Bientôt plus de neige pour skier

A la fin du XXe siècle, il était encore possible de skier 151 jours par an dans une station comme Le Tourmalet. D’ici à  2050, le nombre de jours skiables dans une telle station – nichée à 1 900 mètres d’altitude, dans le massif de la Haute-Bigorre – devrait dégringoler à 116. Et finirait sa chute à 86 jours à la fin du siècle. C’est l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) qui le dit. L’altitude et la localisation des massifs influeront sur le risque de faible enneigement des différentes stations. Les projections prennent en compte la production artificielle de neige. Initialement utilisée pour améliorer les conditions d’exploitation des domaines face à l’aléa de l’enneigement, elle est aujourd’hui vitale pour toutes les stations. Le dérèglement climatique devrait aussi accentuer l’imprévisibilité de l’enneigement.

Le tourisme à ski n’a pas d’avenir.

Le point de vue des écologistes sans ski

– Le refuge du Gioberney, 1600 mètres, où j’ai des photos depuis le début des années 60 au même endroit. Fin juin quand j’étais enfant on pouvait aller toucher la moraine. Maintenant il faut des jumelles pour apercevoir le glacier.

– Le ski, une préoccupation saisonnière d’enfants gâtés par la société des loisirs.

– Le ski alpin, une industrie comme les autres avec une logique de « toujours plus ». Il a massacré la montagne pour créer des autoroutes à skieurs, sortes de boulevards terraformés sur lesquels des remontées mécaniques gigantesques vomissent leurs skieurs à longueur de journée. Qui se sent encore à la montagne aujourd’hui dans ces parcs d’attraction ?

– L’éloge du ski, c’est d’autant plus décalé quand on sait que moins de 10 % des Français partent en vacances de ski.

– Le changement climatique va engendre guerres, famines, morts et désolations, et on se demande encore si on pourra aller skier demain.

– Pas grave. Je n’ai jamais skié de ma vie, et ça ne m’a pas manqué. Quand les gens ne sauront plus ce qu’est le ski, la neige ne manquera à personne.

– Mais non… tout ceci n’est qu’une vaste arnaque… le réchauffement n’est qu’un mythe écologiste, on le constate tous les jours : « Drill, baby, drill ! »

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Faut-il encore emmener les enfants au ski ? (février 2025)

extraits : Alors que le ski a été inventé au XIXe siècle pour permettre à des alpinistes chevronnés d’accéder à des sommets enneigés, il est ensuite devenu un loisir de masse et de descente, dépendant des remontées mécaniques, des forfaits, des canons à neige, d’une infrastructure lourde, énergétiquement dispendieuse, et d’une artificialisation de la montagne. Et en plus aujourd’hui, il y a de moins en moins de neige ! Culpabilisons les skieurs sans conscience…

La culpabilité gagne les skieurs sans neige (mars 2024)

extraits : Marie-Charlotte Iratzoquy, jeune athlète de 23 ans et trois fois championne de France par équipes, est tiraillée par sa conscience écologique… L’anxiété provoquée par les manifestations concrètes du dérèglement climatique en montagne s’est insidieusement installée dans son quotidien d’athlète. « Pour skier, je dois monter de plus en plus haut. Chaque hiver, les chutes de neige se font de plus en plus rares .» La fonte des glaciers trouble ses aspirations : «  Aujourd’hui, je vois tous les jours les signes de détérioration des glaciers… Je me sens égoïste de continuer à pratiquer mon sport…

Ski : le consumérisme touristique, c’est fini (février 2023)

extraits : Avec ou sans enneigement artificiel, le nombre de journées skiables diminue, l’or blanc, c’est fini. Il faut le dire, clairement. On peut même se demander jusqu’où il est souhaitable de miser sur la montagne dite « quatre saisons », où l’on multiplie les aménagements destinés à attirer une clientèle estivale. Venez faire un tour de manège dans un beau paysage, centres aqualudiques, circuits de luge sur rail, tyroliennes géantes et autres ponts « himalayens » enjambant des vallées entières… Voici venue la fin d’un modèle économique fondé sur le consumérisme touristique, la marchandisation des espaces naturels et une situation de rente immobilière jamais remise en cause…

