Unis en bateau, grince l’eurodéputé et conseiller élyséen Stéphane Séjourné. Je préfère qu’on investisse massivement dans l’innovation pour l’avion du futur. » Mais pour ne pas changer le climat, mieux vaut ne pas prendre l’avion !

Voiture autonome, autonomie de la technique

Le véhicule autonome est une « opportunité » pour des mobilités « plus propres et plus solidaires », croit fermement le gouvernement. Dans un rapport, le think tank La Fabrique écologique arrive à la conclusion contraire : les « discours prometteurs » cachent « des conséquences écologiques potentiellement catastrophiques ». L’étude relève ainsi un « contraste important » entre le « fantasme » d’un véhicule au service de la mobilité durable et la perspective probable d’« une entreprise énergivore, polluante, consommatrice de ressources et d’espaces, coûteuse et risquée pour les libertés publiques ».  La voiture autonome sert d’alibi pour renforcer la présence de la voiture tout court . Du point de vue des écologistes, nous pensons que faute de carburants fossiles on va vers un dévoiturage inéluctable, que la voiture individuelle soit thermique, électrique, autonome ou à vapeur. En attendant, technophiles et techno-sceptiques s’écharpent sur le monde.fr :

César Bistruk : Les media redécouvrent le Paradoxe de Jevons*, théorisé en 1865. Mêmes causes (innovation et technologies plus efficaces), mêmes effets (augmentation de la consommation d’énergie). Il faudrait pour y échapper restreindre volontairement l’usage de ce nouveau type de mobilité. Je doute que cela soit faisable, politiquement. Mais sait-on jamais ?

GERONIMO : Quel obscurantisme moyenâgeux à tous les étages ! Ça devient grave. On résume : 1/ Le véhicule autonome sera un espace de vie où l’on peut à la fois travailler avec des amis ou se reposer. Quel scandale en effet. 2/ Pourrait inciter les ménages à s’installer plus loin de leur lieu de travail. Quelle horreur de ne pas vouloir s’entasser dans des tours en banlieue. 3/ Inciter à laisser rouler leur véhicule à vide pour éviter de payer une place de stationnement. Mais quel cerveau TORDU a imaginé un truc pareil ? Bref, article délirant. Et si vous essayez les chars à bœufs histoire de vivre avec votre temps ?

Martin-s : Nous sommes très proches du pic pétrolier (2030), donc le temps de voir arriver ces bestioles autonomes le problème ne se posera même plus (car la disponibilité énergétique va rapidement décroître. Chers amis, merci de prendre une heure pour regarder la vidéo de Jancovici « Pourquoi certains commentateurs ne comprennent-ils rien aux questions d’énergie ? ». C’est important que vous le fassiez, merci !

Domnick : La voiture a détruit les emplois et la vie locale ; elle a reconfiguré l’espace urbain au profit des centres commerciaux sans âme, rendant tous les abords de villes identiques. Les villes moyennes sont mortes, ou abandonnées à une population déshéritée et traficottante. Elle a rendu possible d’habiter très loin de son lieu de travail : de nombreux jeunes couples s’installent à la campagne, faisant de nécessité vertu : ils n’ont de toute façon pas les moyens d’habiter plus près. Alors ils invoquent « le bon air pur », et passent leur WE a sillonner les routes du Lot, du Tarn, de l’Aveyron etc (dont ils ne regardent plus les paysages) pour conduire leurs enfants à leurs diverses activités, parfois une par soir : on a fait des enfants des consommateurs parfois contraints, d’activités pseudo-culturelles (judo, danse, piano, foot….), alors qu’une ou deux d’entre elles suffiraient amplement. La voiture a offert bien des avantages, mais nous en avons usé immodérément.

Reggio : Voiture autonome, un exemple quasi-parfait de la fuite en avant dans la technologie…Maintenir à tout prix un hyper-consumérisme de masse désastreux en donnant l’illusion que tout va continuer, en bien mieux évidemment…

alainb : L’amélioration des conditions de vie a toujours résulté de la découverte de nouvelles sources d’énergie. Il en faut toujours plus pour réduire les inégalités, premier combat de la période que nous vivons. Vers 2050 ont pourrait commencer à bénéficier de la fusion nucléaire, énergie propre, quasi illimitée en plus de toutes les autres solutions technologiques… ça pourrait marcher surtout si on apprend à gérer la crise démographique principale source de rejet de CO2…

Dtc : Rien de nouveau. Avec une population allant croissant, il est évident que la baisse des émissions passe par une baisse de la natalité, le développement des logements collectif voir des dortoirs (encore plus économes) la suppression de toute possession privé et l’utilisation exclusive de biens communs et partagés (transports, logements, équipements, vaisselles, vêtements, …), la fin de l’avion et du tourisme, la fin des loisirs et du travail émettant des GES… Il est aussi évident que ça ne va pas faire rêver grand monde. Donc on continuera à réchauffer et la raréfaction des ressources alimentaires permettra in fine de réduire la population dans des conditions dramatiques. Reste à savoir quel sera le moindre mal. En attendant, on continue de rêver avec 3 éoliennes, 2 panneaux solaires et une isolation du bâtiment comme si cela allait résoudre le problème. Questions : les écolos au pouvoir seraient-ils prêt à interdire l’avion et la voiture individuelle en France ?

Michel SOURROUILLE : A quel moment une technique devient-elle contre-productive se demandait Ivan Illich. Philippe Bihouix, dans son livre « l’âge des low tech » constatait qu’un million de véhicules autonomes exigeraient autant d’échanges de données que trois milliards de personnes connectées sur leurs tablette. Impossible techniquement à mettre en œuvre ! ll nous faut arriver à définir collectivement quelles sont les limites de l’innovation technique, il nous faut rechercher une norme du suffisant. Le problème du monde super-branché qui nous est imposé, c’est que le mythe du progrès technique infini s’est implanté (par la publicité et le lobbying) dans le crâne de beaucoup de nos contemporains et les commentateurs sur lemonde.fr ne font pas exception : « Il n’y a pas de limites, et vive la voiture autonome, peu importe toute analyse contraire. » Que l’étude soit commanditée par la SNCF ne devrait pas être une fausse justification pour ne pas aborder l’essentiel, la question de notre démesure !

Electron : Si l’on comprend entre les lignes du rapport, une bonne partie des craintes concerne l’effet rebond, c’est à dire une augmentation de la circulation qui contrebalancerait les gains liés à l’efficacité et à l’électrification du système. Solution: une taxe carbone efficace.

* Paradoxe de Jevons : Stanley Jevons a analysé la dépendance de l’économie britannique à l’égard d’un charbon bon marché, mais épuisable dans The Coal Question (1865). Il trouve ailleurs que dans la  terre un facteur limitatif de la production. Le charbon n’est pas un fonds renouvelable, mais un stock (les ressources minières) dont la perspective de l’épuisement annonce un avenir autrement plus sombre que l’état stationnaire : le déclin ! Jevons formule alors le paradoxe qui a gardé son nom : l’accroissement de l’efficacité technologique dans l’utilisation d’une ressource naturelle comme le charbon ne réduit pas la demande pour cette ressource, mais l’accroît au contraire. La consommation est déchaînée par l’accélération technologique du fait de la baisse des coûts que celle-ci entraîne : « Le système économique accroît indéfiniment notre richesse et nos moyens de subsistance, et conduit à une extension de notre population, de nos productions, de nos échanges, qui est appréciable dans le présent, mais nous mène nécessairement vers une fin prématurée ».

