biosphere

spes salvi, on est mal parti

Après sa première encyclique consacrée à la charité, Benoît 16 a publié fin novembre 2007 une seconde sur le thème de l’espérance (Spes salvi) : « Le progrès offre de nouvelles possibilités pour le bien, mais des possibilités abyssales pour le mal », écrit Benoît 16, pour qui, sans éthique, l’idéologie du progrès indéfini reste une menace pour le monde. « On demande trop à la science, dit l’encyclique. La science peut contribuer à l’humanisation du monde. Elle peut détruire l’homme et le monde si elle n’est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d’elles. » (source : Le Monde du 1er décembre 2007)

 Le problème,  c’est que Benoît fait confiance en un Dieu incarné (Jésus-Christ) proche des hommes, qui ne peut donc être qu’une projection du fantasme des hommes qui se prennent pour dieu. Il suffit de remplacer « Dieu » par « Biosphère (nature) », et le discours de Benoît 16 se comprend de façon concrète ! Il faut complètement extérioriser la source de l’espérance, et reconsidérer la Biosphère comme notre Mère et notre Père, ce qui est autre et nous a mis au monde, ce qui est en réalité puisque nous ne sommes effectivement qu’une forme de vie qui dépend des autres formes de vie.

 Un monde sans respect de la nature est un monde sans espérance pour les générations futures. La justice de la Biosphère est supérieure à celle de l’homme, le réchauffement climatique ou la stérilisation des sols sanctionnera les dérives folles de l’activisme humain.

 

Pour une autre approche de l’écologie : http://biosphere.ouvaton.org/


spes salvi, on est mal parti Lire la suite »

animisme ou débilité ?

Contrairement aux religions du livre où un clergé demande aux fidèles de réaffirmer constamment leur foi, la croyance n’est pas un dogme dans l’animisme, c’est une expérience vécue. Pour les animistes, les entités naturelles non humaines (animaux, plantes ou objets) possèdent une âme et des intentions semblables à  celles de l’homme. On ne se pose pas la question de savoir si l’on croit ou non dans les esprits de la nature, c’est une expérience que l’on fait et que l’on interprète chacun à sa manière. Chez les Achuars par exemple, les individus entretiennent des rapports très étroits, de personne à personne, avec des animaux ou des plantes avec lesquels ils conversent en rêve et auxquels ils adressent des incantations. Tout cela les touche au fond de leur propre esprit. L’animisme suppose la multiplicité des manières d’habiter le monde, mais attribue à tous les êtres le même genre d’intentionnalité, ce qui permet d’établir de véritables dialogues avec des êtres de la nature.  Il n’y a plus de différence entre l’entité humaine et l’entité non humaine, il y a un rapport d’égalité. 

           Dans le monde actuel, il y a anthropisation forcenée, c’est-à-dire transformation exacerbée par l’action de l’homme des écosystèmes terrestres et aquatiques, et plus généralement des conditions environnementales. C’est une des facettes de l’anthropocentrisme, cette attitude folle qui consiste à faire des humains le centre de l’univers et, de ce fait, des propriétaires de la biosphère : la classe globale se comporte à sa guise sans se soucier de l’environnement (usus, fructus et abusus) alors qu’elle partage la planète avec toutes les autres espèces vivantes. Cette attitude n’est pas durable. L’anthropocentrisme doit être remplacé par un biocentrisme (ou écologie profonde), une attitude écologique qui limitera l’anthropisation. Un retour à l’animisme serait-il nécessaire ?

animisme ou débilité ? Lire la suite »

tous contre l’effet de serre

Si la Cour suprême de la première puissance du monde  commence à défendre les intérêts de la Biosphère, tout devient possible ! Dommage cependant que tous les criminels envers l’environnement ne soient pas encore jugés séance tenante.

 

Saisie pour la première fois d’une question touchant à la politique de l’environnement, la Cour suprême des Etats-Unis a infligé le 2 avril 2007 un revers aux folies de George Bush. Par 5 voix contre 4, les sages ont donné tort à l’Agence de la protection de l’environnement (EPA), qui s’estimait non tenue de réglementer les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les constructeurs automobiles, qui s’étaient bien sûr rangés du côté de l’agence, ont réitéré leur préférence pour « une approche nationale, fédérale et incluant toute l’économie ». Le Massachusetts, qui avait porté plainte avec l’appui de 11 autres Etats, soutenait que ces gaz sont des polluants que le gouvernement se doit de combattre en vertu de la loi sur la propreté de l’air de 1972.