Covid-19, l’oraison funèbre du « tout-ski » (décembre 2020)

extraits : Victoire, les pistes de ski resteront fermées jusqu’en janvier. La phrase du premier ministre Jean Castex nous a mis en joie : « Il sera loisible à chacun de se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes ; toutes les remontées mécaniques et équipements collectifs seront fermées au public.(26 novembre 2020) » Le Covid-19 aurait du nous apprendre à distinguer entre l’essentiel et le superflu et à abandonner les « stations de ski ». De toute façon le réchauffement climatique nous condamne à éviter tout ce qui dégage inutilement des gaz à effet de serre, à commencer par les flux touristiques vers une montagne plus ou moins enneigée et les canons à neige comme piètre substitut aux cycles de la nature….

De la neige hélitreuillée pour skier (février 2020)

extraits : Même la ministre de l’écologie réagit : « Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible. » Le directeur du syndicat mixte à Luchon-Superbagnères, conscient que ce n’est pas hyper écologique, se défend : « C’est vraiment exceptionnel, on n’a pas eu le choix cette fois-ci. » C’est en fait la faute du conseil départemental de Haute-Garonne qui sait calculer le bon rapport coût/bénéfice : « En termes de retour sur investissement, il faut multiplier au moins par 10 ». Les skieurs sont contents et 50 à 80 personnes vont pouvoir travailler grâce à cette opération aérienne….

Stations de ski et réchauffement climatique (juin 2019)

extraits : Les Neiges Catalanes, ce sont 6 stations de ski alpin dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Entre Andorre et Méditerranée, la question brûlante de leur avenir a été soulevée lors d’une réflexion initiée par les JNE le 17 mai 2019 : « Changement climatique en zone de montage ». Tous les intervenants, la directrice du parc, le représentant de son comité scientifique, une chercheuse au CNRS… ont été unanimes : à l’horizon 2050, il y aura en moyenne lissée 3 à 4° Celsius en plus dans la région. Tous ont aussi notés les difficultés de penser l’adaptation à ce choc thermique, d’autant plus que les stations de skis locales pratiquent déjà la « neige cultivée »….

Ne skiez pas, ni au Pla d’Adet ni ailleurs (février 2018)

extraits : Avec ses remontées mécaniques modernes et ses domaines skiables reliés, la France offre 350 stations de ski dans 7 massifs. Comment résister devant les snowparks, le snowboard, le freestyle, les boarder cross, les slaloms et les bosses, l’espace ludique Ludo’Glyss et le speed-riding ? Comment expliquer qu’il ne faut pas skier ? Comment expliquer cela dans un monde sur-développé où les loisirs sont devenus un art de vivre ? Comme amener les touristes des sommets à ne plus aimer les vacances à la neige ? Comment faire ressentir que la montage ensevelie dans son manteau neigeux ne peut que mieux se porter sans tire-fesses, nacelles et autres remonte-pentes ? Le skieur qui ne s’occupe que de la réussite de ses vacances peut-il glisser sans se poser quelques questions sur une neige vomie par des canons alimentés par l’eau qu’on est allé chercher deux mille mètres plus bas dans la rivière ? Comment convaincre des gamins qu’on amène en classes de neige que skier n’est pas bon pour la planète ?….

Des vacances de Noël sans chausser les skis (décembre 2015)

extraits : L’association Moutain Wilderness rappelle que la consommation d’eau pour produire de la neige atteint 15 millions de mètres cubes pour 188 stations, un chiffre presque comparable aux 25 milliards de m3 qui servent au remplissage des piscines privées. Il faut aussi 108 millions de kWh pour les canons à neige, soit 0,023 % de la consommation française d’électricité, mais presque autant de proportion dans les déchets nucléaires. Signalons en passant qu’on peut agréablement passer un Noël sans ses skis, même si c’est sous la neige….