CLIMAT, folle zizanie parmi les ministres

Le 22 février, la ministre de l’écologie Barbara Pompili a pris le contre-pied de plusieurs de ses collègues, qui avaient condamné l’instauration par le maire écologiste de Lyon d’un menu unique sans viande dans les cantines de la ville. Déplorant « un débat préhistorique », elle a notamment contredit le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et regretté les « clichés éculés » de celui de l’agriculture, Julien Denormandie. Le porte-parole de La République en marche (LRM), Jean-Baptiste Moreau, a reproché publiquement à Barbara Pompili de manquer de « loyauté ». Un sentiment largement partagé dans les rangs macronistes : « Le problème, c’est que Barbara donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale ».

Conflit de loyauté ? Les commentateurs sur lemonde.fr s’insurgent à juste titre :

Nicolas Ivanovsky : « Le problème, c’est qu’elle donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale ». Tout est dit. Caresser le gouvernement dans le sens du poil est apparemment plus important que d’être fidèle à ses convictions.

DeLondres : Donc c’est officiel que pour faire du bon boulot dans ce gouvernement il faut être flagorneur, renier ces convictions et surtout ne pas remplir sa mission.
Je suis content que le mécanisme soit explicité par les macronistes eux-mêmes, ça évite toute ambiguïté. Leur pouvoir est donc plus important que la planète.

Surprise : Imaginez que Mme Pompili prenne publiquement position dans le domaine de compétences de Mr. Darmanin, ce qui ne lui plairait pas. Peut-on sérieusement penser que Mr. Darmanin ne réagira pas, « par solidarité gouvernementale » ? C’est pourtant ce qu’on reproche à Mme Pompili… Celui qui joue sa petite musique, c’est M. Darmanin…

Ce.nest.que.mon.opinion : Faut-il encore se demander pourquoi notre pays s’embourbe ? La loyauté est certes une valeur cardinale pour tout groupe qui se respecte, mais le problème, c’est la définition qu’on lui donne. En politique, c’est de plus en plus un synonyme de soumission béate… En langue française, la loyauté c’est pourtant d’être fidèle aux engagements pris. Les gouvernants feraient bien de s’en souvenir un peu plus souvent, à tout point de vue !

Georges-Henri : En 1995 Albert Otto Hirschman écrit Défection et Prise de Parole ; il montre que la loyauté consiste justement à prendre la parole. Celui qui prend la parole imagine qu’il peut influer sur le cours des choses, il est donc loyal. Celui qui ne l’est pas ou ne peut plus l’être fait défection. BP est donc dans son rôle. Et d’un autre côté en prenant au mot et au premier degré le reproche qui lui est fait, exiger une quelconque discipline est absurde, imaginons un groupe de fumeurs qui diraient, elle ne fume pas comme nous, elle est déloyale !

P.Ferron : La Macronie devrait rappeler Sibeth N’Diaye pour la poster au ministère de l’écologie et du vent. Ou un hologramme, peut-être, enfin quelque chose qui n’empêche pas de penser en rond et au garde-à-vous autour de Sa Présidence Jupiter 1er.

Michel SOURROUILLE : déloyauté envers qui ? Il est normal qu’un ministre ait une opinion contraire à celle d »autres collègues, il défend le créneau dont il est le représentant. En cas de conflit entre ministres, c’est le premier ministre qui donnera son arbitrage, en concordance avec l’avis du président. Pour les membres du parlement, il n’y a aucun problème de déloyauté. Selon l’article 27 de la Constitution française, « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel ». Par exemple le présidentiable Macron voulait exiger de ses candidats la promesse de voter une douzaine de réformes essentielles. Mais c’était illégal aux yeux de l’article 27 ; il n’y a pas d’engagements préalables possibles sur un programme et le vote clanique est normalement impossible. Mais en politique, on en est encore aux temps du petit doigt sur la couture du pantalon. Cette expression fait référence au garde-à-vous dans l’armée, les bras serrés contre le corps : interdit de bouger !

Papou69 : Et pourtant, Barbara Pompili en avale des couleuvres en même temps que les pesticides…

Influenceuse Léna, Biosphere le rabat-joie

Léna Situations, meilleure amie des jeunes confinés : « Mon rôle, dans ce contexte, c’est de créer du divertissement, faire rigoler, faire oublier » 

Biosphere, porte-parole des écologistes : « Mon rôle est de préparer l’après-Covid, donc enseigner les dures réalités d’une société en crise »

L’influenceuse de 23 ans, star sur YouTube (1,8 million d’abonnés) et Instagram, 2,9 millions de vues.

Biosphere, collectif pour la défense des intérêts de la biosphere, avec son site de documentations des écologistes et son blog, il ne capte que quelques centaines d’affiliés avec ses écrits austères.

Léna Situations habite quelque part à Paris, Biosphere vit reclus dans dans un tout petit village.

Léna, Mahfouf à l’état civil, cultive les selfies avec ses aficionados dès qu’elle sort de chez elle ; Biosphere personnifie l’anonymat du messager pour mieux incarner la véracité du message.

Mahlouf et ses vidéos façon « journal de ma vie », Biosphere et son article quotidien sur l’analyse d’un monde en perdition.

Léna Situations, un petit empire médiatique bâti en trois ans par une diplômée d’une école de marketing de la mode ; Biosphere, plus de quinze ans d’existence qui refuse les effets de mode pour aller au-delà de l’apparence des choses.

Léna et sa bande de copains (chanteur Bilal Hassani, youtubeurs McFly et Carlito…) ; Biosphere, pas du tout soutenu par l’écologie institutionnelle qui s’occupe d’élections et pas d’environnement.

Malhouf possède l’art de créer une dévotion amicale chez les adulescents ; mais Biosphere sait que Greta Thunberg peut être aussi une influenceuse éclairée.

Léna gagne sa vie grâce à des partenariats avec des marques, de Balmain à Jennyfer, toute influenceuse vit aux dépens de celui qui la suit ; Biosphere lutte à armes très inégales contre le poids des lobbies de la société de consommation et du spectacle.

L’influenceuse est passionnée de fiestas, de voyages à New York, Biosphere ne pense que loisirs de proximité et abandon de l’avion.

Elle reçoit des cadeaux toute la journée, biosphere reçoit de temps en temps un spécimen de livre écolo dont il faut faire la recension.

Son Iphone clignote sans arrêt, Biosphere n’a pas de portable, encore moins de smartphone.

Léna a acquis un énorme pouvoir de prescription (de cosmétiques) auprès de la jeunesse ; le vade-mecum des écologistes a fait un bide.

Son livre, Toujours plus, est sorti en septembre 2020, 370 000 exemplaires vendus ;Le livre Arrêtons de faire des gosses est sorti en octobre 2020, il ne fera que quelques dizaines de ventes.

Léna Situations, une appétence pour les sujets liés à la santé mentale ; Biosphere, une connexion avec la santé de la Terre.

Un univers sucré et optimiste d’un côté ; de l’autre un avenir terrible pour les générations futures.

Voici le point de vue de commentateurs lucides sur lemonde.fr :

Heinrich Von Zimmel : L’étendard de la misère culturelle, tout une jeunesse manipulée par ses pancartes publicitaires ambulantes et, LeMonde, pour qui je paye un abonnement, qui valorise ces pratiques …

ErF : Dans le titre, « meilleure amie des jeunes confinés « , … « -finés » est en trop…

Jeanpasse : Évidemment Léna Mahfouf incarne le narcissisme, le vide et le matérialisme contemporain mais pas plus que les centaines de millions de personnes qui tentent de donner à leur vie une apparence successfull sur les divers réseaux sociaux. Mais tout ça résulte de 50 ans de société du spectacle, de 20 ans de télé-réalité, de 10 ans de réseaux sociaux etc .Et c est bien le neveu de Freud qui a théorisé la propagande comme moyen de restreindre les choix des individus vers la consommation et le refus de la complexité il y 90 ans. Cette jeune fille n’est en définitive qu’une petite propagandiste de l’happycratie .