Sans se prononcer sur le lien entre GES et changement climatique, la Cour a jugé que l’EPA avait bien autorité pour réguler les émissions provoquées par le transport automobile et que, si elle ne souhaitait pas le faire, elle devait présenter des arguments scientifiques et non arguer de ce que le problème des émissions ne peut être réglé que dans un contexte international. Les défenseurs de l’environnement se sont donc réjouis d’une décision « majeure » qui permettra aux Etats ayant pris des mesures contraignantes de faire pression sur le gouvernement. Il ne faut rien attendre de la part de M. Bush, qui réaffirme constamment que fixer des plafonds de GES n’avait pas de sens si la Chine ou l’Inde ne pratiquaient pas la même politique : ce n’est pas moi, c’est lui ! Mais qui a commencé ?

tous contre l’effet de serre Lire la suite »

L’idiot imite le fou

Mao disait à son époque qu’il fallait savoir marcher sur ses deux jambes, l’agriculture et l’industrie. La Biosphère sait que cela ne suffit pas, les paysans doivent rester à la terre, les villes doivent se vider de leurs habitants, le mode de vie occidental n’est pas généralisable A force de vouloir imiter le dragon américain, les pays asiatiques connaîtront la chute en même temps que le capitalisme mondial.

 

Ainsi va la folie humaine. Les députés chinois ont voté en mars 2007 une loi permettant la propriété privée, ce qui va instaurer un capitalisme encore plus prédateur sur les ressources. De son côté, l’Inde continue d’appliquer une loi britannique de 1894 qui stipule que « toute terre agricole peut être réquisition en vue du développement de l’industrie ». Il faut en effet instaurer le plus de SEZ possibles, ces zones économiques spéciales qui installeront des complexes pétrochimiques et produiront des voitures  à la chaîne. La Chine et l’Inde font la course à la croissance économique. Deux cents SEZ ont été constituées en Inde en 2006, d’autres en Chine. Dans ce contexte, il a fallu la mort de 14 personnes près de Calcutta lors d’affrontements entre manifestations et forces de police pour que le projet industriel prévoyant le rachat de plus de 4000 hectares de terres fertiles soit gelé. Pourtant la terre est une ressource rare qui fournit des emplois à 60 % de la population. Les paysans indiens se révoltent contre un gouvernement qui veut accomplir l’objectif de 9,2 % de croissance du PIB avec une industrialisation systématique du pays, les paysans chinois se révoltent aussi.

L’idiot imite le fou Lire la suite »

Lemonde lu par biosphere

L’Editorial du Monde (8.01.2008) estime que « La croissance est la mère de toutes les réformes ». La Biosphère constate qu’elle serait plutôt la source de tous les vices, détérioration climatique, désertification des sols, épuisement des ressources, perte de biodiversité, inégalités acceptées… et j’en passe.

Les rédacteurs du Monde devraient s’intéresser aux nouvelles problématiques du bac SES (sciences économiques et sociales) qui posent la question des relations de plus en plus difficiles entre croissance et environnement. Un éditorial du Monde ne peut être un acte de foi en la croissance, souvent ce sont les crises qui sont les plus aptes à mettre en place de véritables réformes « de civilisation »…

Lemonde lu par biosphere Lire la suite »

Mao, au secours !

Mao, au secours ! Les Chinois sont devenus fous et sabordent la Biosphère.

 

En inscrivant la question du développement durable au cœur du Xe plan (2006-2010), Pékin initie une dynamique qui reste plus économique qu’écologique. Il s’agit en effet principalement d’un marché « vert » qui profite aux industriels « de l’environnement ». Symbolique d’ailleurs cette autre priorité du plan de voir décoller rapidement le marché de la voiture électrique ! Il n’est pas question de régulation de l’urbanisation, de gouvernance des besoins, de maintien de l’activité rurale…

 

Pourtant le pays souffre déjà d’une grave pénurie d’eau, avec une quantité moyenne par personne égale au quart de la moyenne mondiale. La Chine, premier consommateur de charbon (38,6 % du total mondial) assure 68 % de ses besoins énergétiques avec une ressource émettrice de CO2 et de dioxyde de soufre. La Chine a même devancé en 2007 les USA en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Les premières lois de l’environnement datent d’il y a vingt ans à peine, une époque où l’économie était encore planifiée de façon impérative. Aujourd’hui que la Chine est en transition vers le capitalisme, c’est la corruption qui l’emporte au niveau local et le Sepa (Agence chinoise de l’environnement) ne peut pas faire grand chose. On se contente de lancer des « tempêtes », campagne de dénonciation nominative de quelques pollutions trop visibles.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

Mao, au secours ! Lire la suite »

signes de folie

La Biosphère n’a pas besoin de naissances non désirées, elle étouffe déjà sous le nombre d’humains… Pourtant il aura fallu une année de débat parlementaire pour que la loi Neuwirth sur la « prophylaxie anticonceptionnelle » soit adoptée et promulguée le 28 décembre 1967. Pour illustrer l’état des mentalités de l’époque, quelques signes de folie :

Le député Jacques Hébert : « Détruire la vie avant la fécondation, après la fécondation, avant la nidation, après la nidation, revient au même sur le plan de l’éthique. Nous avons le devoir de ne pas autoriser la diffusion de produits dont les conséquences lointaines sont encore mal connues. » Le fondement éthique n’a pas de fond fondamental, par contre les conséquences sanitaires de tout produit doit être soigneusement testées, ce qui avait  été fait depuis des années dans les pays anglo-saxons. (La pilule est mise en vente sur le marché américain en 1960).