Noël sans ses skis (novembre 2010)

extraits : La Biosphère espère que vous allez passer un bon Noël sans skis. On ne peut en effet maintenir la montagne « propre » quand on y multiplie les immeubles et les remonte-pentes. Ce n’est pas un loisir qui préserve la Biosphère que de déplacer des citadins en mal d’air pur vers de lointaines destinations où on va recréer la ville et poursuivre des activités sans intérêt. Mais le greenwashing règne dans tous les  domaines. On veut dorénavant vendre la destination neige en l’inscrivant sur le registre du développement durable ! L’office de tourisme d’Avoriaz avait installé un « corner environnemental » qui invite à calculer son empreinte écologique ; Sainte-Foy en Tarentaise mettait en évidence l’habillage bois de ses bâtisses ; Val-d’Isère mettait l’environnement au cœur de l’organisation des championnats du monde de ski alpin prévu en 2009. Poudre de neige et de perlimpinpin …

Non aux skieurs chinois (mars 2008)

extraits : Le ski envahit la planète. Sous le dôme de Ski Dubai, qui contient 6000 tonnes de « vraie » neige, les pistes en poudre de neige ont été disposées en terrasses pour prévenir tout risque d’avalanche dans la chaleur torride du désert ! Dans les années 1990, la Chine comptait seulement 500 skieurs à peine, pour la plupart des professionnels. Aujourd’hui le ski est la nouvelle coqueluche chinoise (Le Monde du 13.03.2008), avec 3 à 5 millions de sorties de ski. Difficile d’ignorer dans un pays qui s’enrichit de jour en jour le boom des sports-loisirs. Les stations aménagées autour de Pékin fonctionnent toutes avec de la neige artificielle, on compte dix usines à touristes à moins de 80 kilomètres de la capitale….

7 réflexions sur “Bientôt plus de neige pour skier”

  1. – « Sauvons Hautacam » : la mobilisation peut-elle faire rétropédaler la station ?
    ( mon-sejour-en-montagne.com 26 avril 2025 )

    Vous savez ce que je pense des pétitions, je ne l’ai donc pas signée. 🙂 Pourtant je l’aimais bien, cette petite station. C’est là que mes gosses ont appris à skier.
    La seule chose que j’espère, c’est qu’ON démonte les tire-culs au plus vite. Surtout que ça ne devrait pas prendre beaucoup de temps, et donc coûter trop cher.
    J’y suis monté il y a quelques jours, pensant pouvoir chausser les raquettes, qui sont finalement restées dans le coffre. De simples godasses, de montagne, suffisaient largement.
    ON peut toujours se vanter d’avoir touché la neige. Eh ben il y avait du monde, autant que lorsque les tire-culs fonctionnaient, faut dire que c’est les vacances. En attendant, tout a une fin. Et cette petite station n’est pas la première à fermer. Et certainement pas la dernière.

  2. Oui, le ski de piste est vraiment un loisir de riches et très consommateur de technologie et d’énergie avec un fort impact sur l’environnement, il faudra réduire sa pratique.

  3. Il y a 50 ans, du côté de « chez moi », il n’y avait pratiquement que les jeunes Toys qui savaient skier. Ils n’avaient aucun mérite, le hasard les avait fait naître avec des skis aux pieds. Les Toys, ce sont ceux qui sont nés et qui vivent en montagne, notamment du côté de Luz, Barèges et Gavarnie, pour ceux qui connaissent. Des Montagnols quoi.
    Les autres, les Valléens, ou Citadins, bref ceux d’En Bas, se contentaient de regarder la neige de loin. Et d’en profiter à l’occasion lorsqu’elle tombait bas. N’importe quelle pente devenait alors un terrain de jeu pour les gamins, une bâche en plastique pour ceux qui n’avaient pas de luge, batailles de boules de neige, etc. Les petits nantis sortaient alors leurs skis, pour épater la galerie.
    Les petits Toys étaient donc nés au pied des pistes, pas comme les petits Lourdais.
    Ben non parce que Lourdes c’est pas la Montagne, c’est la Vallée. (à suivre)