Juste : on comprend par son exemple que le populisme est loin de n’être que politique. Il se loge aujourd’hui plus que jamais dans toutes les strates du « Soft power » (cf. Hanouna pour ne citer que le plus célèbre). Un vrai danger culturel, autant que politique, qui influence tristement la dialectique générale

Stéphane Pierre Franco : L’article de Beigbeder dans Le Figaro sur le livre de Léna était truffé de punchlines, LE MONDE ne lui rend pas hommage à ne pas les citer. Il s’ouvrait notamment sur « un livre si sucré qu’on le déconseille aux diabétiques » et concluait sur « Toujours plus, 200 pages de vide, pour 19,90 de perdus. » C’était drôle.

Michel SOURROUILLE : On vit vraiment dans un monde sous influence et c’est pour cette raison que nous ne faisons rien de sérieux contre la déplétion pétrolière, le réchauffement climatique, l’extinction des espèces, le stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, la disparition des forêts, la stérilisation des terres. On préfère rigoler et se maquiller. Léna ne devrait pas exister et pourtant Internet (et LE MONDE) lui donne vie.

Médiéviste : Qui se soucie de la trace à laisser dans notre monde ? Le court terme et le fugace triomphent pour le bien-être apparent de la société !

CLIMAT, une loi de résilience en zig et zag

Lutte pour le climat, 149 propositions de la CCC (Convention citoyenne pour le Climat). Examen du projet de loi « climat et résilience », 5 000 amendements ! La lessive et l’essorage vont se faire en même temps au Parlement. Les débats risquent très vite de s’enflammer, des députés LRM ont même déposé des amendements complètement antagonistes. Et nous attendons avec impatience les réactions des transporteurs routiers si l’avantage fiscal sur la taxation du gazole est supprimé. Certains estiment que « Tout l’enjeu, c’est l’acceptabilité sociale des mesures ». Ce sera alors comme pour le Grenelle de l’environnement, une loi au rabais et un climat en folie. En amont des débats, le premier ministre Jean Castex, a posé son diktat anti-écolo : « On n’a pas une approche “ayatollesque” du sujet ». Les Républicains misent aussi sur « une écologie de droite », moins coercitive pour les acteurs économiques.

Quelques réactions sur lemonde.fr :

PHILEMON FROG : Il était certain que les parlementaires, y compris au sein de la majorité, s’emploieraient à renforcer les objectifs du timide projet de loi. Ça n’en rend que plus incompréhensible l’erreur politique qui a consisté à s’engager à reprendre sans censure les propositions de la convention puis à en balayer les 3/4 (malgré leur modestie). Le gouvernement va devoir désormais en accepter une partie, ce qui reviendra à se dédire, et à s’opposer à d’autres, ce qui ne fera que marquer plus fortement son hostilité à l’action écologique. On reste dans un amateurisme étonnant après 4 ans d’exercice du pouvoir.

d dea : allons allons ! pas d’affolement ? comme d’habitude les godillots LRM vont beaucoup parler mais se retrouveront sur la ligne  » la voix de son maître  » . Rien à espérer de ces gens-là .

Lorange : Et nous avons évidemment droit aux litanies anti-écologistes de la génération viandarde des adeptes du glyphosate et du diesel qui laissera une planète dévastée à ses petits enfants et qui n’a même pas la décence de la jouer modeste mais au contraire se trouve finaude de qualifier ceux qui ont une conscience de leur environnement d’ayatollahs ou autre khmers. Au passage, si l’un de nos boomers pouvait nous expliquer concrètement ce que serait une écologie non « punitive », je suis preneur. Je ne vois pas en quoi laisser à sa descendance une eau potable et un air respirable serait une punition ? Quel égoïsme détestable !

Gramoune : Vouloir « changer » le climat est la dernière des « conneries » : le climat n’a rien à voir avec l’écologie – qui parle d’ailleurs d’IDÉOLOGIE, contre le gouvernement – . Que les VERTS parlent de pollution, je peux le comprendre, car là, on peut « changer » nos comportement, mais que peut faire l’écologie contre les périodes chaudes ou froides qui existent depuis des millénaires ? Encore une fois : IDÉOLOGIE contre RÉALISME ! Désolant.

Michel SOURROUILLE : Gramoune, chaque fois que tu brûles de l’essence, du charbon ou du gaz, tu contribues aux émissions de gaz à effet de serre, tu perturbes donc réellement le climat. Ne pas comprendre cela, c’est de l’IDÉOLOGIE, pas de l’écologie qui, elle, repose sur des bases scientifiques et les travaux du GIEC…

pierre marie : Se jeter dans la gueule des fanatiques de l’écologisme, c’est comme cracher en l’air. Ça vous retombe dessus.

Amish : A tous les commentaires sur les khmers verts et autres éco-extrémistes qui pleuvent après ce genre d’article, je rappelle qu’il s’agit juste de se rapprocher un petit peu de l’objectif officiel auquel l’État s’est engagé via la stratégie nationale bas carbone. Il ne s’agit pas de contenter des bobos ou babas utopiques.

modèle Amish contre start-up Macroniste

Le présidentiable Macron avait déjà affirmé en 2017 : « Je suis pour une société écologique, mais je ne suis pas pour une société Amish. » Les Amis de la Terre se sont renommés pour l’occasion les « Amish de la Terre ». Qui a raison ? Notre journal de référence* nous éclaire.

François Jarrige : Le mouvement Amish tire son nom de Jacob Ammam (1644-1730), un anabaptiste suisse qui prônait l’autorité suprême de l’Écriture biblique et la nécessité de se préserver de toute emprise de l’État, en refusant notamment les impôts ou le port des armes. Victimes de persécutions, ils émigrent aux États-Unis, recherchant l’autonomie agricole et alimentaire, privilégiant une vie sobre avec austérité de leurs vêtements et refus de la plupart des innovations technique modernes. Aux temps du triomphe de l’automobile, les Amish perpétuent l’emploi du cheval dans les travaux des champs et les déplacements. Ils privilégient le local et les circuits courts. Loin de rejeter en bloc les innovations, ils acceptent les batteries et les panneaux solaires tout en refusant d’être raccordés aux grands réseaux électriques. Ils n’adoptent une nouvelle technologie que si elle aide à faire ce que la majorité juge réellement important au lieu de faire confiance les yeux fermés aux publicitaires du système thermo-industriel. Les Amish sont de très bons mécaniciens, réparateurs et agriculteurs.