Le député Claude Peyret : « L’assurance contre la grossesse est une solution de facilité qui voudrait remplacer la maîtrise de soi, quand celle-ci doit être le but de toute éducation ». Malgré la diffusion de la contraception, plus de 200 0000 interruptions volontaires de grossesse sont enregistrées encore aujourd’hui en France. La maîtrise de soi n’est pas l’apanage de la jeunesse…

Le député Jean Couymaros : « Les enfants ne sont pas toujours engendrés par la réflexion et par la raison, mais dans un élan d’amour irrésistible, comme l’exigent la nature et l’instinct de continuité de l’espèce humaine. » Encore un retardé intellectuel qui croit comme Sarkozy que les humains sont programmés génétiquement !

            En définitive la loi n’entrera en vigueur qu’en 1969, les décrets d’application étant longtemps restés bloqués sous la pression, notamment, de l’Eglise catholique. Quel monde laisserons-nous à nos enfants ? 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/

signes de folie Lire la suite »

civilisation Sarko

Sarko parle de civilisation. Mais de quoi s’agit-il?

 

 L’édifice de la civilisation occidentale a atteint un stupéfiant degré de complexité. Mais plus il devient complexe, plus nous avons l’impression de nous éloigner de nos racines originelles. Plus nous nous engageons dans un monde conçu par nous-mêmes, plus nous abandonnons notre ancrage dans la nature. Sommes-nous si uniques et si puissants que nous puissions nous tenir pour séparés de notre terre ? Beaucoup d’entre nous agissent, et pensent, comme si la réponse était OUI. Il n’est en effet que trop facile d’envisager la planète comme une collection de « ressources » dont la valeur intrinsèque ne dépasse pas leur utilité momentanée.

 

Nous avons alors industrialisé le processus de transformation de l’oxygène en gaz carbonique grâce à des inventions telles que la machine à vapeur ou le moteur à explosion sans prendre en considération les limites d’absorption du CO2 par notre planète. Nous avons industrialisé la production d’informations (presse à imprimer ou ordinateur) en oubliant de tenir compte de notre capacité limitée à assimiler les connaissances nouvelles. Nous sommes convaincus que nous n’avons pas à souffrir du froid ou de la chaleur. Nous voulons guérir nos malades, voler dans les airs, illuminer les nuits. Et pendant que nous croyons que nos besoins et nos caprices sont satisfaits, en réalité nous sommes en train de passer le Jardin d’Eden au rouleau compresseur. En fin de compte, la crise de l’environnement illustre la confiance aveugle en notre capacité de relever n’importe quel défi : on rassemble à son sujet des tonnes d’informations, on les divise en éléments simples à étudier et on croit trouver finalement une solution technique. Fadaise ! Il y a tant d’informations nouvelles produites chaque jour que leur avalanche a étouffé le lent mécanisme de maturation qui change la connaissance en sagesse. De plus l’idée selon laquelle de nouvelles technologies peuvent résoudre tous nos problèmes constitue l’élément central d’un mode de pensée défaillant.

 

Se placer dans une perspective écologique implique d’adopter une vision non spécialisée de la planète, d’essayer de comprendre comment ces différentes composantes interagissent les unes avec les autres selon des modalités qui tendent à l’équilibre et perdurent à travers les années. Cette perspective ne peut envisager la Terre comme un objet séparé de la civilisation humaine : nous appartenons, nous aussi, à  cet ensemble. Mais cet ensemble ne fonctionne pas selon les lois simples des rapports de cause à effet auxquels nous sommes accoutumés. On ne peut plus adapter la Biosphère à notre convenance selon des rites spécialisés, on doit dorénavant chercher à s’adapter à ses rythmes globaux.

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

civilisation Sarko Lire la suite »

paraître, ou non

L’article ci-dessous n’est pas passé dans le courrier des lecteurs du Monde. Si c’est écolo, si tu  as eu la même déconvenue, envoie-moi ton article pour parution sur ce blog… envoyé au courrier des lecteurs du journal Lemonde :Selon Le Monde (numéro du 16 novembre 2007), « les grands groupes d’électricité prônent tous le retour du nucléaire ». C’est le titre exact de l’article, écrit en très gros et très épais ! Mais lors de ce XXe Congrès mondial de l’énergie, nulle trace d’une ONG environnementaliste ou même l’existence d’experts indépendants. Or les dirigeants des multinationales du secteur ne peuvent que promouvoir ce pour quoi ils sont payés. Plus dramatique, les politiques suivent le diktat des entreprises lorsque le président Romano Prodi veut intensifier la recherche dans le nucléaire ! Comme les opposants ont été mis à la porte, tout ce beau monde peut estimer sans l’ombre d’une contestation que l’énergie nucléaire est indispensable. Alors voici quelques questions que j’aimerais poser à mon quotidien préféré : Les lecteurs ont du mal à savoir qui dit vrai et qui dit faux. Ne faut-il pas que le Monde leur donne tous les moyens de juger en toute connaissance de cause ? En conséquence, un journal qui se veut objectif ne devrait-il pas laisser une place à un article critique qui puisse compenser ce qui s’apparente à de la propagande pro-nucléaire ? Tout au moins un journaliste qui fait un commentaire d’un Congrès ne devrait-il pas donner plus de place au mouvement écologiste à l’intérieur de son article ?   Réponse de Nadine Avelange, chargée du Courrier des lecteurs :Cher lecteur, J’ai bien reçu votre courrier et vous remercie de nous avoir fait part de vos remarques. Compte tenu du nombre important de lettres reçues, entre 300 et 500 par semaine selon l’actualité, je ne peux vous assurer de publier votre point de vue. Je vous prie de croire à mes sentiments les meilleurs.