    1. (suite) Et que Toulouse et Bordeaux c’est Paris. Enfin c’est pareil. En tous cas c’est comme ça que les Toys voient le monde. Parce que « chez eux » aussi c’est malheureusement comme partout : il y a eux et puis les Autres.
      Ceci pour rappeler que le ski (de piste) a toujours été une activité réservée principalement aux petits bourgeois. Alors bien sûr il y a petit-bourgeois ET petit-bourgeois. Le petit Lourdais qui « montait » au ski avec l’école le jeudi (avant que ce soit le mercredi) n’avait bien sûr rien à voir avec le petit Toulousain, Bordeluche ou Parigot, qui lui allait tous les hivers skier (ON ne disait pas encore railleder) à La Mongie, Luchon, La Plagne où je ne sais où. Et tout a toujours été fait pour qu’il en soit ainsi.
      Et c’est donc ainsi, qu’à l’âge de 17 ans je suis monté, moi aussi, sur des planches.
      Et qu’ensuite j’en ai consommé et surconsommé, comme un véritable junky. (à suivre)

      1. (suite) Faut dire qu’il y a encore 30 ans le Ski n’était pas aussi bourgeois qu’aujourd’hui.
        Où rien que le forfait vaut la peau du cul. Mais comme aujourd’hui je suis sevré, pour moi il n’est pas encore assez cher. L’essence non plus.
        Faut dire aussi qu’à cette époque la neige ne manquait pas. ON avait d’ailleurs de grands projets, d’extension. Toujours plus haut, plus loin, plus vite. L’Or Blanc ce n’est rien d’autre que du Pognon. Business as usual ! Et tout le monde y trouvait son compte, à commencer par les bergers Montagnols qui l’hiver allaient garder les skieurs Citadins. Pour bien les aligner, comme des moutons, pour faire la queue aux remontées. Ce qui permettait à nos pauvres bergers de mettre un peu de beurre dans leurs épinards. Pognon Pognon !
        (à suivre)

        1. Tout a une fin !

          (et fin) Seulement aujourd’hui ça sent la fin de la Récré. Même artificielle la neige se fait de plus en plus rare. Alors ON pense à la Reconversion. Et là encore ON parle de Transition. Du moins quand ON n’a pas encore définitivement fermé la station.
          Le ski sur herbe c’est l’avenir. Sauf que même sur herbe le Ski ça pue, ça pollue et ça rend con. Et encore s’il n’y avait que le Ski, qu’ON avait démocratrisé… comme ON dit.
          L’hiver au Ski, l’été à la Mer, et tout le reste qui va bien. Parce que je le veau bien !

  4. Le premier article de notre blog « biosphere » a été posté le 13 janvier 2005, il propose chaque jour un « point de vue des écologistes ». Hébergé par le serveur ouvaton.org, c’est un Journal indépendant sur l’actualité, nous ne sommes alignés sur aucune chapelle.
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/
    Ce blog est directement relié à un site, on peut aller de l’un à l’autre rapidement.
    https://biosphere.ouvaton.org/
    Notre site « biosphere » est relativement statique, les contenus y sont organisés par pages pour la plupart anciennes. Mais c’est un « réseau de documentation des écologistes » qui fournit à peu près toute la culture que devrait avoir un écologiste militant. Nous avons une volonté de formation des citoyens. Nous ne sommes pas un réseau social qui met en contact n’importe qui pour n’importe quoi grâce à Facebook, TikTok, Twitter (X)…
    Ici, il n’y a pas de modération a priori des commentaires…
    Prière de faire en sorte d’améliorer l’intelligence collective, merci.

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