Le modèle amish nous apprend en définitive qu’il est possible de soumettre les choix de vie à d’autres fins que celles du marché. Or, c’est précisément ce dont nous avons besoin aujourd’hui, trouver les moyens de soumettre les projets technologiques au maintien d’une vie durable et vivable. Si pour les Amish c’est une certaine conception de Dieu et du sacré qui priment, pour un athée comme moi ça pourrait être tout autant les enseignements de la science écologique ou la quête d’une société égalitaire et conviviale. Contre le « modèle amish » rejeté avant même d’avoir été défini, Emmanuel Macron ne promeut rien d’autre que le très naïf modèle de la start-up. Le modèle amish montre pourtant l’absurdité de la formule selon laquelle « il n’y aura pas d’alternative ». Lors du premier choc pétrolier des année 1970, des articles de presse vantaient ces Amish qui parvenaient à se passer du carburant fossile dont le monde était devenu dépendant. (page 10 et 12)

Pour en savoir plus, extraits tirés de notre réseau biosphere,

2020, Emmanuel Macron, l’antithèse des Amish

Samuel Beiler, un Amish : « Nous ne sommes pas contre l’instruction. Nous sommes contre celle qu’on donne dans vos écoles… Jamais de mémoire d’homme un Amish ne comparut devant un tribunal pour un délit autre que le refus d’envoyer ses enfants à l’école. »… La Cour suprême américaine vient en juin 1972 de donner officiellement le droit au Amish, en plein âge nucléaire, de continuer à vivre en un temps révolu et de le perpétuer à travers leurs enfants…

2011, les Amish de mes Amish ne sont pas mes Amish

…Les Amish, non soluble dans la modernité, ont même fini par obtenir de ne plus être imposables car ils ne coûtent quasiment rien à l’État : pas d’eau courante, pas de raccordement électrique, pas de sécurité sociale, pas de recours à la justice… Le rapprochement avec les militants de la décroissance est évidemment facile. Mais cela s’accompagne d’une doctrine invasive de progénitures. La famille nombreuse est de rigueur, avec une moyenne de huit enfants par couple… J’ajoute que les Amish vivent en phallocratie niaise et triomphante…

2008, Faux Amish ? selon Stéphane Lavignotte (Entropia n° 5, automne 2008)

.. Dans l’Ordnung des Amish du Nouvel Ordre, l’interdiction de la télévision, des caméras et des radios est motivée par l’enseignement de la Bible de « renoncer aux possessions matérielles qui semblent adoptées pour servir la chair plus que Dieu ». Le cinéma comme les stupéfiants, les plaisanteries grossières et les longues parties de chasse et de pêche loin de la famille sont prohibés en réponse à l’invitation : « Abstenez-vous de toute espèce de mal ». Dans l’Ordnung des Beachy Amish, dans la catégorie prohibée des « habitudes dont vous devenez esclaves », on trouve tricher et fumer, mais rien sur la télévision. Les amplificateurs sont interdits : « Louons Dieu avec les fruits de nos lèvres ». Un lecteur qui s’intéresse aux Amish dans une perspective de critique de la technique ou d’une approche écologiste ne pourra qu’être dépité de cette diversité des motivations où il retrouve moins ses préoccupations que la prédominance d’une approche moraliste ou d’une approche littérale de la Bible…

* La décroissance, le journal de la joie de vivre (mars 2021)

Faire un enfant en période de pandémie

Environ 740 000 bébés sont nés en France en 2020. Mais les vagues de contaminations se succèdent et les perspectives de retrouver la vie d’avant s’éloignent, on peine à se projeter dans un avenir radieux pour son premier enfant. L’être humain est-il devenu à ce point nuisible qu’il devrait culpabiliser de vouloir se reproduire ?

Till, son bébé dans ses bras, s’inquiète « J’ai peur que, dans quinze ans, il me reproche de l’avoir fait naître dans un monde pareil… Mes frères m’ont transmis leur intérêt pour la collapsologie, ce courant de pensée qui étudie les risques d’effondrement de notre civilisation. La crise du Covid-19 n’a fait que noircir ma vision de l’avenir de la planète. On sent de façon tangible que la catastrophe climatique arrive, que l’extrême droite est aux portes du pouvoir. J’ai toujours imaginé ma vie avec des enfants. Mais j’ai peur que leur génération connaisse une planète à la Mad Max et nous le reproche plus tard. » Marie Gaille, philosophe : « Pendant des siècles, dans diverses cultures, c’est le discours inverse qui a dominé : la femme se réalisait en tant que mère… L’idée selon laquelle faire des enfants est un acte égoïste a une histoire récente, en lien avec des préoccupations environnementales. » Cette philosophe n’hésite pas à qualifier le désir d’enfant de « folie », d’envie impossible à rationaliser et capable d’émerger dans les moments les moins propices au développement serein d’une famille. La vérité en cette période de Covid-19, c’est que c’est impossible de respecter la distanciation sociale avec des tout-petits. On aura beau avoir désinfecté tous les jouets, la minute d’après, ils auront bavé dessus et seront en train de tirer sur notre masque .

 Dans les années 1970, les penseurs de l’écologie politique prônaient la limitation des naissances, perçue comme le seul moyen de préserver l’espèce humaine. Les militants écologistes anti-natalistes, souvent affublés de l’acronyme Gink (pour Green inclination no kids), peuplent les colonnes des magazines. Avec la pandémie qui dure, c’est aujourd’hui déprimant d’avoir un bébé. C’est difficile de transmettre de l’insouciance ou de l’espoir. Pour l’heure, aucun Corona ne figure dans les registres de naissances en France. (extraits du MONDE)

TinTin, nataliste : Quoi de plus beau que de donner la vie ?! Rien à mes yeux. Faire, dans la confiance en un avenir meilleur, des enfants en conscience, c’est mieux. Alors à tous les futurs ou nouveaux parents, œuvrez avec conscience et dans la positivité autant que possible. Il y a plein de raisons d’espérer. La vie conduit la vie. Accompagnons-les vers leur Liberté ! Et restons humbles, l’étincelle de vie, l’âme, c’est Dieu qui a dit « Oui ».

Adrienne malthusienne : Je trouve cette attitude irresponsable quand on connaît les conditions d’une maternité sous Covid. Les parents ne savent pas s’ils auront un travail après l’épidémie dans un État en quasi-faillite et on assiste à un basculement vers un régime autoritaire qui réglemente tout à défaut d’être capable d’assurer la prévention sanitaire. Quel avenir pour les enfants ? Mère d’un étudiant plutôt épargné, je me culpabilise d’avoir été incapable de décider de l´élever dans un autre pays quand les boomers orientent l’action de l’État à leur bénéfice exclusif depuis plus de 40 ans et laisseront une dette monstrueuse à la jeunesse qui n’a qu’une qualité de vie dégradée comme horizon.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

Candel et Fontecave, les lobbyistes d’EDF

Pour Sébastien Candel et Marc Fontecave, « Il est temps de reconsidérer favorablement la place de l’énergie nucléaire en France ». LE MONDE ouvre encore une fois ses colonnes à des nucléocrates : le professeur Candel est président du conseil scientifique d’EDF et le chimiste Fontecave est lui aussi membre du conseil scientifique d’EDF. Leur discours est récurrent, rien de nouveau dans leur parti-pris : « Une augmentation de l’électrification de notre système énergétique est inéluctable… Notre électricité est presque en totalité décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydraulique… Le principal défi est celui de l’intermittence des énergies éolienne et solaire… L’acceptabilité sociale d’une réduction de la demande d’énergie n’est pas garantie… Il ressort de cette analyse que, dès 2030, la France ne disposera pas, sans construction de nouveaux moyens pilotables, de suffisamment d’électricité pour satisfaire les demandes de pointe moyennes… Tout indique qu’il est urgent de reconsidérer en France la place de l’énergie nucléaire, seule à même d’assurer sécurité d’approvisionnement, stabilité du réseau, souveraineté énergétique et faibles émissions de CO2. » CQFD !!!