Conclusion : à ce jour, toujours aucune autre nouvelle…

paraître, ou non Lire la suite »

intégriste, qui ?

            De plus en plus de gens sérieux traitent les écolos d’ayatollahs verts. Dans Lemonde du 13.12.2007, le professeur Michel Godet qui officie au CNAM va encore plus loin en utilisant l’expression « Khmers verts pour qui la disparition de l’homme blanc occidental serait une bonne nouvelle pour la nature : place aux loups, eux au moins ne polluent pas ! ».  Un écolo qui veut préserver une espèce en voie de disparition ne peut certainement pas être assimilé à des Khmers qui ont anéanti une bonne partie  de la population de leur pays. On observe malheureusement de plus en plus fréquemment ce recours à un type d’amalgame polémique qu’on peut baptiser reducio ad hitlerum. Que Hitler, Khomeyni ou Pol Pot ait partagé une opinion ne suffit certes pas à réfuter cette opinion ! Michel Godet est docteur en statistique et en économie, il ne montre aucune compétence quant au nécessaire respect de la biodiversité, aucun respect pour ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, aucune ouverture d’esprit. C’est un universitaire français.         

 

Dans le même article, il assène d’autres énormités du style « Si on appliquait le principe de précaution, on ne ferait pas d’enfants ! ». Il est vrai que Michel Godet est aussi membre du haut conseil de la population auprès du Président de la République. Pas étonnant alors qu’il se lance dans des diatribes sur un développement  durable qui s’accompagne nécessairement d’enfants et de berceaux pour éviter le « suicide démographique ». Est-ce cela les scientifiques qui nous conseillent ? 

 

Cumulard, Michel Godet est aussi membre de l’Académie des technologies, cette jeunette créée en l’an 2000 dans le but « d’éclairer la Société sur le meilleur usage des technologies ». Quand je vois le niveau de raisonnement de Michel Godet, sa croyance à la pléthore de pétrole cher, sa confiance aveugle en Claude Allègre qui, à lui tout seul, raisonne mieux que tous les experts du GIEC, je sais déjà que les lumières pour éclairer notre avenir sont bien éteintes.

 

            Notre futur est aux mains des nouveaux intégristes de la croissance pour qui tout principe de précaution est un frein à l’innovation et à la concurrence internationale. Il faut faire comme moi, dénoncer directement le non-sens auprès du journal incriminé ou agir publiquement si possible. 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet, http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

 

intégriste, qui ? Lire la suite »

Courrier des lecteurs

Cher lecteur,

 

Tu as peut-être écrit un texte sur l’écologie qui n’a pas trouvé preneur,

que ce soit pour le courrier des lecteurs de ce journal ou autre publication.

Si tu veux que mon blog se fasse écho de ton article,

s’il est court et incisif,

envoie-le-moi (cf. dans colonne de gauche « écrivez-moi »).

Cela te donne une seconde chance de parution.

A bientôt en 2008,

sans mes vœux car 2008

sera au moins aussi minable que 2007…

au niveau environnemental !

Courrier des lecteurs Lire la suite »

combien d’obèses ?

Trois milliards de terriens contre une poignée d’obèses : le numéro 18 (avril 1974) de la Gueule ouverte se centre sur la surpopulation :

 

« De plus en plus, nous serons obligés de penser globalement, au niveau planétaire, en termes de détérioration du milieu naturel et de ressources globales disponibles. Nous préférons donc une approche écologique de la question démographique. Mais la quasi-totalité des philosophies, des religions, ou des idéologies politiques ont été natalistes. La régulation des naissances s’est heurtée à une formidable coalition du passé : catholicisme, communisme, islam, nationalisme, tabous sexuels, etc. Voyez ces politiciens illuminés qui préconisent en France les 100 millions d’habitants comme si le nombre était garantie de bonheur accru. Contemplez ces dirigeants des pays en voie de développement qui magnifient leur vertigineuse ascension démographique. Admirez comment ceux qui prodiguent les conseils de modération à ces pays sont souvent ceux-là mêmes qui prônent la natalité chez eux. En France les natalistes les plus indécrottables, on les connaît, Michel Debré, Alfred Sauvy, Jérôme Monod, le Dr Tremblay et autres irresponsables de « Laissez-les vivre ».