Quand les nucléaristes seront capables de présenter leurs arguments de manière un tant soit peu objective, nous aurons fait un pas en avant. Mais on a ici affaire à la présentation classique : « construire de nouveaux EPR » (ça fait 15 ans qu’on rame pour en mettre un en service), « passer à la 4ème génération » (on y bosse depuis au moins Phénix en 1973…), « le vilain renouvelable utilise trop de terres rares » (là, nos Go Trouvetou ont raté le rapport de l’ADEME), les panneaux solaires et batteries sont condamnés à venir de Chine, etc. Le problème central, c’est que LE MONDE donne la parole à des lobbyistes patentés de façon structurelle, ce qui ressort de nos articles antérieurs sur Fontecave, extraits  :

31 décembre 2018, Marc Fontecave, un pronucléaire en plein délire

Dans une récente tribune au « MONDE », le professeur au Collège de France et membre de l’Académie des sciences Marc Fontecave juge ainsi la pétition « L’Affaire du siècle » : « Attaquer la France en justice est à la fois injuste, idiot et inopérant ». Il a un seul argument : « l’Hexagone, grâce à l’énergie nucléaire, est un leader mondial en matière de limitation des gaz à effet de serre. » Il aurait été préférable que LE MONDE signale aux lecteurs l’appartenance de M. Fontecave au conseil scientifique d’EDF.

26 mars 2014, Prêcheurs d’apocalypse, Ph. Aghion et Marc Fontecave

LE MONDE offre une page entière à deux « experts » qui n’ont qu’une seule chose à dire : la transition  énergétique reposera uniquement sur le nucléaire et le gaz de schiste !

Module sur le pic pétrolier… à diffuser

Voici une séance de formation à l’enjeu pétrolier qui pourrait faire le buzz grâce à vos relais, chers lecteurs.

A) Commencer par un sondage dans votre groupe d’appartenance avec 3 choix personnels possible :

1. baisser ou stabiliser le prix du carburant (c’était la méthode F.Hollande en 2012)

2. accepter une hausse (minime) de prix

3. programmer dans le temps une forte hausse avec intervention de l’Etat

Le résultat montre que la presque totalité du groupe sondé va choisir l’option 1. Il faut donc une démonstration argumentée sur le baril d’or noir.

B) le prix du pétrole

B1) Présenter les différentes manières de fixer le prix de l’essence :

– prix du marché pétrolier, mécanisme de l’offre et de la demande (vision à court terme) : prix actuellement bas.

– prix correspondant au coût de l’extraction (moyen terme) : entraîne une hausse progressive.

– prix correspondant à la rareté croissante (long terme) : une forte hausse est inéluctable.

B2) Faire un graphique montrant que le prix grimpe de manière exponentielle quand on arrive à la barre verticale symbolisant la fin du pétrole conventionnel (en 2050 environ). Indiquer ce qu’est un choc pétrolier (1973, 1979, 2008), c’est à dire une variation conjoncturelle du prix à fort impact sur le PIB (choc pétrolier).

C) les quantités de pétrole

C1) Faire un graphique montrant le pic du pétrole conventionnel en 2006 (la quantité). Cette date indique le moment où la difficulté de pomper davantage de pétrole entraîne une baisse des quantités extraites.

C2) Présenter les différentes actions sur les quantités. Actuellement le pic pétrolier ne se fait pas encore sentir car :

– on utilise le pétrole non conventionnel (sables bitumineux, pétrole de schiste, off-shore profond)

– on fait appel aux agrocarburants, à la liquéfaction du charbon, au méthane ou à l’hydrogène

– on utilise des sources d’énergie alternatives comme les voitures électriques (nucléaire, éolien, photovoltaïque, etc.)

– on espère un saut technologique (4ème génération du nucléaire, ASTRID, ITER, agrocarburants de 3ème génération, etc.)

D) relations entre prix et quantités

D1) Une hausse de prix entraîne une hausse des quantités, ce qui fait que le pic pétrolier n’est pas un sommet, mais un plateau ondulant. La fin du pétrole est donc repoussée d’année en année (depuis cinquante ans, on annonce chaque année qu’il n’y aura plus de pétrole dans 50 ans).

D2) Mais ce système a une fin inéluctable, la merde du diable est une ressource non renouvelable. Persévérer dans l’extraction entraîne des inconvénient technologiques croissants : compétition entre agrocarburants et ressources alimentaires, fortes pollutions des ressources fossiles non conventionnelles, échec de certaines technologies (surgénérateur)… Sans compter le réchauffement climatique entraîné par la combustion du pétrole.

Conclusion

Théoriquement, plus rapidement on préparerait la sortie des énergies fossiles, plus la transition énergétique serait facile. Un mouvement politique responsable aurait indiqué qu’une augmentation du carburant de 10 % chaque année (doublement de prix en 7 ans) était nécessaire. Il fallait préparer les citoyens à la civilisation de l’après-pétrole. Mais nous n’avons pas compris les leçons des chocs pétroliers des années 1970, nous n’avons rien fait pour économiser le pétrole, le choc pétrolier ultime qui se profile sera d’autant plus brutal. Nous serons confrontés à des guerres et violences pour l’accès aux ressources. Certaines analyses du complexe militaro-industriel l’envisagent déjà.

Comme Il est maintenant trop tard politiquement pour mettre en place une taxe carbone conséquente, nous allons inéluctablement vers un rationnement par l’instauration d’une carte carbone pour chaque personne. Pour une acceptation sociale de la pénurie à venir, une incitation psychosociologique devraitt être mis en place, appel à l’effort des citoyens, à la sobriété énergétique dans tous les domaines. Cet exercice que nous venons de faire (avec vous) peut contribuer à la prise de conscience.

Ouverture du sujet : à qui appartient le pétrole qui est sous terre ? A l’émir de tel ou tel pays arabe ? A la multinationale qui exploite les gisements ? Au consommateur final qui paye son essence ? Ou bien aux générations futures ? La question était piégé, le pétrole appartient à la Terre. La lutte contre le réchauffement climatique impose de laisser sous terre les énergies fossiles qui sont source de gaz à effet de serre. Forer pour atteindre une ressource non renouvelable bien cachée dans ses entrailles contsitue un viol de notre Terre-mère.

L’écologie, le grand impensé du plan cancer !

Stéphane Foucart in L’écologie, le grand impensé du plan cancer ? « On parle de cancers « évitables », environ 40 % des cancers survenant en France, pour définir ceux qui sont liés à des facteurs de risque connus (tabac, alcool, sédentarité, alimentation, etc.). Les facteurs de risque les plus accessibles sont ceux liés au comportement ou aux conditions individuels. Mais cette définition sous-entend que les 60 % restant seraient par nature « inévitables ». Un tel glissement est trompeur. Nul ne sait à quel perturbateur endocrinien ou autre polluant diffus il est ou a été exposé au cours de sa vie ni à quel niveau : effets parfois importants à faibles doses d’exposition, effets différés d’expositions au cours de la vie fœtale, effet cocktail, absence de population témoin pour certains polluants trop largement distribués, etc. Il sera toujours très complexe de mettre un nombre de cancers en face de contaminant à bas bruit de la chaîne alimentaire. Tout cela conduit mécaniquement à faire de l’environnement le grand impensé du nouveau plan cancer. La focalisation sur les grands facteurs de risque comportementaux conforte une vision politique libérale, qui fait de l’individu l’unique responsable de son destin sanitaire. Ce parti pris conduit à éviter de condamner les structures économiques. Mais qui sont les premiers responsables des cancers induits par les viandes transformées : ceux qui en mangent ou ceux qui les ont rendues cancérogènes ? »

Collectif d’associations : Chaque année, plus de 157 000 personnes meurent d’un cancer en France. La stratégie nationale décennale (2021-2030) de lutte contre les cancers « minimise le rôle de la pollution passive et de l’environnement en général ». Par exemple 36 % des décès par cancer du poumon dans le monde sont liés à l’exposition aux particules fines. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 % de la mortalité française serait liée à des causes environnementales au sens large : pollution de l’air, de l’eau, ou des sols, exposition aux produits chimiques dangereux (pesticides, phtalates et autres perturbateurs endocriniens omniprésents), etc. Dans leur lettre au président de la République, les associations demandent entre autres à Emmanuel Macron l’élaboration d’un référentiel pour les normes environnementales intégrant les « effets cocktail » des multi-expositions. Parmi les signataires, on retrouve des organisations de consommateurs (UFC-Que choisir), d’usagers (Ligue contre l’obésité), de professionnels de santé (Convergence infirmières) ou encore de familles (association des familles victimes du saturnisme).