 

La croissance démographique est peut-être moins un problème matériel immédiat qu’une question de valeurs : quel est le sens de la vie humaine dans un monde surpeuplé, encombré ? Cette vie a déjà commencé, on quitte la ville où l’on vit en troupeau, pour se retrouver en troupeau sur les lieux de vacances. Il finit par naître une pensée de troupeau, et nous savons tous que le troupeau postule le berger. L’homme qui pense librement n’aura plus sa place dans la société de demain, il n’aura même plus la possibilité d’aller vivre ailleurs parce qu’il n’y aura plus d’ailleurs. En définitive le dilemme est clair : soit nous complaire dans notre délire actuel et « après nous le déluge », soit prendre délibérément, lucidement les mesures qui s’imposent :

 

– contraception libre et gratuite, autorisation légale de la vasectomie ;

 

– suppression de tous les textes répressifs relatifs à l’avortement ;

 

– suppression des encouragements à la natalité (allocations familiales), suppression de la prime à la naissance ;

 

– Dire aux couples qu’au-delà de deux enfants, ils contribuent directement aux catastrophes futures ;

 

– Recours à une éducation en vue de la stabilisation démographique. »

 

La Biosphère ne peut qu’approuver ! Mais trente-trois ans  nous ont fait passer de 3 à plus de six milliards !!

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

combien d’obèses ? Lire la suite »

refus de l’écologie ?

Le numéro 16 (février 1974) de la Gueule ouverte perd non seulement sous sous-titre « le journal qui annonce la fin du monde », mais aussi son label de « mensuel écologique ». Isabelle, celle qui va devenir rédacteur en chef, commence à justifier ce tournant dans le numéro précédent :

 

« Le gâteau est finalement considérablement moins copieux qu’on ne l’imaginait, par contre les dîneurs sont de plus en plus nombreux. Seuls quelques-uns ont le droit de manier le grand couteau pour tailler et distribuer les parts. Ce sont ces quelques-uns qui gèreront la pénurie, en essayant d’en tirer autant de bénéficies que s’ils avaient géré l’abondance ». On est en train, tout doucement, d’habituer les masses à l’idée de restriction. Ce que les écologues n’étaient pas arrivés à faire entendre en parlant sagesse, à savoir : ralentissement de la consommation folle, les économistes vont l’obtenir. Pour avoir la bagnole, c’est facile, sois raisonnable, roule moins vite, pas tous les jours… Accepte sans broncher que l’électricité soit fournie par des centrales nucléaires, c’est tout simple, tu vois… On va pouvoir nous faire tout avaler, struggle for life, chacun pour soi mais tous pour la Société Moderne. Restriction de ceci, consommation de cela, racisme, délation, polices privées, on peut tout imaginer. On a des références et des souvenirs. Les écologues n’ont pas ouvert leur gueule assez tôt ni assez fort. »

 

Dans son édito du n° 17, Isabelle devient encore plus explicite : « Rédactrice en chef que me voici devenue, je commence par prendre une initiative : suppression du sous-titre mensuel écologique. Prise de distance avec une image débile de l’écologie, celle que donne certains doux farfelus qui prêtent le flanc à toutes les critiques. Erreur de prendre comme postulats de soi-disant règles inscrites dans une Nature mythique. Que d’aucuns passent agréablement (si aucun fascisme ne vient briser leur idylle) leur vie à se conforter en communauté, n’ayant d’autre souci que la pureté de leurs petits intestins ou la contemplation extatique du coucher du soleil sur le mille-pertuis de la dernière colline non polluée qu’ils ont trouvé, si ça les amuse, je n’ai rien contre. Mais je n’ai pas envie de me casser le chose à faire un journal avec leurs états d’âme. (…) Il n’y a pas de réponse politique ou scientifique  toute prête aux questions que pose la crise actuelle de civilisation, il n’y a pas de réponse écologique définissable. Il nous faut chercher dans toutes les directions, un journal écologique devrait éviter la segmentation, sans étiquette. »

 

Isabelle annonçait ainsi la suspension temporaire de l’écologie, elle est en phase avec l’époque. Entre le 1er sommet de la Terre à Stockholm (1972) et le deuxième sommet à Rio de Janeiro (1992), nous avons attendu 20 ans sans rien faire, moi compris. Que de temps perdu pour la sauvegarde de la Biosphère alors que les coups de gueule de Pierre Fournier et des écologues restent toujours d’actualité en 2007, 2008, 2009… 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

refus de l’écologie ? Lire la suite »

convivialité ?