L’analyse de nos cheveux : Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot, Marie-Monique Robin, les mèches de cheveux de toutes ces personnalités sont polluées par des substances chimiques susceptibles de perturber le système hormonal. La coiffure de chacun des cobayes volontaires en recelait une palette de 36 à 68 substances différentes. « Montrer ces résultats est une façon de souligner la réalité de l’exposition aux Perturbateurs Endocriniens », résume François Veillerette, directeur de Générations futures, commanditaire de ces analyses.

Pour en savoir plus sur le cancer :

10 mars 2017, Pour dire la vérité vraie, il faut avoir un cancer

Suicide assisté, faut aller en Suisse !

Communiqué de l’ADMD du 5 mars 2021 : Paulette Guinchard, qui fut secrétaire d’Etat et députée du Doubs, a choisi de s’exiler en Suisse pour mourir comme elle le souhaitait, alors que la maladie annonçait la fin de sa vie mais que la France demeure obstinément sourde à entendre les demandes d’aide active à mourir, légitimes dès lors que la vie n’est plus que de la survie. Le suicide assisté de cette personnalité politique, respectée, en plein débat parlementaire sur la légalisation de l’aide active à mourir, est une pierre dans le jardin de l’exécutif français. Emmanuel Macron et Jean Castex doivent entendre l’aspiration des Français à rester maîtres de leur fin de vie et à disposer de la liberté de choisir le moment et la manière d’éteindre leur propre lumière.

Le 11 mars 2021, au Sénat, sera examinée la proposition de loi de la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie visant à établir le droit de mourir dans la dignité. Le 8 avril 2021, à l’Assemblée Nationale, sera examinée la proposition de loi du député Olivier Falorni donnant le droit à une fin de vie libre et choisie. Ces propositions de loi, comme celles de leurs collègues Marine Brenier, Caroline Fiat et Jean-Louis Touraine, rassemblent les signatures de centaines de parlementaires. Le Gouvernement doit entendre le Parlement qui réclame la liberté en fin de vie et mettre un terme à la triste loi Leonetti qui condamne chacun de nous à la mort dans la souffrance (dénutrition, déshydratation, conduisant à l’insuffisance rénale sévère). Le Gouvernement doit entendre les 96% de Français qui demandent à être respectés dans leur volonté et dans leur conscience lorsque la vie n’est plus que de la survie. Seule une loi de liberté, qui ouvrira le champ des possibles, permettra à chaque citoyen de choisir en conscience les conditions de sa propre fin de vie.

En 2005, dans une tribune qu’elle avait cosignée, Paulette Guinchard soutenait la loi Leonetti et affirmait : « La légalisation de l’euthanasie, à l’instar des législations hollandaise et belge, aurait-elle été une meilleure solution ? Nous pensons que non, et cela pour plusieurs raisons… »
Pour lire la tribune parue dans Le Monde le 28 avril 2005, cliquez ICI.

NB : ADMD, association pour le Droit de Mourir dans la Dignité

Confinement ou pas, un choix cornélien

Au 3 mars 2021, la pandémie avait déjà fait au moins 2,54 millions de morts dans le monde selon un bilan établi par l’AFP, chiffre sous-évalué. Deux stratégies politiques s’opposent, confinement ou pas.

Brésil. Extrémiste de droite revendiqué, irréligieux illuminé, anti démocrate patenté, climato-sceptique forcené, raciste et homophobe décomplexé, le président Jair Bolsonaro est aussi décontracté face au coronavirus dont il a pourtant été victime : « Vous ne pouvez pas paniquer et recourir à nouveau à une politique de confinement. Les gens vont mourir de faim et de dépression » Pourtant Eduardo Pazuello, son ministre de la santé a souligné la gravité de la situation et l’impact désastreux des variants plus contagieux. Avec un total de 259 271 morts du Covid-19 pour un pays de 212 millions d’habitants, le Brésil est le plus endeuillé au monde après les Etats-Unis. Le gouvernement a annoncé qu’il comptait se procurer, auprès de Pfizer, 100 millions de doses de son vaccin. Le gouverneur de Sao Paulo, l’Etat brésilien le plus peuplé a instauré un confinement partiel.

Allemagne. Angela Merkel a accepté, le 3 mars, un déverrouillage progressif du dispositif anti-Covid en Allemagne, cédant à un mécontentement croissant dans l’opinion et au sein de son propre gouvernement à sept mois des élections législatives. L’Allemagne va autoriser le vaccin AstraZeneca aux plus de 65 ans, a annoncé Angela Merkel. Les délais entre l’administration de deux doses vont aussi être allongés, pour permettre la vaccination de plus de patients.

France. Anne Hidalgo conteste la stratégie pratiquée jusqu’à présent par le président Macron. L’alternance de confinements et de déconfinements n’aboutit à « aucun résultat probant », écrit-elle. La notion même de confinement lui paraît malvenue alors que « c’est à l’air libre que l’on court le moins de risques ».Elle se montre très hostile à un confinement le week-end, qui lui paraît peu efficace et « inhumain ». La maire de Paris suggère d’« accélérer drastiquement la vaccination » et de maintenir – ou de relancer – les activités collectives « avec port du masque, respect de la distanciation physique, des gestes barrières et des jauges ».

Le point de vue des écolos : Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) doivent s’obliger à rester confinées si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. L’information la plus inquiétante de ces derniers jours ne concerne nullement le Covid-19 mais le climat, et elle devrait tous nous terrifier. Le réchauffement a déjà commencé à déstabiliser la production alimentaire, à accentuer les migrations… mais il n’y aura jamais de vaccin contre le réchauffement. Les mesures à prendre seront autrement plus contraignantes que celles décidées pour endiguer le coronavirus. Ceux qui dénoncent aujourd’hui une « dictature verte » à la moindre mesurette écolo sont les meilleurs artisans de ce qu’ils prétendent redouter en encourageant la paralysie et la procrastination.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 décembre 2020, Votons pour un confinement climatique

2 novembre 2020, Reconfinement, allons à l’essentiel

16 mai 2020, Le confinement généralisé, une grave erreur

14 avril 2020, Le confinement dans la commune de Chemoi

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

2022, Édouard Philippe président ET écolo !?

Nous adorons ce qui va se passer en 2022, les candidatures pleuvent : Xavier Bertrand, Macron, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, etc. Et maintenant Édouard Philippe dixit LE MONDE, Comme les sondages avertissent d’un risque non négligeable de la victoire de Marine Le Pen en cas d‘un deuxième tour face à Macron, le risque devient négligeable dans le cas d‘un duel Philippe/Marine. Pour « sauver la république », place au vote utile. Dès le premier tour, Édouard Philippe obtiendrait à vue de nez les 3/4 des voix LR, une bonne moitié des LRM, 1/5 des PS ; il sera donc au second tour et élu président.

Dommage que l’article du MONDE se contente pour le moment de ragots : « Après sa réélection inespérée comme sénateur de la Côte-d’Or, en septembre 2020, le macroniste François Patriat a eu droit à un appel dans le plus pur style philippiste : « Ils ont voulu ta peau… Turlututu doigt dans le cul ! »… « Edouard est un orgueilleux, il n’osera jamais me trahir », a glissé le chef de l’Etat à un ami... « Ça les rassure, ils veulent qu’Édouard reste un homme lige, alors qu’il n’est plus aux ordres », souffle un ami du maire du Havre. Mais le quotidien « de référence » note aussi que la candidature d’EP est sur sa rampe de lancement. Neuf mois après son départ de Matignon, l’« ex » s’autorise à commenter la politique nationale à l’occasion de la publication le 7 avril d’un livre, Impressions et lignes claires, coécrit avec son ami et conseiller le député européen Gilles Boyer. Depuis qu’il a quitté Matignon, l’ancien directeur général de l’UMP travaille ses réseaux politiques, avec des maires de droite et de gauche. Cette campagne qui ne dit pas son nom suscite l’agacement en Macronie. Pourtant l’idée que son ancien premier ministre cherche à le doubler ne monte pas encore au cerveau d’Emmanuel Macron. Pourtant il avait fait de même avec François Hollande en 2017, le coup de couteau dans le dos.

Aucun des 53 premiers commentaires sur lemonde.fr n’ont révélé que Gilles Boyer est un fervent écolo qui a écrit un roman entièrement consacré à cette problématique,  « Un monde pour Stella ». On y envisage la « création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité ». C’est radical dans ses propos : limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables. Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… » Que l’écologie radicale entre à l’Élysée dans la valise d’Édouard Philippe, cela serait une surprise de taille.

Pour en savoir plus, le point de vue des écolos :

14 juin 2019, Édouard Philippe devient plus vert que vert

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

La génération des écrans, dégénérescence

Michel Desmurget : « Le premier scandale fut celui du tabac. Puis vinrent les pesticides, l’amiante, le réchauffement climatique, etc. Tous ces désastres auraient pu être anticipés. Il faut dire que les industriels firent de gros efforts pour cultiver le scepticisme, le bien commun s’abîma dans les fanges du profit. Aujourd’hui, c’est au tour de l’industrie numérique d’exploiter le filon. Les articles contradictoires se multiplient sans jamais se répondre. On minaude, on tergiverse, on relativise. En un mot, on vend du doute. Tout propos contrariant devient sans délai « alarmiste », « caricatural » ou « anxiogène ». Toute mise en garde est prestement accusée de « diaboliser les écrans » ou de « culpabiliser les parents ». Au final, cette cacophonie remplit pleinement son rôle : maintenir l’équivoque et retarder autant que faire se peut toute prise de conscience collective. Lorsque l’arsenal des outils numériques actuels (tablettes, smartphones, consoles, ordinateurs, etc.) est mis à disposition des enfants et des adolescents, les pratiques ne s’orientent pas vers l’idéal positif fantasmé dont on nous rebat les oreilles (quatorze heures par jour de Wikipédia, tu parles !), mais vers une orgie d’usages récréatifs dommageables. En moyenne, les 8-12 ans consacrent treize fois plus de temps à se divertir qu’à étudier. Constater cela n’est en rien technophobe. Ce n’est ni une opinion personnelle, ni une hypothèse ouverte à controverse ; c’est un fait scientifique aujourd’hui établi. »

FakeDreams sur lemonde.fr : Clair, net, précis et déprimant. En effet le message est contrariant et nous montre le défi de notre temps : comment accepter massivement les faits qui nous dérangent, quand des faits dits alternatifs, des recits…, nous sont disponibles en masse et surtout bien plus plaisants. Rien n’indique que « le vrai » nous est accessible, nos cerveaux ne sont pas faits pour ça.

Jef 974 : Le problème n’est pas le temps passé sur des écrans ludiques. Le problème est la dévalorisation quasi-complète du savoir rationnel, de l’expertise et de cette culture qui ne s’acquiert que par l’effort et l’austérité et qui donne ses significations profondes aux mots Humanité, Citoyenneté ou Exigence. Jugé trop ch***te… Le QI baisse, les causes sont connues, les dénoncer expose au suicide social ou politique. Dans ces situations, les choses finissent généralement par une catastrophe, qui permet aux survivants de repartir sur d’autres bases. Nous y fonçons.

ManuLeMytho : Les smartphones n’auraient jamais du être autorisés aux mineurs, on glisse vers un délire total. La racine du problème est ce libéralisme qui autorise de mettre tout et n’importe quoi sur le marché sans débat ni principe de précaution alors que les dégâts sont irréversibles. C’est valable pour la bagnole, l’amiante, l’agrochimie, les PCB, les OGM, pesticides, la télé-réalité, la chirurgie esthétique, le gangsta rap, les médias appartenant à des grosses fortunes… La liste est sans fin et l’autodestruction globale en marche.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

3 février 2020, Un contexte néfaste à l’intelligence humaine

25 octobre 2019, Écrans, décérébration à grande échelle (synthèse)

Prison pour Sarkozy, l’écologie se réjouit

Condamnation de Nicolas Sarkozy pour « corruption et trafic d’influence » ; trois ans d’emprisonnement dont un an ferme. Du point de vue des écologistes, l’élimination d’une personnalité viscéralement anti-écolo est une bonne nouvelle. Rappelons les sombres heures de Nicolas.

En 2001, Nicolas Sarkozy n’accorde pas une seule ligne à l’écologie dans « Libre », son autobiographie de 400 pages. S’il évoque le naufrage de l’Erika, c’est parce que la marée noire a touché la côte où il roule l’été à bicyclette ! Même ignorance du sujet en 2006, avec « Témoignage », livre confession destiné à asseoir sa candidature présidentielle. Dix lignes sur 281 pages pour souhaiter que le ministre de l’écologie ait de « vrais leviers d’action ». On en reste là ! Sous la pression de Nicolas Hulot, le présidentiable Sarkozy, a signé le pacte écologique en 2007, comme les autres présidentiables. Mais au second tour des élections présidentielles, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy proposaient à leurs électeurs le même objectif : intensifier la croissance des productions, des consommations et des déplacements sans s’interroger sur leur contenu. Il lance le Grenelle de l’Environnement en octobre 2007. Mais dans le même temps, Sarko instaure une commission pour « libérer la croissance » dont il disait à l’avance qu’il respecterait toutes les indications. Sarko mène deux discours incompatibles, répondre aux méfaits issus de la croissance et accélérer la croissance. Devant le Conseil national de l’UMP début décembre 2009, Sarkozy affirmait : « L’écologie, ce n’est pas une lubie, un truc, un positionnement, c’est une conviction. Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard. A Copenhague la semaine prochaine, c’est l’avenir de la planète  qui se joue. » Mais le 6 mars 2010, Sarko lâche au Salon de l’agriculture : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire. » Lors d’un déplacement dans une exploitation céréalière en mars 2010, le chef de l’Etat indique que la taxe carbone ne sera pas appliquée en France.Sarkozy ne voulait pas réduire la part de l’atome dans le mix énergétique, « il n’y a aucune alternative crédible à l’énergie nucléaire ». Sarkozy voulait garder la plus ancienne centrale de France, Fessenheim. Sarkozy ne voulait pas développer les énergies renouvelables. Sarkozy voulait bien entendu exploiter le gaz de schiste. Sarkozy a été emblématique du double discours politique, écolo en parole puisque c’est dans le sens du vent, en pratique voué corps et âme au système thermo-industriel croissanciste.