Toujours d’actualité, le numéro 9 du mensuel la Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde (juillet 1973). Ivan Illich, de passage à Paris pour son prochain livre La convivialité, avait refusé de parler à la télé :

 

« Le discours télévisé est inévitablement démagogique. Un homme parle sur le petit écran, des millions d’hommes et de femmes l’écoutent. Dans le meilleur des cas, la réaction maximum du public ne peut être que bip bip je suis d’accord ou bip bip je ne suis pas d’accord. Aucun véritable échange n’est possible, mais je suis heureux de soumettre mon travail à la critique des lecteurs de La gueule ouverte, tous profondément préoccupés de ne se laisser enfermer dans aucun carcan idéologique. »

 

Ivan Illich développe ensuite ses thèmes de prédilection, dont le rôle de l’outil : « Je distingue deux sortes d’outils : ceux qui permettent à tout homme, plus ou moins quand il veut, de satisfaire les besoins qu’il éprouve, et ceux qui créent des besoins qu’eux seuls peuvent satisfaire. Le livre appartient à la première catégorie : qui veut lire le peut, n’importe où, quand il veut. L’automobile, par contre, crée un besoin (se déplacer rapidement) qu’elle seule peut satisfaire : elle appartient à la deuxième catégorie. De plus, pour l’utiliser, il faut une route, de l’essence, de l’argent, il faut une conquête de centaines de mètres d’espaces. Le besoin initial multiplie à l’infini les besoins secondaires. N’importe quel outil (y compris la médecine et l’école institutionnalisées) peut croître en efficacité jusqu’à franchir certains seuils au-delà desquels il détruit inévitablement toute possibilité de survie. Un outil peut croître jusqu’à priver les hommes d’une capacité naturelle. Dans ce cas il exerce un monopole naturel ; Los Angeles est construit autour de la voiture, ce qui rend impraticable la marche à pied.

 

Une société peut devenir si complexe que ses techniciens doivent passer plus de temps à étudier et se recycler qu’à exercer leur métier. J’appelle cela la surprogrammation. Enfin, plus on veut produire efficacement, plus il est nécessaire d’administrer de grands ensembles dans lesquels de moins en moins de personnes ont la possibilité de s’exprimer, de décider de la route à suivre. J’appelle cela polarisation par l’outil. Ainsi chaque outil, au-delà du seuil de tolérabilité, détruit le milieu physique par les pollutions, le milieu social par le monopole radical, le milieu psychologique par la surprogrammation et la polarisation par l’outil. Aujourd’hui l’homme est constamment modifié par son milieu alors qu’il devrait agir sur lui. L’outil industriel lui dénie ce pouvoir. A chacun de découvrir la puissance du renoncement, le véritable sens de la non-violence. »

 Devant la clarté du propos, la Biosphère n’a rien à ajouter… 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

convivialité ? Lire la suite »

la pub rend con

Toujours d’actualité, le numéro 7 du mensuel la Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde (mai 1973) : « La publicité nous prend pour des cons – La publicité nous rend cons ». Développement :

« La publicité est un monstre doux qui, par effraction séductrice, pénètre dans nos cerveaux, brouille sans douleur nos circuits intimes, hérisse de sondes nos profondeurs. Pourtant, quand Emile de Girardin accepte l’insertion d’annonces payantes le 29 avril 1845, elles doivent être selon ses propres termes franches et concises : « La publicité  se réduit à dire : dans telle rue, à tel numéro, on vend telle chose à tel prix ». Un révolutionnaire raisonnable pourrait exiger, aujourd’hui, la stricte application de ce précepte-là.

 Après plus d’un siècle de maturation, voici ce qu’il en est devenu : « Publicité, art d’exercer une action psychologique sur le public à des fins commerciales » (dictionnaire Robert). Autrement dit la même définition que celle du mot démagogie : « Politique par laquelle on flatte la multitude pour gagner et exploiter ses faveurs ». Le publiciste est donc, strictement, un démagogue professionnel. Prétendre que l’information soit le souci premier des publicistes est une farce triste. Qui sont ces professionnels ? Des psychosociologues. Pour quoi faire ? Pour imposer à l’homme des notions qu’il ne sollicite pas, et vis-à-vis desquelles il n’a aucune raison d’être bien disposé. Assurément, on s’achemine vers le décervelage total. Les techniciens de la vente plongent tous les jours leurs mains pleines de doigts dans nos inconscients et les endorment, les dépiautent, les programment à leur manière. Ils ont découvert un certain nombre de tendances à encourager : « Le besoin de certitude, le goût du moindre effort, l’envie, la vanité, le snobisme, le désir sexuel » – bref, tout ce qui peut encourager les gens à courir les chemins du crétinisme.

Alors, que faire ? Il faudra inventer des moyens d’action, arrêter tout et réfléchir sans tristesse, ouvrir la boîte à idées. Tiens, voilà : je l’ouvre. » (Henri Gougaud)

 Depuis les  défenseurs de la Biosphère savent ce qu’il faut faire, casser la pub 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

la pub rend con Lire la suite »

in memoriam

Noël, en s’en fout. Par contre Pierre Fournier est mort brutalement d’une crise cardiaque, au bout de trois numéros de la Gueule ouverte le 15 février 1973 ; il avait trente-cinq ans. Ca, c’est important. Voici le salut de ceux qui restent (n° 5, mars 1973) :

 

« Ca t’aurait fait rigoler, mais le jour où tu nous as laissés dans la merde, tous les journaux titraient sur le rapt d’un maréchal plein d’asticots, et la mort édifiante à 82 ans, dans son lit s’il vous plaît, d’un honorable gangster de la mafia. Comme quoi le monde marche de plus en plus vite sur la tête et c’est pas encore fini. Dans les manifs, tu expliquais sans jamais te fâcher toujours les mêmes trucs : « La révolution est d’abord spirituelle, individuelle, personnelle, affective, etc., et c’est en vous libérant que vous donnerez aux autres l’envie d’en faire autant ». Tu as trouvé le chalet de ton enfance en Savoie, une merveille sans évier, sans chauffage et sans moquette que le vieux paysan vendait pour permettre à ses fils, nouveaux banlieusards, de se payer le coquet pavillon de leurs rêves. Comme tu nous disais : « J’avais l’impression de lui voler sa vie en lui signant un chèque. »

 

Oui, c’est pas simple de comprendre avant tout le monde et de nager à contre-courant. Quand viendra l’an 01, les gens discuteront enfin leur vie dans les rues et y’en a sûrement qui voudront t’élever une statue à toi aussi. Et toi tu diras une nouvelle fois : « Ah les cons, ils ont toujours rien  compris ! ».

 

Mais le plus con pour la Biosphère, c’est que Pierre ne verra pas la fin du monde… 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

in memoriam Lire la suite »

père Noël, tueur

Dans le numéro 3 du mensuel la Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde (janvier 1973) :

 

« Le Père Noël est un des pires flics de la terre et de l’au-delà, le Père Noël est le camelot immonde des marchands les plus fétides de ce monde. Les marchands de rêve et d’illusion, véritables pirates des aspirations enfantines, colporteurs mercantiles de l’idéologie du flic, du fric, du flingue… Face à la grisaille géométrique des cités-clapiers, bidonvilles de la croissance, face aux arbres rachitiques, aux peuples lessivés, essorés, contraints, s’étale la merde plaquée or-synthétique, la chimie vicieuse des monceaux de jouets, un dégueulis de panoplies criardes, avec, derrière la porte capitonnée le ricanement malin des marchands.

 

Noël est une chiotte ignoble et on va plonger nos gosses là-dedans ? Mais faut bien faire plaisir au gamin ! Rubrique « Filles » du catalogue des Nouvelles Galeries : 28 pages sur 30 exclusivement consacrées aux poupées, aux dînettes, avec trousses de toilette et fers à repasser miniatures. Les deux pages restantes sont consacrés au tissage, à la couture, à des panoplies de danseuse…et de majorette ! Si avec ça votre fifille n’a pas pigé quel est son rôle futur. Côté « les Garçons » : sur 40 pages, 32 seulement consacrées aux bagnoles, avions, panoplies de cow-boys et carabines à plomb ! Doivent retarder, aux Nouvelles Galeries, j’ai pas trouvé de panoplies de CRS ou de para. Par ailleurs ces jeux sollicitent de plus en plus de consommation électrique. Allez, tenez, on va fantasmer un peu : bientôt pour construire des centrales nucléaires, l’EDF s’adressera à nos gosses et leur proclamera la nécessité de l’atome pour fournir de l’électricité à leurs jouets !

 

Mais quelles sont les tendances d’enfants élevés dans un milieu naturel et n’ayant pas à souffrir du poids des divers modes d’intoxication ? Ils courent, ils jouent dans les flaques, se roulent dans la boue, ou tentent de percer les mystères de « papa-maman ». Ils vivent, pensent, créent. Refouler ces pulsions naturelles est donc le but criminel de notre société. Sauter à la corde ou jouer au ballon devient un exploit quasi contestataire sur des abords d’immeubles transformés en parking. Le système des marchands au pouvoir a dit : J’achète le Père Noël.  Les marchands tuent l’enfant, tuent les parents, tuent le jouet. »

 

Devant la clarté du propos, la Biosphère n’a rien à ajouter… 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

père Noël, tueur Lire la suite »

la fin du monde

La Gueule ouverte, mensuel écologique qui annonce la fin du monde, apparaît pour la première fois en novembre 1972 (3F50). Voici un résumé du premier éditorial, signé par Pierre Fournier :

 

« La GUEULE OUVERTE est virtuellement née le 28 avril 1969. J’étais dessinateur et chroniqueur à Hara-Kiri hebdo, payé pour faire de la subversion et lassé de subvertir des thèmes à mes yeux rebattus, attendus, désamorcés à l’avance. Prenant mon courage à deux mains, j’osai parler d’écologie à des gauchistes. Permettez que je me cite : « Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les unes les autres en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui  mais pour toutes les formes de vie supérieures. Le paradis concentrationnaire qui s’esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur mépris des contingences biologiques le tueront dans l’œuf. La catastrophe, beaucoup plus prochaine que vous ne l’imaginez, ne pourrait être évitée que par une réforme des habitudes mentales encore plus radicale encore que celle jadis opérée par les rédacteurs de la Grande Encyclopédie. »

 