Nicolas Sarkozy a d’autant moins de circonstancies atténuantes qu’il avait mis en place une Trumpisation de la France, instaurant la République de la Grande Gueule, adepte du « casse-toi, pauvre con ». A chaque fois qu’il s’est trouvé acculé par la justice, Nicolas Sarkozy a cherché à galvaniser ses troupes contre les juges, ce qui était indigne d’un élu qui a été en charge de la nation française et donc statutairement garant de l’indépendance de la justice. Sarkozy va-t-il lancer ses « troupes » contre le Tribunal ? Puis contre l’Assemblée Nationale où est né le Parquet National Financier ? Il devrait s’interroger sur l’opportunité de poursuivre toute surenchère de nature populiste, mais il en est incapable, comme Donald Trump. Le plus significatif de la déperdition actuelle de l’éthique en politique, ce sont les soutiens de Sarko envers et contre tout. « Plus que jamais, amitié et fidélité au président Nicolas Sarkozy. Soutien indéfectible dans cette épreuve qui ne constitue qu’une étape dans un parcours judiciaire qui est loin d’être terminé » (Eric Ciotti) ; « La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée et révélatrice de l’acharnement judiciaire d’une institution déjà très contestée. Toute la lumière devra être faite sur les méthodes et l’indépendance du #PNF » (Alain Jacob) ; « Il n’est jamais bon que les magistrats fassent de la politique. » (Christian Estrosi) ; « Nicolas Sarkozy reste le seul recours viable pour « mener la droite à la victoire » (Pierre Charon). Reste à savoir si la météo judiciaire a des chances de s’améliorer alors que l’ancien président doit comparaître à partir du 17 mars dans un deuxième procès, celui de l’affaire Bygmalion qui porte sur l’important dépassement de ses frais de campagne, lors de l’élection présidentielle de 2012…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 août 2011, 6/6) Nicolas Sarkozy, un cancre de l’écologie à l’Elysée

29mars 2012, le désastreux bilan écologique du sarkozysme

En direct de la nature et de l’environnement

À lire, les recensions des JNE (journalistes pour la nature et l’écologie)

.• L’écologie profonde : un enjeu pour notre époque – Roland de Miller (JNE) – >> lire
..• Mousses et lichens – V Wirth, R Düll et S Caspari >> lire
..• La Flore des Bonnes Herbes – Gérard Ducerf et Rémi Geneston >> lire

CLIMAT : LES LEÇONS DE LA CONVENTION CITOYENNE par Thomas Blosseville >> lire

Opinions et débat : L’avenir tel qu’on se le cache. par Michel Sourrouille >> lire

Actualités internationales :

État des lieux de la nature dans les Alpes et les Cévennes par Jean-Pierre Lamic >> lire
• En forêt, les exotiques c’est pas automatique ! par Jean-Claude Génot >> lire
• Projet de Loi climat : pourquoi ce décalage avec les attentes de la Convention citoyenne ? Propos recueillis par Anne Henry >> lire

Indisponibilité du serveur ouvaton.org

Indisponibilité totale du 01/03 00:01 au 02/03 fin d’après-midi du serveur ouvaton.org, notre blog biosphere n’a pas été visible sur cette période. Quelques infos du serveur :

Arrêt de la plate-forme ouvaton le 1er mars à 0h01. Retour à partir du mardi 2 mars en fin d’après-midi. Nous faisons tout pour minimiser l’impact .

13h45 : Le déplacement de nos serveurs va bientôt commencer. 14h15 : Nous avons récupéré nos serveurs. 14h54 : Le branchement commence … fin estimée vers 17 heures 16h20 : on tient le planning … les branchements continuent, tout se passe bien … vers 17 heures toujours, début des vérifications … 16h38 : Tout est connecté et clignote au vert !! La suite bientôt ! 17h39 : Le remontage réseau se passe bien. Sauf gros imprévu, retour en ligne entre 18h et 19h. 18h56 : Encore un peu de patience : ça avance …

mardi 19h13 : Le déménagement est terminé, Ouvaton est en rétablissement progressif. Déjà des sites en ligne…

Une énergie plus chère, c’est pour bientôt

Philippe Escande, éditorialiste économique au MONDE, se voulait un véritable adepte de la civilisation motorisée doublé d’un croyant technologisé : « Les constructeurs doivent investir massivement pour préparer la plus importante transition technologique de leur histoire, celle vers la voiture électrique et le véhicule autonome… »

Aujourd’hui Escande commence à prendre conscience des réalités, une trajectoire mortifère : «  Nous ne sommes pas sortis de l’auberge si la plus grave crise économique de l’après-guerre et le gel par la Covid-19 d’une bonne partie de l’activité industrielle n’aboutissent qu’à nous remettre dans les clous d’un accord largement bafoué…2020 n’aura-t-elle donc été qu’une parenthèse vertueuse sur une trajectoire mortifère, cette « guerre suicidaire contre la nature »… Déjà, les pays de l’OPEP échafaudent leurs plans d’accroissement de la consommation de pétrole à la faveur de la reprise économique à venir… La trajectoire actuelle d’émission de CO2 des entreprises du CAC 40 les porte vers un réchauffement de 3,5 °C… » Mais il se garde bien de nous conseiller la sobriété énergétique et d’envisager l’inéluctable dévoiturage.

Philippe Escande nous rappelle encore plus récemment que « l’énergie a un coût qui sera de plus en plus élevé avec les contraintes climatiques.. Cela ne peut qu’exacerber les tension sociales. Le prix de l’énergie est un sujet politiquement explosif. La France n’y a pas échappé en 2018, avec le soulèvement des « gilets jaunes » contre la hausse des taxes sur les carburants. En 2018, les camionneurs s’étaient mis en grève au Brésil pendant dix jours pour protester contre la hausse des prix des carburants, paralysant un pays entièrement dépendant du transport routier… Jair Bolsonaro a été élu. En 2021 une annonce d’augmentation des prix de 15 % du diesel et de 10 % de l’essence a été fatale au patron de la compagnie pétrolière nationale Petrobras. Il faudra convaincre, camionneurs, politiques et citoyens qu’il n’y a plus d’énergie bon marché. »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

Electron : On oublie souvent que 80% de notre énergie primaire est d’origine fossile, donc productrice de CO2, et non renouvelable. Pourquoi autant ? Parce qu’elles sont très énergétiques, faciles à produire et à utiliser, transportables et stockables. Mais le pétrole va commencer à disparaître, très certainement dans les 20 ans qui viennent. Alors par quoi remplacer ? C’est une énorme question, avec des implications éventuellement considérables sur notre civilisation. Car sans énergie nous ne sommes plus grand chose.

Rick Deckard : Si le coût de l’énergie est de plus en plus élevé ce n’est pas du aux contraintes climatiques mais aux contraintes politiques. Le baril est à 66 $, il y 10 ans on nous l’annonçait à 300 $.

Michel SOURROUILLE : étonnant que la sobriété énergétique, nécessaire dans une société thermo-industrielle complètement dépendante des énergies fusilles, ne soit pas abordée, ni par Escande, ni par les commentaires. Le choc pétrolier ultime qui arrivera quand le prix du baril explosera, personne en nous y prépare, on est trop obnubilé par le réchauffement climatique et le Covid…

Lecteur du ghetto : Si la combustion des énergies fossiles est vraiment un grave danger pour la planète et l’humanité, il faut investir pour trouver le moyen de recycler le carbone émis… et il faut surtout FAIRE CESSER LA DEMOGRAPHIE GALOPANTE qui est la seule réalité qui promet les pires excès, quelque soit les choix faits en matière d’énergie.

Frog : On peut éventuellement arrêter de consommer du pétrole demain. Par contre la démographie…. Figurez-vous qu’une fois que les gens sont nés, il y a 60 à 100 ans d’inertie. C’est après-guerre qu’il aurait fallu y penser, on y repensera après les prochaines guerres…

Pour en savoir plus, Bientôt le choc pétrolier ultime ?