Pierre Fournier poursuit : « La grande fête à Bugey (ndlr, manif autour d’une usine atomique) fut un révélateur. Tout nous semble avoir concouru à sa réussite : l’ordre et le désordre, le refus des discours, le refus de la violence et le refus du spectacle, le nudisme ingénu, le partage et la rencontre. Tout y était en germe. Le si-in de six semaines, face à l’usine, à ses esclaves et à ses victimes, enracina chez les participants à l’action le besoin irrépressible de CHANGER LA VIE. Après Bugey, mes deux pages hebdomadaires ne pouvaient suffire. Nous sommes conscients qu’un journal est une solution de compromis et qu’il risque, du seul fait qu’il existe, de démobiliser. Nous sommes conscients des contradictions quotidiennes dans lesquelles nous enfonce le journalisme professionnel. A peine sorti le premier numéro, voici que nous assaille la tentation de tout remettre en cause, de pousser plus loin, beaucoup plus loin que d’autres, un désengagement, tentation de se consacrer, enfin, à couper notre bois, à faire notre pain, à retourner à l’homme des bois : la disproportion des forces en présence impose, à qui refuse l’inéluctable, une radicalité sans cesse plus affirmée. Nous ne savons pas où nous allons. »

 

La Gueule ouverte est morte avec l’avènement du socialisme à la sauce Mitterrand ! Mais Pierre Fournier est mort bien avant, brutalement, à l’âge de trente-cinq ans, au bout de trois numéros, le 15 février 1973. La lecture de ses textes, trente-quatre ans plus tard, reste d’une lucidité et d’une intelligence remarquables. A sa mémoire, la Biosphère reconnaissante… 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

la fin du monde Lire la suite »

intégriste de la croissance

Dans la page Débats (Lemonde du 21.12.2007), le PDG  de Suez tient un discours dans le vent : « Il y a urgence écologique pour la sauvegarde de notre planète et le futur de nos enfants. La croissance économique fondée sur l’utilisation massive de ressources n’est plus possible. »  Très bien, très bien, Gérard Mestrallet, tu as tout compris. Malheureusement ce PDG ajoute tout de suite : « Pourtant, renoncer à la croissance économique est impossible. »

 

Alors là, j’y comprends plus rien ! Comment concilier l’inconciliable ? Gérard croit donc au miracle, à la croissance durable, à la croissance écologique (ce sont ses propres expressions). La croissance est selon lui possible puisque « l’épuisement des ressources naturelle n’est pas une fatalité, c’est un catalyseur d’innovations ». D’ailleurs « le nucléaire doit retrouver toute sa place ».

 

Si on connaît bien Suez, on sait déjà d’où vient ces certitudes. En juin 2005, on trouvait dans Lemonde ce titre : « La vraie alternative à long terme, c’est le nucléaire ». C’était un point de vue exprimé par le PDG de la banque d’investissement Suez. Notons que la filiale électrique de Suez (Electrabel) est un partenaire d’EDF de longue date, que Suez a des participations croisées dans des centrales nucléaires en France et en Belgique, que Suez souhaitait aussi participer au programme de réacteur nucléaire EPR dont la construction était prévue en France. En conclusion, derrière cet apitoiement de façade pour la planète et les générations futures, on ne trouve que des histoires de gros sous. Comme dit Gérard en dernière phrase de son article d’avant-hier, « C’est aussi l’intérêt de nos investisseurs ».

 

Gérard Mestrallet n’est donc qu’un intégriste de la croissance économique parce qu’il est un fervent partisan des intérêts capitalistes. Il n’y connaît rien à l’écologie et aux rythmes de la Biosphère, il nous prépare un avenir non durable… Et jamais ce Monsieur Mestrallet n’a démontré que « renoncer à la croissance économique est impossible ».

intégriste de la croissance Lire la suite »

chimère hydrogène

Les humains préfèrent se consacrer à la glorification du progrès technique alors que la sauvegarde de la Biosphère passe par les économies d’énergie, une priorité de premier rang.

 

La poursuite des chimères technologiques est en effet une manière de ne pas changer la civilisation automobile. Comme le succès n’est toujours pas au rendez-vous, une mode succède à une autre. Hier on parlait du miracle de l’hydrogène, aujourd’hui on mise sur les agrocarburants, demain ce seront les lendemains qui déchantent. Il est vrai que l’hydrogène pourrait être une énergie d’un emploi souple, comme l’électricité, qui présente en outre l’avantage d’être stockable contrairement aux flux d’électrons. Mais l’hydrogène n’existe pas librement dans la nature, il doit être produit. La méthode du reformage, qui consiste à craquer des molécules contenant l’hydrogène, génère de 7 à 15 tonnes de CO2 par tonne d’hydrogène ; bonjour l’effet de serre ! La fabrication par électrolyse nécessite une source d’électricité. Si on utilise des centrales nucléaires, on obtient des déchets très toxiques. Alors il reste la possibilité de stocker grâce à l’hydrogène des énergies renouvelables qui ne fourniront jamais autant d’énergie que celle qui est gaspillée aujourd’hui grâce aux énergies fossiles. De plus les piles à combustible qui transforment l’hydrogène en électricité sont d’un coût élevé et la distribution de l’hydrogène impose des réservoirs sous haute pression, d’un maniement difficile. 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

chimère hydrogène Lire la suite »